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samedi 4 juillet 2026

Empire


Empire
 
Charles Nodier est envoyé spécialement par le général Savary pour récupérer Saint-Elme, un capitaine de l'armée napoléonienne en lutte avec les afghans. Le trajet vers Bombay, quartier général de l'armée de l'Empire, se fera à bord d'un puissant bateau à aubes, piloté par le capitaine Surcouf. Depuis la fabuleuse campagne de Napoléon vers l'Empire turc, puis l'Inde en 1809, l'Empire français est plus vaste encore que ne le fut l'Empire romain. Mais en juin 1815, aux frontières du Bengale encore tenu par les anglais, les troupes françaises ont été victimes de la formidable stratégie mise au point par l'adversaire aidé de mercenaires Gurkhas. Un contournement incroyablement osé, qui aura fait subir à l'empereur sa première défaite militaire depuis vingt ans. Le général anglais qui dirigeait la résistance n'est jamais apparu en plein jour. Seules quelques images d'un mystérieux chariot couvert de bâches ont permis d'échafauder la théorie d'un militaire aux origines étranges, que Nodier et Saint-Elme sont chargés d'identifier. L'hypothèse d'une créature qui ne se montre jamais, et qui serait l'œuvre d'un docteur Suisse dénommé Frankenstein, est la favorite de Nodier. Mais avant cela, il va falloir comprendre comment des espions à la solde des anglais ont éventuellement réussi à connaître les plans de l'armée française, pourtant savamment codés par la machine Enigma. Les origines indiennes de Saint-Elme et ses relations dans les bas fonds de Bombay vont être un précieux point de départ.
 

Empire
Scénario : Jean-Pierre Pécau
Dessins : Igor Kordey
Couleurs : Chris Chuckry
Couverture : Manchu, Igor Kordey
Editeur : Delcourt
Genre : Fantastique, Uchronie
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 01 juin 2016
Nombre de pages : 160
 
Mon avis :
 Deux décennies après sa sortie, ce fut avec un plaisir certain que je me suis replongé dans cette mini-série réalisée par les auteurs de cette interminable saga qu'est L’Histoire Secrète, je veux, bien entendu, parler de Jean Pierre Pécau pour ce qui est du scénario ainsi que, pour ce qui est de la partie graphique, celui qui ne laisse personne indifférent, le fameux croate, Igor Kordey. En 2006, donc, lorsque je découvris cet album, j’étais tombé, toutes proportions gardées, bien entendu, sous son charme, ce, tant du point de vue de l’intrigue que des dessins. Il faut dire que, contrairement à la série phare de nos deux compères, Empire, plus centré sur une seule période, avec peu de personnages et une histoire solide, s’avère être une saga bien plus accrocheuse et captivante pour le lecteur qui, de plus, ne pourra éviter le parallèle avec une autre série des éditions DelcourtHauteville House – saga dont il faudra bien que je vous parle à l’occasion. En effet, comme celle-ci, Empire est une Uchronie mêlant bon nombre d’éléments Steampunk et où apparaissent, comme protagonistes, à la fois des personnages réels de notre histoire mais également des figures des romans de l’époque. Bref, tous les éléments pour que l’on ait une sympathique BD étaient réunis, et, ma fois, force est de constater que, si l’on n’attend ni monts ni merveilles de cette saga, alors, on ne sera nullement déçu, bien au contraire. Pour ce qui est du contexte, nous sommes donc en 1815 et Napoléon règne sur l’Europe mais également sur les Indes. Déjà, le postulat de base est intéressant à plus d’un titre car, qui sait ce qu’il serait advenu si l’Empereur s’était tourner vers les Indes ? Mais plus qu’une simple Uchronie, assez rapidement, on s’aperçoit que les auteurs ont mêler de nombreux éléments disparates faisant de leur œuvre un habile mélange où l’on retrouve bon nombre d’éléments Steampunk, mais également, par le biais des dires de Charles Nodier, l’un des deux personnages principaux de l’intrigue, des éléments surnaturels comme les lutins, les vampires ou les djinns, sans oublier quelques noms connus comme Dracula ou le docteur Frankenstein. Bref, un heureux melting-pot qui fonctionne assez bien grâce à une histoire prenante, mais aussi, par le charisme indéniable des deux protagonistes principaux, Nodier, déjà citer, dans le rôle de l’aventurier touche à tout, à la fois scientifique, spécialiste de l’occulte et tacticien de génie, et le ténébreux et charismatique capitaine Saint-Elme, à la fois sombre, inquiétant, redoutable au combat et possédant la beauté et le magnétisme qui sied au genre. Ce duo improbable n’est pas une invention des auteurs, quelque part les points communs avec ceux des Mystères de l’Ouest sont évidents, cependant, comme leurs glorieux aînés, il est évidant qu’il fonctionne à merveille. Et donc, après une rapide mise en place de l’univers et des différents enjeux, le lecteur est rapidement happer par une intrigue sans le moindre temps morts, et après les présentations d’usages, les premières surprises au fil des pages – tient, il y aura du Steampunk ! Comment, des fées, ah bon ? L’anglais qui veut faire le tour du monde en 80 jours !? – l’on suit les pérégrinations de Saint-Elme et Nodier dans les rues de Bombay, aux prises avec les adorateurs de Kali et enquêtant sur le mystérieux Général Fantôme, le premier à avoir fait perdre une bataille à Napoléon… Bref, dans l’ensemble, nous avons droit a une saga plutôt plaisante et dont le seul défaut, finalement, aura été le fait que le sieur Pécau, comme a son habitude, s’est un peu trop dispersé, multipliant quelques sous intrigues et en oubliant quelques unes au passage – et cela, en trois volumes si l’on suit l’ordre de parution original. Quand à Kordey, reconnaissons que c’est celui de 2006 et pas encore celui, nettement plus précis, de ces dernières années, mais bon, quoi qu’il en soit et malgré ses défauts, Empire n’en reste pas moins comme étant une agréable mini-série qui ravira, sans nul doute, les fans de Steampunk, ceux de Jean-Pierre Pécau, ceux d’Igor Kordey et, dans un sens plus large, celles et ceux qui souhaitent découvrir une saga sans prise de tête qui leur fera voir du pays, ce qui est déjà pas mal !
 

