Dracula
Transylvanie,
1462. Le comte Vlad Dracula, chevalier roumain, part en guerre contre les Turcs
en laissant derrière lui sa femme Elizabeta. Cette dernière met fin à ses jours
lorsqu'elle apprend la fausse nouvelle de la mort de son bien-aimé. Fou de
douleur, Vlad Dracul renie l'Église et déclare vouloir venger la mort de sa
princesse damnée à l'aide des pouvoirs obscurs, devenant ainsi un vampire sous
le nom de Dracula. Quatre siècles plus tard, en 1897, Jonathan Harker, un jeune
clerc de notaire est envoyé en Transylvanie afin de conclure la vente de
l'Abbaye de Carfax à un mystérieux comte qui n'est autre que Dracula. Au moment
de la signature finale de la vente, Dracula découvre que Mina, la fiancée de
Harker est semblable en tous points à sa défunte épouse Elizabeta. Dracula
décide d'aller la retrouver à Londres et se fait transporter sur le Demeter
dans des caisses remplies de sa terre natale. Harker, quant à lui, est
prisonnier des femmes vampires qui le vident de son sang, le rendant ainsi inapte
à s'échapper du château.
Dracula
Réalisation : Francis
Ford Coppola
Scénario : James
V. Hart, d'après Dracula de Bram Stoker
Musique : Wojciech
Kilar
Production : Columbia
Pictures, American Zoetrope, Osiris Films
Genre : Fantastique,
Horreur, Drame, Romance
Titre
en vo : Bram Stoker's Dracula
Pays
d'origine : États-Unis
Langue
d'origine : anglais, roumain, grec, bulgare,
latin
Date
de sortie : 13 novembre 1992
Durée : 127
mn
Casting :
Gary
Oldman : le comte Vlad Dracul / Dracula
Winona
Ryder : Mina Murray / Elizabeta
Keanu
Reeves : Jonathan Harker
Anthony
Hopkins : Abraham Van Helsing
Richard
E. Grant : Dr. Jack Seward
Sadie
Frost : Lucy Westenra
Cary
Elwes : Lord Arthur Holmwood
Billy
Campbell : Quincey P. Morris
Tom
Waits : R.M. Renfield
Jay
Robinson : M. Hawkins
Monica
Bellucci : concubine de Dracula
Michaela
Bercu : concubine de Dracula
Florina
Kendrick : concubine de Dracula
Mon
avis : Afin de trouver une toute nouvelle méthode d’empiler les sous, Universal se
lança, pendant les années 90, dans des remakes des grands mythes de l'horreur qui avaient
fait la gloire du cinéma de la Hammer dans les années 50 et
60, c’est-à-dire, Frankenstein, Le Loup-Garou, L’Homme
Invisible, La Momie et donc, pour commencer, un certain Dracula dont
la réalisation fut orchestrée par le grand Francis Ford Coppola en personne. Se
voulant nettement plus fidèle au roman de Stoker que
les autres films dédiés au plus célèbre des vampires, Bram Stoker’s
Dracula frappa fort avec une publicité et un merchandising limite
excessifs, qui clamait haut et fort son statut de chef-d’œuvre. Ce côté
chef-d’œuvre préfabriqué, qui, accessoirement, ne fut pas une première dans le
cinéma venant d’outre atlantique et qui se poursuit encore de nos jours, avait
de quoi gêner, surtout à l’époque où je me souviens très bien que le public se
scinda alors en deux et ce, de manière assez distincte. Ainsi, d’un coté, nous
avions ceux qui descendirent l’œuvre de Coppola, la considérant comme un
fourre-tout sans saveur et lourdingue, tandis que d’autres, eux, considérèrent
celle-ci comme étant une œuvre flamboyante et sensationnelle. Et, justement, il
faut tout de même reconnaitre que ces derniers n’avaient pas tout à fait tort
puisque, en toute franchise, la réalisation du sieur Coppola était aussi
impressionnante que tentaculaire, virevoltant dans tous les sens avec tous les
éléments faisant directement la renommée d’un classique hollywoodien : effets
spéciaux époustouflants, musique baroque et exacerbée, casting abondamment fourni,
scènes d’anthologie, poésie, hémoglobine, érotisme. Bref, un cocktail qui
pourrait se montrer comme étant un peu trop parfait, mais qui n’était pas
exempt de défauts. D’ailleurs, étant un grand amateur de l’œuvre, que j’ai dut
voir deux ou trois fois au cinéma, avant de poursuivre au fil des ans, sur le
petit écran, je ne peux nier ces derniers, les plus cités et évidents étant,
naturellement, les performances de Keanu Reeves, surtout, et d’Anthony Hopkins.
Pourquoi ? Le premier, d’une platitude navrante, était tout simplement
inexistant et essaya de nous faire croire qu’il était le héros de l’histoire
avant de décrocher complètement, l’autre, lui, cabotinait beaucoup trop pour un
rôle se voulant efficace et sobre. C’est dit, c’est fait et maintenant passons
à toute autre chose car, fort heureusement, Dracula
possède bien plus de qualités que de défauts. Absente dans tous les nombreux films
mettant en scène le suceur de sang, la vision du conquérant qu’il fut avant que
Stoker ne reprenne le personnage était enfin exploité dans une intro pour le
moins flamboyante, où le sang et les larmes se rejoignent dans un trip baroque
et gore, très proche de Excalibur.
Ainsi, dans un ciel rouge, Vlad empale les ennemis à la chaîne avant de voir sa
vie s’écrouler suite au décès de son épouse, qui, le croyant mort aux mains des
turcs, s’est suicidée. Entre tragédie et peinture historique (excellent effet
que sont ces ombres chinoises), l’intro, donc, frappait fort par ses images
tonitruantes et blasphématoires (la croix qui saigne sous le coup d’une épée,
l’ange pleurant du sang, le suicide d’Elizabeta) et nous envoyait l’un des plus
beaux plans du film, montrant Vlad rejoindre son château sur une route
d’empalés. Pas d’images numériques, les mate painting et les trompe-l’œil sont
rois, et apportaient un cachet supérieur à la dite séquence, inoubliable. Ensuite,
quelques siècles s’écoulent et nous nous retrouvons à la fin du dix-neuvième
siècle, à Londres, où Mina Harker voit son fiancé partir pour la Transylvanie
où ce dernier doit établir un contrat avec un certain comte Dracula. Chemin
tortueux, cocher griffu, loups affamés, brouillard, gitans apeurés, château
gothique : bref on redécouvre avec un plaisir certain tout ce qui a
toujours fait la force de l’univers du célèbre vampire, ici sous la forme d’un
vieillard blanc comme un linceul, aux manières distinguées et inquiétantes.
