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jeudi 21 mai 2026

Dracula


Dracula
 
Transylvanie, 1462. Le comte Vlad Dracula, chevalier roumain, part en guerre contre les Turcs en laissant derrière lui sa femme Elizabeta. Cette dernière met fin à ses jours lorsqu'elle apprend la fausse nouvelle de la mort de son bien-aimé. Fou de douleur, Vlad Dracul renie l'Église et déclare vouloir venger la mort de sa princesse damnée à l'aide des pouvoirs obscurs, devenant ainsi un vampire sous le nom de Dracula. Quatre siècles plus tard, en 1897, Jonathan Harker, un jeune clerc de notaire est envoyé en Transylvanie afin de conclure la vente de l'Abbaye de Carfax à un mystérieux comte qui n'est autre que Dracula. Au moment de la signature finale de la vente, Dracula découvre que Mina, la fiancée de Harker est semblable en tous points à sa défunte épouse Elizabeta. Dracula décide d'aller la retrouver à Londres et se fait transporter sur le Demeter dans des caisses remplies de sa terre natale. Harker, quant à lui, est prisonnier des femmes vampires qui le vident de son sang, le rendant ainsi inapte à s'échapper du château.
 

Dracula
Réalisation : Francis Ford Coppola
Scénario : James V. Hart, d'après Dracula de Bram Stoker
Musique : Wojciech Kilar
Production : Columbia Pictures, American Zoetrope, Osiris Films
Genre : Fantastique, Horreur, Drame, Romance
Titre en vo : Bram Stoker's Dracula
Pays d'origine : États-Unis
Langue d'origine : anglais, roumain, grec, bulgare, latin
Date de sortie : 13 novembre 1992
Durée : 127 mn
 
Casting :
Gary Oldman : le comte Vlad Dracul / Dracula
Winona Ryder : Mina Murray / Elizabeta
Keanu Reeves : Jonathan Harker
Anthony Hopkins : Abraham Van Helsing
Richard E. Grant : Dr. Jack Seward
Sadie Frost : Lucy Westenra
Cary Elwes : Lord Arthur Holmwood
Billy Campbell : Quincey P. Morris
Tom Waits : R.M. Renfield
Jay Robinson : M. Hawkins
Monica Bellucci : concubine de Dracula
Michaela Bercu : concubine de Dracula
Florina Kendrick : concubine de Dracula
 