Points Positifs
 :
- Une uchronie fort plaisante avec un coté Steampunk assumé, un duo de protagonistes principaux réussi, un univers qui l’est tout autant et une intrigue suffisamment captivante pour les amateurs d’aventure pure et dure !
- Un postulat de départ plutôt intéressant puisque cette uchronie par du principe : que se serait-il passé si Napoléon aurait tourné son regard vers l’est et aurai été jusqu’à conquérir l’Inde ?
- Les amateurs de Jean-Pierre Pécau apprécieront, bien entendu, ses multiples références historiques ou littéraires.
- Bien évidement, le duo Saint-Elme et Nodier renvoi a celui des Mystères de l’Ouest.
- Les amateurs de Jean-Pierre Pécau sont en terrain familiers et retrouveront avec plaisir toutes ses références historiques, ce mélange entre protagonistes réels et imaginaires, ses nombreuses références, etc.
- Si vous êtes fans d’Igor Kordey, il est clair que celui-ci livre quelques planches plutôt réussies même s’il faut reconnaitre que le croate fera bien mieux par la suite…
- Une couverture plutôt réussie.
 
Points Négatifs :
- A force de multiplier les sous-intrigues et les protagonistes, Jean-Pierre Pécau loupe un peu le coche et cela ressent grandement à la lecture de cette saga qui est un peu mal structurée. Qui plus est, l’auteur oublie certains personnages comme l’Oupire, nous pond des rebondissements inutiles et bâcle, malheureusement, sa conclusion.
- Malheureusement, même les fans les plus complaisants d’Igor Kordey reconnaitront que celui-ci a fait bien mieux par la suite pour ce qui est de la précision de son style. Après tout, Empire accuse presque vingt ans d’âge…
- Dans un sens plus large, ceux qui ne supportent pas le style de Kordey trouveront tout cela beaucoup trop brouillon pour accrocher totalement.
- Les détracteurs de Pécau pointeront du doigt certaines mimiques de l’auteur, comme cette multitude de références, parfois obscures, qui ne tombent pas toujours juste.
 
Ma note : 7/10

Ilium


Ilium
 
Troie, c'est la Guerre chantée par Homère dans l'Iliade. Ici, les dieux de l'Olympe sont des posthumains qui bénéficient, grâce à la technologie, de pouvoirs extravagants, une quasi-immortalité, la possibilité de se déplacer dans le temps et dans l'espace, des armes prodigieuses. Ils habitent, sur Mars, le mont Olympos, le plus haut volcan connu du système solaire. Leur spectacle favori, voire obsessionnel, demeure cette Guerre qui se déroule sur terre et dont aucun d'eux ne connaît l'issue. Aucun, sauf Zeus... Pour vérifier la conformité de la guerre réelle avec ce qu'en a conté Homère, les scholiastes, des spécialistes de l'Antiquité, sont chargés d'observer les dessous de cette Guerre. C'est ainsi que Thomas Hockenberry, un universitaire du XXème siècle, se retrouve malgré lui enrôlé par Aphrodite pour faire triompher les Troyens, et rien moins qu'assassiner Athénée. Mais, à jouer ainsi avec l'espace et le temps, les dieux posthumains mettent en péril le système solaire et l'univers tout entier... Une aventure trépidante, une réflexion sur l'avenir d'une humanité dépassée par ses créations et sur le sens de la culture.
 

Ilium
Auteur : Dan Simmons
Type d'ouvrage : Science-Fiction
Première Parution : 20 mai 2003
Edition Poche : 13 septembre 2007
Titre en vo : Ilium
Pays d’origine : Etats-Unis
Langue d’origine : anglais
Traduction : Guy Abadia
Editeur : Folio SF
Nombre de pages : 896
 
