Pages

mercredi 8 juillet 2026

Olympos


Olympos
 
Ilium chantait les exploits de la guerre de Troie, surveillée par le scholiaste Thomas Hockenberry pour le compte des posthumains divinisés qui habitent sur Mars le mont Olympos. Depuis, les choses se sont corsées. Echappant au scénario d'Homère, Grecs et Troyens, Achille et Hector, se sont alliés pour vaincre les dieux et assiéger leur forteresse martienne. Ils profitent de la porte ouverte dans l'espace par les Moravecs, qui leur apportent un sérieux appui. Mais la porte commence à se refermer Sur Terre, les Voynix, qui ont longtemps été les serviteurs des Derniers Hommes, ont soudain entrepris de les massacrer. Les Derniers Hommes, élevés dans la soie, vont devoir apprendre à se battre. Ophu d'Io et Mahmut sont envoyés sur Terre pour prévenir un cataclysme qui menace la planète depuis des millénaires, sous la forme d'un sous-marin doté de missiles à trous noirs. Harman retrouvera-t-il Ada après un périple qui lui fera traverser la moitié de la Terre sous la conduite d'un Prospero qui n'est peut-être que le fantôme d'une Intelligence Artificielle ?
 

Olympos
Auteur : Dan Simmons
Type d'ouvrage : Science-Fiction
Première Parution : 28 juin 2005
Edition Poche : 11 septembre 2008
Titre en vo : Olympos
Pays d’origine : Etats-Unis
Langue d’origine : anglais
Traduction : Guy Abadia
Editeur : Folio SF
Nombre de pages : 1024
 
Mon avis :
 La problématique principale qui se posait, pour moi, avec Olympos, c’est que, avant même que je n’attaque ses premières pages, j’en avais entendu dire tellement de mal (et pas qu’un peu, quand on lit des termes comme « merde », je pense que cela pose une œuvre) que ce fut avec une grande appréhension que je m’étais lancé dans sa lecture. Appréhension pour le moins logique en raison du fait que toutes les critiques allaient dans le même sens, appréhension renforcée par la connaissance avant coup d’un détail scénaristique d’Olympos pour le moins nauséabond – mais je reviendrais dessus en temps utile. Et cette appréhension, non seulement, ne disparue jamais, mais finit, assez rapidement, par me convaincre du bien-fondé de tout ce que j’avais pu entendre au sujet de ce roman, ce qui fait que, par la force des choses, ce n’est pas encore aujourd’hui qu’une critique positive sera écrite au sujet d’Olympos. Suis-je trop dur envers cette œuvre ? En toute sincérité, et malgré tout ce que vous lirez par la suite, pas le moins du monde. D’ailleurs, inutile de tourner autour du pot, tout ce qui suit ne sera qu’une décente en règle d’un roman qui ne mérite pas grand-chose. Cependant, avant de rentrer dans le vif du sujet et de tailler Olympos en règle, commençons par le seul point positif de la chose, je veux, bien entendu parler de Dan Simmons qui, s’il n’était plus que l’ombre de lui-même en comparaison de ce qu’il avait put nous offrir jadis n’en restait pas moins comme étant un compteur plus que correct et suffisamment doué pour, au moins, captiver un minimum l’intérêt du lecteur afin que celui-ci aille au bout du roman. Un exemple tout bête ? Malgré le je m’en foutisme total dans lequel m’avait plongé l’avancée de l’intrigue d’Olympos, je m’étais décidé à le finir plutôt rapidement quand on y pense ; ainsi, pour ce qui est de sa conclusion, deux cent pages furent avalées d’une traite, et même si c’était du grand n’importe quoi, même si ce final (sur un ensemble de mille pages, sans compter Ilium, on peut considérer ces deux cent pages comme un final) était médiocre au possible et vint enfoncer davantage tout le mal de ce que je pensais de ce roman, le style d’écriture, la façon que possédait Simmons de raconter une histoire faisait que, bon gré mal gré, cela se lisait plutôt convenablement – tout autre auteur, avec un scénario a la Olympos, je l’aurais abandonner depuis belle lurette, mais là, non ; pourtant, mon dieu que c’était nul ! Et puis, que c’était long, énormément long, indiciblement long, horriblement long, à n’en plus finir ! Le comble étant qu’en fait, il ne se passait pas grand-chose d’intéressant au fil de ces mille pages. Mais cela se prolongeait, Simmons, plutôt que d’aller droit au but, multipliait les situations, les descriptions inutiles, les pensées de ses nombreux protagonistes, les dialogues creux et les pleurnicheries (celles d’Harman étant le summum de la niaiserie) pendant des pages et des pages, tandis que l’action, elle, semblait ne jamais avancer. Mais au fait, j’y pense, quelle action ? Certes, il y avait bien quelques événements notables comme une courte description de la guerre des grecs et des troyens contre les dieux au début, le duel entre Achille et les Amazones, la petite visite dans le Tartare, le combat final contre Zeus ainsi que quelques autres, mais tout cela était tellement noyer dans une masse chiante au possible, de néant scénaristique et comme en plus, ces fameux « événements intéressants », quand ils avaient lieu, étaient terriblement courts comparé au reste – pour rappel, mille pages – qu’au final, le lecteur ne pouvait qu’avoir l’impression qu’il ne s’était pas passer grand-chose, ce qui n’était pas faux, mais qu’en plus, il en ressortait avec un sacré mal de crane ! Ajoutons à cela un récit qui ne cessait de se contredire tout au long du roman (Nestor meurt puis il est dit qu’il est vivant à la fin), des événements tout bonnement injustifiables d’un point de vue narratif (Prospero et compagnie au sujet d’Harman), des comportements incompréhensibles (grecs et troyens sont alliés, puis, en cinq minutes, ils ne le sont plus et à la fin, ils rigolent ensemble comme si de rien n’était), des personnages comme Odysseus (ou Ulysse 31) sortis d’on ne sait où dont on ne sait pas le fin mot de l’histoire, des explications qu’on attendait tout au long des milles pages… et toujours, une fois celui achever, et une fin tellement… hum, comment dire… conne… où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil – grecs, troyens, humains à l’ancienne, juifs, Prospero, Ariel voir presque Caliban – et vous comprendrez qu’en aucun cas, mais alors, vraiment aucun, Olympos ne peut être considérer comme étant un bon roman. Mais j’ai laissé le meilleur – ou le pire – pour la fin : dans Les Cantos d’Hypérion, Simmons nous avait déjà proposé sa vision du mythe du juif errant, au demeurant, assez réussie, et, dans celle-ci, juifs et palestiniens étaient traiter sur un pied d’égalité ; enfin, disons qu’on sortait du manichéisme gentil contre méchant, ce, que cela soit dans un sens comme dans l’autre. Or, dans le cas présent, l’on sent que le sieur Simmons était tombé dans le militantisme sioniste de bas étage : écrit sous la présidence Bush Junior, le palestinien, et, en règle générale, le musulman, dans Olympos, était considéré comme étant rien que moins qu’un vulgaire dégénéré de terroriste prêt à faire disparaitre toute vie sur terre afin de tuer les gentils juifs – et pourtant, c’est un amoureux d’Israël qui vous dit cela. Mais comme – a en croire Simmons – l’arabe n’est pas suffisamment intelligent pour y parvenir seul, il lui fallait l’aide d’un indécrottable antisémite de base, ennemi de la paix dans le monde et grand ami des terroristes, je veux, bien évidement, parler du… sonnez les trompettes : le français ! Fourbe parmi les fourbes selon Simmons, celui-ci donna donc la technologie nécessaire aux arabes pour créer, non seulement, l’une des fins du monde les plus ridicules qu’il m’ai été donné de voir dans une œuvre de fiction, mais aussi, l’une des plus détestable par ce que celle-ci laisse sous-entendre. Un peu plus haut, je vous disais que dans une critique d’Olympos, quelqu’un parlait de « merde » à son sujet… franchement, c’est aussi mon avis, et, sincèrement, quand je pense qu’Ilium, sans être génial, laissait tout de même entrevoir quelques bonnes idées, et surtout, quand je repense a Hypérion, il m’est fort difficile d’admettre que Dan Simmons se soit autant fourvoyer dans une telle bouse !
 

