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vendredi 5 juin 2026

Maus


Maus
 
Vladek Spiegelman raconte à son fils Art comment il a survécu aux camps de la mort dans l’Europe d’Hitler. En 1958, à Rego Park dans l’Etat de New-York. Le petit Art a 10 ans lorsqu’il fait du patin avec deux amis, Howie et Steve. Art tombe et vient pleurer auprès de son père car ils l’ont traité de poule mouillée et sont partis sans lui. Ce à quoi son père répond : « enfermez-vous tous une semaine dans une seule pièce, sans rien manger…alors tu verras ce que c’est, les amis ! » Vladek Spiegelman fait référence aux 10 mois épouvantables passés à Auschwitz, un des camps d’extermination nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Il raconte à Artie son histoire tragique, celle d’un rescapé de l’Europe d’Hitler. Pour Hitler, dictateur fou, les Juifs constituaient une contre-race menaçant d’altérer la race aryenne. Dans ce contexte antisémite et totalitaire, Vladek raconte l’horreur et la barbarie, en une expérience où la mort est omniprésente. Les persécutions au début des années 30, les pogroms, la ghettoïsation des Juifs polonais, la déportation, la lutte pour la survie au quotidien dans les camps et l’impossible retour à la réalité. En tout, Vladek raconte qu’il aura passé environ 10 mois à Auschwitz et aura réussi, il ne sait trop comment, à échapper à une mort annoncée en occupant des petits boulots à l’intérieur du camp (zingueur, cordonnier…). Sa femme Anja, elle aussi rescapée, se suicida en 1968 et le frère d’Artie, Richieu, mourut dans un ghetto… Maus, c’est aussi l’histoire d’une relation tendue et difficile entre un père et un fils, le récit d’un auteur de BD qui raconte la difficulté à vivre à l’ombre d’un survivant de la Shoah. Car Vladek est grincheux, antipathique, avare, plein de préjugés et d’obsessions, il porte en lui le malheur d’un drame impossible à formuler, un drame qui échappe aux mots et à toute tentative d’objectivation…
 

Maus
Scénario : Art Spiegelman
Dessins : Art Spiegelman
Encrage : Art Spiegelman
Couleurs : Art Spiegelman
Couverture : Art Spiegelman
Genre : Historique
Editeur : Pantheon Books
Titre en vo : Maus
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : Septembre 1986 – Septembre 1991
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Flammarion
Date de parution : 18 janvier 2012
Nombre de pages : 298
 
