Empire
Charles
Nodier est envoyé spécialement par le général Savary pour récupérer Saint-Elme,
un capitaine de l'armée napoléonienne en lutte avec les afghans. Le trajet vers
Bombay, quartier général de l'armée de l'Empire, se fera à bord d'un puissant
bateau à aubes, piloté par le capitaine Surcouf. Depuis la fabuleuse campagne
de Napoléon vers l'Empire turc, puis l'Inde en 1809, l'Empire français est plus
vaste encore que ne le fut l'Empire romain. Mais en juin 1815, aux frontières
du Bengale encore tenu par les anglais, les troupes françaises ont été victimes
de la formidable stratégie mise au point par l'adversaire aidé de mercenaires
Gurkhas. Un contournement incroyablement osé, qui aura fait subir à l'empereur
sa première défaite militaire depuis vingt ans. Le général anglais qui dirigeait
la résistance n'est jamais apparu en plein jour. Seules quelques images d'un
mystérieux chariot couvert de bâches ont permis d'échafauder la théorie d'un
militaire aux origines étranges, que Nodier et Saint-Elme sont chargés
d'identifier. L'hypothèse d'une créature qui ne se montre jamais, et qui serait
l'œuvre d'un docteur Suisse dénommé Frankenstein, est la favorite de Nodier.
Mais avant cela, il va falloir comprendre comment des espions à la solde des
anglais ont éventuellement réussi à connaître les plans de l'armée française,
pourtant savamment codés par la machine Enigma. Les origines indiennes de
Saint-Elme et ses relations dans les bas fonds de Bombay vont être un précieux
point de départ.
Empire
Scénario
: Jean-Pierre Pécau
Dessins
: Igor
Kordey
Couleurs : Chris
Chuckry
Couverture : Manchu,
Igor Kordey
Editeur
: Delcourt
Genre : Fantastique,
Uchronie
Pays
d’origine : France
Langue
d’origine : français
Parution : 01
juin 2016
Nombre
de pages : 160
Mon
avis : Deux décennies après sa sortie, ce
fut avec un plaisir certain que je me suis replongé dans cette mini-série
réalisée par les auteurs de cette interminable saga qu'est L’Histoire
Secrète, je veux, bien entendu, parler de Jean Pierre Pécau pour ce qui
est du scénario ainsi que, pour ce qui est de la partie graphique, celui qui ne
laisse personne indifférent, le fameux croate, Igor Kordey. En 2006, donc,
lorsque je découvris cet album, j’étais tombé, toutes proportions gardées, bien
entendu, sous son charme, ce, tant du point de vue de l’intrigue que des
dessins. Il faut dire que, contrairement à la série phare de nos deux
compères, Empire, plus centré sur une seule période, avec peu de
personnages et une histoire solide, s’avère être une saga bien plus accrocheuse
et captivante pour le lecteur qui, de plus, ne pourra éviter le parallèle avec
une autre série des éditions Delcourt, Hauteville
House – saga dont il faudra bien que je vous parle à l’occasion. En
effet, comme celle-ci, Empire est une Uchronie mêlant bon
nombre d’éléments Steampunk et où apparaissent, comme protagonistes, à la fois
des personnages réels de notre histoire mais également des figures des romans
de l’époque. Bref, tous les éléments pour que l’on ait une sympathique BD
étaient réunis, et, ma fois, force est de constater que, si l’on n’attend ni
monts ni merveilles de cette saga, alors, on ne sera nullement déçu, bien au
contraire. Pour ce qui est du contexte, nous sommes donc en 1815 et Napoléon
règne sur l’Europe mais également sur les Indes. Déjà, le postulat de base est
intéressant à plus d’un titre car, qui sait ce qu’il serait advenu si
l’Empereur s’était tourner vers les Indes ? Mais plus qu’une simple Uchronie,
assez rapidement, on s’aperçoit que les auteurs ont mêler de nombreux éléments
disparates faisant de leur œuvre un habile mélange où l’on retrouve bon nombre
d’éléments Steampunk, mais également, par le biais des dires de Charles Nodier,
l’un des deux personnages principaux de l’intrigue, des éléments surnaturels
comme les lutins, les vampires ou les djinns, sans oublier quelques noms connus
comme Dracula ou le docteur Frankenstein. Bref, un heureux melting-pot qui
fonctionne assez bien grâce à une histoire prenante, mais aussi, par le
charisme indéniable des deux protagonistes principaux, Nodier, déjà citer, dans
le rôle de l’aventurier touche à tout, à la fois scientifique, spécialiste de
l’occulte et tacticien de génie, et le ténébreux et charismatique capitaine
Saint-Elme, à la fois sombre, inquiétant, redoutable au combat et possédant la
beauté et le magnétisme qui sied au genre. Ce duo improbable n’est pas une
invention des auteurs, quelque part les points communs avec ceux des Mystères
de l’Ouest sont évidents, cependant, comme leurs glorieux aînés, il
est évidant qu’il fonctionne à merveille. Et donc, après une rapide mise en
place de l’univers et des différents enjeux, le lecteur est rapidement happer
par une intrigue sans le moindre temps morts, et après les présentations
d’usages, les premières surprises au fil des pages – tient, il y aura du
Steampunk ! Comment, des fées, ah bon ? L’anglais qui veut faire le tour du
monde en 80 jours !? – l’on suit les pérégrinations de Saint-Elme et Nodier
dans les rues de Bombay, aux prises avec les adorateurs de Kali et enquêtant
sur le mystérieux Général Fantôme, le premier à avoir fait perdre une bataille
à Napoléon… Bref, dans l’ensemble, nous avons droit a une saga plutôt plaisante
et dont le seul défaut, finalement, aura été le fait que le sieur Pécau, comme
a son habitude, s’est un peu trop dispersé, multipliant quelques sous intrigues
et en oubliant quelques unes au passage – et cela, en trois volumes si l’on
suit l’ordre de parution original. Quand à Kordey, reconnaissons que c’est
celui de 2006 et pas encore celui, nettement plus précis, de ces dernières
années, mais bon, quoi qu’il en soit et malgré ses défauts, Empire n’en reste pas moins comme étant
une agréable mini-série qui ravira, sans nul doute, les fans de Steampunk, ceux
de Jean-Pierre Pécau, ceux d’Igor Kordey et, dans un sens plus large, celles et
ceux qui souhaitent découvrir une saga sans prise de tête qui leur fera voir du
pays, ce qui est déjà pas mal !