Points Positifs
 :
- Le talent, indéniable, de conteur de Dan Simmons qui, malgré tout, est suffisamment malin et doué pour nous donner envie de lire la suite, même quand celle-ci ne le mérite nullement.
- La curiosité pour ceux qui ont apprécié Ilium de connaitre le fin mot de l’histoire.
- Un ouvrage qui ne choquera nullement les extrémistes les plus extrêmes.
 
Points Négatifs :
- L’un des plus mauvais romans qu’il m’a été donné de lire au cours de ma vie, rien que ça ! Et je pense qu’en affirmant une telle chose, tout est dit !
- Plus de 1000 pages de néant, de grand n’importe quoi, d’incohérences en tout genre et où Simmons passe son temps à se contredire.
- La sous-lecture pour le moins nauséabonde de l’auteur vis-à-vis des palestiniens – et des arabes en général – et de leurs indécrottables alliés antisémites, les français : sincèrement, avec Olympos, Dan Simmons est tombé dans le sionisme de bas-étage, tel un vulgaire militant de la droite Israélienne la plus dure. Mais comment cet auteur qui, en son temps, a sut nous pondre un personnage palestinien aussi charismatique que Fedmahn Kassad a-t-il put tomber aussi bas !?
- Aucun, mais vraiment aucun protagoniste ne possède une once d’intérêt. Et comme en plus, ils sont utilisés de manière incohérente et ridicule, je vous laisse imaginer ce que l’on peut ressentir envers eux…
- Un final d’une connerie indicible ; mais bon, vu tout ce que l’on s’était coltiner jusque là, qui peut encore s’en étonner ?
- La certitude absolue d’avoir lue une merde, tout simplement !
 
Ma note : 1/10

mardi 7 juillet 2026

L’Attaque des Titans – Tome 5


L’Attaque des Titans – Tome 5
 
Il y a plus d’un siècle, les Hommes vivaient en paix. Mais, un jour l’Humanité a été presque entièrement décimée par des êtres gigantesques, les Titans. Personne ne sait d’où ils viennent ! Une chose est sûre, ils semblent animés par un unique but : dévorer les humains, un par un ! Depuis, les derniers rescapés ont bâti une place forte, une cité cernée de hautes murailles au sein de laquelle vivent leurs descendants. Ignorants tout du monde extérieur, ils se pensent au moins à l’abri des Titans ! Mais leurs vies basculent le jour où surgit un Titan Colossal… L’intervention du Bataillon d’exploration a permis d’arracher Eren des griffes de Reiner et Bertolt, mais Ymir, elle, a décidé de changer de camp. Le tribut humain est extrêmement lourd à payer pour cette mission de sauvetage... Pour éviter de tels massacres à l’avenir, Hansi force Eren à s’entraîner à se transformer en Titan afin de mieux maîtriser son pouvoir et être plus réactif et efficace lors des combats.
 