Gary Oldman, ici grimé, est méconnaissable, mais on sera ravi de son jeu
d’acteur reprenant le coté blafard et imprévisible d’un Nosferatu
le Vampire avec la grâce et l’accent roumain du Dracula de
Browning. Dans la première partie du film, Francis Ford Coppola hésite à
choisir un héros : le comte, Mina, ou Jonathan ? Les trois à la fois en quelque
sorte, ce qui n’est pas chose aisée. Quoi qu’il en soit, exploitant divinement
bien la personnalité du comte, Coppola fit subir à Oldman de nombreuses
transformations sidérantes, brillamment mises en images : vieillard, jeune
aristocrate, loup-garou, rats, brouillard verdâtre et goule. Oldman,
incontestablement, est très à l’aise dans son rôle, incarnant un Dracula
parfois sadique et cruel, parfois tourmenté et amoureux, voire romantique et
effrayant. A déguster, naturellement, en version originale, cela va de soi,
pour goûter à toute l’essence de sa voix envoûtante et ténébreuse. Sans nul
doute, pour ce qui est du personnage de Dracula, le sieur Oldman est tout
bonnement parfait, nous livrant là une prestation magistrale et à laquelle,
personnellement, je ne m’attendais guère. Pour ce qui est des autres acteurs,
Winona Ryder et Sadie Frost occupent le casting féminin de manière très
convaincante, illuminant le film de leur beauté radieuse, parfois sombre et
déchaînée. Mention spéciale à la trop rare Sadie Frost, sensuelle en diable. On
passera le cas Reeves/Hopkins (voir plus haut) critiquable au possible, ainsi
que les autres protagonistes masculins, décidément peu en verve dans cette
adaptation – en dehors d’un certain Tom Waits, finalement assez bon dans un
rôle totalement déjanté – pour signaler l’un des premiers rôles de Monica
Bellucci en femelle diabolique. Accompagnée d’ailleurs des deux autres femmes
de Dracula, elle ne passe que fugitivement à l’écran mais son apparition aura
marqué les esprits pour ce qui restera comme une scène d’anthologie pour tout
adolescent boutonneux qui se respecte, je veux, bien entendu, parler du célèbre
viol où ce benêt de Jonathan tombe entre les mains expertes des trois
créatures, ce qui ne semble pas le ravir – décidément, non seulement Keanu
Reeves est mauvais dans ce film mais en plus, il est limite idiot ! Autre
scène marquante, celle où le sieur Coppola fait exploser sa narration le temps
d’une longue séquence assez phénoménale où le comte arrive enfin dans la ville
de Londres pendant une lourde tempête. Alors que la musique prodigieuse de
Kilar se déchaîne en quelques instants, la caméra accélère ses mouvements,
tourne, s’égare, filme la folie (baiser saphique, piquouze pas très catholique,
geyser de sang) jusqu’à déboucher vers une image là encore assez courte mais
quasi impensable pour un film se voulant hollywoodien, c’est-à-dire, le viol
sauvage de Lucie par un lycanthrope soudain devenu libidineux, s’enfuyant après
avoir déposé une délicate morsure sur le cou de sa victime. Forcément, on
arrive avec cette scène, entre autres, à l’un des nœuds du problème aux yeux de
certains : en effet, le sieur Coppola injecte dans son adaptation un
romantisme forcené qui n’a décidément pas plu à tout le monde, mais étrangement
inédit dans l’univers filmique du comte et donc, forcément intéressant. Une
histoire d’amour, plus que de sexe d’ailleurs, malgré l’érotisme présent de
l’œuvre, se tissant rapidement autour de Mina et de Vlad, à travers deux
magnifiques scènes : les caresses échangées sur un beau loup blanc, et la
découverte de l’absinthe. Pour la petite histoire, beaucoup ont vu en Dracula une
métaphore sur le sida, qui devient ainsi le vampirisme. La scène d’amour entre
Mina et Dracula est assez parlante, puisque le sang peut être rallié au sperme
et la succion de la plaie à une fellation. Lucie étant également visée comme
une condamnée, dont les prises de sang et le mal sont facilement assimilables
au sida. Quand à l’action, elle explosera lors d’un final expéditif un poil
trop expéditif, mais qui avait au moins le mérite de s’achever sur une séquence
plutôt émouvante et sanglante, où tout se termina là où tout avait commencé.
Cependant, pourquoi Coppola a-t-il placé la belle chanson d’Annie Lennox Love
Song for a Vampire au fin fond du générique et non après la séquence
en question ? Bizarre et un peu déstabilisant. Quoi qu’il en soit, en forçant
le trait sur la notion « opéra baroque et sanglant », Francis
Ford Coppola nous proposa des scènes épatantes comme la mort grand guignolesque
de Mina et son réveil dans la crypte, ainsi que des idées fabuleuses – la
rencontre entre Dracula et le cinéma dans l’une des meilleures scènes, selon
moi, du film, où le Comte déambule dans les rues d’un Londres au fait du
modernisme de l’époque ! Souvent garni de détails savoureux (les ombres à
travers la vitre lors de la discussion Mina/Dracula, les empalés encore présents
dans la cour de Dracula), le film jouait fort habillement avec des raccords
surréalistes souvent originaux et assez réussis, pour peu que l’on ait le cœur
bien accroché, j’entends bien, tout en nous proposant un nouveau regard sur un
mythe, à l’époque, totalement épuisé, et qui, fatalement, revint alors sur le
devant de la scène. En conclusion, si Dracula n’est pas une
œuvre certifiée parfaite à 100%, j’en conviens, elle reste tout de même le
fruit d’un travail conséquent et une vision quasi-unique du grand suceur de
sang qu’est Dracula. Et, finalement, cela suffit amplement, ce, malgré quelques
défauts regrettables pour ce qui est du casting ainsi qu’un certain coté
fourretout que l’on ne peut occulter. Mais bon, comme je l’ai souligné, au vu
de ses immenses qualités, nettement plus nombreuses que ses défauts, et de la
vision d’un réalisateur de génie, reconnaitre que ce Dracula est un véritable chef d’œuvre du genre est, de mon point de
vu, une évidence et j’irais peut-être même un peu plus loin en affirmant, sans
la moindre exagération, que celui-ci est la meilleure adaptation de l’œuvre de
Stocker mais aussi le plus grand film de vampires de tous les temps.
Points
Positifs :
-
Sans nul doute la meilleure adaptation du cultissime Dracula de
Bram Stocker, en tous cas, la plus fidèle. Flamboyant, d’une inventivité rare,
bourré de bonnes idées, Francis Ford Coppola s’est surpasser sur ce film est
nous a tout simplement pondu une œuvre magnifique et intemporelle.
-
Si l’histoire d’amour entre Mina Harker et Dracula est totalement absente du
roman, ici, elle sublime littéralement l’histoire et fait du vampire un
personnage tragique et pour lequel on éprouve même de la compassion, ce, malgré
tous ses crimes.