Mon avis :
 Malgré ce que pourrait penser le grand public, qu’il soit fan ou non du genre, les comics ne sont pas uniquement destiné a des enfants ou des adolescents, voir, admettons le, a des adultes attardés qui, malgré le temps qui passent, se passionnent toujours pour des types masqués vêtus de costumes colorés. Non, les comics, en effet, ne sont pas uniquement consacrés aux super-héros et, si vous ne connaissez pas vraiment ce qu’est la bande dessinée nord-américaine, alors, je pourrais toujours vous apprendre que celle-ci regorge de tout un tas de genres et de styles différents, comme, bien entendu, l’est aussi la BD franco-belge ou les mangas. Et donc, dans le genre comics, comment ne pas reconnaitre que si l’on souhaite citer un bel exemple que le genre est bien plus vaste que ce que l’on pourrait le penser de prime abord, il apparait que Maus serait le titre qui viendrait le plus rapidement à l’esprit ? Il faut dire que, dans le cas présent, nous avons affaire a une œuvre qui met, depuis sa parution, il y a de cela quatre décennies, tout le monde d’accord, ou presque, du moins, en disant cela, je parle, naturellement, des critiques qui considèrent ce dernier comme étant le plus grand chef d’œuvre de la bande dessinée, voir, pour les plus mesquins d’entre eux, pour le seul. Bien entendu, il faut toujours se méfier de ce genre d’avis et d’opinions toutes faites, il fait en convenir, pourtant, il arrive bel et bien que, parfois, la chose apparait comme étant pour le moins justifiée et, avec Maus, force est de constater que nous avons affaire a un véritable incontournable. Œuvre du sieur Art Spiegelman, Maus est, avant toute chose, une bande dessinée qui n’est pas le moins du monde destinée au grand public, il faut en convenir, au demeurant, encore moins ces derniers temps où il est de bon ton, lorsque l’on est de gauche et que l’on se prétend progressiste, d’être, tout simplement, un véritable antisémite. Mais si Maus est une œuvre qui se mérite et qui n’est pas destiné au public, c’est que, avec celle-ci, nous sommes loin, très loin même de ce que la BD nous procure en temps normal. En effet, dans le cas présent, oublions le divertissement, oublions toute la légèreté puisque nous nous trouvons davantage devant une œuvre qui est a la fois historique puisque, pour rappel, cette dernière traite de la Shoah, mais aussi et, quelque part, surtout, du rapport entre un fils et son père, rapport pour le moins complexe puisque le premier, victime du syndrome du survivant, fait partie de cette première génération née après la Seconde Guerre Mondiale tandis que le second, lui, qui a bel et bien connu les camps de la mort et toute l’horreur de ces derniers, apparait comme étant un individu pour le moins acariâtre voir, même, détestable par moments. Bref, Maus est une œuvre plus complexe qu’on pourrait le penser d’un devoir de mémoire et cela est, qui plus est, renforcé par le choix graphique le plus étonnant de cette BD, je veux, bien entendu, parler de l’anthropomorphisme de ses protagonistes. En effet, ici, Art Spiegelman aura fait le choix pour le moins audacieux pour ne pas dire casse gueule de nous présenter ses personnes sous des traits animaliers : les juifs sont donc des souris, les allemands, des chats, les polonais, des cochons tandis que les autres nationalités présentes ont, chacune, leur animal attitré. Un choix pour le moins audacieux mais qui, curieusement, fonctionne plutôt bien même si celui-ci peut en surprendre plus d’un, probablement les mêmes qui ont oublié un peu trop rapidement que le sieur Spiegelman ne fut pas le premier a utilisé ce procédé outre-Atlantique et, par ailleurs, que celui-ci est, en quelque sorte, vieux comme le monde, ou presque. Dessins minimalistes, anthropomorphisme, choix du noir et blanc, mais un sujet fort qui traite, franchement habilement et avec une certaine maitrise peu commune de cette horreur absolue que fut la Shoah mais aussi, et cela est nettement plus rare, de ce qui arriva ensuite aux survivants et a leur famille. Bref, vous l’avez compris, si l’on peut toujours se méfier de ce que certains appellent les prétendus chef d’œuvres, dans le cas de Maus, je pense ne pas me tromper ni même exagérer en soulignant que nous avons bel et bien affaire a un incontournable absolu, une œuvre qui aura marquer son époque et qui, bien entendu, n’a rien perdu de sa force quatre décennies plus tard, ce, malgré les aléas de l’actualité et, surtout, des délires antisémites de certains. La seule chose, finalement, avec laquelle je ne serais pas d’accord avec bon nombre de critiques étant le fait que non, mille fois non, Maus n’est pas le seul chef d’œuvre de la bande dessinée car il en existe d’autres, ne leur en déplaise, mais bon, ceci est, naturellement, une autre histoire…
 

Points Positifs
 :
- Probablement le plus grand chef d’œuvre de la bande dessinée ou, du moins, un des plus grands, et cela ne se conteste pas le moins du monde tant Maus est une œuvre a part qui est parfaite sur tous les points.
- Nombreuses sont les œuvres sur la Shoah, il faut en convenir, cependant, rares sont celles que l’on peut qualifier de parfaites, or, ici, nous avons affaire a une BD qui, dans un genre totalement différent, bien entendu, peut-être comparé a La Liste de Schindler, chef d’œuvre, lui, du Septième Art.
- Si, bien entendu, Maus traite de la Shoah, cette BD aborde aussi de la problématique, trop souvent oubliée, du sort des survivants et de leurs familles, ces derniers étant, il faut le reconnaitre, les grands oubliés de cette thématique alors que, eux aussi ont connu le souffrance, même si, naturellement, cette dernière fut moindre.
- Les juifs sont représentés par des souris, les allemands par des chats, les polonais par des cochons, etc. Ce choix, pour le moins singulier, n’est nullement un défaut et on s’y habitue très rapidement. Par ailleurs, dans la seconde partie, consacrée, elle aux névroses de l’auteur, celui-ci prend une autre dimension avec l’utilisation des masques.
- Si le style artistique apparait, à première vue, comme étant simpliste, ce n’est nullement un défaut, bien au contraire, et l’on s’adapte très rapidement à ce dernier.
- Si, d’une manière ou d’une autre, votre milieu familial a été touché par la Shoah, il apparait que Maus gagne un intérêt supplémentaire et que certains questionnements qui y sont abordés ne vous seront pas inconnus.

Points Négatifs :
- Le seul reproche que l’on pourrait faire a Maus n’en n’est pas vraiment un puisque, il faut le reconnaitre, cette BD n’est pas grand public pour un sou, mais bon, est-ce vraiment un défaut !?
- Membre de la France Insoumise, racialistes, écolos-terroristes, wokistes, idéologues d’extrême gauche, lecteurs de Libération ou du Monde, fans du service public, musulmans intégristes et d’autres qui le sont un peu moins mais qui sont plutôt complaisants vis-à-vis des premiers, vous allez détester cette BD, bien entendu !

Ma note : 10/10

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