L’Attaque des Titans – Tome 5
Scénariste : Hajime Isayama
Dessinateur : Hajime Isayama
Genre : Shōnen
Type d'ouvrage : Fantastique, Action
Titre en vo : Shingeki no Kyojin vol.5
Parution en vo : 09 avril 2014
Parution en vf : 12 avril 2017
Langue d'origine : Japonais
Éditeur : Pika Édition
Nombre de pages : 576
 
Mon avis :
 Le précédant volume de cet excellent manga qu’est L’Attaque des Titans, œuvre du sieur Hajime Isayama, avait été riche en émotions avec ses morts, ses mutilations et ses trahisons pour le moins inattendues et, par la force des choses, nous avait laissé pantois après moult révélations en tout genre, principalement en raison de la découverte de l’identité réelle de certains des Titans parmi les plus emblématiques du lot. Et donc, comme s’il fallait souffler un peu après tant de violence, nous avons droit, dans cette cinquième intégrale, à une intrigue bien plus calme où les dialogues remplacent l’action pure et dure – même si celle-ci n’est jamais tout a fait absente, rassurez vous. Virage a 180°, donc, ce qui pourra en perturber plus d’un, surtout que l’auteur, dans ce volume, entraine sa saga dans une toute autre direction. En effet, si les Titans restent la grande menace pour l’humanité, celle-ci passe franchement au second plan et une autre menace, dont nous n’avions que quelques échos jusque là, se précise : celle des autorités royales, des forces spéciales et du Culte du Mur qui semblent non seulement en savoir énormément sur les origines des Titans mais qui, par-dessus le marché, sont prêt a tout pour maintenir a la fois leur pouvoir et leurs sombres secrets. Par la force des choses, nos héros doivent s’adapter, jouer serrer, et, toujours sous la houlette du Major Erwin, diminué physiquement mais qui n’a rien perdu de sa vivacité d’esprit, tenter le tout pour le tout face aux autorités. Livaï, enfin présent et de quelle manière, refonde son escadron autour de Eren et une certaine Historia prend une place de plus en plus importante dans l’intrigue : fille d’un noble, jeunesse malheureuse et qui cache bien des zones d’ombres, celle-ci risque de prendre une place primordiale pour la suite. Mais ce n’est pas tout puisque entre certains de nos héros qui sont prêt à tout afin de parvenir à leur fin – sur ce point, la séance de torture où officient Livaï et Hansi en est l’exemple le plus parfait – l’affrontement qui met face à face Livaï, encore lui, face à son ancien mentor, le procès du Major Erwin et le coup d’état qui conclut cet album, il est difficile pour le lecteur de ne pas être stupéfait par la tournure prise par les événements. Un simple Shōnen L’Attaque des Titans ? Oui, on aurait put le penser lors des débuts de ce manga mais Hajime Isayama nous prouve de fort belle manière, ici, que les choses sont un poil plus compliquées que cela. D’ailleurs, ce n’est qu’un début, mais bon, il sera toujours temps d’en parler lorsque le moment sera venu…
 

Points Positifs
 :
- Même si le scénario en surprendra plus d’un et part vers une tournure pour le moins inattendu, ce nouveau volet de L’Attaque des Titans confirme tout le bien que l’on pensait de ce manga. Certes, tout n’est pas parfait mais, scénaristiquement parlant, Hajime Isayama possède un don certain pour nous proposer une intrigue captivante et bourrée de retournements de situations qui font que l’on accroche rapidement à l’histoire…
- L’intrigue devient nettement plus politique et si l’action reste présente, cette fois ci, elle met aux prises différentes factions humaines entre elles.
- Livaï et Hansi qui se mettent à la torture, le Major Erwin qui a droit à un procès, nos héros qui sont devenus des parias et tout cela finit par un coup d’état ! Bref, on va de surprises en surprises dans ce tome !
- Même si, dans les grandes lignes, les Titans brillent par leur quasi-absence dans cette cinquième intégrale, ce n’est nullement un problème, loin de là. Une marque indéniable du talent du mangaka qui nous prouve, ici, qu’il est capable de se renouveler et de nous surprendre de fort belle manière.
- Un Livaï au top de sa forme et toujours aussi charismatique, ce qui ravira ses très nombreux fans !
- Une édition intégrale de fort belle qualité qui rend justice au manga et qui, ma foi, est tout simplement indispensable pour les fans de celui-ci.
 
Points Négatifs :
- Comme je l’ai déjà souligner dans mes critiques précédentes, le gros point faible de L’Attaque des Titans, c’est sa partie graphique qui est, incontestablement, problématique. Certes, Hajime Isayama s’est amélioré depuis les débuts du manga, mais bon, ce n’est pas encore exceptionnel, loin de là…
- C’est peut-être à partir de ce tome que certains fans de la première heure ont commencé à emmètre quelques réserves à l’encontre du manga. Cela est dut à un scénario qui devient plus sombre, plus complexe et qui met un peu au second plan les Titans pour nous entrainer dans des magouilles politiciennes et des conflits entre humains.
- L’importance donné à Historia alors qu’elle semble un peu tomber de nulle part.
 