Points
Positifs :
-
Une uchronie fort plaisante avec un coté Steampunk assumé, un duo de protagonistes
principaux réussi, un univers qui l’est tout autant et une intrigue
suffisamment captivante pour les amateurs d’aventure pure et dure !
- Un
postulat de départ plutôt intéressant puisque cette uchronie par du
principe : que se serait-il passé si Napoléon aurait tourné son regard
vers l’est et aurai été jusqu’à conquérir l’Inde ?
-
Les amateurs de Jean-Pierre Pécau apprécieront, bien entendu, ses multiples
références historiques ou littéraires.
-
Bien évidement, le duo Saint-Elme et Nodier renvoi a celui des Mystères
de l’Ouest.
-
Les amateurs de Jean-Pierre Pécau sont en terrain familiers et retrouveront
avec plaisir toutes ses références historiques, ce mélange entre protagonistes
réels et imaginaires, ses nombreuses références, etc.
-
Si vous êtes fans d’Igor Kordey, il est clair que celui-ci livre quelques
planches plutôt réussies même s’il faut reconnaitre que le croate fera bien
mieux par la suite…
-
Une couverture plutôt réussie.
Points
Négatifs :
- A
force de multiplier les sous-intrigues et les protagonistes, Jean-Pierre Pécau
loupe un peu le coche et cela ressent grandement à la lecture de cette saga qui
est un peu mal structurée. Qui plus est, l’auteur oublie certains personnages
comme l’Oupire, nous pond des rebondissements inutiles et bâcle,
malheureusement, sa conclusion.
- Malheureusement,
même les fans les plus complaisants d’Igor Kordey reconnaitront que celui-ci a
fait bien mieux par la suite pour ce qui est de la précision de son style.
Après tout, Empire accuse presque vingt ans d’âge…
-
Dans un sens plus large, ceux qui ne supportent pas le style de Kordey
trouveront tout cela beaucoup trop brouillon pour accrocher totalement.
-
Les détracteurs de Pécau pointeront du doigt certaines mimiques de l’auteur,
comme cette multitude de références, parfois obscures, qui ne tombent pas
toujours juste.
Ma
note : 7/10
Ilium
Troie,
c'est la Guerre chantée par Homère dans l'Iliade. Ici, les dieux de
l'Olympe sont des posthumains qui bénéficient, grâce à la technologie, de
pouvoirs extravagants, une quasi-immortalité, la possibilité de se déplacer
dans le temps et dans l'espace, des armes prodigieuses. Ils habitent, sur Mars,
le mont Olympos, le plus haut volcan connu du système solaire. Leur spectacle
favori, voire obsessionnel, demeure cette Guerre qui se déroule sur terre et
dont aucun d'eux ne connaît l'issue. Aucun, sauf Zeus... Pour vérifier la
conformité de la guerre réelle avec ce qu'en a conté Homère, les scholiastes,
des spécialistes de l'Antiquité, sont chargés d'observer les dessous de cette
Guerre. C'est ainsi que Thomas Hockenberry, un universitaire du
XXème siècle, se retrouve malgré lui enrôlé par Aphrodite pour faire
triompher les Troyens, et rien moins qu'assassiner Athénée. Mais, à jouer ainsi
avec l'espace et le temps, les dieux posthumains mettent en péril le système
solaire et l'univers tout entier... Une aventure trépidante, une réflexion sur
l'avenir d'une humanité dépassée par ses créations et sur le sens de la
culture.
Ilium
Auteur
: Dan Simmons
Type
d'ouvrage : Science-Fiction
Première
Parution : 20 mai 2003
Edition
Poche : 13 septembre 2007
Titre
en vo : Ilium
Pays
d’origine : Etats-Unis
Langue
d’origine : anglais
Traduction : Guy
Abadia
Editeur : Folio
SF
Nombre
de pages : 896
Mon
avis : Ilium, lors de sa sortie,
il y a de cela une vingtaine d’années, fut un petit événement en soi puisque ce
roman marquait le grand retour du sieur Dan Simmons a un genre qui avait fait
sa gloire avec Les
Cantos d’Hypérion, je veux, bien entendu, parler de la science-fiction.
L’auteur, après le succès phénoménal de celui-ci, eu la sagesse d’abandonner le
genre quelques temps, sachant pertinemment que toute nouvelle œuvre SF serait
fatalement comparée à son chef d’œuvre, ce qui était assez compréhensible.
Cependant, même en ayant pris son temps pour se relancer dans le bain, la
première chose que le fan qui a connu Simmons par le biais des Cantos et
qui découvrirait Ilium ensuite, fera, est de comparer les deux
œuvres, et ce, aussi différentes et proches qu’elles puissent l’être. Éternel
problème de l’écrivain qui, après avoir connu la gloire, se doit de se
renouveler, chose qui n’est pas toujours aussi évidente qu’on pourrait le
penser de prime abord, bien au contraire. Cependant, si je vous ai parlé des différences et des points communs entre Ilium et Hypérion,
c’est que Simmons, par le biais de deux romans qui racontent chacun une histoire
propre, use et abuse toujours des mêmes ficelles qui ont su marcher en leur
temps : ainsi, l’on retrouve dans Ilium bien des éléments
autrefois présents dans les Cantos, que ce soit ces téléportations
instantanées à travers l’espace (les nœuds fax ici, les distrans autrefois)
accessoirement aussi nocives les unes que les autres, la présence des intelligences
artificielles (les Moravecs ayant pris place des IA et des Cybrides), le mythe
du Juif errant (ici devenu une femme loin de faire oublier l’inoubliable Sol
Weintraub des Cantos) et la judéité en règle générale (en
avions-nous besoin dans un récit de SF se déroulant dans le futur ?