Mon avis :
 Afin de trouver une toute nouvelle méthode d’empiler les sous, Universal se lança, pendant les années 90, dans des remakes des grands mythes de l'horreur qui avaient fait la gloire du cinéma de la Hammer dans les années 50 et 60, c’est-à-dire, FrankensteinLe Loup-GarouL’Homme InvisibleLa Momie et donc, pour commencer, un certain Dracula dont la réalisation fut orchestrée par le grand Francis Ford Coppola en personne. Se voulant nettement plus fidèle au roman de Stoker que les autres films dédiés au plus célèbre des vampires, Bram Stoker’s Dracula frappa fort avec une publicité et un merchandising limite excessifs, qui clamait haut et fort son statut de chef-d’œuvre. Ce côté chef-d’œuvre préfabriqué, qui, accessoirement, ne fut pas une première dans le cinéma venant d’outre atlantique et qui se poursuit encore de nos jours, avait de quoi gêner, surtout à l’époque où je me souviens très bien que le public se scinda alors en deux et ce, de manière assez distincte. Ainsi, d’un coté, nous avions ceux qui descendirent l’œuvre de Coppola, la considérant comme un fourre-tout sans saveur et lourdingue, tandis que d’autres, eux, considérèrent celle-ci comme étant une œuvre flamboyante et sensationnelle. Et, justement, il faut tout de même reconnaitre que ces derniers n’avaient pas tout à fait tort puisque, en toute franchise, la réalisation du sieur Coppola était aussi impressionnante que tentaculaire, virevoltant dans tous les sens avec tous les éléments faisant directement la renommée d’un classique hollywoodien : effets spéciaux époustouflants, musique baroque et exacerbée, casting abondamment fourni, scènes d’anthologie, poésie, hémoglobine, érotisme. Bref, un cocktail qui pourrait se montrer comme étant un peu trop parfait, mais qui n’était pas exempt de défauts. D’ailleurs, étant un grand amateur de l’œuvre, que j’ai dut voir deux ou trois fois au cinéma, avant de poursuivre au fil des ans, sur le petit écran, je ne peux nier ces derniers, les plus cités et évidents étant, naturellement, les performances de Keanu Reeves, surtout, et d’Anthony Hopkins. Pourquoi ? Le premier, d’une platitude navrante, était tout simplement inexistant et essaya de nous faire croire qu’il était le héros de l’histoire avant de décrocher complètement, l’autre, lui, cabotinait beaucoup trop pour un rôle se voulant efficace et sobre. C’est dit, c’est fait et maintenant passons à toute autre chose car, fort heureusement, Dracula possède bien plus de qualités que de défauts. Absente dans tous les nombreux films mettant en scène le suceur de sang, la vision du conquérant qu’il fut avant que Stoker ne reprenne le personnage était enfin exploité dans une intro pour le moins flamboyante, où le sang et les larmes se rejoignent dans un trip baroque et gore, très proche de Excalibur. Ainsi, dans un ciel rouge, Vlad empale les ennemis à la chaîne avant de voir sa vie s’écrouler suite au décès de son épouse, qui, le croyant mort aux mains des turcs, s’est suicidée. Entre tragédie et peinture historique (excellent effet que sont ces ombres chinoises), l’intro, donc, frappait fort par ses images tonitruantes et blasphématoires (la croix qui saigne sous le coup d’une épée, l’ange pleurant du sang, le suicide d’Elizabeta) et nous envoyait l’un des plus beaux plans du film, montrant Vlad rejoindre son château sur une route d’empalés. Pas d’images numériques, les mate painting et les trompe-l’œil sont rois, et apportaient un cachet supérieur à la dite séquence, inoubliable. Ensuite, quelques siècles s’écoulent et nous nous retrouvons à la fin du dix-neuvième siècle, à Londres, où Mina Harker voit son fiancé partir pour la Transylvanie où ce dernier doit établir un contrat avec un certain comte Dracula. Chemin tortueux, cocher griffu, loups affamés, brouillard, gitans apeurés, château gothique : bref on redécouvre avec un plaisir certain tout ce qui a toujours fait la force de l’univers du célèbre vampire, ici sous la forme d’un vieillard blanc comme un linceul, aux manières distinguées et inquiétantes. Gary Oldman, ici grimé, est méconnaissable, mais on sera ravi de son jeu d’acteur reprenant le coté blafard et imprévisible d’un Nosferatu le Vampire avec la grâce et l’accent roumain du Dracula de Browning. Dans la première partie du film, Francis Ford Coppola hésite à choisir un héros : le comte, Mina, ou Jonathan ? Les trois à la fois en quelque sorte, ce qui n’est pas chose aisée. Quoi qu’il en soit, exploitant divinement bien la personnalité du comte, Coppola fit subir à Oldman de nombreuses transformations sidérantes, brillamment mises en images : vieillard, jeune aristocrate, loup-garou, rats, brouillard verdâtre et goule. Oldman, incontestablement, est très à l’aise dans son rôle, incarnant un Dracula parfois sadique et cruel, parfois tourmenté et amoureux, voire romantique et effrayant. A déguster, naturellement, en version originale, cela va de soi, pour goûter à toute l’essence de sa voix envoûtante et ténébreuse. Sans nul doute, pour ce qui est du personnage de Dracula, le sieur Oldman est tout bonnement parfait, nous livrant là une prestation magistrale et à laquelle, personnellement, je ne m’attendais guère. Pour ce qui est des autres acteurs, Winona Ryder et Sadie Frost occupent le casting féminin de manière très convaincante, illuminant le film de leur beauté radieuse, parfois sombre et déchaînée. Mention spéciale à la trop rare Sadie Frost, sensuelle en diable. On passera le cas Reeves/Hopkins (voir plus haut) critiquable au possible, ainsi que les autres protagonistes masculins, décidément peu en verve dans cette adaptation – en dehors d’un certain Tom Waits, finalement assez bon dans un rôle totalement déjanté – pour signaler l’un des premiers rôles de Monica Bellucci en femelle diabolique. Accompagnée d’ailleurs des deux autres femmes de Dracula, elle ne passe que fugitivement à l’écran mais son apparition aura marqué les esprits pour ce qui restera comme une scène d’anthologie pour tout adolescent boutonneux qui se respecte, je veux, bien entendu, parler du célèbre viol où ce benêt de Jonathan tombe entre les mains expertes des trois créatures, ce qui ne semble pas le ravir – décidément, non seulement Keanu Reeves est mauvais dans ce film mais en plus, il est limite idiot ! Autre scène marquante, celle où le sieur Coppola fait exploser sa narration le temps d’une longue séquence assez phénoménale où le comte arrive enfin dans la ville de Londres pendant une lourde tempête. Alors que la musique prodigieuse de Kilar se déchaîne en quelques instants, la caméra accélère ses mouvements, tourne, s’égare, filme la folie (baiser saphique, piquouze pas très catholique, geyser de sang) jusqu’à déboucher vers une image là encore assez courte mais quasi impensable pour un film se voulant hollywoodien, c’est-à-dire, le viol sauvage de Lucie par un lycanthrope soudain devenu libidineux, s’enfuyant après avoir déposé une délicate morsure sur le cou de sa victime. Forcément, on arrive avec cette scène, entre autres, à l’un des nœuds du problème aux yeux de certains : en effet, le sieur Coppola injecte dans son adaptation un romantisme forcené qui n’a décidément pas plu à tout le monde, mais étrangement inédit dans l’univers filmique du comte et donc, forcément intéressant. Une histoire d’amour, plus que de sexe d’ailleurs, malgré l’érotisme présent de l’œuvre, se tissant rapidement autour de Mina et de Vlad, à travers deux magnifiques scènes : les caresses échangées sur un beau loup blanc, et la découverte de l’absinthe. Pour la petite histoire, beaucoup ont vu en Dracula une métaphore sur le sida, qui devient ainsi le vampirisme. La scène d’amour entre Mina et Dracula est assez parlante, puisque le sang peut être rallié au sperme et la succion de la plaie à une fellation. Lucie étant également visée comme une condamnée, dont les prises de sang et le mal sont facilement assimilables au sida. Quand à l’action, elle explosera lors d’un final expéditif un poil trop expéditif, mais qui avait au moins le mérite de s’achever sur une séquence plutôt émouvante et sanglante, où tout se termina là où tout avait commencé. Cependant, pourquoi Coppola a-t-il placé la belle chanson d’Annie Lennox Love Song for a Vampire au fin fond du générique et non après la séquence en question ? Bizarre et un peu déstabilisant. Quoi qu’il en soit, en forçant le trait sur la notion « opéra baroque et sanglant », Francis Ford Coppola nous proposa des scènes épatantes comme la mort grand guignolesque de Mina et son réveil dans la crypte, ainsi que des idées fabuleuses – la rencontre entre Dracula et le cinéma dans l’une des meilleures scènes, selon moi, du film, où le Comte déambule dans les rues d’un Londres au fait du modernisme de l’époque ! Souvent garni de détails savoureux (les ombres à travers la vitre lors de la discussion Mina/Dracula, les empalés encore présents dans la cour de Dracula), le film jouait fort habillement avec des raccords surréalistes souvent originaux et assez réussis, pour peu que l’on ait le cœur bien accroché, j’entends bien, tout en nous proposant un nouveau regard sur un mythe, à l’époque, totalement épuisé, et qui, fatalement, revint alors sur le devant de la scène. En conclusion, si Dracula n’est pas une œuvre certifiée parfaite à 100%, j’en conviens, elle reste tout de même le fruit d’un travail conséquent et une vision quasi-unique du grand suceur de sang qu’est Dracula. Et, finalement, cela suffit amplement, ce, malgré quelques défauts regrettables pour ce qui est du casting ainsi qu’un certain coté fourretout que l’on ne peut occulter. Mais bon, comme je l’ai souligné, au vu de ses immenses qualités, nettement plus nombreuses que ses défauts, et de la vision d’un réalisateur de génie, reconnaitre que ce Dracula est un véritable chef d’œuvre du genre est, de mon point de vu, une évidence et j’irais peut-être même un peu plus loin en affirmant, sans la moindre exagération, que celui-ci est la meilleure adaptation de l’œuvre de Stocker mais aussi le plus grand film de vampires de tous les temps.
 