Ma note : 8/10

Défis Sanglants sur l'Océan


Défis Sanglants sur l'Océan
 
Située à l'extrême nord de la Mer Intérieure, la cité de Tak, repaire de coupe-jarrets, de forbans, de flibustiers de la pire espèce, jouit d'une effroyable réputation. Parmi tous les pirates qui hantent ce port, vous êtes reconnu comme le plus redoutable. Mais vous partagez avec Abdul le Sanguinaire ce sombre honneur. Un partage qui n'est pas fait pour vous plaire, à l'un comme à l'autre. Aussi avez-vous décidé d'un pari : le premier de vous deux qui ralliera l'île de Nippur, dans la Mer du Sud, en ayant amassé le trésor le plus considérable, sera sacré Roi des Pirates. Pillages, abordages, brigandages... tout est permis ! Hissez sans tarder les voiles de la Terrifiante, et bon vent ! Deux dés, un crayon et une gomme sont les seuls accessoires dont vous aurez besoin pour vivre cette aventure. VOUS seul déciderez de la route à suivre, des risques à courir et des créatures à combattre. Alors, bonne chance…
 

Défis Sanglants sur l'Océan
Série : Défis Fantastiques n°16
Auteur : Andrew Chapman
Illustration de la couverture : Rodney Matthews
Illustrations intérieures : Bob Harvey
Titre original : Seas of Blood
Traduction : Jean Walters
Année de l’édition Anglaise : 1985
Sortie de l'édition Française : août 1986
Edition Française : Editions Gallimard (Folio Junior)
Nombre de paragraphes : 400
 
Mon avis : 
Si avec Le Mercenaire de l’Espace et Les Trafiquants de Kelter, le sieur Andrew Chapman n’avait pas laissé un grand souvenir, et ce, malgré l’originalité certaine de ses deux titres puisque, pour rappel, celles-ci se déroulaient dans un univers de Science-Fiction plutôt que dans celui traditionnel des Défis Fantastiques, c’est-à-dire, la Fantasy, il en est tout autrement avec sa dernière contribution a la série puisque, avec Défis Sanglants sur l’Océan, l’auteur réussit enfin son coup, un très jolie coup d’ailleurs ! Il faut dire que le fait de pouvoir passer enfin du coté obscur et de jouer un salaud est fort appréciable. En effet, ici, point d’aventurier au grand cœur qui s’en va affronter un cruel sorcier afin de sauver le monde et place a un pirate, pas n’importe lequel d’ailleurs puisque, dans ce livre-jeu, on interprète un capitaine sans foi ni loi qui s’est lancer dans un pari qui déterminera qui de lui (nous) ou de son rival, sera considérer comme le Roi des pirates. Bref, d’entrée de jeu, l’originalité est de mise avec le fait de pouvoir passer du coté des méchants et une mission a mille lieux de celles que les Défis Fantastiques nous avaient habitué jusque là. Rien que pour cela, Défis Sanglants sur l’Océan mérite le détour, mais ce n’est pas tout car qui dit pirates dit forcément navires et dans ce livre-jeu, nous avons droit a un système de combat de groupe, petit plus non négligeable qui change un peu la donne. Par la force des choses, avec toutes ces bonnes idées, nous n’avons plus qu’à nous lancer dans l’aventure et, plus précisément, dans le rançonnage de navires marchants, l’attaque de villages de pécheurs, l’exploration de temples abandonnés et le trafic d’esclaves. Bref, il y a de quoi faire surtout que les chemins afin d’amasser de l’argent sont variés et nombreux. Ajoutons a cela les illustrations de Bob Harvey qui avait déjà enchanté nos yeux dans Le Talisman de la Mort et que l’on retrouvera dans la cultissime série qu’est La Voie du Tigre, et l’on était en droit de se dire que, décidément, ce Défis Sanglants sur l’Océan n’était pas loin d’être un chef d’œuvre ou, du moins, un excellent LDVELH. Or, alors que toutes les étoiles semblaient aligner pour que l’on ait affaire a un incontournable du genre, on s’aperçoit, malheureusement, lors de la conclusion, qu’en fait, malgré la multitude de chemins qui nous sont proposés, si l’on veut amasser suffisamment d’or afin de battre notre rival, un seul d’entre eux est possible, et donc, par la force des choses, il est difficile de ne pas ressentir une pointe de déception devant cette fausse liberté et ce choix, plutôt idiot, de nous imposer, une fois de plus, un seul chemin pour que l’on parvienne a notre but. Dommage tout de même de passer à coté d’une pure réussite en raison de ce fichu défaut un peu trop récurant à mon gout…
 

Points Positifs
 :
- Le plaisir de passer du coté obscur de la force et de pouvoir interprété un méchant puisqu’ici, nous jouons le rôle d’un pirate sanguinaire sans foi ni loi ! C’est tellement rare dans les LDVELH qu’il faut le souligner !
- Même l’aventure est originale puisque, après tout, il faut voler, tuer, capturer des innocents afin d’amasser le butin le plus important impossible, cela, juste pour une histoire de pari. Bref, aucune morale et chapeau bas à Andrew Chapman pour ce pari osé et réussi !
- L’ambiance mélange habilement l’univers de la piraterie, les contes des Milles et unes NuitsL’Odyssée et la Mésopotamie – pour les noms des villes. Bref, un melting-pot plutôt étonnant mais terriblement efficace… et dépaysant.
- Les illustrations de Bob Harvey, bien entendu, artiste talentueux et original.
- Le combat face au Cyclope qui préfigure ce que sera ceux dans La Voie du Tigre.
 
Points Négatifs :
- Certes, les chemins pour parvenir a la cité de Nippur sont nombreux, hélas, on s’aperçoit que pour parvenir à remporter notre pari, il faut avoir amassé tellement d’argent qu’en fait, il n’existe qu’un seul et unique chemin pour y arriver. Du coup, une frustration importante devant ce qui est bel et bien un… one-true-path !
- La gestion du temps aurait put être une bonne idée si elle n’apportait pas plus d’inconvénients qu’autre chose.
 