franchement, premier point négatif pour cette œuvre car on sent que Simmons en
fait un peu trop) ainsi que, bien entendu, le gout de l’auteur pour imaginer ce
qui pourrait advenir de l’humanité dans des milliers d’années (L’Hégémonie est
ici remplacée par une vision bien plus pessimiste qui nous renvoi directement
à La
Machine à Explorer le Temps de HG Wells). Bref, tout un tas de
points communs qui font que l’habitué de Simmons retrouvera dans la lecture d’Ilium des
échos d’un lointain passé, certes, pas forcément désagréables en soit, mais qui
nous démontrent également que l’auteur a un peu de mal à se renouveler. Une
dernière preuve de cet état de fait : le lien des deux œuvres aux grands
auteurs du passé : Keats dans Hypérion, Homère, Proust et
Shakespeare dans Ilium. Alors mon cher Dan, tu nous aurais sorti un
simple copié/collé ? Eh bien, ce n’est pas aussi simple que mes propos
pourraient le laisser penser car en fait, Ilium n’est pas
dénué d’intérêt. Tout d’abord, le synopsis de base est assez intéressant en soi
et mérite largement le détour : imaginez dans un avenir lointain, sur
Mars, des dieux grecs avec Zeus, Athéna, Arès et compagnie, qui passent leur
temps à vérifier si la célèbre guerre de Troie se déroule conforme à L’Iliade :
pour cela, ils utilisent des spécialistes du texte d’Homère, des humains
reconstitués afin de vérifier s’il si tout se déroule comme prévu. Ensuite,
dans les satellites de Jupiter, des créatures robotiques, les Moravecs,
craignant pour la sécurité du système solaire décident d’aller jeter un coup
d’œil du coté de Mars afin de découvrir d’où vient la provenance de tous ces
joujoux quantiques. Pour finir, sur Terre, vit une humanité déclinante,
semblable aux Eloïs de La Machine à Explorer le Temps, qui ne
soucient que de passer du bon temps et dont la vie est limité a cent ans (pas
une année de plus, pas une de moins) tandis que de soi-disant posthumains, eux,
seraient partis vivre dans des stations orbitales des siècles auparavant. Bref,
tout un tas d’éléments disparates, sans lien apparent, a première vue, entre
eux, et trois récits qui se croisent, avant, bien entendu, de se rejoindre à la
fin – car bien évidement, le lecteur s’en doute assez rapidement, tous ces
événements sont liés. Encore faut-il savoir comment et pourquoi ? Et
d’ailleurs, pour ce qui est de ces récits a proprement parlé, force est de
constater qu’ils sont assez prenants, chacun un peu dans son style et que si
j’ai eu une nette préférence pour les événements de Troie et les complots entre
dieux grecs – ce sont les passages les plus durs et ici, la guerre n’a
franchement rien de glorieux – je dois avouer que l’humour qui émane de celui
avec les deux Moravecs, tellement drôle, mérite à lui seul le détour. Le
problème, c’est que Simmons alterne sans arrêt entre les trois récits,
concluant chaque chapitre à chaque fois lors des moments culminants, procédé
qui, en plus de ne pas être original, fonctionne toujours certes, mais lasse
très rapidement au fil des pages, mais bon, à sa décharge, j’avouerai que je ne
vois pas trop comment l’auteur aurait pu faire autrement ? Bien
évidemment, je ne dévoilerais pas davantage le déroulement du récit ainsi que
les nombreuses surprises qui parsèment celui-ci et dont certaines, je l’avoue,
sont assez bien trouvées – après tout, il faut toujours savoir préservé une
part de mystère pour l’éventuel lecteur qui lirait cette critique et qui serait
tenter de découvrir l’œuvre sans la connaitre à l’ avance. Disons, en guise de
conclusion, qu’Ilium, sans être du même acabit que Les Cantos
d’Hypérion, n’en reste pas moins une œuvre de science-fiction assez
plaisante, qui possède son petit lot de bonnes idées et qui est suffisamment
prenant pour captiver l’intérêt du lecteur ; ajoutons à cela une petite
pincée d’humour et quelques protagonistes hauts en couleur et l’on se retrouve
avec un bon petit roman de SF. Le problème, c’est que certaines situations sont
tellement osées, voire parfois ridicules, que cela pâtit fortement a la crédibilité
de l’ensemble (autant qu’un récit de SF puisse être crédible, j’entends bien)
et que l’espèce d’Ulysse 31 avec son sabre laser, franchement, on s’en serait
bien passé. De même, que les fans d’Hypérion prennent
garde : Ilium reste largement inférieur à son prestigieux
devancier, mais bon, dans l’ensemble, ce n’est pas mauvais en soit, cela se lit
bien et sans révolutionner le genre, cela vous fera passer un bon moment ;
et c’est déjà pas mal.
Points
Positifs :
-
Il n’était pas évidant pour Dan Simmons de se replonger a nouveau dans la
science-fiction vu qu’il avait, tout simplement, écrit l’un des classiques du
genre – Les Cantos d’Hypérion – et que, forcément, on ne
pourrait pas s’empêcher de comparer les deux œuvres, or, dans l’ensemble, il
s’en sort plutôt bien et Ilium reste un bon roman de SF.
-
Un postulat de départ intéressant – avec ces dieux grecs qui vient sur Mars et
qui nous ont pondu une nouvelle Guerre de Troie, ces robots qui se demandent ce
qu’est devenu l’humanité et les derniers survivants de celle-ci qui vient, a la
surface de la Terre, comme les Eloïs de La Machine a Explorer le Temps –
et qui s’avère, rapidement, assez captivant à suivre.
-
Le talent, indéniable, de Simmons en tant que compteur et qui fait qu’il est
difficile de poser ce roman tellement on a envie de découvrir la suite.
Points
Négatifs :
-
La désagréable impression que nous avons affaire ici a un copié/collé des Cantos
d’Hypérion tellement certaines situations, certaines idées, certains
passages nous renvoient indéniablement au chef d’œuvre de Simmons.