Points Positifs
 :
- Sans nul doute la meilleure adaptation du cultissime Dracula de Bram Stocker, en tous cas, la plus fidèle. Flamboyant, d’une inventivité rare, bourré de bonnes idées, Francis Ford Coppola s’est surpasser sur ce film est nous a tout simplement pondu une œuvre magnifique et intemporelle.
- Si l’histoire d’amour entre Mina Harker et Dracula est totalement absente du roman, ici, elle sublime littéralement l’histoire et fait du vampire un personnage tragique et pour lequel on éprouve même de la compassion, ce, malgré tous ses crimes.
- Gary Oldman est tout simplement stupéfiant dans le rôle de Dracula et, en toute sincérité, rien que pour sa prestation, ce film mérite le détour.
- Winona Ryder et Sadie Frost crèvent tout bonnement l’écran.
- Clins d’œil a d’autres adaptations du vampire, effets cinématographiques qui renvoient au début du cinéma, jeux d’ombres, effets spéciaux bluffant – même lorsque l’on devine les grosses ficelles de ces derniers – jeux de lumières, d’ombres. Bref, chaque scène, ou presque, est un régal pour le spectateur.
- Un érotisme parfaitement assumé mais qui ne dénote nullement dans ce film.
 
Points Négatifs :
- La prestation catastrophique de Keanu Reeves dans le rôle de Jonathan Harker. Il faut dire qu’à la base, ce personnage n’est pas le plus emballant qui soit, mais là, c’est une véritable purge et on se demande même si le premier gus venu n’aurait pas fait mieux que ce pauvre Keanu Reeves dont le charisme, ici, tient davantage de celui d’une huitre !?
- Un Anthony Hopkins qui en fait des tonnes et qui finit par faire perdre toute crédibilité à son personnage.
- Dans l’ensemble, il faut reconnaitre que le casting masculin est loin d’être à la hauteur de ce que l’on était en droit d’attendre. Nous pas que tout ce petit monde soit mauvais, loin de là, mais bon, en comparaison du casting féminin, il n’y a pas photo.
- Dommage que le film ne soit pas un poil plus long.
 
Ma note : 8,5/10

mercredi 20 mai 2026

Hellblade – Senua's Sacrifice


Hellblade – Senua's Sacrifice
 
An de grâce 875 ap. J-C, l’île d’Oakney située au nord de l’Écosse capitule face aux hordes vikings descendues de leurs drakkars. Bien décidés à annexer cette région, les scandinaves massacrent les autochtones ne laissant la vie qu’à de rares survivants parmi lesquels une guerrière picte portant le nom d’une déesse celte de la province romaine de Bretagne. Inspiré du mythe d’Orphée, de la Divine Comédie de Dante et des nombreuses légendes nordiques, Hellblade conte l’histoire de Senua et de son voyage dans le royaume de Hel afin de réclamer l’âme de son amant mort des mains des vikings.
 

Hellblade – Senua's Sacrifice
Éditeur : Ninja Theory
Développeur : Ninja Theory
Concepteur : Rupert Brooker, Tameem Antoniades
Musique : David García, Andy LaPlegua
Date de sortie : 08 août 2017
Pays d’origine : Grande-Bretagne
Genre : Action, Aventure
Mode de jeu : Un joueur
Média : Blu-Ray
Contrôle : Manette
Plate-forme : PS4
 
Mon avis :
 Force est de constater que l’on peut affirmer que Hellblade – Senua's Sacrifice est un soft que l’on peut qualifier, sans la moindre hésitation, de singulier. Certes, je reconnais que, au fil des décennies, j’ai eu l’occasion de jouer à quelques jeux qui sortaient pour le moins du lot, brillaient par leur originalité mais aussi par leur anticonformisme, ce qui est toujours agréable. Cependant, même si, dans le cas présent, nous n’avons pas affaire a un pur chef d’œuvre en raison de quelques défauts regrettables que l’on peut pas occulter, force est de constater que, dans le petit monde des jeux vidéos qui, par ailleurs, n’est plus si petit que cela depuis longtemps, Hellblade se démarque de la concurrence. En effet, dans le cas présent, force est de constater que nous sommes bien au-delà du simple jeu d’aventure puisque, si nous contrôlons une guerrière picte et que les combats sont assez nombreux, et, au demeurant, très rapidement pénibles, s’il y a bel et bien une partie exploration et tout un tas d’énigmes, de même, si cet univers viking est fort bien retranscrit et ravira les amateurs du genre, il est clair que nous sommes tout de même à mille lieux des softs habituels du genre. Déjà, pour la simple et bonne raison que Senua, notre héroïne, n’est pas vraiment toute seule dans sa tête : atteinte de schizophrénie, dialoguant avec les voix qu’elle entend sans arrêt et, qui plus est, traumatisée par la mort des siens et, plus particulièrement, de son compagnon, notre guerrière, formidablement interprétée par l’actrice Melina Juergens, alternera, tout au long du jeu, entre désespoir le plus total, rage absolue, crise de larmes et longues phases de dialogues avec ses fameuses voix. Bref, rien que pour cela, Hellblade se démarque de la masse vidéoludique un peu trop conventionnelle. Mais ce n’est pas tout puisque, en effet, cette folie qui colle à l’héroïne nous fait rapidement douter de ce que l’on voit à l’écran : réalité, illusion, un mélange des deux ? Et comme en plus, les développeurs nous ont concocté un monde qui alterne entre paysages somptueux et réels et onirisme, vous pouvez imaginez a quel point, pour peu que l’on aime soit même sortir des sentiers battus, un jeu comme Hellblade peut plaire. Hélas, car il y a un mais, reste le gros point noir de ce soft, je veux, bien entendu, parler des combats ! Déstabilisants au début, une fois que l’on a saisit la mécanique de ces derniers, il n’y a plus vraiment de soucis sauf que, ces derniers sont tellement répétitifs qu’ils en deviennent rapidement lassant, le pire c’est que, plus on approche de la fin, plus ces phases de combats sont nombreuses et se coltiner des hordes d’adversaires, toujours identiques, devient non seulement lassant mais, surtout, pénible. Cela est bien dommage car, avec des affrontements mieux maitrisés et moins ennuyeux, Hellblade – Senua's Sacrifice aurait put être un incontournable. Certes, cela reste, indéniablement, un très bon jeu et, ne serait-ce que pour sa thématique principale – le traitement de la folie – et cet univers où se déroule l’intrigue, le jeu en vaut la chandelle. Mais quel dommage que ces fichus combats viennent un peu gâcher notre ressentit final…
 

Points Positifs
 :
- La folie est une thématique très rarement traitée dans le monde des jeux vidéos et, dans le cas présent, non seulement c’est le cas, mais, surtout, cela est fait de main de maitre. Senua, l’héroïne, est schizophrène, cela déstabilise le joueur qui ne sait plus où est le réel et où est la réalité, mais, ma foi, chapeau bas aux gars de Ninja Theory !
- L’originalité de ce soft : pour le traitement de la folie, bien entendu, mais aussi pour son ambiance, malsaine, inquiétante, ses nombreuses voix que l’héroïne ne cesse d’entendre, ces paysages oniriques souvent inquiétants, etc.
- Senua, une héroïne peu commune et originale. Mention spéciale a l’actrice qui lui prête ses trais, Melina Juergens, tout simplement parfaite.
- Graphiquement, Hellblade est un soft magnifique, peut-être pas le plus beau de la PS4, certes, mais ses décors, le design des protagonistes, les jeux de lumière, ma foi, c’est un pur régal pour les yeux.
- Certains passages, surtout vers la fin, sont une pure réussite, particulièrement lorsque Senua se ballade du coté des Enfers…
- Un final étonnant et, finalement, assez logique au vu de tout ce qui s’était passé auparavant.
 