Ma note : 7,5/10

lundi 6 juillet 2026

Peaky Blinders – Saison 5


Peaky Blinders – Saison 5
 
Le krach boursier de 1929 entraîne une grave perte financière pour Tommy Shelby : Michael, envoyé aux États-Unis, n'a pas revendu à temps les actions du clan. La famille, éparpillée aux quatre coins de la planète, se réunit pour faire le point sur la situation. Tommy compte malgré tout sur la débâcle générale pour en tirer de nouveaux profits. Plus isolé que jamais, malgré sa position influente et son siège au Parlement, il doit répondre aux questions particulièrement gênantes d'un journaliste du London Times. Une mission lancée contre la mafia chinoise laisse présager un redoutable retour de flamme...
 

Peaky Blinders – Saison 5
Réalisation : Colm McCarthy
Scénario : Steven Knight
Musique : Nick Cave
Production : BBC
Genre : Drame historique
Titre en vo : Peaky Blinders – Season 5
Pays d’origine : Royaume-Uni
Chaîne d’origine : BBC Two, Netflix
Diffusion d’origine : 15 novembre 2017 – 20 décembre 2017
Langue d'origine : anglais
Nombre d’épisodes : 6 x 55 minutes
 
Casting :
Cillian Murphy : Thomas Shelby
Helen McCrory : Polly Gray, née Shelby
Paul Anderson : Arthur Shelby Junior
Sophie Rundle : Ada Thorne, née Shelby
Finn Cole : Michael Gray, le fils de Polly
Natasha O'Keeffe : Lizzie Shelby, née Starke
Kate Phillips : Linda Shelby, la femme d'Arthur Shelby
Harry Kirton : Finn Shelby, plus jeune frère Shelby
Annabelle Wallis : Grace Burgess
Sam Claflin : Oswald Mosley
Brian Gleeson : Jimmy McCavern
Aidan Gillen : Aberama Gold
Charlie Murphy : Jessie Eden
Jack Rowan : Bonnie Gold
Kingsley Ben-Adir : Colonel Ben Younger
Tom Hardy : Alfie Solomons
Ned Dennehy : Charlie Strong
Packy Lee : Johnny Dogs
Ian Peck : Curly
Benjamin Zephaniah : Jeremiah Jesus
Daryl McCormack : Isaiah Jesus
Anya Taylor-Joy : Gina Gray
Elliot Cowan : Michael Levitt
Kate Dickie : Mère supérieur
Andrew Koji : Brilliant Chang
Neil Maskell : Winston Churchill
Emmett J. Scanlan : Billy Grade
Cosmo Jarvis : Barney
 
Mon avis :
 Depuis ses débuts, il est pour le moins évident que Peaky Blinders aura flirté, allègrement, avec la perfection. Il faut dire que suivre les péripéties de ce gang de gangsters charismatiques de Birmingham, a l’allure aussi cool et sous une bande originale complètement anachronique, mais oh combien jouissive pour les amateurs de rock, est un pur régal. Bien entendu, au fil des saisons, il y eut quelques très légères baisses de régime et si, dans l’ensemble, la série aura maintenu un certain degré de qualité, il serait difficile de ne pas nier que la saison précédente, la quatrième, était apparue comme étant un poil en-dessous. Alors, quid donc de cette cinquième saison ? Y allait-il avoir un sursaut qualitatif ou bien, comme beaucoup d’autres séries, Peaky Blinders allait-il continuer, petit à petit, à s’enfoncer jusqu’à ce que l’on arrive à ce que l’on appelle la saison de trop ? Bon, je vous rassure tout de suite, il n’en est rien ! Pourtant, je dois reconnaitre que j’ai longtemps hésité avant de pouvoir affirmer cela. Ainsi, après les premières minutes du premier épisode de cette cinquième saison qui, esthétiquement, sont tout simplement grandioses, et, un synopsis ma foi, intéressant puisqu’abordant la Crise de 1929, j’ai eu un peu de mal avec ce qui a suivit : de bonnes idées, cela est pour le moins indéniable, comme l’utilisation du sieur Oswald Mosley, fondateur du parti fasciste britannique et une des figures majeures de l’extrême droite européenne du vingtième siècle. De même, voir un Tommy Shelby politicien a un petit coté jouissif quand on repense aux débuts du personnage. Hélas, la suite, un peu confuse par moments, partait dans tous les sens, multipliant les sous-intrigues, l’apparition de moult nouveaux protagonistes et d’enjeux dont on a un peu de mal a comprendre le lien entre eux, voir même leur utilité. Fort heureusement, dans la seconde partie de saison, alors que l’on approche de la conclusion, que tombent petit a petit les explications, que les liens se font et se défont et que de nouvelles scènes marquantes viennent émerveiller nos yeux, il est clair que notre opinion change, que l’on se dit que, décidément, les maitres d’œuvres de la série en avaient encore sous la dent et que, non, indéniablement non, ce n’est pas encore pour cette fois que l’on sera déçu par une saison de Peaky Blinders, bien au contraire. Alors, si vous êtes fans des gangsters les plus cools du petit écran, n’hésitez pas une seconde, vous allez encore passer un très bon moment !
 

Points Positifs
 :
- Le plaisir de retrouver une série qui, au bout de cinq saisons, n’a rien perdu de ses nombreuses qualités – esthétique irréprochable, bande-originale très rock et protagonistes tellement classe –  et qui nous entraine une fois de plus, pour notre plus grand plaisir, dans une nouvelle virée en compagnie des gangsters les plus cools du petit écran.
- Une évolution des protagonistes plutôt logique et qui permet a l’intrigue de se renouveler de fort belle manière – et puis, Thomas Shelby en politicien, cela en jette !
- Historiquement, la série met en avant la montée en puissance d’un certain Oswald Mosley, figure plutôt méconnue de nos jours mais qui, en son temps, fut le créateur du parti fasciste britannique et l’une des plus grandes figures de l’extrême droite européenne du siècle dernier.
- Pour ce qui est des acteurs, comme je le dis depuis le début de la série, il n’y a rien à redire tant ceux-ci sont tout simplement parfaits. Bien évidement, Cillian Murphy est toujours aussi impérial !
- Pour ce qui est de l’esthétique, comme je le disais précédemment, c’est tout simplement une pure merveille et si, désormais, nous y sommes habitués, comment ne pas reconnaitre que certaines scènes sont tout simplement à couper le souffle – revoyez donc le début du premier épisode, un pur instant de grâce !
- Une bande originale toujours aussi rock et, bien entendu, toujours aussi parfaite.
 