-
Il faut tout de même avaler quelques grosses couleuvres comme certaines
situations et autres protagonistes que l’on peut qualifier d’étant, tout
bonnement, ridicules : le plus bel exemple étant cet espèce d’Ulysse 31
avec son sabre laser…
-
Simmons fait alterner ses trois récits en parallèle en nous laissant, à chaque
fois, sur un climax : au début, cela fonctionne, assez rapidement, on se
dit que l’auteur abuse un peu trop du procédé.
-
Au petit jeu des comparaisons, Ilium reste inférieur aux Cantos
d’Hypérion, mais bon, ce n’est pas vraiment une surprise, n’est ce
pas ?
Ma
note : 7/10
Time
Fades Away
Neil
Young
1
- Time Fades Away (Neil Young) 5:36
2
- Journey Through The Past (Neil Young) 3:19
3
- Yonder Stands The Sinner (Neil Young) 3:17
4
- L.A. (Neil Young) 3:11
5
- Love In Mind (Neil Young) 1:58
6
- Don't Be Denied (Neil Young) 5:16
7
- The Bridge (Neil Young) 3:05
8
- Last Dance (Neil Young) 8:47
Time Fades Away
Musicien
: Neil
Young
Parution
: 15 octobre 1973
Enregistré : 11
février 1973 – 01 avril 1973
Durée : 34:33
Genre
: Country
Rock
Producteur : Neil
Young, Elliot Mazer
Label
: Reprise
Records
Musiciens :
Neil
Young : chant, guitare
(1, 3, 4, 6, 8), basse (4), piano (2, 5, 7), harmonica (1, 7)
Ben
Keith : guitare pedal
steel (4, 6, 8), guitare slide (1, 3), chœurs (1)
David
Crosby : guitare (3),
chant (3, 8)
Tim
Drummond : basse (1, 3,
6, 8)
Jack
Nitzsche : piano (1, 3,
4, 6, 8), chœurs (6)
Graham
Nash : orgue, chant
(8)
Johnny
Barbata : batterie (1,
3, 4, 6, 8)
Mon
avis : Avant toute chose, je crois qu'un
avertissement à destination du lecteur est de mise. Time Fades Away est véritablement un disque à part dans la longue
carrière du Canadien, un album qu'il faut absolument replacer dans son contexte
pour comprendre son contenu et la polémique qu'il suscite. L'histoire commence
à l'automne 1972. Fort du succès de son désormais mythique Harvest,
Neil Young planifie une tournée immense, prévoyant même d'aller jusqu'en
Europe. Il convie Danny Whitten à prendre part à celle-ci, mais, lors des
préparatifs, les choses tournent court. Abimé par sa surconsommation de drogues
en tout genre, Danny est incapable de jouer le moindre morceau dans son
intégralité. Furieux devant l'incapacité de son guitariste à faire son boulot
convenablement, Neil le congédie avec 200 dollars et un billet d'avion pour
L.A. pour seul salaire. Le lendemain, le 18 novembre 1972, Neil est frappé de
plein fouet par l'atroce nouvelle : Danny Whitten est mort d'overdose.
Inconsolable, se sentant entièrement responsable de la mort de son ami, le
Loner noie son chagrin dans l'alcool et pète littéralement les plombs. En
effet, dés le début, la tournée est chaotique. Fortement imprégné de Tequila,
Neil exaspère son groupe et le public qui, soir après soir, manifeste sa désapprobation
et son incompréhension face à l'attitude du chanteur qui ne ressemble en rien
au campagnard de Harvest et qui
interprète mal les morceaux de son dernier album, considéré, déjà à l'époque,
comme son meilleur. De plus, les nouvelles compositions ne plaisent pas : trop
bancales, trop sales. Le nouveau son adopté par le groupe (plus lourd, avec
quelques réminiscences hard qui rappellent par moments le Crazy Horse) est lui
aussi sujet à de fortes critiques de même que le chant éraillé du canadien. Vers
la fin janvier, Kenneth Buttrey, le batteur de la formation, en a assez et
claque la porte. Il sera remplacé par Johnny Barbata qui assurera le reste de
la tournée avec les Stray Gators. Sont également appelés en renfort David
Crosby et Graham Nash pour palier à la défaillance vocale de Neil Young. Mais
les choses continuent à se gâter immanquablement, la tension entre les
musiciens est palpable (Jack Nitzsche aurait même profité du fait que son micro
soit éteint pour proférer des insanités sur scène). Le calvaire prend
finalement fin au Salt Palace Arena de Salt Lake City, après quoi les Stray
Gators arrêteront la tournée, rayant du calendrier les dates européennes. De
son côté, Neil Young reprendra le chemin des clubs à partir d'août 1973, en
compagnie des Santa Monica Flyers (la section rythmique du Crazy Horse
augmentée de Nils Lofgren) et ce jusqu'en novembre dans le but de présenter au
public son prochain album, un certain Tonight's
The Night... Pour la petite histoire, Time
Fades Away n'est pas l'enregistrement d'un seul et même concert puisque tous
les morceaux (sauf deux) sont issus de bandes différentes. Leur seul point
commun est d'être issus de la même tournée et de ne pas posséder de version
studio. Vous comprendrez donc le désappointement des fans à la sortie de
l’album, eux qui rêvaient d'un sublime Heart
Of Gold ou d'un The Needle And The
Damage Done poignant. Pourtant, malgré (ou à cause de) leur côté cradingue,
toutes les compositions présentes sur ce live sont de purs joyaux. Time Fades Away ouvre le bal avec sa
basse puissante, son piano sautillant et ses guitares tranchantes. Neil s'y
montre ironique, voir acerbe et chante à s'en déchirer les cordes vocales (une
infection de la gorge n'allait d'ailleurs pas tarder à lui tomber dessus). Dans
le même registre on pourra également citer l'excellent Younder Stands the Sinner, le mélancolique L.A., le sublime Don't Be
Denied avec sa guitare écorchée et enfin l'immense Last Dance qui clôture à merveille le disque. Du côté des ballades,
on est servi avec Journey Through The
Past (écrite à l'origine pour figurer dans le film du même nom), Love In Mind et The Bridge, toutes trois magnifiquement interprétées au piano. Malgré
cela, l'accueil fut peu chaleureux, l'album n'atteignant que la vingt-deuxième
place au Billboard. A ce jour, cet album reste comme étant un des plus méconnus
du Canadien et, également, celui que ce dernier aime le moins. De plus, on le
considère, à juste titre, comme étant le premier volet de ce qu'on appellera la
Ditch Trilogy, ce tryptique composé de Time
Fades Away, On The Beach et Tonight's The Night et qui correspond à
la période dite sombre du Canadien. Est-ce la raison pour laquelle il fallut
attendre des décennies et l’année 2022 pour avoir droit à une réédition en
CD ? Possible, fort possible… Toujours est-il que Time Fades Away est devenu, avec le temps, une véritable relique pour
la plupart des fans, leur Saint Graal. Il est vrai qu'on ne peut pas lui
reprocher grand' chose (un manque d'unité éventuellement, une trop courte durée
comparativement aux concerts donnés à cette époque) et qu'il justifia, pendant
longtemps, à lui seul, l'achat d'une platine vinyle. Croyez-moi, le jeu en
valait largement la peine...