- Gary
Oldman est tout simplement stupéfiant dans le rôle de Dracula et, en toute
sincérité, rien que pour sa prestation, ce film mérite le détour.
-
Winona Ryder et Sadie Frost crèvent tout bonnement l’écran.
-
Clins d’œil a d’autres adaptations du vampire, effets cinématographiques qui
renvoient au début du cinéma, jeux d’ombres, effets spéciaux bluffant – même
lorsque l’on devine les grosses ficelles de ces derniers – jeux de lumières,
d’ombres. Bref, chaque scène, ou presque, est un régal pour le spectateur.
-
Un érotisme parfaitement assumé mais qui ne dénote nullement dans ce film.
Points
Négatifs :
-
La prestation catastrophique de Keanu Reeves dans le rôle de Jonathan Harker.
Il faut dire qu’à la base, ce personnage n’est pas le plus emballant qui soit,
mais là, c’est une véritable purge et on se demande même si le premier gus venu
n’aurait pas fait mieux que ce pauvre Keanu Reeves dont le charisme, ici, tient
davantage de celui d’une huitre !?
-
Un Anthony Hopkins qui en fait des tonnes et qui finit par faire perdre toute
crédibilité à son personnage.
-
Dans l’ensemble, il faut reconnaitre que le casting masculin est loin d’être à
la hauteur de ce que l’on était en droit d’attendre. Nous pas que tout ce petit
monde soit mauvais, loin de là, mais bon, en comparaison du casting féminin, il
n’y a pas photo.
-
Dommage que le film ne soit pas un poil plus long.
Ma
note : 8,5/10
Hellblade
– Senua's Sacrifice
An
de grâce 875 ap. J-C, l’île d’Oakney située au nord de l’Écosse capitule face
aux hordes vikings descendues de leurs drakkars. Bien décidés à annexer cette
région, les scandinaves massacrent les autochtones ne laissant la vie qu’à de
rares survivants parmi lesquels une guerrière picte portant le nom d’une déesse
celte de la province romaine de Bretagne. Inspiré du mythe d’Orphée, de
la Divine Comédie de Dante et des nombreuses légendes
nordiques, Hellblade conte l’histoire de Senua et de son
voyage dans le royaume de Hel afin de réclamer l’âme de son amant mort des
mains des vikings.
Hellblade – Senua's Sacrifice
Éditeur
: Ninja
Theory
Développeur
: Ninja
Theory
Concepteur
: Rupert
Brooker, Tameem Antoniades
Musique
: David
García, Andy LaPlegua
Date
de sortie : 08 août 2017
Pays
d’origine : Grande-Bretagne
Genre
: Action,
Aventure
Mode
de jeu : Un joueur
Média : Blu-Ray
Contrôle : Manette
Plate-forme
: PS4
Mon
avis : Force est de constater que l’on
peut affirmer que Hellblade – Senua's Sacrifice est un soft
que l’on peut qualifier, sans la moindre hésitation, de singulier. Certes, je reconnais que, au
fil des décennies, j’ai eu l’occasion de jouer à quelques jeux qui sortaient pour le moins du
lot, brillaient par leur originalité mais aussi par leur anticonformisme, ce qui est
toujours agréable. Cependant, même si, dans le cas présent, nous n’avons pas affaire
a un pur chef d’œuvre en raison de quelques défauts regrettables que l’on peut
pas occulter, force est de constater que, dans le petit monde des jeux vidéos
qui, par ailleurs, n’est plus si petit que cela depuis longtemps, Hellblade se
démarque de la concurrence. En effet, dans le cas présent, force est de constater que nous sommes bien
au-delà du simple jeu d’aventure puisque, si nous contrôlons une guerrière
picte et que les combats sont assez nombreux, et, au demeurant, très rapidement pénibles, s’il y a bel et bien une partie exploration et tout un tas d’énigmes, de même,
si cet univers viking est fort bien retranscrit et ravira les amateurs du
genre, il est clair que nous sommes tout de même à mille lieux des softs
habituels du genre. Déjà, pour la simple et bonne raison que Senua, notre
héroïne, n’est pas vraiment toute seule dans sa tête : atteinte de
schizophrénie, dialoguant avec les voix qu’elle entend sans arrêt et, qui plus
est, traumatisée par la mort des siens et, plus particulièrement, de son
compagnon, notre guerrière, formidablement interprétée par l’actrice Melina
Juergens, alternera, tout au long du jeu, entre désespoir le plus total, rage
absolue, crise de larmes et longues phases de dialogues avec ses fameuses voix.
Bref, rien que pour cela, Hellblade se démarque de la masse
vidéoludique un peu trop conventionnelle. Mais ce n’est pas tout puisque, en
effet, cette folie qui colle à l’héroïne nous fait rapidement douter de ce que
l’on voit à l’écran : réalité, illusion, un mélange des deux ? Et
comme en plus, les développeurs nous ont concocté un monde qui alterne entre
paysages somptueux et réels et onirisme, vous pouvez imaginez a quel point,
pour peu que l’on aime soit même sortir des sentiers battus, un jeu comme Hellblade peut
plaire. Hélas, car il y a un mais, reste le gros point noir de ce soft, je
veux, bien entendu, parler des combats ! Déstabilisants au début, une fois
que l’on a saisit la mécanique de ces derniers, il n’y a plus vraiment de
soucis sauf que, ces derniers sont tellement répétitifs qu’ils en deviennent
rapidement lassant, le pire c’est que, plus on approche de la fin, plus ces
phases de combats sont nombreuses et se coltiner des hordes d’adversaires,
toujours identiques, devient non seulement lassant mais, surtout, pénible. Cela
est bien dommage car, avec des affrontements mieux maitrisés et moins
ennuyeux, Hellblade – Senua's Sacrifice aurait put être un
incontournable. Certes, cela reste, indéniablement, un très bon jeu et, ne
serait-ce que pour sa thématique principale – le traitement de la folie – et
cet univers où se déroule l’intrigue, le jeu en vaut la chandelle. Mais quel
dommage que ces fichus combats viennent un peu gâcher notre ressentit final…
Points
Positifs :
- La
folie est une thématique très rarement traitée dans le monde des jeux vidéos
et, dans le cas présent, non seulement c’est le cas, mais, surtout, cela est
fait de main de maitre. Senua, l’héroïne, est schizophrène, cela déstabilise le
joueur qui ne sait plus où est le réel et où est la réalité, mais, ma foi,
chapeau bas aux gars de Ninja Theory !
-
L’originalité de ce soft : pour le traitement de la folie, bien entendu,
mais aussi pour son ambiance, malsaine, inquiétante, ses nombreuses voix que
l’héroïne ne cesse d’entendre, ces paysages oniriques souvent inquiétants, etc.
-
Senua, une héroïne peu commune et originale. Mention spéciale a l’actrice qui
lui prête ses trais, Melina Juergens, tout simplement parfaite.