Points Négatifs :
- Les combats sont le gros point noir du jeu. En effet, ces derniers ne sont pas franchement difficiles mais, comme ils sont terriblement répétitifs, ceux-ci deviennent rapidement lassants. Et comme en plus, il faut se coltiner quasiment a chaque fois des hordes d’ennemis, ces affrontements finissent par être pénibles.
Hellblade reste un soft assez particulier qui risque de déplaire à un certain public. Il faut dire que le coté dérangeant de la chose y est pour beaucoup.
 
Ma note : 8/10

Horizon Zero Dawn


Horizon Zero Dawn
 
Aloy est une orpheline, bannie dès sa naissance par la tribu des Noras et confiée aux soins de Rost. En effet, les circonstances de sa naissance sont un grand secret des Matriarches et elle est considérée depuis lors comme une paria. Enfant, elle tombe dans les ruines d'un laboratoire et y trouve un Focus, un dispositif miniature qui lui permet d'analyser son environnement et d'accéder au système des machines antiques de l'Âge de métal. Déterminée à connaître ses origines, le seul moyen que possède Aloy est de réussir la cérémonie de l’Eclosion, pouvant la libérer de son statut de paria et forcer les Matriarches à lui répondre. Rost accepte de la préparer, l'entrainant à la chasse, l'escalade et aux techniques de survie. Le jour de la cérémonie, elle rencontre deux Oserams, Erend et Olin, et remarque que ce dernier possède un Focus. Pendant l’épreuve, Aloy surpasse les autres prétendants mais ils sont attaqués par les Carjas de l'Ombre, des Carjas renégats restés fidèles à l'ancien roi, membres de l'Éclipse, une secte guerrière qui tue tout le monde. Alors qu'elle se retrouve face à Hellis, le chef de l'Éclipse, Aloy ne doit sa survie que grâce au sacrifice de Rost.
 

Horizon Zero Dawn
Éditeur : Sony Interactive Entertainment
Développeur : Guerrilla Games
Concepteur : Mathijs de Jonge
Musique : Joris De Man, The Flight
Date de sortie : 28 février 2017
Pays d’origine : Pays-Bas
Genre : Action-RPG
Mode de jeu : Un joueur
Média : Blu-Ray
Contrôle : Manette
Plate-forme : PS4
 
Mon avis :
 C’était, bien entendu, un des jeux que j’attendais le plus sur PS4, le jeu dont tout le monde, ou presque, parlait alors, celui qui me faisait saliver par avance, celui qui, a défaut d’égaler The Witcher 3, s’en approcherait le plus, qualitativement parlant, bref, c’était le jeu qui avait de fortes chances de m’occuper une bonne partie de l’année 2017 et, dans les grandes lignes, force est de constater que ce fut bel et bien le cas. Ce jeu, vous l’avez compris, ce fut Horizon Zero Dawn, un soft des néerlandais de Guerrilla Games et, au passage, exclusivité Sony qui, dans un monde post-apocalyptique, allait nous faire suivre les traces de la jeune Aloy, héroïne rouquine de la tribu des Noras, chasseuse de machines et, accessoirement, sauveuse de l’humanité – car bon, sinon, ce n’est pas drôle. Mais alors, le résultat final fut-il à la hauteur de mes espérances ? Horizon Zero Dawn fut-il un grand soft, quelque chose d’énorme et d’inoubliable, digne de rester dans l’histoire des jeux vidéo ?! Eh bien, disons que nous n’en n’étions pas très loin, mais alors, vraiment pas loin, mais je vais expliquer mes propos. Ainsi, on ne peut nier que Horizon est un grand jeu, un superbe jeu même, magnifique, beau, plutôt long et qui, au demeurant, vous fera passer de grands moments, ce, tout en vous proposant une expérience visuelle et ludique peu commune. Cependant, si on doit le comparer avec les plus grands titres du genre, comme, par exemple, The Witcher 3, comment ne pas pointer du doigt quelques petits défauts qui, mis bout a bout, l’empêchent d’atteindre l’excellence. Ainsi, les divers choix de réponses dans les dialogues n’auront aucune incidence dans le déroulement du scénario ce qui, fatalement, est pour le moins singulier, ensuite, bon nombre de protagonistes secondaires brillent par leur manque de charisme, c’est un fait, quand au choix des missions annexes, disons que certaines brillent par un sacré manque d’originalité. Cependant, si Horizon Zero Dawn n’est pas dépourvu de défauts, a coté de cela, on ne peut nier que le soft de Guerrilla Games est, indéniablement, un grand jeu. Ainsi, que ce soit pour son univers, son histoire, la beauté de ses graphismes – peut-être un des plus beaux jeux de la PS4 – et son héroïne, Aloy, dont je n’étais pas spécialement fan au départ mais qui s’est avéré, au fil du déroulement de l’intrigue, franchement réussie, il est évidant que nous tenons là un jeu qui en aura marqué plus d’un et ce, à juste titre. Bref, pour un coup d’essai, on peut dire que les néerlandais de Guerrilla ont réussi un beau coup de maitre, certes pas parfait mais qui, mine de rien, n’en est pas loin. Alors certes, Horizon Zero Dawn reste inférieur a certains incontournables comme Final Fantasy 7Metal Gear Solid ou The Witcher 3, mais bon, en toute sincérité, il n’en est pas loin, c’est un fait. Quand à la suite, sur la PS5, il sera toujours temps de vous en parler, en temps et en heure…
 

Points Positifs
 :
- Un univers tout bonnement époustouflant et cette idée d’un monde post-post-apocalyptique s’avère être une excellente chose – surtout lorsque l’on apprend comment l’humanité en est arrivé là, que la faune a quasiment disparue et quelle a été remplacée par des machines.
Horizon est probablement un des plus beaux jeux de la PS4. Il faut dire qu’entre les paysages, divers et magnifiques, les conditions magnifiques, le passage jour/nuit très bien géré, les décors, la végétation, le design des machines, les tenues des personnages et tout un tas de petits détails, c’est un véritable régal pour les yeux !
- L’intrigue principale est plutôt bien trouvée et lorsque l’on en apprend davantage au sujet du passé de la planète, celle-ci devient passionnante.
- Aloy est une héroïne qui ne paye pas de mine au premier abord mais qui s’avère être plutôt réussie au final.
- La taille de la carte s’avère être tout bonnement colossale et je vous laisse imaginer le plaisir qu’on a ressent à l’explorer en long et en large.
- La chasse aux machines, surtout que celles-ci sont assez diversifiées.
 