Mon avis :
 Ilium, lors de sa sortie, il y a de cela une vingtaine d’années, fut un petit événement en soi puisque ce roman marquait le grand retour du sieur Dan Simmons a un genre qui avait fait sa gloire avec Les Cantos d’Hypérion, je veux, bien entendu, parler de la science-fiction. L’auteur, après le succès phénoménal de celui-ci, eu la sagesse d’abandonner le genre quelques temps, sachant pertinemment que toute nouvelle œuvre SF serait fatalement comparée à son chef d’œuvre, ce qui était assez compréhensible. Cependant, même en ayant pris son temps pour se relancer dans le bain, la première chose que le fan qui a connu Simmons par le biais des Cantos et qui découvrirait Ilium ensuite, fera, est de comparer les deux œuvres, et ce, aussi différentes et proches qu’elles puissent l’être. Éternel problème de l’écrivain qui, après avoir connu la gloire, se doit de se renouveler, chose qui n’est pas toujours aussi évidente qu’on pourrait le penser de prime abord, bien au contraire. Cependant, si je vous ai parlé des différences et des points communs entre Ilium et Hypérion, c’est que Simmons, par le biais de deux romans qui racontent chacun une histoire propre, use et abuse toujours des mêmes ficelles qui ont su marcher en leur temps : ainsi, l’on retrouve dans Ilium bien des éléments autrefois présents dans les Cantos, que ce soit ces téléportations instantanées à travers l’espace (les nœuds fax ici, les distrans autrefois) accessoirement aussi nocives les unes que les autres, la présence des intelligences artificielles (les Moravecs ayant pris place des IA et des Cybrides), le mythe du Juif errant (ici devenu une femme loin de faire oublier l’inoubliable Sol Weintraub des Cantos) et la judéité en règle générale (en avions-nous besoin dans un récit de SF se déroulant dans le futur ? franchement, premier point négatif pour cette œuvre car on sent que Simmons en fait un peu trop) ainsi que, bien entendu, le gout de l’auteur pour imaginer ce qui pourrait advenir de l’humanité dans des milliers d’années (L’Hégémonie est ici remplacée par une vision bien plus pessimiste qui nous renvoi directement à La Machine à Explorer le Temps de HG Wells). Bref, tout un tas de points communs qui font que l’habitué de Simmons retrouvera dans la lecture d’Ilium des échos d’un lointain passé, certes, pas forcément désagréables en soit, mais qui nous démontrent également que l’auteur a un peu de mal à se renouveler. Une dernière preuve de cet état de fait : le lien des deux œuvres aux grands auteurs du passé : Keats dans Hypérion, Homère, Proust et Shakespeare dans Ilium. Alors mon cher Dan, tu nous aurais sorti un simple copié/collé ? Eh bien, ce n’est pas aussi simple que mes propos pourraient le laisser penser car en fait, Ilium n’est pas dénué d’intérêt. Tout d’abord, le synopsis de base est assez intéressant en soi et mérite largement le détour : imaginez dans un avenir lointain, sur Mars, des dieux grecs avec Zeus, Athéna, Arès et compagnie, qui passent leur temps à vérifier si la célèbre guerre de Troie se déroule conforme à L’Iliade : pour cela, ils utilisent des spécialistes du texte d’Homère, des humains reconstitués afin de vérifier s’il si tout se déroule comme prévu. Ensuite, dans les satellites de Jupiter, des créatures robotiques, les Moravecs, craignant pour la sécurité du système solaire décident d’aller jeter un coup d’œil du coté de Mars afin de découvrir d’où vient la provenance de tous ces joujoux quantiques. Pour finir, sur Terre, vit une humanité déclinante, semblable aux Eloïs de La Machine à Explorer le Temps, qui ne soucient que de passer du bon temps et dont la vie est limité a cent ans (pas une année de plus, pas une de moins) tandis que de soi-disant posthumains, eux, seraient partis vivre dans des stations orbitales des siècles auparavant. Bref, tout un tas d’éléments disparates, sans lien apparent, a première vue, entre eux, et trois récits qui se croisent, avant, bien entendu, de se rejoindre à la fin – car bien évidement, le lecteur s’en doute assez rapidement, tous ces événements sont liés. Encore faut-il savoir comment et pourquoi ? Et d’ailleurs, pour ce qui est de ces récits a proprement parlé, force est de constater qu’ils sont assez prenants, chacun un peu dans son style et que si j’ai eu une nette préférence pour les événements de Troie et les complots entre dieux grecs – ce sont les passages les plus durs et ici, la guerre n’a franchement rien de glorieux – je dois avouer que l’humour qui émane de celui avec les deux Moravecs, tellement drôle, mérite à lui seul le détour. Le problème, c’est que Simmons alterne sans arrêt entre les trois récits, concluant chaque chapitre à chaque fois lors des moments culminants, procédé qui, en plus de ne pas être original, fonctionne toujours certes, mais lasse très rapidement au fil des pages, mais bon, à sa décharge, j’avouerai que je ne vois pas trop comment l’auteur aurait pu faire autrement ? Bien évidemment, je ne dévoilerais pas davantage le déroulement du récit ainsi que les nombreuses surprises qui parsèment celui-ci et dont certaines, je l’avoue, sont assez bien trouvées – après tout, il faut toujours savoir préservé une part de mystère pour l’éventuel lecteur qui lirait cette critique et qui serait tenter de découvrir l’œuvre sans la connaitre à l’ avance. Disons, en guise de conclusion, qu’Ilium, sans être du même acabit que Les Cantos d’Hypérion, n’en reste pas moins une œuvre de science-fiction assez plaisante, qui possède son petit lot de bonnes idées et qui est suffisamment prenant pour captiver l’intérêt du lecteur ; ajoutons à cela une petite pincée d’humour et quelques protagonistes hauts en couleur et l’on se retrouve avec un bon petit roman de SF. Le problème, c’est que certaines situations sont tellement osées, voire parfois ridicules, que cela pâtit fortement a la crédibilité de l’ensemble (autant qu’un récit de SF puisse être crédible, j’entends bien) et que l’espèce d’Ulysse 31 avec son sabre laser, franchement, on s’en serait bien passé. De même, que les fans d’Hypérion prennent garde : Ilium reste largement inférieur à son prestigieux devancier, mais bon, dans l’ensemble, ce n’est pas mauvais en soit, cela se lit bien et sans révolutionner le genre, cela vous fera passer un bon moment ; et c’est déjà pas mal.
 

Points Positifs
 :
- Il n’était pas évidant pour Dan Simmons de se replonger a nouveau dans la science-fiction vu qu’il avait, tout simplement, écrit l’un des classiques du genre – Les Cantos d’Hypérion – et que, forcément, on ne pourrait pas s’empêcher de comparer les deux œuvres, or, dans l’ensemble, il s’en sort plutôt bien et Ilium reste un bon roman de SF.
- Un postulat de départ intéressant – avec ces dieux grecs qui vient sur Mars et qui nous ont pondu une nouvelle Guerre de Troie, ces robots qui se demandent ce qu’est devenu l’humanité et les derniers survivants de celle-ci qui vient, a la surface de la Terre, comme les Eloïs de La Machine a Explorer le Temps – et qui s’avère, rapidement, assez captivant à suivre.
- Le talent, indéniable, de Simmons en tant que compteur et qui fait qu’il est difficile de poser ce roman tellement on a envie de découvrir la suite.
 