-
Graphiquement, Hellblade est un soft magnifique, peut-être pas
le plus beau de la PS4, certes, mais ses décors, le design des
protagonistes, les jeux de lumière, ma foi, c’est un pur régal pour les yeux.
-
Certains passages, surtout vers la fin, sont une pure réussite, particulièrement
lorsque Senua se ballade du coté des Enfers…
-
Un final étonnant et, finalement, assez logique au vu de tout ce qui s’était
passé auparavant.
Points
Négatifs :
-
Les combats sont le gros point noir du jeu. En effet, ces derniers ne sont pas franchement
difficiles mais, comme ils sont terriblement répétitifs, ceux-ci deviennent
rapidement lassants. Et comme en plus, il faut se coltiner quasiment a chaque
fois des hordes d’ennemis, ces affrontements finissent par être pénibles.
- Hellblade reste
un soft assez particulier qui risque de déplaire à un certain public. Il faut
dire que le coté dérangeant de la chose y est pour beaucoup.
Ma
note : 8/10
Horizon
Zero Dawn
Aloy
est une orpheline, bannie dès sa naissance par la tribu des Noras et confiée
aux soins de Rost. En effet, les circonstances de sa naissance sont un grand
secret des Matriarches et elle est considérée depuis lors comme une paria.
Enfant, elle tombe dans les ruines d'un laboratoire et y trouve un Focus, un
dispositif miniature qui lui permet d'analyser son environnement et d'accéder
au système des machines antiques de l'Âge de métal. Déterminée à connaître ses
origines, le seul moyen que possède Aloy est de réussir la cérémonie de
l’Eclosion, pouvant la libérer de son statut de paria et forcer les Matriarches
à lui répondre. Rost accepte de la préparer, l'entrainant à la chasse,
l'escalade et aux techniques de survie. Le jour de la cérémonie, elle rencontre
deux Oserams, Erend et Olin, et remarque que ce dernier possède un Focus.
Pendant l’épreuve, Aloy surpasse les autres prétendants mais ils sont attaqués
par les Carjas de l'Ombre, des Carjas renégats restés fidèles à l'ancien roi,
membres de l'Éclipse, une secte guerrière qui tue tout le monde. Alors qu'elle
se retrouve face à Hellis, le chef de l'Éclipse, Aloy ne doit sa survie que
grâce au sacrifice de Rost.
Horizon Zero Dawn
Éditeur
: Sony
Interactive Entertainment
Développeur
: Guerrilla
Games
Concepteur
: Mathijs
de Jonge
Musique
: Joris
De Man, The Flight
Date
de sortie : 28 février 2017
Pays
d’origine : Pays-Bas
Genre
: Action-RPG
Mode
de jeu : Un joueur
Média : Blu-Ray
Contrôle : Manette
Plate-forme
: PS4
Mon
avis : C’était, bien entendu, un des jeux
que j’attendais le plus sur PS4, le jeu dont tout le monde, ou
presque, parlait alors, celui qui me faisait saliver par avance, celui qui, a
défaut d’égaler The
Witcher 3, s’en approcherait le plus, qualitativement parlant, bref,
c’était le jeu qui avait de fortes chances de m’occuper une bonne partie de
l’année 2017 et, dans les grandes lignes, force est de constater que ce fut bel
et bien le cas. Ce jeu, vous l’avez compris, ce fut Horizon Zero Dawn, un soft des néerlandais de Guerrilla Games et, au passage, exclusivité Sony qui,
dans un monde post-apocalyptique, allait nous faire suivre les traces de la
jeune Aloy, héroïne rouquine de la tribu des Noras, chasseuse de machines et,
accessoirement, sauveuse de l’humanité – car bon, sinon, ce n’est pas drôle.
Mais alors, le résultat final fut-il à la hauteur de mes espérances ? Horizon
Zero Dawn fut-il un grand soft, quelque chose d’énorme et
d’inoubliable, digne de rester dans l’histoire des jeux vidéo ?! Eh bien,
disons que nous n’en n’étions pas très loin, mais alors, vraiment pas loin, mais je vais expliquer mes propos.
Ainsi, on ne peut nier que Horizon est un grand jeu, un
superbe jeu même, magnifique, beau, plutôt long et qui, au demeurant, vous fera
passer de grands moments, ce, tout en vous proposant une expérience visuelle et
ludique peu commune. Cependant, si on doit le comparer avec les plus grands titres
du genre, comme, par exemple, The Witcher 3, comment ne pas pointer
du doigt quelques petits défauts qui, mis bout a bout, l’empêchent d’atteindre
l’excellence. Ainsi, les divers choix de réponses dans les dialogues n’auront
aucune incidence dans le déroulement du scénario ce qui, fatalement, est pour
le moins singulier, ensuite, bon nombre de protagonistes secondaires brillent
par leur manque de charisme, c’est un fait, quand au choix des missions
annexes, disons que certaines brillent par un sacré manque d’originalité. Cependant,
si Horizon Zero Dawn n’est pas dépourvu de défauts, a coté de
cela, on ne peut nier que le soft de Guerrilla Games est,
indéniablement, un grand jeu. Ainsi, que ce soit pour son univers, son
histoire, la beauté de ses graphismes – peut-être un des plus beaux jeux de la PS4 – et son héroïne, Aloy, dont je
n’étais pas spécialement fan au départ mais qui s’est avéré, au fil du
déroulement de l’intrigue, franchement réussie, il est évidant que nous tenons
là un jeu qui en aura marqué plus d’un et ce, à juste titre. Bref, pour un coup
d’essai, on peut dire que les néerlandais de Guerrilla ont
réussi un beau coup de maitre, certes pas parfait mais qui, mine de rien, n’en
est pas loin. Alors certes, Horizon Zero Dawn reste inférieur a certains
incontournables comme Final
Fantasy 7, Metal
Gear Solid ou The Witcher 3, mais bon, en toute sincérité,
il n’en est pas loin, c’est un fait. Quand à la suite, sur la PS5, il sera toujours temps de vous en
parler, en temps et en heure…
Points
Positifs :
- Un
univers tout bonnement époustouflant et cette idée d’un monde
post-post-apocalyptique s’avère être une excellente chose – surtout lorsque
l’on apprend comment l’humanité en est arrivé là, que la faune a quasiment
disparue et quelle a été remplacée par des machines.
- Horizon est
probablement un des plus beaux jeux de la PS4.
Il faut dire qu’entre les paysages, divers et magnifiques, les conditions
magnifiques, le passage jour/nuit très bien géré, les décors, la végétation, le
design des machines, les tenues des personnages et tout un tas de petits
détails, c’est un véritable régal pour les yeux !
-
L’intrigue principale est plutôt bien trouvée et lorsque l’on en apprend
davantage au sujet du passé de la planète, celle-ci devient passionnante.