Points Négatifs :
- Certaines quêtes annexes ne sont pas à la hauteur des autres et nous font rapidement tourner en rond. Au demeurant, c’est un défaut récurant des mondes ouverts.
- Aucune incidence scénaristique quand a nos choix de dialogues ce qui est pour le moins singulier.
- Pourquoi être limité au cinquantième niveau ? Accessoirement, j’y suis arrivé longtemps avant la fin, ce qui m’a un peu frustrer par la suite.
- Certains personnages que l’on rencontre ne brillent pas vraiment par leur charisme.
 
Ma note : 8,5/10

God of War


God of War
 
Après avoir transmis l'espoir aux humains et ayant survécu à son terrible massacre des Dieux de l'Olympe, Kratos tente d'oublier son passé et s'exile sur la terre nordique de Midgard, où il fonde une nouvelle famille, vivant à l'écart des Dieux Nordiques. Après le décès de sa bien-aimée Faye, il honore la dernière requête de son épouse, qui est de disperser ses cendres du plus haut pic des Neuf Royaumes aux côtés de leur fils Atreus, mais Kratos souhaite d'abord mettre son fils à l'épreuve lors d'une partie de chasse afin de tester ses capacités et de vérifier si ce dernier est en mesure de contrôler sa rage. L'expérience est un échec et Kratos en vient à considérer que son fils n'est pas prêt pour leur voyage. Mais alors qu'ils sont de retour chez eux, ils sont attaqués par un étranger sadique qui semble assez puissant pour mettre Kratos en grande difficulté. Devant le danger, Kratos prend la route avec Atreus. Leur voyage vers la plus haute des montagnes de Midgard commence, se faisant en chemin des alliés comme les nains forgerons Brok et Sindri, ainsi qu'une mystérieuse et puissante sorcière qui avoue à Kratos connaître sa vraie nature et celle du garçon.
 

God of War
Éditeur : Sony Computer Entertainment
Développeur : SIE Santa Monica Studio
Concepteur : Cory Barlog
Musique : Bear McCreary
Date de sortie : 20 avril 2018
Pays d’origine : Etats-Unis
Genre : Action, Aventure
Mode de jeu : Solo
Média : Blu-Ray
Contrôle : Manette
Plate-forme : PS4
 
Mon avis :
 Il faut reconnaitre que la sortie de God of War, premier du nom, sur PS2, fut une véritable révolution en 2005. Sommet absolu du beat them all avec son héros, Kratos, se baladant en pleine mythologie grecque, ce soft fut sublimé, d’abord, par un second volet encore meilleur puis un troisième, cette fois ci sur PS3, qui fut l’apogée d’une saga qui aura marqué son époque. Le souci c’est que, s’il y eut bien un autre volet sur PS3, ce fut le très lamentable God of War – Ascension, un jeu qui sentait la fin de cycle et, avec ce dernier, on était en droit de s’attendre à ne plus revoir ce brave et colérique Kratos, du moins, avant longtemps. Alors, bien entendu, le fan, dont je faisais partit, pouvait toujours espérer une suite éventuelle car si Kratos avait massacré le panthéon grec, ma foi, il en restait beaucoup d’autres et, justement, si mon rêve de voir notre spartiate aller tâter du dieu égyptien ne se réalisa pas, ce fut un peu plus au nord, chez les vikings et sur PS4 que notre Dieu de la Guerre refit son apparition pour un soft qui, ma foi, relança de fort belle manière la franchise. Pourtant, à la base, j’étais un peu dubitatif : Kratos accompagné d’un gamin, un vrai-faux monde ouvert, une caméra derrière son épaule ?! Hum, trop de changements allaient-ils tuer ce jeu, Kratos allait-il définitivement sombrer en raison de ses concepteurs qui, visiblement, s’étaient inspiré d’autres jeux à succès actuels ? Eh bien ma foi, non et, franchement, ce fut une sacrée bonne nouvelle car oui, mille fois oui, God of War – oui, pas de 4 – est un sacré bon jeu, incontestablement, et je ne peux que reconnaitre que les concepteurs ont parfaitement rempli leur cahier des charges et gagner leur pari, un pari loin d’être gagner pourtant. En effet, si pour les vieux fans de Kratos, ce soft était attendu, ces derniers avaient pourtant de quoi éprouver quelques craintes. Or, assez rapidement, force est de constater que non seulement le changement de lieu est salutaire, non seulement l’ajout du fils de Kratos, Atreus, passe plutôt bien, y compris pendant les combats, mais, surtout, là où la franchise a un peu perdu en grand spectacle et en brutalité, c’est un fait, elle a gagner en profondeur, la relation père/fils fonctionnant a merveille et le scénario, lui, étant plutôt bien ficelé. Alors, bien entendu, God of War ne fut pas non plus un chef d’œuvre absolu et l’on peut regretter ces boss qui se comptent sur les doigts d’une main – mais Baldur, quelle claque – quelques ennemis qui ont tendance à se répéter un peu trop et une gestion de l’inventaire vraiment assommante, mais bon, en dehors de ces quelques défauts qui restent mineurs, il faut reconnaitre que ce tout nouveau God of War fut un très bon jeu mais aussi, et surtout, qu’il relança a merveille une franchise qui nous avait fait rêver il y a quelques années. Quand à la suite, cette fois-ci, sur la PS5, c’est déjà une autre histoire dont j’espère bien vous parler, tôt ou tard…
 

Points Positifs
 :
- Le renouveau parfaitement réussi pour une franchise culte ! En transportant Kratos dans le grand nord et en le faisant se coltiner avec les dieux Asgardiens, les petits gars de chez Santa Monica ont parfaitement réussis leur pari, et ce, malgré de multiples changements pas évidents a gérer : Kratos est accompagné de son fils, il n’a plus ses lames, l’angle de caméra a changer, etc.
- La relation entre Kratos et Atreus. Au combat, ce dernier n’est pas inutile, bien au contraire, mais ce sont surtout les scènes de dialogues entre les deux qui sont les meilleurs, surtout que certaines sont assez touchantes et que bon, comment dire, Kratos père, ce n’est pas évidant pour un vieil ours comme lui…
- Un jeu tout bonnement magnifique, un des plus beaux de la PS4 !
- Le boss principal du jeu est un certain Baldur et sincèrement, dès notre première rencontre avec lui où l’on prend une véritable claque tellement le combat est intense, jusqu’à l’affrontement final, grandiose, il apparait que notre adversaire est un des meilleurs boss de toute la franchise, rien que ça !
- Une petite flopée de personnages secondaires plutôt réussis : ainsi, entre Freya, Brok, Sindri et Mimir, ont est très bien entourés !
- On ne perd absolument pas au change en quittant le panthéon Grec pour l’Asgardien, surtout que, a de multiples reprises, au court du jeu, l’occasion nous est donnée d’en apprendre davantage au sujet de celui-ci.
- La révélation finale au sujet d’Atreus.
 