Points Négatifs :
- Même si le plaisir est toujours au rendez vous, il faut reconnaitre que, qualitativement parlant, le garde une préférence pour les premières saisons – après, c’est peut-être la force de l’habitude…
- Une saison un peu trop centrée sur Thomas Shelby. Certes, c’est le personnage principal, mais bon, du coup, vu qu’il est quasiment omniprésent de bout en bout, cela se fait un peu au détriment des autres protagonistes comme Poly par exemple qui, quelque part, joue un peu les utilités au cours de cette saison.
 
Ma note : 8/10

dimanche 5 juillet 2026

Demon's Souls


Demon's Souls
 
Se déroulant dans un univers médiéval sombre, le jeu prend place dans le royaume fictif de Bolétaria, qui a été englouti par un brouillard épais et envahi par des démons en raison de la soif de puissance du monarque, le roi Allant XII. Le joueur prend le contrôle d'un héros chargé de terrasser les démons et ramener la paix à Bolétaria. Ce héros peut être personnalisé et peut évoluer au fil du jeu. Mais l'aventure ne sera pas de tout repos, la mort étant très présente dans Demon's Souls. En effet, le titre est souvent considéré comme un des jeux les plus difficiles et exigeants de ces dernières années.
 

Demon's Souls
Éditeur : Sony Interactive Entertainment
Développeur : Bluepoint Games
Concepteur : Teruyuki Toriyama
Musique : Shunsuke Kida
Date de sortie : 12 novembre 2020
Pays d’origine : Japon
Genre : Action-RPG
Mode de jeu : Solo, Multijoueur
Média : Blu-Ray
Contrôle : Manette
Plate-forme : PS5
 
Mon avis :
 Je ne vais pas revenir sur l’énorme problématique qui, comme chacun sait, toucha la PS5 pendant presque deux années, après sa sortie fin 2020, mais aussi, sa concurrente directe, la X-Box Série X ainsi que les cartes graphiques voir même les téléphones, c’est-à-dire, une grosse pénurie de composants liée à la crise du Covid-19, ce qui fit que, pendant trop longtemps, se procurer la dernière née de chez Sony relevait pour le moins de la gageure. Fort heureusement, au bout de quelques mois, après avoir réussi a posséder le Graal que représentait la fameuse PS5, il était alors plutôt logique que mon tout premier soft de celle-ci soit le fameux remake de Demon's Souls, l’un des rares jeux à être sortit au même moment que la console et l’un des seuls, pour la petite histoire et encore aujourd’hui, à être une véritable exclusivité de cette dernière, ce qui est tout de même problématique, il faut le reconnaitre. Normal pour quelle raison ? Eh bien, pour deux choses. Déjà, il suffit de relire mes anciennes critiques de Dark SoulsDark Souls 2Dark Souls 3Bloodborne et Sekiro – Shadows Die Twice pour se souvenir que je suis un fan inconditionnel des jeux de FromSoftware. Deuxièmement, pour la simple et bonne raison que n’ayant découvert ces derniers que sur le tard, j’étais passé complètement passé à coté des premiers volets parus sur la PS3 et, donc, de ce fameux Demon's Souls, paru en 2009 et qui fut le soft qui aura bouleversé le monde vidéoludique, changeant les habitudes des joueurs avec cette fameuse exigence qui en aura rendu fou plus d’un. Demon's Souls étant malheureusement presque introuvable a un prix récent depuis longtemps, vous pouvez imaginez ma joie lorsque, en plein confinement du printemps 2020, j’appris qu’un remake allais sortir au même moment que la PS5. L’attente fut alors longue, bien plus longue que prévue mais enfin, fin 2021, j’avais put me procurer, à la fois, la console et ce Demon's Souls que j’attendais comme le Graal depuis très, trop longtemps… Mais alors, celui-ci aura-t-il été à la hauteur de mes espérances ? Chacun sait, en effet, que lorsque l’on attend trop quelque chose, quelle qu’elle soit celle-ci, la déception est parfois au rendez vous, cependant, dans le cas présent, ce n’est nullement le cas, loin de là ! Il faut dire que les petits gars de chez Bluepoint Games nous ont pondu un remake excellent et, si je ne peux bien évidement pas faire de comparaisons avec le soft original, disons que, visuellement parlant, Demon's Souls est magnifique et que l’on sent, avec ce dernier, que l’on est passé sur une console nouvelle génération. Après, pour ce qui est du jeu en lui-même, de ses mécaniques, de son coté élitiste, de son ambiance sombre et mystérieuse et de ses combats de boss inoubliables, disons que, dans le cas présent, tout dépendra si vous êtes un amateur des jeux de FromSoftware ou pas : ainsi, les seconds risquent de connaitre bien des déboires et certains, comme à chaque fois, abandonneront en cours de route, quant aux premiers… et bien, là, il y a un autre problème, un peu plus inattendu… En effet, celles et ceux qui sont des habitués du genre, qui connaissent la trilogie Dark Souls sur le bout des doigts, qui auront tâté du Bloodborne et qui auront apprécié cette formidable évolution que fut Sekiro risquent de trouver Demon's Souls un peu trop… comment dire… simple ! Certes, le challenge est toujours présent, certes, certains passages risquent de vous faire suer comme certains niveaux, mais bon, rien d’insurmontable pour les habitués de Dark Souls, loin de là ! Mais bon, rien de bien grave car le plaisir fut tout de même au rendez vous et que, rien que pour le bonheur immense d’avoir enfin joué à ce légendaire Demon's Souls, le jeu en valait largement la chandelle…
 