-
Aloy est une héroïne qui ne paye pas de mine au premier abord mais qui
s’avère être plutôt réussie au final.
-
La taille de la carte s’avère être tout bonnement colossale et je vous
laisse imaginer le plaisir qu’on a ressent à l’explorer en long et en large.
-
La chasse aux machines, surtout que celles-ci sont assez diversifiées.
Points
Négatifs :
- Certaines
quêtes annexes ne sont pas à la hauteur des autres et nous font rapidement
tourner en rond. Au demeurant, c’est un défaut récurant des mondes ouverts.
-
Aucune incidence scénaristique quand a nos choix de dialogues ce qui est pour
le moins singulier.
-
Pourquoi être limité au cinquantième niveau ? Accessoirement, j’y suis
arrivé longtemps avant la fin, ce qui m’a un peu frustrer par la suite.
-
Certains personnages que l’on rencontre ne brillent pas vraiment par leur
charisme.
Ma
note : 8,5/10
God
of War
Après
avoir transmis l'espoir aux humains et ayant survécu à son terrible massacre
des Dieux de l'Olympe, Kratos tente d'oublier son passé et s'exile sur la terre
nordique de Midgard, où il fonde une nouvelle famille, vivant à l'écart des Dieux
Nordiques. Après le décès de sa bien-aimée Faye, il honore la dernière requête
de son épouse, qui est de disperser ses cendres du plus haut pic des Neuf
Royaumes aux côtés de leur fils Atreus, mais Kratos souhaite d'abord mettre son
fils à l'épreuve lors d'une partie de chasse afin de tester ses capacités et de
vérifier si ce dernier est en mesure de contrôler sa rage. L'expérience est un
échec et Kratos en vient à considérer que son fils n'est pas prêt pour leur
voyage. Mais alors qu'ils sont de retour chez eux, ils sont attaqués par un
étranger sadique qui semble assez puissant pour mettre Kratos en grande
difficulté. Devant le danger, Kratos prend la route avec Atreus. Leur voyage
vers la plus haute des montagnes de Midgard commence, se faisant en chemin des
alliés comme les nains forgerons Brok et Sindri, ainsi qu'une mystérieuse et
puissante sorcière qui avoue à Kratos connaître sa vraie nature et celle du
garçon.
God of War
Éditeur
: Sony
Computer Entertainment
Développeur
: SIE
Santa Monica Studio
Concepteur
: Cory
Barlog
Musique
: Bear
McCreary
Date
de sortie : 20 avril 2018
Pays
d’origine : Etats-Unis
Genre
: Action,
Aventure
Mode
de jeu : Solo
Média : Blu-Ray
Contrôle : Manette
Plate-forme
: PS4
Mon
avis : Il faut reconnaitre que la sortie de God of War,
premier du nom, sur PS2, fut une véritable révolution en 2005.
Sommet absolu du beat them all avec son héros, Kratos, se baladant en pleine
mythologie grecque, ce soft fut sublimé, d’abord, par un second
volet encore meilleur puis un troisième,
cette fois ci sur PS3, qui fut l’apogée d’une saga qui aura marqué
son époque. Le souci c’est que, s’il y eut bien un autre volet sur PS3,
ce fut le très lamentable God
of War – Ascension, un jeu qui sentait la fin de cycle et, avec ce
dernier, on était en droit de s’attendre à ne plus revoir ce brave et colérique
Kratos, du moins, avant longtemps. Alors, bien entendu, le fan, dont je faisais
partit, pouvait toujours espérer une suite éventuelle car si Kratos avait massacré
le panthéon grec, ma foi, il en restait beaucoup d’autres et, justement, si mon
rêve de voir notre spartiate aller tâter du dieu égyptien ne se réalisa pas, ce
fut un peu plus au nord, chez les vikings et sur PS4 que notre Dieu
de la Guerre refit son apparition pour un soft qui, ma foi, relança de fort
belle manière la franchise. Pourtant, à la base, j’étais un peu
dubitatif : Kratos accompagné d’un gamin, un vrai-faux monde ouvert, une
caméra derrière son épaule ?! Hum, trop de changements allaient-ils tuer
ce jeu, Kratos allait-il définitivement sombrer en raison de ses concepteurs
qui, visiblement, s’étaient inspiré d’autres jeux à succès actuels ? Eh bien
ma foi, non et, franchement, ce fut une sacrée bonne nouvelle car oui, mille
fois oui, God of War – oui, pas de 4 – est un sacré bon jeu,
incontestablement, et je ne peux que reconnaitre que les concepteurs ont
parfaitement rempli leur cahier des charges et gagner leur pari, un pari loin
d’être gagner pourtant. En effet, si pour les vieux fans de Kratos, ce soft
était attendu, ces derniers avaient pourtant de quoi éprouver quelques
craintes. Or, assez rapidement, force est de constater que non seulement le changement
de lieu est salutaire, non seulement l’ajout du fils de Kratos, Atreus, passe
plutôt bien, y compris pendant les combats, mais, surtout, là où la franchise a
un peu perdu en grand spectacle et en brutalité, c’est un fait, elle a gagner en
profondeur, la relation père/fils fonctionnant a merveille et le scénario, lui,
étant plutôt bien ficelé. Alors, bien entendu, God of War ne
fut pas non plus un chef d’œuvre absolu et l’on peut regretter ces boss qui se
comptent sur les doigts d’une main – mais Baldur, quelle claque – quelques
ennemis qui ont tendance à se répéter un peu trop et une gestion de
l’inventaire vraiment assommante, mais bon, en dehors de ces quelques défauts
qui restent mineurs, il faut reconnaitre que ce tout nouveau God of War fut un très bon jeu mais aussi,
et surtout, qu’il relança a merveille une franchise qui nous avait fait rêver
il y a quelques années. Quand à la suite, cette fois-ci, sur la PS5, c’est déjà
une autre histoire dont j’espère bien vous parler, tôt ou tard…
Points
Positifs :
- Le
renouveau parfaitement réussi pour une franchise culte ! En transportant
Kratos dans le grand nord et en le faisant se coltiner avec les dieux
Asgardiens, les petits gars de chez Santa Monica ont
parfaitement réussis leur pari, et ce, malgré de multiples changements pas
évidents a gérer : Kratos est accompagné de son fils, il n’a plus ses
lames, l’angle de caméra a changer, etc.
-
La relation entre Kratos et Atreus. Au combat, ce dernier n’est pas inutile,
bien au contraire, mais ce sont surtout les scènes de dialogues entre les deux
qui sont les meilleurs, surtout que certaines sont assez touchantes et que bon,
comment dire, Kratos père, ce n’est pas évidant pour un vieil ours comme lui…
-
Un jeu tout bonnement magnifique, un des plus beaux de la PS4 !