Points Négatifs :
- Si Baldur casse littéralement la baraque et si l’affrontement face au dragon est plutôt sympathique, God of War pèche tout de même par un manque flagrant de boss et d’adversaires véritablement marquants.
- C’est bien beau de nous proposer de crafter nos armes et armures mais force est de constater que l’inventaire est un bordel sans nom et que ce n’est pas toujours évidant de s’y retrouver.
- Euh, pourquoi Atreus est immortel ? Certes, cela nous aurait compliqué la tache qu’il puisse mourir au combat mais bon, du coup, ces derniers perdent un peu en crédibilité.
- A bien y réfléchir, les ennemis ne sont pas très nombreux et la plupart ne sont que les mêmes mais avec des couleurs différentes.
 
Ma note : 8/10

The Evil Within 2


The Evil Within 2
 
Trois ans après les événements de Beacon Mental Hospital, Sebastian Castellanos a quitté le département de police de la ville de Krimson pour traquer la mystérieuse organisation Mobius, cependant il continue à être hanté par ce qu'il a vécu à Beacon, la disparition de sa femme Myra et la mort de sa fille Lily lors d'un incendie. Noyant ses peines dans un bar, Sebastian est alors approché par son ancienne partenaire au sein de la police et qui s'est révélé agent de Mobius, Juli Kidman, qui lui révèle que Lily est toujours en vie. C'est à contrecœur que Sebastian va devoir s'associer à l'organisation Mobius s’il souhaite avoir une chance de retrouver sa fille saine et sauve et la libérer du système STEM.
 

The Evil Within 2
Éditeur : Bethesda Softworks
Développeur : Tango Gameworks
Concepteur : Shinsaku Ohara
Musique : Masatoshi Yanagi
Date de sortie : 13 octobre 2017
Pays d’origine : Etats-Unis
Genre : Survival Horror
Mode de jeu : Solo
Média : Blu-Ray
Contrôle : Manette
Plate-forme : PS4
 
Mon avis :
 Lorsque je me suis lancé dans The Evil Within 2, dont je vous propose la critique à présent, cela faisait bien des années que je n’avais pas eu l’occasion de jouer a un survival horror. La faute, bien entendu, a mon manque d’attrait pour les derniers titres sortis, surtout au vu de la tournure prise par certains grands noms du genre comme Resident Evil ou Silent Hill. Bref, pour être tout à fait précis, la dernière fois que j’avais pris un grand plaisir avec le genre, cela remontait à un certain Silent Hill 2, ce qui, ma foi, ne nous rajeunissait pas le moins du monde. Et puis, un jour, je suis tombé, un peu par hasard, sur ce fameux The Evil Within 2, soft dont les critiques, sans être dithyrambiques, étaient plutôt bonnes et qui avait l’avantage de me faire patienter jusqu’à la sortie d’un titre plus intéressant, ce, tout en me permettant de replonger dans un genre délaissé, pour ma part, depuis des lustres. Alors, le résultat fut-il à la hauteur de mes attentes ? Eh bien, disons que oui, même si j’ai été loin d’être conquis par ce jeu. Pourtant, les choses avaient plutôt bien commencées, je dois le reconnaitre. Il faut dire que cette plongée dans une ville tombant en morceaux dont l’architecture renvoi a Inception et où, faiblement armés, on essayait d’échapper a des espèces de zombies plutôt balèzes, avait un petit je ne sais quoi d’attirant. Certes, on s’éloignait un peu des canons du genre puisque, ici, on échappait aux zombis pur et durs a la Resident Evil ou aux créatures diaboliques d’un Silent Hill, tout étant une affaire d’esprit et de songes puisque les protagonistes évoluaient dans une ville artificielle par le biais de leur esprit – dis ainsi, cela a l’air un peu con mais bon. Cependant, l’amateur de survival horror retrouvera rapidement ses marques et prendra même un plaisir certains à évoluer dans cet environnement oh combien dangereux, sur les traces de sa fille, ce, tout en essayant d’échapper a ce photographe fou, Stefano Valentini, l’adversaire le plus charismatique de ce jeu. Le problème, c’est que, vers les deux tiers de l’aventure, celui-ci est vaincu et que, un autre opposant nous fait face, une espèce de prêtre maniant fort habilement les flammes. Or, sans vouloir être méchant, ce dernier ne possède pas une once de charisme et que, au petit jeu des comparaisons, il n’y a pas photo vis-à-vis de Stefano ! Du coup, la dernière partie de l’aventure est moins captivante et, tandis que nos divers alliés perdent la vie les uns après les autres, tandis que, bien plus costaud qu’au début, on ne craint plus vraiment nos opposants, on n’attend qu’une seule chose, la fin. Celle-ci, acceptable, ne brille pas par une grande originalité, mais bon, arrivé a ce point, il est clair qu’on n’attendait plus le moindre miracle. Bref, au final, mon impression quand a ce The Evil Within 2 fut pour le moins mitigée : d’un coté, ce soft m’aura permis de renouer avec un genre que j’avais abandonné depuis presque deux décennies et, malgré ses défauts, j’y aurai passé de bons moments, surtout pendant les deux premiers tiers de l’aventure. Hélas, une dernière partie moins réussie aura un peu refroidi mes ardeurs, même si, dans l’ensemble, je ne peux nier que si vous êtes fans des survival horror, The Evil Within 2 vous fera passer un bon moment. Pas grandiose, certes, mais bon, c’est déjà cela…
 

Points Positifs
 :
- Les deux premiers tiers de l’aventure sont tout simplement excellents : il faut dire que, sans révolutionner nullement le genre, le chalenge, au départ, est élevé et on craint énormément pour notre vie lorsque l’on doit faire face au moindre zombie. De plus, les enjeux, le coté malsain qui se dégage de l’ensemble et l’architecture de cette ville est un plus non négligeable…
- Stefano Valentini, le photographe fou ! Indéniablement, l’opposant le plus charismatique auquel on fait face dans ce jeu et qui nous posera bien des problèmes !
- Un bestiaire assez fourni et varié qui nous donnera pas mal de problèmes, surtout au début. Quant aux divers boss, ces derniers ne seront pas évidents sans qu’ils soient insurmontables.
- Pour ce qui est des graphismes, The Evil Within 2 est loin d’être le plus beau jeu sur PS4 mais il s’en sort plutôt pas mal et certains lieux et certaines créatures méritent le détour.
- Le chat et, bien entendu, Tatianna Gutierez.
 