Points Négatifs :
- La désagréable impression que nous avons affaire ici a un copié/collé des Cantos d’Hypérion tellement certaines situations, certaines idées, certains passages nous renvoient indéniablement au chef d’œuvre de Simmons.
- Il faut tout de même avaler quelques grosses couleuvres comme certaines situations et autres protagonistes que l’on peut qualifier d’étant, tout bonnement, ridicules : le plus bel exemple étant cet espèce d’Ulysse 31 avec son sabre laser…
- Simmons fait alterner ses trois récits en parallèle en nous laissant, à chaque fois, sur un climax : au début, cela fonctionne, assez rapidement, on se dit que l’auteur abuse un peu trop du procédé.
- Au petit jeu des comparaisons, Ilium reste inférieur aux Cantos d’Hypérion, mais bon, ce n’est pas vraiment une surprise, n’est ce pas ?
 
Ma note : 7/10

vendredi 3 juillet 2026

Time Fades Away


Time Fades Away
 
Neil Young
 
1 - Time Fades Away (Neil Young) 5:36
2 - Journey Through The Past (Neil Young) 3:19
3 - Yonder Stands The Sinner (Neil Young) 3:17
4 - L.A. (Neil Young) 3:11
5 - Love In Mind (Neil Young) 1:58
6 - Don't Be Denied (Neil Young) 5:16
7 - The Bridge (Neil Young) 3:05
8 - Last Dance (Neil Young) 8:47
 

Time Fades Away
Musicien : Neil Young
Parution : 15 octobre 1973
Enregistré : 11 février 1973 – 01 avril 1973
Durée : 34:33
Genre : Country Rock
Producteur : Neil Young, Elliot Mazer
Label : Reprise Records
 
Musiciens :
Neil Young : chant, guitare (1, 3, 4, 6, 8), basse (4), piano (2, 5, 7), harmonica (1, 7)
Ben Keith : guitare pedal steel (4, 6, 8), guitare slide (1, 3), chœurs (1)
David Crosby : guitare (3), chant (3, 8)
Tim Drummond : basse (1, 3, 6, 8)
Jack Nitzsche : piano (1, 3, 4, 6, 8), chœurs (6)
Graham Nash : orgue, chant (8)
Johnny Barbata : batterie (1, 3, 4, 6, 8)
 
Mon avis :
 Avant toute chose, je crois qu'un avertissement à destination du lecteur est de mise. Time Fades Away est véritablement un disque à part dans la longue carrière du Canadien, un album qu'il faut absolument replacer dans son contexte pour comprendre son contenu et la polémique qu'il suscite. L'histoire commence à l'automne 1972. Fort du succès de son désormais mythique Harvest, Neil Young planifie une tournée immense, prévoyant même d'aller jusqu'en Europe. Il convie Danny Whitten à prendre part à celle-ci, mais, lors des préparatifs, les choses tournent court. Abimé par sa surconsommation de drogues en tout genre, Danny est incapable de jouer le moindre morceau dans son intégralité. Furieux devant l'incapacité de son guitariste à faire son boulot convenablement, Neil le congédie avec 200 dollars et un billet d'avion pour L.A. pour seul salaire. Le lendemain, le 18 novembre 1972, Neil est frappé de plein fouet par l'atroce nouvelle : Danny Whitten est mort d'overdose. Inconsolable, se sentant entièrement responsable de la mort de son ami, le Loner noie son chagrin dans l'alcool et pète littéralement les plombs. En effet, dés le début, la tournée est chaotique. Fortement imprégné de Tequila, Neil exaspère son groupe et le public qui, soir après soir, manifeste sa désapprobation et son incompréhension face à l'attitude du chanteur qui ne ressemble en rien au campagnard de Harvest et qui interprète mal les morceaux de son dernier album, considéré, déjà à l'époque, comme son meilleur. De plus, les nouvelles compositions ne plaisent pas : trop bancales, trop sales. Le nouveau son adopté par le groupe (plus lourd, avec quelques réminiscences hard qui rappellent par moments le Crazy Horse) est lui aussi sujet à de fortes critiques de même que le chant éraillé du canadien. Vers la fin janvier, Kenneth Buttrey, le batteur de la formation, en a assez et claque la porte. Il sera remplacé par Johnny Barbata qui assurera le reste de la tournée avec les Stray Gators. Sont également appelés en renfort David Crosby et Graham Nash pour palier à la défaillance vocale de Neil Young. Mais les choses continuent à se gâter immanquablement, la tension entre les musiciens est palpable (Jack Nitzsche aurait même profité du fait que son micro soit éteint pour proférer des insanités sur scène). Le calvaire prend finalement fin au Salt Palace Arena de Salt Lake City, après quoi les Stray Gators arrêteront la tournée, rayant du calendrier les dates européennes. De son côté, Neil Young reprendra le chemin des clubs à partir d'août 1973, en compagnie des Santa Monica Flyers (la section rythmique du Crazy Horse augmentée de Nils Lofgren) et ce jusqu'en novembre dans le but de présenter au public son prochain album, un certain Tonight's The Night... Pour la petite histoire, Time Fades Away n'est pas l'enregistrement d'un seul et même concert puisque tous les morceaux (sauf deux) sont issus de bandes différentes. Leur seul point commun est d'être issus de la même tournée et de ne pas posséder de version studio. Vous comprendrez donc le désappointement des fans à la sortie de l’album, eux qui rêvaient d'un sublime Heart Of Gold ou d'un The Needle And The Damage Done poignant. Pourtant, malgré (ou à cause de) leur côté cradingue, toutes les compositions présentes sur ce live sont de purs joyaux. Time Fades Away ouvre le bal avec sa basse puissante, son piano sautillant et ses guitares tranchantes. Neil s'y montre ironique, voir acerbe et chante à s'en déchirer les cordes vocales (une infection de la gorge n'allait d'ailleurs pas tarder à lui tomber dessus). Dans le même registre on pourra également citer l'excellent Younder Stands the Sinner, le mélancolique L.A., le sublime Don't Be Denied avec sa guitare écorchée et enfin l'immense Last Dance qui clôture à merveille le disque. Du côté des ballades, on est servi avec Journey Through The Past (écrite à l'origine pour figurer dans le film du même nom), Love In Mind et The Bridge, toutes trois magnifiquement interprétées au piano. Malgré cela, l'accueil fut peu chaleureux, l'album n'atteignant que la vingt-deuxième place au Billboard. A ce jour, cet album reste comme étant un des plus méconnus du Canadien et, également, celui que ce dernier aime le moins. De plus, on le considère, à juste titre, comme étant le premier volet de ce qu'on appellera la Ditch Trilogy, ce tryptique composé de Time Fades Away, On The Beach et Tonight's The Night et qui correspond à la période dite sombre du Canadien. Est-ce la raison pour laquelle il fallut attendre des décennies et l’année 2022 pour avoir droit à une réédition en CD ? Possible, fort possible… Toujours est-il que Time Fades Away est devenu, avec le temps, une véritable relique pour la plupart des fans, leur Saint Graal. Il est vrai qu'on ne peut pas lui reprocher grand' chose (un manque d'unité éventuellement, une trop courte durée comparativement aux concerts donnés à cette époque) et qu'il justifia, pendant longtemps, à lui seul, l'achat d'une platine vinyle. Croyez-moi, le jeu en valait largement la peine...
 