-
Le boss principal du jeu est un certain Baldur et sincèrement, dès notre
première rencontre avec lui où l’on prend une véritable claque tellement le
combat est intense, jusqu’à l’affrontement final, grandiose, il apparait que
notre adversaire est un des meilleurs boss de toute la franchise, rien que
ça !
-
Une petite flopée de personnages secondaires plutôt réussis : ainsi, entre
Freya, Brok, Sindri et Mimir, ont est très bien entourés !
-
On ne perd absolument pas au change en quittant le panthéon Grec pour
l’Asgardien, surtout que, a de multiples reprises, au court du jeu, l’occasion
nous est donnée d’en apprendre davantage au sujet de celui-ci.
-
La révélation finale au sujet d’Atreus.
Points
Négatifs :
- Si
Baldur casse littéralement la baraque et si l’affrontement face au dragon est
plutôt sympathique, God of War pèche tout de même par un
manque flagrant de boss et d’adversaires véritablement marquants.
-
C’est bien beau de nous proposer de crafter nos armes et armures mais force est
de constater que l’inventaire est un bordel sans nom et que ce n’est pas
toujours évidant de s’y retrouver.
-
Euh, pourquoi Atreus est immortel ? Certes, cela nous aurait compliqué la
tache qu’il puisse mourir au combat mais bon, du coup, ces derniers perdent un
peu en crédibilité.
-
A bien y réfléchir, les ennemis ne sont pas très nombreux et la plupart ne sont
que les mêmes mais avec des couleurs différentes.
Ma
note : 8/10
The
Evil Within 2
Trois
ans après les événements de Beacon Mental Hospital, Sebastian Castellanos a
quitté le département de police de la ville de Krimson pour traquer la
mystérieuse organisation Mobius, cependant il continue à être hanté par ce
qu'il a vécu à Beacon, la disparition de sa femme Myra et la mort de sa fille
Lily lors d'un incendie. Noyant ses peines dans un bar, Sebastian est alors
approché par son ancienne partenaire au sein de la police et qui s'est révélé
agent de Mobius, Juli Kidman, qui lui révèle que Lily est toujours en vie.
C'est à contrecœur que Sebastian va devoir s'associer à l'organisation Mobius
s’il souhaite avoir une chance de retrouver sa fille saine et sauve et la
libérer du système STEM.
The Evil Within 2
Éditeur
: Bethesda
Softworks
Développeur
: Tango
Gameworks
Concepteur
: Shinsaku
Ohara
Musique
: Masatoshi
Yanagi
Date
de sortie : 13 octobre 2017
Pays
d’origine : Etats-Unis
Genre
: Survival
Horror
Mode
de jeu : Solo
Média : Blu-Ray
Contrôle : Manette
Plate-forme
: PS4
Mon
avis : Lorsque je me suis lancé dans The
Evil Within 2, dont je vous propose la critique à présent, cela faisait bien
des années que je n’avais pas eu l’occasion de jouer a un survival horror. La
faute, bien entendu, a mon manque d’attrait pour les derniers titres sortis, surtout au vu de la
tournure prise par certains grands noms du genre comme Resident
Evil ou Silent Hill.
Bref, pour être tout à fait précis, la dernière fois que j’avais pris un grand
plaisir avec le genre, cela remontait à un certain Silent
Hill 2, ce qui, ma foi, ne nous rajeunissait pas le moins du monde. Et puis, un jour, je suis
tombé, un peu par hasard, sur ce fameux The Evil Within 2, soft
dont les critiques, sans être dithyrambiques, étaient plutôt bonnes et qui
avait l’avantage de me faire patienter jusqu’à la sortie d’un titre plus
intéressant, ce, tout en me permettant de replonger dans un genre
délaissé, pour ma part, depuis des lustres. Alors, le résultat fut-il à la
hauteur de mes attentes ? Eh bien, disons que oui, même si j’ai été loin
d’être conquis par ce jeu. Pourtant, les choses avaient plutôt bien commencées,
je dois le reconnaitre. Il faut dire que cette plongée dans une ville tombant
en morceaux dont l’architecture renvoi a Inception et où,
faiblement armés, on essayait d’échapper a des espèces de zombies plutôt
balèzes, avait un petit je ne sais quoi d’attirant. Certes, on s’éloignait un
peu des canons du genre puisque, ici, on échappait aux zombis pur et durs a
la Resident Evil ou aux créatures diaboliques d’un Silent
Hill, tout étant une affaire d’esprit et de songes puisque les
protagonistes évoluaient dans une ville artificielle par le biais de leur
esprit – dis ainsi, cela a l’air un peu con mais bon. Cependant, l’amateur de
survival horror retrouvera rapidement ses marques et prendra même un plaisir
certains à évoluer dans cet environnement oh combien dangereux, sur les traces
de sa fille, ce, tout en essayant d’échapper a ce photographe fou, Stefano
Valentini, l’adversaire le plus charismatique de ce jeu. Le problème, c’est
que, vers les deux tiers de l’aventure, celui-ci est vaincu et que, un autre
opposant nous fait face, une espèce de prêtre maniant fort habilement les
flammes. Or, sans vouloir être méchant, ce dernier ne possède pas une once de
charisme et que, au petit jeu des comparaisons, il n’y a pas photo vis-à-vis de
Stefano ! Du coup, la dernière partie de l’aventure est moins captivante
et, tandis que nos divers alliés perdent la vie les uns après les autres,
tandis que, bien plus costaud qu’au début, on ne craint plus vraiment nos
opposants, on n’attend qu’une seule chose, la fin. Celle-ci, acceptable, ne
brille pas par une grande originalité, mais bon, arrivé a ce point, il est
clair qu’on n’attendait plus le moindre miracle. Bref, au final, mon impression
quand a ce The Evil Within 2 fut pour le moins mitigée :
d’un coté, ce soft m’aura permis de renouer avec un genre que j’avais abandonné
depuis presque deux décennies et, malgré ses défauts, j’y aurai passé de bons
moments, surtout pendant les deux premiers tiers de l’aventure. Hélas, une
dernière partie moins réussie aura un peu refroidi mes ardeurs, même si, dans
l’ensemble, je ne peux nier que si vous êtes fans des survival horror, The
Evil Within 2 vous fera passer un bon moment. Pas grandiose, certes,
mais bon, c’est déjà cela…
Points
Positifs :
- Les
deux premiers tiers de l’aventure sont tout simplement excellents : il
faut dire que, sans révolutionner nullement le genre, le chalenge, au départ,
est élevé et on craint énormément pour notre vie lorsque l’on doit faire face
au moindre zombie. De plus, les enjeux, le coté malsain qui se dégage de
l’ensemble et l’architecture de cette ville est un plus non négligeable…
-
Stefano Valentini, le photographe fou ! Indéniablement, l’opposant le plus
charismatique auquel on fait face dans ce jeu et qui nous posera bien des
problèmes !