Points
Positifs :
- Un
des plus grands albums de Neil Young et, en tous cas, son meilleur album live, ce,
sans aucune discussion possible. Il faut dire que cet opus maudit, décrié par
bien des fans et qui fut, pendant des décennies, totalement introuvable
puisqu’il fallut attendre 2022 pour avoir droit a une version CD, est un must
absolu, un truc énorme, qui transpire la crasse et la mort, ouvrant le bal, de
fort belle manière, de la somptueuse Ditch Trilogy.
-
Pour ce qui est des compositions présentes dans cet opus et qui, pour la petite
histoire, n’existent pas en version studio, force est de constater que celles-ci
sont excellentes voir flirtent même avec le sublime ? Ainsi, entre Time Fades Away, Younder Stands the Sinner, Don't
Be Denied et le grandiose Last Dance
qui clôture en beauté le bal, nous flirtons tout simplement avec l’excellence.
Quand aux ballades, comme Journey Through
The Past, elles ne sont pas en reste.
-
Neil Young chante comme s’il allait s’écrouler à tout instant et sa voie est
plus éraillée que jamais, sans occulter le fait qu’il est fortement alcoolisé,
cependant, comment ne pas reconnaitre que le Loner flirte avec le divin,
mettant alors toutes ses trippes dans ses compositions !?
-
Une pochette simple mais qui n’en reste pas moins efficace.
Points
Négatifs :
- Bien
entendu, Time Fades Away est un album
oh combien clivant, y compris, parmi les fans de Neil Young, et ce, depuis sa
sortie. Il faut dire que cet opus, sale, sans compromis, avec un Loner en
pilotage automatique, en aura perturbé plus d’un et s’avère être à mille lieux
du nettement plus tranquille Harvest…
-
Dire qu’il aura fallut attendre environ un demi-siècle pour avoir droit à une
version CD de ce chef d’œuvre absolu !
Ma
note : 9/10
La
Saga de Vam
Ormagh
le plus puissant des Naarts s'ennuie fermement depuis des siècles et ne cesse
de tancer les autres dieux. Pil le Bouffon, dieu difforme et bossu, lui propose
alors divers jeux mais ceux-ci se révèlent être les mêmes depuis des années,
cependant, une idée lui vient à l'esprit : « Connaissez-vous le
jeu du chat et de la souris ? » Dans le rôle du chat, Ormagh,
bien entendu, dans celui de la souris, un humain, mortel, un certain Vam.
Ormagh, le roi des dieux, se prend alors au jeu et le pauvre Vam, entrainé par
des forces qui le dépassent, finit par être amener sur une île bien intrigante
où se trouve la légendaire Forteresse Bleue…
La Saga de Vam
Scénario
: Vladimir Colin
Dessins
: Igor Kordey
Couleurs : Igor
Kordey
Couverture
: Igor Kordey
Editeur
: Les Humanoïdes Associés
Genre : Fantasy
Pays
d’origine : France
Langue
d’origine : français
Parution
: 10
janvier 1988
Nombre
de pages : 140
Mon
avis : Je pense ne pas me tromper en affirmant que ce n’est pas vraiment une surprise
pour celles et ceux qui suivraient ce blog depuis ses débuts,
mais bon, je pense qu’il n’est pas inutile de rappeler que cela fait fort
longtemps que j’éprouve un certain attrait pour le style oh combien original du
sieur Igor Kordey. Pour rappel, ayant fait sa connaissance par le biais de certains épisodes
du New
X-Men de Grant Morrison, ce fut surtout, quelques années plus
tard, que j’ai put redécouvrir l’artiste croate, et ce, par le biais de cette singulière et interminable saga qu’est L’Histoire
Secrète. Je ne vais pas vous mentir, au début, je n’étais pas vraiment
fan du style plutôt brouillon, à mes yeux, de Kordey, cependant, au fil des années,
de l’évolution de ce dernier, du parallèle de plus en plus évidant de celui-ci
avec le grand Richard Corben sans oublier, bien entendu, pas mal d’autres sagas
où officiaient l'artiste et que j’ai découvert par la suite, je suis devenu,
incontestablement, un grand amateur d’Igor Kordey, ce, au point même que,
désormais, je suis en quête du moindre de ses travaux. Et c’est donc ainsi que
je suis tombé sur La Saga de Vam, trilogie – ici présentée en
intégrale – plutôt ancienne puisque datant de 1988 et qui nous présente un Kordey
alors bien plus jeune mais dont le style est déjà fortement marquer, ce, bien
entendu, pour le plaisir des fans du croate. Tirer d’un roman de
science-fiction roumain – eh oui – écrit par un certain Vladimir Colin, La
Saga de Vam est, indéniablement, une œuvre bien singulière :
traitant de dieux qui vont parmi les hommes, comme dans nos bons vieux mythes,
du destin d’un mortel puis de sa lignée qui se dresse contre eux, cette saga
est, avant toute chose, destinée aux vieux amateurs de mythologies qui
trouveront ici bien des références qui leur sont familières, ces divers dieux
étant, finalement, inspirés par diverses divinités de multiples panthéons. Par
ennui, par jeu, les dieux s’en prennent à un simple humain, Vam, s’en savoir
que cela finira par entrainer leur chute et, ma foi, l’intrigue, malgré
quelques faiblesses et pas mal de raccourcis, n’en reste pas moins plutôt
captivante, pour peu, bien entendu, que l’on apprécie le genre. Car oui, La
Saga de Vam n’est pas destiné à un large public, il faut le
reconnaitre : accusant fortement son âge, celle-ci risque de laisser de
marbre les fans de BD plus jeunes qui seront forcément rebutés par cette BD
bien bavarde, de plus, même parmi les vieux de la vieille qui ont connu les
heures de gloire des productions des Humanoïdes Associés,
c’est-à-dire, les années 80, il est évidant que cette trilogie, spéciale dans
sa conception et vraiment typé pour un certain public, ne fera pas consensus.