Points Négatifs :
- En toute sincérité, le Père Théodore n’apporte pas grand-chose a l’intrigue et on ne peut que regretter que Stefano perde la vie si rapidement dans l’aventure, surtout que son successeur ne lui arrive nullement a la cheville, que ce soit en charisme ou en dangerosité.
- Une dernière partie loin d’être a la hauteur et auquel on accroche moins.
- Je ne veux pas être méchant mais Sebastian Castellanos n’est pas le héros de jeux vidéos le plus charismatique qui soit, bien au contraire.
- Autant les parties qui ont lieue en extérieur sont passionnantes, autant celles qui ont lieu a l’intérieur des bâtiments ou dans les espèces de caves le sont moins ; il faut dire que le coté infiltration dans la ville est plus intéressant que le bourrinage dans les couloirs.
 
Ma note : 7/10

mardi 19 mai 2026

Le Nom de la Rose


Le Nom de la Rose
 
En l'an 1327, le moine Guillaume de Baskerville, aidé du novice Adso, sont appelés dans un monastère pour enquêter sur la mort mystérieuse d'un moine. Leur démarche est entravée par des comportements où tout le monde a l'air de cacher quelque chose. Un autre moine meurt, assassiné. Un aveugle, Jorge de Burgos, semble connaître la cause des meurtres, mais reste hermétique à toute approche. De son côté Adso découvre l'amour avec une jeune fille qui s'est introduite dans le monastère. L'enquête se complique avec l'arrivée d'un prêtre de l'inquisition. Il s'agit avant tout pour lui d'arrêter les présumés coupables et de les condamner le plus rapidement possible aux flammes du bûcher.
 

Le Nom de la Rose
Réalisation : Jean-Jacques Annaud
Scénario : Gérard Brach, Alain Godard, d'après le roman d'Umberto Eco
Musique : James Horner
Production : Les Films Ariane, Cristaldifilm, Neue Constantin
Genre : Drame Historique, Thriller
Titre en vo : Le Nom de la Rose
Pays d’origine : Italie, France, Allemagne de l’Ouest
Parution : 24 septembre 1986
Langue d'origine : Anglais, Latin
Durée : 131 min
 
Casting :
Sean Connery : Guillaume de Baskerville
Christian Slater : Adso de Melk
Helmut Qualtinger : Remigio de Varagine
Elya Baskin : Severin de Sant'Emmerano
Michael Lonsdale : l'abbé
Volker Prechtel : Malachie de Hildesheim
Feodor Chaliapin Jr. : Jorge de Burgos, ex-bibliothécaire de l'abbaye
William Hickey : Ubertin de Casale
Michael Habeck : Bérenger d'Arundel
Urs Althaus : Venantius de Salvemec
Valentina Vargas : la fille
Ron Perlman : Salvatore
Leopoldo Trieste : Michel de Césène
Franco Valobra : Jérôme de Kaffa
Vernon Dobtcheff : Hughes de Newcastle
Donald O'Brien : Pietro d'Assisi
Andrew Birkin : Cuthbert de Winchester
F. Murray Abraham : Bernardo Gui
Lucien Bodard : le cardinal Bertrand du Pouget
Peter Berling : Jean d'Anneaux
Pete Lancaster : l'évêque d'Alborea
Dwight Weist : Adso vieux (le narrateur)
Gianni Rizzo : l'envoyé papal
Lars Bodin-Jorgensen : Adelme d'Otrante
 