Points Positifs
 :
- Un remake tout simplement excellent de ce qui fut l’un des jeux vidéo les plus importants de l’Histoire récente du genre, un soft qui, en son temps, aura bouleversé la communauté vidéoludique de par son gameplay exigeant et qui, au demeurant, aura lancé de multiples suites, toutes plus somptueuses les unes que les autres. Bref, cela faisait longtemps que Demon's Souls méritait un remake et celui-ci est conforme à nos attentes !
- Si vous êtes un familier de la saga des Souls et des jeux de chez FromSoftware, vous trouverez, probablement, que ce soft est un peu plus facile que ses illustres successeurs, cependant, cela ne gâchera nullement le plaisir vu que Demon's Souls n’est pas un jeu simple et que le challenge est tout de même au rendez vous !
- Si vous êtes un néophyte, il faut un certain temps pour se faire au style de jeu, aux commandes et a cette manière de jouer qui est aux antipodes de toute la production actuelle, et, je ne vous le cache pas, les premiers pas seront extrêmement difficiles. Cependant, une fois tout cela maitrisé, le plaisir est bel et bien au rendez vous et vous passerez un très grand moment devant ce Demon's Souls.
- Visuellement, nous sommes sur PS5 et cela se sent grandement tant Demon's Souls est superbe. Bref, jamais – ou presque – l’univers du grand Hidetaka Miyazaki n’aura été aussi beau !
- Le plaisir, pour celles et ceux qui n’avaient jamais eu l’occasion de jouer à Demon's Souls, de pouvoir enfin découvrir le soft par qui tout est arrivé !
- Une bande originale de qualité qui vous plonge à merveille dans l’ambiance particulière de ce soft.
 
Points Négatifs :
- Il faut adhérer au concept de la saga et il est clair que ce genre de softs n’est décidément pas fait pour tout le monde. Certes, il n’est pas impossible a finir, mais bon, mourir a répétition face au moindre adversaire, devoir se retaper, encore et encore, la moitié d’un niveau avant de se faire massacrer en deux secondes par un boss, cela peut très rapidement lasser beaucoup de monde.
- Les habitués de FromSoftware qui découvrent Demon's Souls par le biais de ce remake risquent de trouver celui-ci un peu trop facile en comparaison de softs aussi durs que Dark Souls 3 ou Sekiro, pour ne citer que deux exemples flagrants et qui proposaient un challenge autrement plus complexe.
- On sent que les petits gars de chez FromSoftware tâtonnent encore ici et que leur concept sera nettement plus aboutit par la suite.
- Des boss moins spectaculaires que ceux que l’on connaitra dans les jeux suivants. Finalement, la principale difficulté vient du fait qu’il n’y ait quasiment aucun feu et que chaque route jusqu’au moindre boss est longue, complexe et souvent mortelle !
 
Ma note : 8/10

samedi 4 juillet 2026

Empire


Empire
 
Charles Nodier est envoyé spécialement par le général Savary pour récupérer Saint-Elme, un capitaine de l'armée napoléonienne en lutte avec les afghans. Le trajet vers Bombay, quartier général de l'armée de l'Empire, se fera à bord d'un puissant bateau à aubes, piloté par le capitaine Surcouf. Depuis la fabuleuse campagne de Napoléon vers l'Empire turc, puis l'Inde en 1809, l'Empire français est plus vaste encore que ne le fut l'Empire romain. Mais en juin 1815, aux frontières du Bengale encore tenu par les anglais, les troupes françaises ont été victimes de la formidable stratégie mise au point par l'adversaire aidé de mercenaires Gurkhas. Un contournement incroyablement osé, qui aura fait subir à l'empereur sa première défaite militaire depuis vingt ans. Le général anglais qui dirigeait la résistance n'est jamais apparu en plein jour. Seules quelques images d'un mystérieux chariot couvert de bâches ont permis d'échafauder la théorie d'un militaire aux origines étranges, que Nodier et Saint-Elme sont chargés d'identifier. L'hypothèse d'une créature qui ne se montre jamais, et qui serait l'œuvre d'un docteur Suisse dénommé Frankenstein, est la favorite de Nodier. Mais avant cela, il va falloir comprendre comment des espions à la solde des anglais ont éventuellement réussi à connaître les plans de l'armée française, pourtant savamment codés par la machine Enigma. Les origines indiennes de Saint-Elme et ses relations dans les bas fonds de Bombay vont être un précieux point de départ.
 