Points Positifs
 :
- Un des plus grands albums de Neil Young et, en tous cas, son meilleur album live, ce, sans aucune discussion possible. Il faut dire que cet opus maudit, décrié par bien des fans et qui fut, pendant des décennies, totalement introuvable puisqu’il fallut attendre 2022 pour avoir droit a une version CD, est un must absolu, un truc énorme, qui transpire la crasse et la mort, ouvrant le bal, de fort belle manière, de la somptueuse Ditch Trilogy.
- Pour ce qui est des compositions présentes dans cet opus et qui, pour la petite histoire, n’existent pas en version studio, force est de constater que celles-ci sont excellentes voir flirtent même avec le sublime ? Ainsi, entre Time Fades Away, Younder Stands the Sinner, Don't Be Denied et le grandiose Last Dance qui clôture en beauté le bal, nous flirtons tout simplement avec l’excellence. Quand aux ballades, comme Journey Through The Past, elles ne sont pas en reste.
- Neil Young chante comme s’il allait s’écrouler à tout instant et sa voie est plus éraillée que jamais, sans occulter le fait qu’il est fortement alcoolisé, cependant, comment ne pas reconnaitre que le Loner flirte avec le divin, mettant alors toutes ses trippes dans ses compositions !?
- Une pochette simple mais qui n’en reste pas moins efficace.
 
Points Négatifs :
- Bien entendu, Time Fades Away est un album oh combien clivant, y compris, parmi les fans de Neil Young, et ce, depuis sa sortie. Il faut dire que cet opus, sale, sans compromis, avec un Loner en pilotage automatique, en aura perturbé plus d’un et s’avère être à mille lieux du nettement plus tranquille Harvest
- Dire qu’il aura fallut attendre environ un demi-siècle pour avoir droit à une version CD de ce chef d’œuvre absolu !
 
Ma note : 9/10

jeudi 2 juillet 2026

La Saga de Vam


La Saga de Vam
 
Ormagh le plus puissant des Naarts s'ennuie fermement depuis des siècles et ne cesse de tancer les autres dieux. Pil le Bouffon, dieu difforme et bossu, lui propose alors divers jeux mais ceux-ci se révèlent être les mêmes depuis des années, cependant, une idée lui vient à l'esprit : « Connaissez-vous le jeu du chat et de la souris ? » Dans le rôle du chat, Ormagh, bien entendu, dans celui de la souris, un humain, mortel, un certain Vam. Ormagh, le roi des dieux, se prend alors au jeu et le pauvre Vam, entrainé par des forces qui le dépassent, finit par être amener sur une île bien intrigante où se trouve la légendaire Forteresse Bleue…
 

La Saga de Vam
Scénario : Vladimir Colin
Dessins : Igor Kordey
Couleurs : Igor Kordey
Couverture : Igor Kordey
Editeur : Les Humanoïdes Associés
Genre : Fantasy
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 10 janvier 1988
Nombre de pages : 140
 
Mon avis :
 Je pense ne pas me tromper en affirmant que ce n’est pas vraiment une surprise pour celles et ceux qui suivraient ce blog depuis ses débuts, mais bon, je pense qu’il n’est pas inutile de rappeler que cela fait fort longtemps que j’éprouve un certain attrait pour le style oh combien original du sieur Igor Kordey. Pour rappel, ayant fait sa connaissance par le biais de certains épisodes du New X-Men de Grant Morrison, ce fut surtout, quelques années plus tard, que j’ai put redécouvrir l’artiste croate, et ce, par le biais de cette singulière et interminable saga qu’est L’Histoire Secrète. Je ne vais pas vous mentir, au début, je n’étais pas vraiment fan du style plutôt brouillon, à mes yeux, de Kordey, cependant, au fil des années, de l’évolution de ce dernier, du parallèle de plus en plus évidant de celui-ci avec le grand Richard Corben sans oublier, bien entendu, pas mal d’autres sagas où officiaient l'artiste et que j’ai découvert par la suite, je suis devenu, incontestablement, un grand amateur d’Igor Kordey, ce, au point même que, désormais, je suis en quête du moindre de ses travaux. Et c’est donc ainsi que je suis tombé sur La Saga de Vam, trilogie – ici présentée en intégrale – plutôt ancienne puisque datant de 1988 et qui nous présente un Kordey alors bien plus jeune mais dont le style est déjà fortement marquer, ce, bien entendu, pour le plaisir des fans du croate. Tirer d’un roman de science-fiction roumain – eh oui – écrit par un certain Vladimir Colin, La Saga de Vam est, indéniablement, une œuvre bien singulière : traitant de dieux qui vont parmi les hommes, comme dans nos bons vieux mythes, du destin d’un mortel puis de sa lignée qui se dresse contre eux, cette saga est, avant toute chose, destinée aux vieux amateurs de mythologies qui trouveront ici bien des références qui leur sont familières, ces divers dieux étant, finalement, inspirés par diverses divinités de multiples panthéons. Par ennui, par jeu, les dieux s’en prennent à un simple humain, Vam, s’en savoir que cela finira par entrainer leur chute et, ma foi, l’intrigue, malgré quelques faiblesses et pas mal de raccourcis, n’en reste pas moins plutôt captivante, pour peu, bien entendu, que l’on apprécie le genre. Car oui, La Saga de Vam n’est pas destiné à un large public, il faut le reconnaitre : accusant fortement son âge, celle-ci risque de laisser de marbre les fans de BD plus jeunes qui seront forcément rebutés par cette BD bien bavarde, de plus, même parmi les vieux de la vieille qui ont connu les heures de gloire des productions des Humanoïdes Associés, c’est-à-dire, les années 80, il est évidant que cette trilogie, spéciale dans sa conception et vraiment typé pour un certain public, ne fera pas consensus. Bref, La Saga de Vam n’est pas une BD qui plaira à tout le monde et son coté vieillot ne l’aidera pas, cependant, si vous êtes fan du genre, nul doute que vous pourrez y trouver un certain plaisir. Et puis, bien entendu, il y a la partie graphique d’Igor Kordey reconnaissable entre mille et tout bonnement excellente – en tout cas, nettement plus aboutie que dans New X-Men ou les premiers volumes de L’Histoire Secrète – et, en toute sincérité, rien que pour celle-ci, je pense ne pas me tromper en affirmant que le jeu en vaut nettement la chandelle !
 