Mon avis :
 Je n'ai pas découvert Le Nom de la Rose hier, encore moins avant hier, ce film, que dis-je, ce chef d’œuvre, je l'ai vu pour la toute première fois alors que j’étais adolescent, même si je dois reconnaitre que, à l'époque, j'étais encore bien trop jeune pour en apprécier toute la subtilité, toute la quintessence et le reconnaître a sa juste valeur, c'est à dire, comme étant l'une des œuvres cinématographiques majeures des années 80. Bien entendu, certains hurleront au loup devant une telle affirmation, jugeant tel autre long métrage bien meilleur ou plus représentatif d'une décennie, les années 80, qui, accessoirement, n'aura pas laisser un souvenir impérissable dans le Septième Art si on la compare a d'autres, bien plus fructueuses. De même, quelques uns rechigneront devant le fait qu'une production européenne puisse tenir la dragée haute aux films hollywoodiens. Cela, je l'assume parfaitement, surtout que des films dans le genre SOS Fantômes ou bien Un Fauteuil pour Deux sont certes sympathiques mais ne resterons pas dans l'histoire du Septième Art comme des œuvres impérissables, il faut le reconnaitre. Bien évidement, tout cela reste une affaire de gouts personnels mais je tenais à vous le dire, ne serais ce que pour que vous compreniez toute l'importance que peut avoir a mes yeux un film comme Le Nom de la Rose. Alors, bien entendu, le film de Jean-Jacques Annaud ne serait rien sans l'œuvre originale, le roman d'Umberto Eco, cependant, comme c'est l'adaptation qui est le sujet de cette critique et non le roman original, mes propos, mon ressenti, seront bien évidement ceux liés au film. Cependant, si Le Nom de la Rose, le roman, est considéré depuis sa parution comme étant un véritable chef d'œuvre, son adaptation n'en est pas moins un incontournable, ce, comme je vais essayer de vous l'expliquer au mieux. Ainsi, avec sa grandiose bâtisse bâtie sur un éperon rocheux, ses ciels nocturnes, crépusculaires ou tempétueux, Le Nom de la Rose est une réussite visuelle rappelant, indéniablement, les films d'horreurs gothiques de la grande époque de la Hammer. Comme un ancêtre mythique, l'abbaye écrase de son poids les moines et se révèle être le personnage principal, inquiétant, secret et mystique avec sa haute tour verrouillée à double tour, son inquiétant cimetière ou encore son fantasmagorique portail orné. Pour peupler le sombre et majestueux édifice, Jean-Jacques Annaud a fait appel à une véritable Cour des Miracles, un défilé de tronches qui impriment leur faciès rebutant dans l'esprit du spectateur et qui marquera ces derniers fortement. En effet, chaque personnage est un monument de laideur inoubliable : du bossu idiot à la gueule prognathe de Salvatore, joué par l'inimitable Ron Perlam au vénérable Jorge – Feodor Chaliapin Jr – vieil aveugle irascible au visage parcheminé, en passant par le bibliothécaire au profil de vautour et l'albinos adipeux qui se flagelle dans sa cellule. Autant d'injures à la Création et à la beauté qui sont contrebalancés par le visage buriné mais noble et franc de Guillaume de Baskerville – Sean Connery qui fit tout pour obtenir ce rôle qui sembla, après coup, fait pour lui – et la jeunesse insolente d'Adso – Christian Slater dans un de ses premiers rôles. Dans cette atmosphère hostile, sombre, inquiétante, Guillaume de Baskerville, Sherlock Holmes franciscain, tente tant bien que mal de mener son enquête. Car il s'agit bien sûr et avant tout, entendons nous bien, d'une enquête sur un tueur en série sévissant dans l'abbaye, un tueur qui prend appui sur L'Apocalypse comme le tueur de Seven utilisera, des années plus tard, les Sept Péchés Capitaux. Chaque meurtre est, en effet, directement lié à une prophétie de L'Apocalypse : tué par la grêle ou noyé dans le sang. Le Diable habiterait-il l'abbaye ? La peur de la fin du monde semble pétrifier les moines qui, habitués du mystère et de la dissimulation, referment les portes, réelles ou non, qui auraient pu amener Guillaume de Baskerville à la vérité. L'abbaye est un huis clos physiquement mais aussi mentalement car rien ne doit filtrer en dehors de l'édifice. Et comme un certain nombre de moines semblent cacher un passé ou un présent sulfureux, le spectateur en vient à soupçonner tout le monde. Et la recherche du meurtrier, et surtout de ses mobiles, n'en devient que plus intéressante. En parallèle de l'enquête policière, Le Nom de la Rose dépeint une Église médiévale en pleine tourmente. En opposition à une Église décadente et s'éloignant des préceptes du Christ, de nombreux courants se développent : les branches dissidentes vont rapidement se voir taxées d'hérétisme jusqu'à la création de l'Inquisition en 1199. Mais c'est en 1231 que le Pape Grégoire IX décide de la peine de mort pour les hérétiques les plus durs. Dans ce contexte troublé, Le Nom de la Rose oppose clairement une Église riche et hypocrite, celle de l'abbaye, à une Église se réclamant de la pauvreté. Comme un symbole de sa supériorité, l'abbaye est construite sur une masse rocheuse et surplombe un village miséreux : les ordures de l'abbaye sont des mets de choix pour des pauvres hères qui se battent pour obtenir les meilleurs morceaux, donnant au passage une scène marquante du film où des paysans crasseux se jettent comme des animaux sur cette manne tombée du ciel, don de la charité des moines. Cette richesse incongrue s'accompagne d'une déviance morale certaine, au moins du point de vue catholique. Tandis que les moines se montrent d'une piété certaine, l'attrait de la chair, envers le sexe opposé comme envers les jeunes moines prêts à tout pour obtenir quelques privilèges, ronge les fondations religieuses de l'abbaye comme de l'Église. Grâce à un univers gothique remarquable, peuplé de personnages inquiétants aux gueules éprouvantes, Le Nom de la Rose stimule la partie sensible du spectateur, tout en descendant dans les tréfonds d'une Église catholique médiévale décante et obscurantiste. Cette Église là préfère dissimuler et détruire plutôt que voir ses préceptes remis en question. Cette même Église qui voit le Diable partout, qui voit dans le rire l'une de ses manifestations terrestres, qui sait bien qu'elle n'empêchera pas les masses populaires de rire, mais qui ne veut surtout pas que les lettrés, que la petite minorité cultivée de cette époque, le Moyen-Âge, puisse subitement rire de tout, car alors, on rirait de Dieu également et cela serait la fin de son emprise. Un film, donc, assurément magistral de la première à la dernière seconde tant par son synopsis – mais là, bien sur, il le doit au roman – des décors et une ambiance inquiétantes faisant rappeler bien des chef d'œuvres plus anciens, un coté visuel et des tronches inoubliables, sans oublier, bien entendu, une histoire captivante avec une enquête parfaitement menée par un Sean Connery en grande forme ainsi que des implications qui donnent, bien évidement, a réfléchir sur le pouvoir de l'Église a l'époque, mais que l'on pourrait transposé assez facilement dans bien des régimes plus modernes. Un chef d’œuvre inoubliable, indéniablement…
 

Points Positifs
 :
- Un classique absolu du cinéma des années 80, un film magistral, quasiment parfait de bout en bout et qui, plus de trois décennies après sa sortie dans les salles, n’a rien perdu de son intensité. Il faut dire que Jean-Jacques Annaud est ici au sommet de son art et nous offre une adaptation sans faute du roman original d’Umberto Eco, œuvre qui était jugée quasiment inadaptable à la base au vu de sa complexité. Un chef d’œuvre !
- Scénaristiquement, bien entendu, le film doit tout au roman original, cependant, même s’il n’est pas aussi complexe, même s’il n’est pas aussi aboutit – ce qui est logique – il n’en propose pas moins une intrigue captivante de bout en bout et qui est à la hauteur des meilleurs polars.
- Un casting somptueux et si, naturellement, le grand Sean Connery livre ici peut-être son plus grand rôle – il sera à tout jamais Guillaume de Baskerville – et marque durablement les esprits, le reste des acteurs n’est pas en reste et si l’on notera une des premières apparitions du alors tout jeune Christian Slater, comment oublier Ron Perlman et sa fameuse tronche ainsi que la sensuelle Valentina Vargas.
- Des décors magnifiques et une reconstitution historique de qualité. D’ailleurs, on se croirait presque plongé au cœur du Moyen-Âge. Ajoutons à cela une ambiance particulière, faite de crasse et de bâtisses imposantes qui ne dénoteraient nullement dans un vieux film de la Hammer
- Une toile de fond complexe, qui met en avant la problématique religieuse et les luttes théologiques au sein de la Chrétienté au XIIIème siècle.
 
Points Négatifs :
- Un coté peut-être un peu trop a grand spectacle, surtout vers la fin. Après tout, avait-on besoin de faire mourir Bernardo Gui alors que ce dernier, personnage historique bien réel, ne passait pas l’arme à gauche dans l’œuvre originale ?
- Les inconditionnels du roman trouveront peut-être à redire au sujet de cette adaptation qui, fatalement, est moins complexe. Cependant, je pense qu’il était impossible de retranscrire totalement l’ouvrage d’Umberto Eco, il faut le reconnaitre…
 
Ma note : 8,5/10