Bref, La Saga de Vam n’est pas une BD qui plaira à tout le
monde et son coté vieillot ne l’aidera pas, cependant, si vous êtes fan du
genre, nul doute que vous pourrez y trouver un certain plaisir. Et puis, bien
entendu, il y a la partie graphique d’Igor Kordey reconnaissable entre mille et
tout bonnement excellente – en tout cas, nettement plus aboutie que dans New
X-Men ou les premiers volumes de L’Histoire Secrète –
et, en toute sincérité, rien que pour celle-ci, je pense ne pas me tromper en
affirmant que le jeu en vaut nettement la chandelle !
Points
Positifs :
-
Une œuvre plutôt atypique, qui accuse bien entendu son âge mais qui n’en reste
pas moins comme étant une bonne réussite avec sa cosmologie divine qui ravira
les amateurs de mythes, cet humain, Van, et sa lignée, qui se dressera contre
ces fameux dieux insouciants et cruels, sans oublié ce coté grandiloquent et
épique, presque Homérique dans son traitement, et qui nous donne l’impression
d’avoir affaire à un véritable mythe de l’histoire humaine…
-
Pour ce qui est de la partie graphique, c’est un pur régal et il faut
reconnaitre que le sieur Igor Kordey, alors bien jeune, possédait déjà une
maitrise du crayon plutôt impressionnante et que son style était déjà bien
marqué. Bref, si vous êtes fans du dessinateur croate, La Saga de Van est
tout simplement indispensable !
-
Amateurs de mythes, de divinités, de légendes, La Saga de Van est,
indéniablement, faite pour vous !
-
Les plus anciens, celles et ceux de ma génération, retrouveront avec plaisir
une BD qui leur rappellera les grandes sagas parus chez Les Humanoïdes
Associés dans les années 80, un genre, finalement, tombé en désuétude
depuis longtemps, ce qui est dommage…
Points
Négatifs :
-
On ne peut pas passer sous silence le fait que cette BD accuse fortement son
âge et qu’elle ne pourra, éventuellement, que plaire à des lecteurs plus agés
qui ne seront pas déstabilisé par ce style un peu vieillot et cette narration
franchement bavarde. Bref, les plus jeunes, plus habitués a des séries
interminables et aux scénarios basiques passeront tranquillement leur chemin.
-
Comme il est de coutume de le dire avec Igor Kordey, celui-ci possède un style
particulier qui fait que, soit on adore, soit on déteste, du coup, ce n’est pas
ici que ses détracteurs changeront d’avis a son sujet…
-
Quelques incohérences et pas mal de raccourcis viennent, malheureusement,
gâcher le plaisir de la lecture par moments.
Ma
note : 7,5/10
L’Attaque
des Titans – Tome 4
Il
y a plus d’un siècle, les Hommes vivaient en paix. Mais, un jour l’Humanité a
été presque entièrement décimée par des êtres gigantesques, les Titans.
Personne ne sait d’où ils viennent ! Une chose est sûre, ils semblent animés
par un unique but : dévorer les humains, un par un ! Depuis, les derniers
rescapés ont bâti une place forte, une cité cernée de hautes murailles au sein
de laquelle vivent leurs descendants. Ignorants tout du monde extérieur, ils se
pensent au moins à l’abri des Titans ! Mais leurs vies basculent le jour où
surgit un Titan Colossal… Après avoir réussi à refouler l’invasion du district
de Trost grâce à la transformation d’Eren, le major Erwin Smith arrive à
convaincre sa hiérarchie d’aller explorer la maison des Jäger à Shiganshina,
afin d’élucider le mystère des Titans. Mais, lors de la première incursion à
l’extérieur du Mur, les troupes du Bataillon d’exploration se font surprendre
par un Titan de type féminin, particulièrement dangereux… Au prix de lourds
sacrifices, les hommes d’Erwin parviennent tout de même à neutraliser le
spécimen. Qui vont-ils extraire de la nuque du Titan ?
L’Attaque des Titans – Tome 4
Scénariste
: Hajime
Isayama
Dessinateur : Hajime
Isayama
Genre : Shōnen
Type
d'ouvrage : Fantastique, Action
Titre
en vo : Shingeki no Kyojin vol.4
Parution
en vo : 09 avril 2013
Parution
en vf : 09 novembre 2016
Langue
d'origine : Japonais
Éditeur : Pika
Édition
Nombre
de pages : 576
Mon
avis : Après un troisième
volet de l’intégrale de L’Attaque
des Titans qui s’était avéré être excellent et, sans aucune discussion
possible, le meilleur tome depuis les débuts de la saga, ce fut avec un plaisir
non dissimulé que je me suis plongé dans la lecture de ce nouvel album qui, une
fois de plus, confirma tout le bien que l’on pouvait penser de l’œuvre du sieur
Hajime Isayama. Il faut dire que, ici, il s’en est passer des choses et que le
lecteur, au fil des pages, aura été de surprises en surprises. Ainsi, d’entrée
de jeu, on retrouve nos héros, c'est à dire, Conny, Ymir, Reiner et compagnie, que l’on
avait laissé en bien mauvaise postures, harcelés de toute part par des Titans
et, après quelques nouveaux faits d’armes pour le moins spectaculaires, le lecteur découvrira
avec stupéfaction, ou pas – car les indices, subtils, étaient parsemés depuis
le début – que trois des leurs sont en fait des Titans !