Points Positifs
 :
- Une œuvre plutôt atypique, qui accuse bien entendu son âge mais qui n’en reste pas moins comme étant une bonne réussite avec sa cosmologie divine qui ravira les amateurs de mythes, cet humain, Van, et sa lignée, qui se dressera contre ces fameux dieux insouciants et cruels, sans oublié ce coté grandiloquent et épique, presque Homérique dans son traitement, et qui nous donne l’impression d’avoir affaire à un véritable mythe de l’histoire humaine…
- Pour ce qui est de la partie graphique, c’est un pur régal et il faut reconnaitre que le sieur Igor Kordey, alors bien jeune, possédait déjà une maitrise du crayon plutôt impressionnante et que son style était déjà bien marqué. Bref, si vous êtes fans du dessinateur croate, La Saga de Van est tout simplement indispensable !
- Amateurs de mythes, de divinités, de légendes, La Saga de Van est, indéniablement, faite pour vous !
- Les plus anciens, celles et ceux de ma génération, retrouveront avec plaisir une BD qui leur rappellera les grandes sagas parus chez Les Humanoïdes Associés dans les années 80, un genre, finalement, tombé en désuétude depuis longtemps, ce qui est dommage…
 
Points Négatifs :
- On ne peut pas passer sous silence le fait que cette BD accuse fortement son âge et qu’elle ne pourra, éventuellement, que plaire à des lecteurs plus agés qui ne seront pas déstabilisé par ce style un peu vieillot et cette narration franchement bavarde. Bref, les plus jeunes, plus habitués a des séries interminables et aux scénarios basiques passeront tranquillement leur chemin.
- Comme il est de coutume de le dire avec Igor Kordey, celui-ci possède un style particulier qui fait que, soit on adore, soit on déteste, du coup, ce n’est pas ici que ses détracteurs changeront d’avis a son sujet…
- Quelques incohérences et pas mal de raccourcis viennent, malheureusement, gâcher le plaisir de la lecture par moments.
 
Ma note : 7,5/10

L’Attaque des Titans – Tome 4


L’Attaque des Titans – Tome 4
 
Il y a plus d’un siècle, les Hommes vivaient en paix. Mais, un jour l’Humanité a été presque entièrement décimée par des êtres gigantesques, les Titans. Personne ne sait d’où ils viennent ! Une chose est sûre, ils semblent animés par un unique but : dévorer les humains, un par un ! Depuis, les derniers rescapés ont bâti une place forte, une cité cernée de hautes murailles au sein de laquelle vivent leurs descendants. Ignorants tout du monde extérieur, ils se pensent au moins à l’abri des Titans ! Mais leurs vies basculent le jour où surgit un Titan Colossal… Après avoir réussi à refouler l’invasion du district de Trost grâce à la transformation d’Eren, le major Erwin Smith arrive à convaincre sa hiérarchie d’aller explorer la maison des Jäger à Shiganshina, afin d’élucider le mystère des Titans. Mais, lors de la première incursion à l’extérieur du Mur, les troupes du Bataillon d’exploration se font surprendre par un Titan de type féminin, particulièrement dangereux… Au prix de lourds sacrifices, les hommes d’Erwin parviennent tout de même à neutraliser le spécimen. Qui vont-ils extraire de la nuque du Titan ?
 

L’Attaque des Titans – Tome 4
Scénariste : Hajime Isayama
Dessinateur : Hajime Isayama
Genre : Shōnen
Type d'ouvrage : Fantastique, Action
Titre en vo : Shingeki no Kyojin vol.4
Parution en vo : 09 avril 2013
Parution en vf : 09 novembre 2016
Langue d'origine : Japonais
Éditeur : Pika Édition
Nombre de pages : 576
 
