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samedi 7 mars 2026

Nouvelles Histoires Extraordinaires


Nouvelles Histoires Extraordinaires
 
L'homme est lui-même et ce qu'il se cache. Ce secret hanta Edgar Poe. Le descendant de la maison Usher qui croit sa sœur morte, l'assassin du chat noir et William Wilson sont victimes de leur double, le cousin de Bérénice l'est de sa névrose obsessionnelle, le peintre du portrait ovale, de son art. Dans ces nouvelles fantastiques, prolongement des Histoires extraordinaires, les cadavres se promènent, un sourire ironique aux lèvres, les femmes sont « belles comme un rêve de pierre », et la mort clôt chaque récit. L'envoûtement est total, l'horreur atteint son point culminant et pourtant la réalité est là, tangible, pour chasser l'irrationnel. Fasciné par cette œuvre américaine, Baudelaire l'a traduite admirablement et rendue célèbre dans le monde entier.
 

Nouvelles Histoires Extraordinaires
Auteur : Edgar Allan Poe
Type d'ouvrage : Fantastique
Première Parution : 10 mai 1857
Edition Poche : 07 novembre 2008
Titre en vo : The Complete Tales of Edgar Allan Poe
Pays d’origine : Etats-Unis
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Charles Baudelaire
Editeur : Les Éditions Mnémos
Nombre de pages : 318
 
Liste des Nouvelles :
Le Démon de la Perversité (juillet 1845)
Le Chat Noir (19 août 1843)
William Wilson (octobre 1839)
L'Homme des Foules (décembre 1840)
Le Cœur Révélateur (janvier 1843)
Bérénice (mars 1835)
La Chute de la Maison Usher (septembre 1839)
Le Puits et le Pendule (1843)
Hop-Frog (17 mars 1849)
La Barrique d'Amontillado (novembre 1846)
Le Masque de la Mort Rouge (19 juillet 1845)
Le Roi Peste (septembre 1835)
Le Diable dans le Beffroi (18 mai 1839)
Lionnerie (mai 1835)
Quatre Bêtes en une (mars 1836)
Petite Discussion avec une Momie (avril 1845)
Puissance de la Parole (juin 1845)
Colloque entre Monos et Una (août 1841)
Conversation d'Eiros avec Charmion (décembre 1839)
Ombre (septembre 1835)
Silence (automne 1837)
L'Île de la Fée (juin 1841)
Le Portrait Ovale (avril 1842)
 
Mon avis :
 Après vous avoir parlé, dans ma critique précédente, de ce qui est une des œuvres les plus connues du genre fantastique, je veux, bien entendu, parler des Histoires Extraordinaires du grand Edgar Allan Poe, abordons à présent un autre recueil de nouvelles tout aussi connu, pour ne pas dire important et indispensable, les Nouvelles Histoires Extraordinaires. Bon, la première chose qu’il faut souligner c’est que, dans le cas présent comme dans le précédent, nous avons affaire à un double chef d’œuvre. En effet, si ces nouvelles qui composent ces deux ouvrages sont l’œuvre, naturellement, de l’inimitable Edgar Allan Poe, maître américain du conte macabre et de la logique déroutante, et sont, pour certaines, des classiques absolus du genre qui auront inspiré bien des auteurs par la suite, la traduction du grand Charles Baudelaire, elle, est tout aussi importante ou presque, tant l’écrivain français, grand amoureux de l’auteur américain, avait donné de sa personne afin de faire connaitre ce dernier de ses concitoyens, ajoutant, par sa traduction, une touche non négligeable qui tenait d’une véritable récréation poétique. Ainsi, reconnaissons le, lire les Nouvelles Histoires Extraordinaires, c'est entrer dans un laboratoire où s'inventent à la fois le fantastique moderne, la psychologie criminelle et la littérature de l'angoisse. Chaque récit est une variation sur l'inquiétude : Le Chat Noir, La Chute de la Maison Usher, Le Masque de la Mort Rouge, autant de visions où la folie, la fatalité et l'horreur sourdent à travers un décor gothique. Poe n'écrit pas des histoires de peur ; il dissèque la peur elle-même, il met à nu les fissures de la raison. Là où d'autres se contentent du frisson, lui explore la mécanique de l'effroi. Et quelle rencontre, avec Baudelaire ! Le poète des Fleurs du Mal trouve dans l'univers de Poe son miroir sombre, son frère maudit. Sa traduction n'est pas seulement fidèle : elle est habitée, imprégnée de la même mélancolie noire, de la même fascination pour le morbide. C'est grâce à lui que le lecteur français a pu sentir ce climat d'oppression, cette langue à la fois précise et visionnaire qui fait de chaque nouvelle une expérience totale. Il faut saluer aussi la portée historique de ce recueil : nous sommes en présence des prémices du roman policier, de l'horreur psychologique moderne, mais aussi d'un imaginaire qui irrigue encore le cinéma, d’Hitchcock à Tim Burton. Poe, traduit par Baudelaire, devient une matrice de la culture occidentale, un creuset où se mêlent le romantisme noir et la modernité naissante. Bien entendu, certains textes peuvent sembler emphatiques, presque trop ornés pour nos sensibilités contemporaines. Mais c'est un excès nécessaire : celui d'une prose qui veut capturer l'indicible, qui cherche dans la profusion des images une manière de dire l'abîme. Les Nouvelles Histoires Extraordinaires ne sont pas seulement des récits extraordinaires, elles sont une éducation à l'ombre. Elles apprennent au lecteur à voir dans la nuit de l'âme humaine ce que le jour s'obstine à cacher. Edgar Allan Poe et Charles Baudelaire, deux génies nocturnes, réunis dans un même livre, ont donné à la littérature une cathédrale de ténèbres dont l'écho ne cesse de résonner.
 

Points Positifs
 :
- Un classique absolu qu’il est, comme son prédécesseur, inutile de présenter et que tout amateur de littérature se doit de lire au moins une fois dans sa vie, ce, surtout que le sieur Poe aura inspiré bien d’autres auteurs par la suite et que certaines de ses œuvres font partie du panthéon de la littérature fantastique américaine.
- La Chute de la Maison Usher, probablement une des meilleures si ce n’est la meilleure nouvelle d’Edgar Allan Poe, en tous cas, la plus connue et qui, presque deux siècles plus tard, n’a strictement rien perdu de son intensité.
- Le Chat Noir, Le Masque de la Mort Rouge, sont, incontestablement, de véritables petits bijoux, quand à Bérénice, L'Homme des Foules ou Le Démon de la Perversité, pour ne citer que quelques exemples, force est de constater que nous avons pas mal de nouvelles qui méritent le détour.
- La traduction de Charles Baudelaire, pour la version française, qui, bien évidement, apporte une touche incroyable a des récits qui l’étaient déjà à la base.
 
Points Négatifs :
- Il y a du bon, du très bon mais aussi du moyen voir même du franchement bof dans ce recueil, c’est un fait qu’il ne faut pas occulter.
- Certaines nouvelles ont un peu tendance à se ressembler dans leurs structures et leurs thématiques.
- Un style qui accuse franchement son age par moments, c’est un fait, mais bon, vu l’ancienneté de ce recueil, c’est un peu normal…
 
Ma note : 8/10

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