Comme Eren, bien sûr, mais aussi comme Annie. Et, accessoirement, pas n’importe
lesquels ce qui risque fort, comme on peut s’en douter, de poser pas mal de
problèmes. Ajoutons à cela une autre révélation – encore – au sujet de
l’identité de l’un des membres du bataillon et vous comprendrez à quel point
les débuts de ce quatrième intégrale de L’Attaque des Titans démarre
sur les chapeaux de roue et redistribue les cartes de fort belle manière !
Mais ce n’est pas tout puisque, ensuite, nous avons droit a un long
affrontement entre Eren et Reiner, tous les deux sous leur forme de Titans,
bien entendu – eh oui, Reiner est un Titan ! Bon, je le reconnais, ce
combat, s’il est spectaculaire, est un peu redondant et ne tient pas la
comparaison avec celui qui avait opposé notre héros à Annie dans le tome
précédent. Pour finir, le lecteur va encore avoir droit à des coups de théâtre
inattendus, des scènes inoubliables, des drames, des hauts faits d’armes et
même, manga oblige, tout un tas de grands sentiments criés à la face du
monde ! Mais il faut dire que même si le Caporal Livaï n’apparait guère
dans ce tome, son absence ne se fait nullement sentir : Eren est aux
prises de Reiner et Berthold, Ymir semble bel et bien aider ces derniers, le
Bataillon d’Exploration part dans une mission de secours quasi-désespérée et un
certain Titan souriant, celui-là même qui avait dévorée la mère d’Eren lors des
tous débuts du manga, fait son grand retour ! Il y a du sang, des larmes,
le Major Erwin Smith ne va pas en sortir indemne et un des personnages les plus
anciens de la série va même connaitre une mort horrible. Ajoutons a cela une
Mikasa qui, passée a deux doigts de la mort, va enfin dévoilée ses sentiments a
Eren tandis que ce dernier semble posséder de nouveaux et bien mystérieux
pouvoirs de contrôle de Titans et vous comprendrez, sans nul doute, a quel
point ce tome est excellent. Mais les choses semblent bien mal engagées et, au
vu des dernières pages, on peut craindre le pire pour certains des
protagonistes, mais là, il va falloir patienter pour connaitre la suite !
Points
Positifs :
- Une
fois de plus, ce nouveau volet de L’Attaque des Titans confirme
tout le bien que l’on pensait de ce manga. Certes, tout n’est pas parfait mais,
scénaristiquement parlant, Hajime Isayama possède un don certain pour nous
proposer une intrigue captivante et bourrée de retournements de situations qui
font que l’on accroche rapidement à l’histoire…
-
Un quatrième tome qui frôle presque avec la perfection tant le lecteur est
asséné de révélations en tous genres sur l’identité secrète de certains des
protagonistes et va de surprises en surprises. Ajoutons à cela de multiples
scènes d’actions toutes plus jouissives les unes que les autres et quelques grands
moments oh combien dramatiques et vous comprendrez pourquoi, avec ce
volet, L’Attaque des Titans prend, encore, une nouvelle
ampleur !
-
Reiner et Berthold sont, en fait, le Titan Cuirassé et le Titan Colossal. Ça,
pour une surprise, c’est une sacrée surprise même si, en fait, cela explique
pas mal de choses. Mais alors, tout cela serait-il un poil plus compliqué
qu’une simple histoire de lutte entre humains et Titans ?!
-
Le Major Erwin en prend plein la gueule dans ce tome – il perd un bras, dévoré
par un Titan – mais il à encore l’occasion de nous sortir quelques hauts faits
d’armes !
-
Une édition intégrale de fort belle qualité qui rend justice au manga et qui,
ma foi, est tout simplement indispensable pour les fans de celui-ci.
Points
Négatifs :
-
Comme je l’ai déjà souligner dans mes critiques précédentes, le gros point
faible de L’Attaque des Titans, c’est sa partie graphique qui est,
incontestablement, problématique. Certes, Hajime Isayama s’est amélioré depuis
les débuts du manga, mais bon, ce n’est pas encore exceptionnel, loin de là…
-
L’affrontement entre Eren et Reiner dure un peu trop longtemps à mon gout et
casse un peu le rythme d’un tome qui, sans cela, aurait été exceptionnel !
-
On retrouve, naturellement, les défauts habituels du genre Shōnen, mais bon,
ici, cela dépendra fortement de votre passion pour la chose ou pas.
Ma
note : 8,5/10
La
Ligue des Gentlemen Extraordinaires – La Tempête
Après
les divers évènements qui ont marqué la League, Mina Murray, Orlando et Emma
Night fuient en passant par la fontaine de jouvence de la cité perdue de Kor.