Mon avis :
 Après un troisième volet de l’intégrale de L’Attaque des Titans qui s’était avéré être excellent et, sans aucune discussion possible, le meilleur tome depuis les débuts de la saga, ce fut avec un plaisir non dissimulé que je me suis plongé dans la lecture de ce nouvel album qui, une fois de plus, confirma tout le bien que l’on pouvait penser de l’œuvre du sieur Hajime Isayama. Il faut dire que, ici, il s’en est passer des choses et que le lecteur, au fil des pages, aura été de surprises en surprises. Ainsi, d’entrée de jeu, on retrouve nos héros, c'est à dire, Conny, Ymir, Reiner et compagnie, que l’on avait laissé en bien mauvaise postures, harcelés de toute part par des Titans et, après quelques nouveaux faits d’armes pour le moins spectaculaires, le lecteur découvrira avec stupéfaction, ou pas – car les indices, subtils, étaient parsemés depuis le début – que trois des leurs sont en fait des Titans ! Comme Eren, bien sûr, mais aussi comme Annie. Et, accessoirement, pas n’importe lesquels ce qui risque fort, comme on peut s’en douter, de poser pas mal de problèmes. Ajoutons à cela une autre révélation – encore – au sujet de l’identité de l’un des membres du bataillon et vous comprendrez à quel point les débuts de ce quatrième intégrale de L’Attaque des Titans démarre sur les chapeaux de roue et redistribue les cartes de fort belle manière ! Mais ce n’est pas tout puisque, ensuite, nous avons droit a un long affrontement entre Eren et Reiner, tous les deux sous leur forme de Titans, bien entendu – eh oui, Reiner est un Titan ! Bon, je le reconnais, ce combat, s’il est spectaculaire, est un peu redondant et ne tient pas la comparaison avec celui qui avait opposé notre héros à Annie dans le tome précédent. Pour finir, le lecteur va encore avoir droit à des coups de théâtre inattendus, des scènes inoubliables, des drames, des hauts faits d’armes et même, manga oblige, tout un tas de grands sentiments criés à la face du monde ! Mais il faut dire que même si le Caporal Livaï n’apparait guère dans ce tome, son absence ne se fait nullement sentir : Eren est aux prises de Reiner et Berthold, Ymir semble bel et bien aider ces derniers, le Bataillon d’Exploration part dans une mission de secours quasi-désespérée et un certain Titan souriant, celui-là même qui avait dévorée la mère d’Eren lors des tous débuts du manga, fait son grand retour ! Il y a du sang, des larmes, le Major Erwin Smith ne va pas en sortir indemne et un des personnages les plus anciens de la série va même connaitre une mort horrible. Ajoutons a cela une Mikasa qui, passée a deux doigts de la mort, va enfin dévoilée ses sentiments a Eren tandis que ce dernier semble posséder de nouveaux et bien mystérieux pouvoirs de contrôle de Titans et vous comprendrez, sans nul doute, a quel point ce tome est excellent. Mais les choses semblent bien mal engagées et, au vu des dernières pages, on peut craindre le pire pour certains des protagonistes, mais là, il va falloir patienter pour connaitre la suite !
 

Points Positifs
 :
- Une fois de plus, ce nouveau volet de L’Attaque des Titans confirme tout le bien que l’on pensait de ce manga. Certes, tout n’est pas parfait mais, scénaristiquement parlant, Hajime Isayama possède un don certain pour nous proposer une intrigue captivante et bourrée de retournements de situations qui font que l’on accroche rapidement à l’histoire…
- Un quatrième tome qui frôle presque avec la perfection tant le lecteur est asséné de révélations en tous genres sur l’identité secrète de certains des protagonistes et va de surprises en surprises. Ajoutons à cela de multiples scènes d’actions toutes plus jouissives les unes que les autres et quelques grands moments oh combien dramatiques et vous comprendrez pourquoi, avec ce volet, L’Attaque des Titans prend, encore, une nouvelle ampleur !
- Reiner et Berthold sont, en fait, le Titan Cuirassé et le Titan Colossal. Ça, pour une surprise, c’est une sacrée surprise même si, en fait, cela explique pas mal de choses. Mais alors, tout cela serait-il un poil plus compliqué qu’une simple histoire de lutte entre humains et Titans ?!
- Le Major Erwin en prend plein la gueule dans ce tome – il perd un bras, dévoré par un Titan – mais il à encore l’occasion de nous sortir quelques hauts faits d’armes !
- Une édition intégrale de fort belle qualité qui rend justice au manga et qui, ma foi, est tout simplement indispensable pour les fans de celui-ci.
 
Points Négatifs :
- Comme je l’ai déjà souligner dans mes critiques précédentes, le gros point faible de L’Attaque des Titans, c’est sa partie graphique qui est, incontestablement, problématique. Certes, Hajime Isayama s’est amélioré depuis les débuts du manga, mais bon, ce n’est pas encore exceptionnel, loin de là…
- L’affrontement entre Eren et Reiner dure un peu trop longtemps à mon gout et casse un peu le rythme d’un tome qui, sans cela, aurait été exceptionnel !
- On retrouve, naturellement, les défauts habituels du genre Shōnen, mais bon, ici, cela dépendra fortement de votre passion pour la chose ou pas.
 
Ma note : 8,5/10

mardi 30 juin 2026

La Ligue des Gentlemen Extraordinaires – La Tempête


La Ligue des Gentlemen Extraordinaires – La Tempête
 
Après les divers évènements qui ont marqué la League, Mina Murray, Orlando et Emma Night fuient en passant par la fontaine de jouvence de la cité perdue de Kor. Leur objectif est de rejoindre l'île de Lincoln ou s'est réfugié Jack, le dernier Nemo. En parallèle, Bond qui dirige dorénavant le MI5, est toujours à la recherche d'Emma, il apprend l'existence de Kor ou il se rend afin de redevenir lui aussi jeune et immortel, puis il détruit la fontaine ! Dans le Dossier Noir, il découvre le Blazing World ou se sont progressivement réfugiés toutes les créatures fantastiques, au fil des siècles ! Encore une fois, il prend la décision de détruire l'île. Pendant ce temps Satin, qui vient du futur avec comme objectif d'empêcher une catastrophe sur Terre qui aura des répercutions jusqu’à Mars, retrouve son ancien camarade des Seven Stars, Marsman, pour tenter d'empêcher le pire… Ils entreprennent de retrouver leur ami Vull…
 