-
Un bestiaire assez fourni et varié qui nous donnera pas mal de problèmes,
surtout au début. Quant aux divers boss, ces derniers ne seront pas évidents
sans qu’ils soient insurmontables.
-
Pour ce qui est des graphismes, The Evil Within 2 est loin
d’être le plus beau jeu sur PS4 mais il s’en sort plutôt pas
mal et certains lieux et certaines créatures méritent le détour.
-
Le chat et, bien entendu, Tatianna Gutierez.
Points
Négatifs :
- En
toute sincérité, le Père Théodore n’apporte pas grand-chose a l’intrigue et on
ne peut que regretter que Stefano perde la vie si rapidement dans l’aventure,
surtout que son successeur ne lui arrive nullement a la cheville, que ce soit
en charisme ou en dangerosité.
-
Une dernière partie loin d’être a la hauteur et auquel on accroche moins.
-
Je ne veux pas être méchant mais Sebastian Castellanos n’est pas le héros de
jeux vidéos le plus charismatique qui soit, bien au contraire.
-
Autant les parties qui ont lieue en extérieur sont passionnantes, autant celles
qui ont lieu a l’intérieur des bâtiments ou dans les espèces de caves le sont
moins ; il faut dire que le coté infiltration dans la ville est plus
intéressant que le bourrinage dans les couloirs.
Ma
note : 7/10
Le
Nom de la Rose
En
l'an 1327, le moine Guillaume de Baskerville, aidé du novice Adso, sont appelés
dans un monastère pour enquêter sur la mort mystérieuse d'un moine. Leur
démarche est entravée par des comportements où tout le monde a l'air de cacher quelque
chose. Un autre moine meurt, assassiné. Un aveugle, Jorge de Burgos, semble
connaître la cause des meurtres, mais reste hermétique à toute approche. De son
côté Adso découvre l'amour avec une jeune fille qui s'est introduite dans le
monastère. L'enquête se complique avec l'arrivée d'un prêtre de l'inquisition.
Il s'agit avant tout pour lui d'arrêter les présumés coupables et de les
condamner le plus rapidement possible aux flammes du bûcher.
Le Nom de la Rose
Réalisation
: Jean-Jacques Annaud
Scénario
: Gérard Brach, Alain Godard, d'après le roman
d'Umberto Eco
Musique : James
Horner
Production : Les
Films Ariane, Cristaldifilm, Neue Constantin
Genre : Drame
Historique, Thriller
Titre
en vo : Le Nom de la Rose
Pays
d’origine : Italie, France, Allemagne de
l’Ouest
Parution
: 24
septembre 1986
Langue
d'origine : Anglais, Latin
Durée
: 131
min
Casting :
Sean
Connery : Guillaume de Baskerville
Christian
Slater : Adso de Melk
Helmut
Qualtinger : Remigio de Varagine
Elya
Baskin : Severin de Sant'Emmerano
Michael
Lonsdale : l'abbé
Volker
Prechtel : Malachie de Hildesheim
Feodor
Chaliapin Jr. : Jorge de Burgos, ex-bibliothécaire de
l'abbaye
William
Hickey : Ubertin de Casale
Michael
Habeck : Bérenger d'Arundel
Urs
Althaus : Venantius de Salvemec
Valentina
Vargas : la fille
Ron
Perlman : Salvatore
Leopoldo
Trieste : Michel de Césène
Franco
Valobra : Jérôme de Kaffa
Vernon
Dobtcheff : Hughes de Newcastle
Donald
O'Brien : Pietro d'Assisi
Andrew
Birkin : Cuthbert de Winchester
F.
Murray Abraham : Bernardo Gui
Lucien
Bodard : le cardinal Bertrand du Pouget
Peter
Berling : Jean d'Anneaux
Pete
Lancaster : l'évêque d'Alborea
Dwight
Weist : Adso vieux (le narrateur)
Gianni
Rizzo : l'envoyé papal
Lars
Bodin-Jorgensen : Adelme d'Otrante
Mon
avis : Je n'ai pas découvert Le
Nom de la Rose hier, encore moins avant hier, ce film, que dis-je, ce
chef d’œuvre, je l'ai vu pour la toute première fois alors que j’étais
adolescent, même si je dois reconnaitre que, à l'époque, j'étais encore bien trop jeune pour en
apprécier toute la subtilité, toute la quintessence et le reconnaître a sa
juste valeur, c'est à dire, comme étant l'une des œuvres cinématographiques
majeures des années 80. Bien entendu, certains hurleront au loup devant une
telle affirmation, jugeant tel autre long métrage bien meilleur ou plus
représentatif d'une décennie, les années 80, qui, accessoirement, n'aura pas
laisser un souvenir impérissable dans le Septième Art si on la compare a
d'autres, bien plus fructueuses. De même, quelques uns rechigneront devant le
fait qu'une production européenne puisse tenir la dragée haute aux films
hollywoodiens. Cela, je l'assume parfaitement, surtout que des films dans le
genre SOS Fantômes ou bien Un Fauteuil pour Deux sont
certes sympathiques mais ne resterons pas dans l'histoire du Septième Art comme
des œuvres impérissables, il faut le reconnaitre. Bien évidement, tout cela
reste une affaire de gouts personnels mais je tenais à vous le dire, ne serais
ce que pour que vous compreniez toute l'importance que peut avoir a mes yeux un
film comme Le Nom de la Rose. Alors, bien entendu, le film de
Jean-Jacques Annaud ne serait rien sans l'œuvre originale, le roman
d'Umberto Eco, cependant, comme c'est l'adaptation qui est le sujet de cette
critique et non le roman original, mes propos, mon ressenti, seront bien
évidement ceux liés au film. Cependant, si Le Nom de la Rose, le
roman, est considéré depuis sa parution comme étant un véritable chef d'œuvre,
son adaptation n'en est pas moins un incontournable, ce, comme je vais essayer
de vous l'expliquer au mieux. Ainsi, avec sa grandiose bâtisse bâtie sur
un éperon rocheux, ses ciels nocturnes, crépusculaires ou tempétueux, Le
Nom de la Rose est une réussite visuelle rappelant, indéniablement,
les films d'horreurs gothiques de la grande époque de la Hammer.