Leur objectif est de rejoindre l'île de Lincoln ou s'est réfugié Jack, le
dernier Nemo. En parallèle, Bond qui dirige dorénavant le MI5, est toujours à
la recherche d'Emma, il apprend l'existence de Kor ou il se rend afin de
redevenir lui aussi jeune et immortel, puis il détruit la fontaine ! Dans le
Dossier Noir, il découvre le Blazing World ou se sont progressivement réfugiés
toutes les créatures fantastiques, au fil des siècles ! Encore une fois, il
prend la décision de détruire l'île. Pendant ce temps Satin, qui vient du futur
avec comme objectif d'empêcher une catastrophe sur Terre qui aura des
répercutions jusqu’à Mars, retrouve son ancien camarade des Seven Stars,
Marsman, pour tenter d'empêcher le pire… Ils entreprennent de retrouver leur
ami Vull…
La Ligue des Gentlemen Extraordinaires – La Tempête
Scénario : Alan Moore
Dessins
: Kevin O'Neill
Encrage : Kevin
O'Neill
Couleurs : Ben
Dimagmaliw
Couverture : Kevin
O'Neill
Genre : Super-héros,
Fantastique, Etrange
Editeur
: DC Comics
Titre en vo
: The League of
Extraordinary Gentlemen – The Tempest
Pays
d’origine : Grande-Bretagne
Parution
: 07
janvier 2020
Langue
d’origine : anglais
Editeur
français : Panini Comics
Date
de parution : 04 mars 2020
Nombre
de pages : 224
Liste
des épisodes
The League of
Extraordinary Gentlemen – The Tempest 1-6
Mon
avis : Oui, j’ose, j’affirme, je le crie sur
tous les toits, La Tempête, dernier volet de La
Ligue des Gentlemen Extraordinaires, est, sans aucune discussion
possible, un pur chef d’œuvre, quelque chose d’énorme, de parfait de bout en
bout et qui, plus de deux décennies après les débuts d’une saga décidément pas
comme les autres, aura confirmer, de fort belle manière, non seulement pourquoi
celle-ci fut l’une des plus importantes de ces vingt dernières années, mais aussi,
a quel point le sieur Alan Moore, toujours accompagner d’une main de maitre, aux
dessins, par un Kevin O’Neill en état de grâce, est un génie, indéniablement,
le plus grand auteur de comics qu’il m’a été donné de connaitre, et ce, de
loin, de très loin ! Bien entendu, nombreux seront celles et ceux qui
seront en total désaccord avec moi, qui affirmeront, selon eux, que Moore
n’aura jamais été aussi prétentieux, aussi illisible et que La Tempête n’aura
été que la confirmation que cet ancien génie n’est plus que l’ombre de
lui-même, ne cessant de s’autoparodier, encore et encore, son style, ses
œuvres, ne plaisant plus qu’a un public tout aussi prétentieux. Cet avis est le
leur et comme tous les gouts sont dans la nature, j’en prends acte, cependant,
je ne peux être d’accord et je persiste et signe : oui, mille fois
oui, La Tempête est une œuvre exceptionnelle et oui, elle
conclut à merveille une saga qui, depuis ses débuts, aura sut choisir son
public, c’est-à-dire, un lectorat que l’on peut qualifier de plus connaisseur
que la moyenne, qui sait que les comics ne sont qu’un genre parmi tant
d’autres, que ceux-ci ont une histoire, bien plus longue qu’on pourrait
l’imaginer et que, surtout, celle-ci, encore de nos jours, s’inscrit au sein
d’une pop culture bien plus vaste qui, dans les grandes lignes, va de la
musique au cinéma en passant par la littérature, le sport, le théâtre, les
séries, etc. Ainsi, depuis ses débuts, La Ligue des Gentlemen Extraordinaires est
un formidable mélange des genres où Moore fait cohabiter tout un tas de
protagonistes issus de divers médias de la culture mondiale et où, par la force
des choses, les références se multiplient à l’infini, l’auteur nous en
distillant tellement que, en toute franchise, rares sont ceux qui sont capables
de toutes les notées – plusieurs lectures étant nécessaires, et encore. Ainsi,
dans La Tempête, nous avons droit à tellement de références
culturelles, tellement d’hommages, que certains crieront au génie, d’autres
prendront leurs jambes à leur coup. Bref, une œuvre à ne pas mettre entre
toutes les mains, qui n’est absolument pas grand public mais qui n’en reste pas
moins un incontournable, surtout pour celles et ceux qui apprécient les comics d’Alan
Moore et qui, ma foi, osons le dire, ne se satisfassent pas uniquement des
productions bêtasses de chez Marvel. Un chef d’œuvre, donc, en
guise de conclusion pour une saga quasiment parfaite de bout en bout et qui, ma
foi, me manquera, mais bon, quelque part, mieux vaut finir en beauté que de
tomber dans la médiocrité, lot commun de tellement de séries…
Points
Positifs :
- La
conclusion parfaite d’une œuvre qui, depuis ses débuts, il y a une vingtaine
d’années, nous aura prouver que l’on peut encore être original dans l’univers
des comics mais aussi, que l’on peut nous proposer un formidable mélange des
genres, de tous les genres de la pop culture, ce, avec talent. Bref, si vous
êtes fans de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires depuis ses
débuts, La Tempête sera la conclusion que vous attendiez,
c’est-à-dire, à la hauteur de vos espérances !
-
Les références, bien sur, très nombreuses, plus nombreuses encore que
d’habitude et qui jalonnent toutes les pages de cet album. Bien évidement, bien
malin celui qui les découvrira toutes et il faudra moult relectures et
bien des connaissances pour espérer y parvenir…
-
Malgré toutes ces références et le coté élitiste de la chose, Alan Moore reste
un auteur accessible dans son propos, finalement, bien davantage qu’un Grant
Morrison que j’apprécie pourtant beaucoup.
-
Un des plus beaux hommages qu’il m’a été donné de lire a l’univers des comics
mais aussi, a ses hommes et ses femmes de l’ombre qui ont fait de lui ce qu’il
est devenu.
-
Le style de Kevin O’Neill est particulier, mais quant on y est habitué, force
est de constater que celui-ci est plutôt plaisant, de plus, dans cet album,
l’artiste alterne lui aussi les genres et il faut reconnaitre qu’il s’en sort
fort bien et que c’est un pur régal que de passer a des planches
conventionnelles a d’autres qui flirtent bon les pulps d’autrefois, les comics
d’horreur, les passages en 3D, etc.
-
Une couverture dans la lignée des précédentes de la saga mais qui n’en reste
pas moins parfaite dans son style inimitable.
Points
Négatifs :
-
J’adore les œuvres bourrées de références mais le problème avec Moore, c’est
qu’avec lui, à moins d’être britannique et, accessoirement, d’une intelligence
et d’une culture supérieure, il est impossible de toutes les comprendre. Bref,
vous l’avez compris, La Tempête est, comme le reste de la
série, une œuvre élitiste qui fera fuir la plupart des lecteurs…
Ma
note : 9/10