La Ligue des Gentlemen Extraordinaires – La Tempête
Scénario : Alan Moore
Dessins : Kevin O'Neill
Encrage : Kevin O'Neill
Couleurs : Ben Dimagmaliw
Couverture : Kevin O'Neill
Genre : Super-héros, Fantastique, Etrange
Editeur : DC Comics
Titre en vo : The League of Extraordinary Gentlemen – The Tempest
Pays d’origine : Grande-Bretagne
Parution : 07 janvier 2020
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Panini Comics
Date de parution : 04 mars 2020
Nombre de pages : 224
 
Liste des épisodes
The League of Extraordinary Gentlemen – The Tempest 1-6
 
Mon avis : 
Oui, j’ose, j’affirme, je le crie sur tous les toits, La Tempête, dernier volet de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, est, sans aucune discussion possible, un pur chef d’œuvre, quelque chose d’énorme, de parfait de bout en bout et qui, plus de deux décennies après les débuts d’une saga décidément pas comme les autres, aura confirmer, de fort belle manière, non seulement pourquoi celle-ci fut l’une des plus importantes de ces vingt dernières années, mais aussi, a quel point le sieur Alan Moore, toujours accompagner d’une main de maitre, aux dessins, par un Kevin O’Neill en état de grâce, est un génie, indéniablement, le plus grand auteur de comics qu’il m’a été donné de connaitre, et ce, de loin, de très loin ! Bien entendu, nombreux seront celles et ceux qui seront en total désaccord avec moi, qui affirmeront, selon eux, que Moore n’aura jamais été aussi prétentieux, aussi illisible et que La Tempête n’aura été que la confirmation que cet ancien génie n’est plus que l’ombre de lui-même, ne cessant de s’autoparodier, encore et encore, son style, ses œuvres, ne plaisant plus qu’a un public tout aussi prétentieux. Cet avis est le leur et comme tous les gouts sont dans la nature, j’en prends acte, cependant, je ne peux être d’accord et je persiste et signe : oui, mille fois oui, La Tempête est une œuvre exceptionnelle et oui, elle conclut à merveille une saga qui, depuis ses débuts, aura sut choisir son public, c’est-à-dire, un lectorat que l’on peut qualifier de plus connaisseur que la moyenne, qui sait que les comics ne sont qu’un genre parmi tant d’autres, que ceux-ci ont une histoire, bien plus longue qu’on pourrait l’imaginer et que, surtout, celle-ci, encore de nos jours, s’inscrit au sein d’une pop culture bien plus vaste qui, dans les grandes lignes, va de la musique au cinéma en passant par la littérature, le sport, le théâtre, les séries, etc. Ainsi, depuis ses débuts, La Ligue des Gentlemen Extraordinaires est un formidable mélange des genres où Moore fait cohabiter tout un tas de protagonistes issus de divers médias de la culture mondiale et où, par la force des choses, les références se multiplient à l’infini, l’auteur nous en distillant tellement que, en toute franchise, rares sont ceux qui sont capables de toutes les notées – plusieurs lectures étant nécessaires, et encore. Ainsi, dans La Tempête, nous avons droit à tellement de références culturelles, tellement d’hommages, que certains crieront au génie, d’autres prendront leurs jambes à leur coup. Bref, une œuvre à ne pas mettre entre toutes les mains, qui n’est absolument pas grand public mais qui n’en reste pas moins un incontournable, surtout pour celles et ceux qui apprécient les comics d’Alan Moore et qui, ma foi, osons le dire, ne se satisfassent pas uniquement des productions bêtasses de chez Marvel. Un chef d’œuvre, donc, en guise de conclusion pour une saga quasiment parfaite de bout en bout et qui, ma foi, me manquera, mais bon, quelque part, mieux vaut finir en beauté que de tomber dans la médiocrité, lot commun de tellement de séries…
 

Points Positifs
 :
- La conclusion parfaite d’une œuvre qui, depuis ses débuts, il y a une vingtaine d’années, nous aura prouver que l’on peut encore être original dans l’univers des comics mais aussi, que l’on peut nous proposer un formidable mélange des genres, de tous les genres de la pop culture, ce, avec talent. Bref, si vous êtes fans de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires depuis ses débuts, La Tempête sera la conclusion que vous attendiez, c’est-à-dire, à la hauteur de vos espérances !
- Les références, bien sur, très nombreuses, plus nombreuses encore que d’habitude et qui jalonnent toutes les pages de cet album. Bien évidement, bien malin celui qui les découvrira toutes et il faudra moult relectures et bien des connaissances pour espérer y parvenir…
- Malgré toutes ces références et le coté élitiste de la chose, Alan Moore reste un auteur accessible dans son propos, finalement, bien davantage qu’un Grant Morrison que j’apprécie pourtant beaucoup.
- Un des plus beaux hommages qu’il m’a été donné de lire a l’univers des comics mais aussi, a ses hommes et ses femmes de l’ombre qui ont fait de lui ce qu’il est devenu.
- Le style de Kevin O’Neill est particulier, mais quant on y est habitué, force est de constater que celui-ci est plutôt plaisant, de plus, dans cet album, l’artiste alterne lui aussi les genres et il faut reconnaitre qu’il s’en sort fort bien et que c’est un pur régal que de passer a des planches conventionnelles a d’autres qui flirtent bon les pulps d’autrefois, les comics d’horreur, les passages en 3D, etc.
- Une couverture dans la lignée des précédentes de la saga mais qui n’en reste pas moins parfaite dans son style inimitable.
 
Points Négatifs :
- J’adore les œuvres bourrées de références mais le problème avec Moore, c’est qu’avec lui, à moins d’être britannique et, accessoirement, d’une intelligence et d’une culture supérieure, il est impossible de toutes les comprendre. Bref, vous l’avez compris, La Tempête est, comme le reste de la série, une œuvre élitiste qui fera fuir la plupart des lecteurs…
 
Ma note : 9/10