Comme un ancêtre mythique, l'abbaye écrase de son poids les moines et se révèle
être le personnage principal, inquiétant, secret et mystique avec sa haute tour
verrouillée à double tour, son inquiétant cimetière ou encore son
fantasmagorique portail orné. Pour peupler le sombre et majestueux édifice,
Jean-Jacques Annaud a fait appel à une véritable Cour des Miracles, un défilé
de tronches qui impriment leur faciès rebutant dans l'esprit du spectateur et
qui marquera ces derniers fortement. En effet, chaque personnage est un
monument de laideur inoubliable : du bossu idiot à la gueule prognathe de
Salvatore, joué par l'inimitable Ron Perlam au vénérable Jorge – Feodor
Chaliapin Jr – vieil aveugle irascible au visage parcheminé, en passant par le
bibliothécaire au profil de vautour et l'albinos adipeux qui se flagelle dans
sa cellule. Autant d'injures à la Création et à la beauté qui sont
contrebalancés par le visage buriné mais noble et franc de Guillaume de
Baskerville – Sean Connery qui fit tout pour obtenir ce rôle qui sembla, après
coup, fait pour lui – et la jeunesse insolente d'Adso – Christian Slater dans
un de ses premiers rôles. Dans cette atmosphère hostile, sombre,
inquiétante, Guillaume de Baskerville, Sherlock Holmes franciscain, tente
tant bien que mal de mener son enquête. Car il s'agit bien sûr et avant tout,
entendons nous bien, d'une enquête sur un tueur en série sévissant dans
l'abbaye, un tueur qui prend appui sur L'Apocalypse comme le
tueur de Seven utilisera, des années plus tard, les Sept
Péchés Capitaux. Chaque meurtre est, en effet, directement lié à une prophétie
de L'Apocalypse : tué par la grêle ou noyé dans le sang. Le
Diable habiterait-il l'abbaye ? La peur de la fin du monde semble pétrifier les
moines qui, habitués du mystère et de la dissimulation, referment les portes,
réelles ou non, qui auraient pu amener Guillaume de Baskerville à la vérité.
L'abbaye est un huis clos physiquement mais aussi mentalement car rien ne doit
filtrer en dehors de l'édifice. Et comme un certain nombre de moines semblent
cacher un passé ou un présent sulfureux, le spectateur en vient à soupçonner
tout le monde. Et la recherche du meurtrier, et surtout de ses mobiles, n'en
devient que plus intéressante. En parallèle de l'enquête policière, Le
Nom de la Rose dépeint une Église médiévale en pleine tourmente. En
opposition à une Église décadente et s'éloignant des préceptes du Christ, de
nombreux courants se développent : les branches dissidentes vont rapidement se
voir taxées d'hérétisme jusqu'à la création de l'Inquisition en 1199. Mais
c'est en 1231 que le Pape Grégoire IX décide de la peine de mort pour les
hérétiques les plus durs. Dans ce contexte troublé, Le Nom de la Rose oppose
clairement une Église riche et hypocrite, celle de l'abbaye, à une Église se
réclamant de la pauvreté. Comme un symbole de sa supériorité, l'abbaye est
construite sur une masse rocheuse et surplombe un village miséreux : les
ordures de l'abbaye sont des mets de choix pour des pauvres hères qui se
battent pour obtenir les meilleurs morceaux, donnant au passage une scène
marquante du film où des paysans crasseux se jettent comme des animaux sur
cette manne tombée du ciel, don de la charité des moines. Cette richesse
incongrue s'accompagne d'une déviance morale certaine, au moins du point de vue
catholique. Tandis que les moines se montrent d'une piété certaine, l'attrait
de la chair, envers le sexe opposé comme envers les jeunes moines prêts à tout
pour obtenir quelques privilèges, ronge les fondations religieuses de l'abbaye
comme de l'Église. Grâce à un univers gothique remarquable, peuplé de
personnages inquiétants aux gueules éprouvantes, Le Nom de la
Rose stimule la partie sensible du spectateur, tout en descendant dans
les tréfonds d'une Église catholique médiévale décante et obscurantiste. Cette
Église là préfère dissimuler et détruire plutôt que voir ses préceptes remis en
question. Cette même Église qui voit le Diable partout, qui voit dans le rire
l'une de ses manifestations terrestres, qui sait bien qu'elle n'empêchera pas
les masses populaires de rire, mais qui ne veut surtout pas que les lettrés,
que la petite minorité cultivée de cette époque, le Moyen-Âge, puisse
subitement rire de tout, car alors, on rirait de Dieu également et cela serait
la fin de son emprise. Un film, donc, assurément magistral de la première à la
dernière seconde tant par son synopsis – mais là, bien sur, il le doit au roman
– des décors et une ambiance inquiétantes faisant rappeler bien des chef
d'œuvres plus anciens, un coté visuel et des tronches inoubliables, sans
oublier, bien entendu, une histoire captivante avec une enquête parfaitement
menée par un Sean Connery en grande forme ainsi que des implications qui
donnent, bien évidement, a réfléchir sur le pouvoir de l'Église a l'époque,
mais que l'on pourrait transposé assez facilement dans bien des régimes plus
modernes. Un chef d’œuvre inoubliable, indéniablement…
Points
Positifs :
-
Un classique absolu du cinéma des années 80, un film magistral, quasiment
parfait de bout en bout et qui, plus de trois décennies après sa sortie dans
les salles, n’a rien perdu de son intensité. Il faut dire que Jean-Jacques
Annaud est ici au sommet de son art et nous offre une adaptation sans faute du
roman original d’Umberto Eco, œuvre qui était jugée quasiment inadaptable à la
base au vu de sa complexité. Un chef d’œuvre !
-
Scénaristiquement, bien entendu, le film doit tout au roman original, cependant,
même s’il n’est pas aussi complexe, même s’il n’est pas aussi aboutit – ce qui
est logique – il n’en propose pas moins une intrigue captivante de bout en bout
et qui est à la hauteur des meilleurs polars.
-
Un casting somptueux et si, naturellement, le grand Sean Connery livre ici
peut-être son plus grand rôle – il sera à tout jamais Guillaume de
Baskerville – et marque durablement les esprits, le reste des acteurs n’est pas
en reste et si l’on notera une des premières apparitions du alors tout jeune Christian
Slater, comment oublier Ron Perlman et sa fameuse tronche ainsi que la
sensuelle Valentina Vargas.
-
Des décors magnifiques et une reconstitution historique de qualité. D’ailleurs,
on se croirait presque plongé au cœur du Moyen-Âge. Ajoutons à cela une
ambiance particulière, faite de crasse et de bâtisses imposantes qui ne
dénoteraient nullement dans un vieux film de la Hammer…
-
Une toile de fond complexe, qui met en avant la problématique religieuse et les
luttes théologiques au sein de la Chrétienté au XIIIème siècle.
Points
Négatifs :
-
Un coté peut-être un peu trop a grand spectacle, surtout vers la fin. Après
tout, avait-on besoin de faire mourir Bernardo Gui alors que ce dernier,
personnage historique bien réel, ne passait pas l’arme à gauche dans l’œuvre
originale ?
-
Les inconditionnels du roman trouveront peut-être à redire au sujet de cette
adaptation qui, fatalement, est moins complexe. Cependant, je pense qu’il était
impossible de retranscrire totalement l’ouvrage d’Umberto Eco, il faut le
reconnaitre…
Ma
note : 8,5/10