Empire
Scénario : Jean-Pierre Pécau
Dessins : Igor Kordey
Couleurs : Chris Chuckry
Couverture : Manchu, Igor Kordey
Editeur : Delcourt
Genre : Fantastique, Uchronie
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 01 juin 2016
Nombre de pages : 160
 
Mon avis :
 Deux décennies après sa sortie, ce fut avec un plaisir certain que je me suis replongé dans cette mini-série réalisée par les auteurs de cette interminable saga qu'est L’Histoire Secrète, je veux, bien entendu, parler de Jean Pierre Pécau pour ce qui est du scénario ainsi que, pour ce qui est de la partie graphique, celui qui ne laisse personne indifférent, le fameux croate, Igor Kordey. En 2006, donc, lorsque je découvris cet album, j’étais tombé, toutes proportions gardées, bien entendu, sous son charme, ce, tant du point de vue de l’intrigue que des dessins. Il faut dire que, contrairement à la série phare de nos deux compères, Empire, plus centré sur une seule période, avec peu de personnages et une histoire solide, s’avère être une saga bien plus accrocheuse et captivante pour le lecteur qui, de plus, ne pourra éviter le parallèle avec une autre série des éditions DelcourtHauteville House – saga dont il faudra bien que je vous parle à l’occasion. En effet, comme celle-ci, Empire est une Uchronie mêlant bon nombre d’éléments Steampunk et où apparaissent, comme protagonistes, à la fois des personnages réels de notre histoire mais également des figures des romans de l’époque. Bref, tous les éléments pour que l’on ait une sympathique BD étaient réunis, et, ma fois, force est de constater que, si l’on n’attend ni monts ni merveilles de cette saga, alors, on ne sera nullement déçu, bien au contraire. Pour ce qui est du contexte, nous sommes donc en 1815 et Napoléon règne sur l’Europe mais également sur les Indes. Déjà, le postulat de base est intéressant à plus d’un titre car, qui sait ce qu’il serait advenu si l’Empereur s’était tourner vers les Indes ? Mais plus qu’une simple Uchronie, assez rapidement, on s’aperçoit que les auteurs ont mêler de nombreux éléments disparates faisant de leur œuvre un habile mélange où l’on retrouve bon nombre d’éléments Steampunk, mais également, par le biais des dires de Charles Nodier, l’un des deux personnages principaux de l’intrigue, des éléments surnaturels comme les lutins, les vampires ou les djinns, sans oublier quelques noms connus comme Dracula ou le docteur Frankenstein. Bref, un heureux melting-pot qui fonctionne assez bien grâce à une histoire prenante, mais aussi, par le charisme indéniable des deux protagonistes principaux, Nodier, déjà citer, dans le rôle de l’aventurier touche à tout, à la fois scientifique, spécialiste de l’occulte et tacticien de génie, et le ténébreux et charismatique capitaine Saint-Elme, à la fois sombre, inquiétant, redoutable au combat et possédant la beauté et le magnétisme qui sied au genre. Ce duo improbable n’est pas une invention des auteurs, quelque part les points communs avec ceux des Mystères de l’Ouest sont évidents, cependant, comme leurs glorieux aînés, il est évidant qu’il fonctionne à merveille. Et donc, après une rapide mise en place de l’univers et des différents enjeux, le lecteur est rapidement happer par une intrigue sans le moindre temps morts, et après les présentations d’usages, les premières surprises au fil des pages – tient, il y aura du Steampunk ! Comment, des fées, ah bon ? L’anglais qui veut faire le tour du monde en 80 jours !? – l’on suit les pérégrinations de Saint-Elme et Nodier dans les rues de Bombay, aux prises avec les adorateurs de Kali et enquêtant sur le mystérieux Général Fantôme, le premier à avoir fait perdre une bataille à Napoléon… Bref, dans l’ensemble, nous avons droit a une saga plutôt plaisante et dont le seul défaut, finalement, aura été le fait que le sieur Pécau, comme a son habitude, s’est un peu trop dispersé, multipliant quelques sous intrigues et en oubliant quelques unes au passage – et cela, en trois volumes si l’on suit l’ordre de parution original. Quand à Kordey, reconnaissons que c’est celui de 2006 et pas encore celui, nettement plus précis, de ces dernières années, mais bon, quoi qu’il en soit et malgré ses défauts, Empire n’en reste pas moins comme étant une agréable mini-série qui ravira, sans nul doute, les fans de Steampunk, ceux de Jean-Pierre Pécau, ceux d’Igor Kordey et, dans un sens plus large, celles et ceux qui souhaitent découvrir une saga sans prise de tête qui leur fera voir du pays, ce qui est déjà pas mal !
 

Points Positifs
 :
- Une uchronie fort plaisante avec un coté Steampunk assumé, un duo de protagonistes principaux réussi, un univers qui l’est tout autant et une intrigue suffisamment captivante pour les amateurs d’aventure pure et dure !
- Un postulat de départ plutôt intéressant puisque cette uchronie par du principe : que se serait-il passé si Napoléon aurait tourné son regard vers l’est et aurai été jusqu’à conquérir l’Inde ?
- Les amateurs de Jean-Pierre Pécau apprécieront, bien entendu, ses multiples références historiques ou littéraires.
- Bien évidement, le duo Saint-Elme et Nodier renvoi a celui des Mystères de l’Ouest.
- Les amateurs de Jean-Pierre Pécau sont en terrain familiers et retrouveront avec plaisir toutes ses références historiques, ce mélange entre protagonistes réels et imaginaires, ses nombreuses références, etc.
- Si vous êtes fans d’Igor Kordey, il est clair que celui-ci livre quelques planches plutôt réussies même s’il faut reconnaitre que le croate fera bien mieux par la suite…
- Une couverture plutôt réussie.
 
Points Négatifs :
- A force de multiplier les sous-intrigues et les protagonistes, Jean-Pierre Pécau loupe un peu le coche et cela ressent grandement à la lecture de cette saga qui est un peu mal structurée. Qui plus est, l’auteur oublie certains personnages comme l’Oupire, nous pond des rebondissements inutiles et bâcle, malheureusement, sa conclusion.
- Malheureusement, même les fans les plus complaisants d’Igor Kordey reconnaitront que celui-ci a fait bien mieux par la suite pour ce qui est de la précision de son style. Après tout, Empire accuse presque vingt ans d’âge…
- Dans un sens plus large, ceux qui ne supportent pas le style de Kordey trouveront tout cela beaucoup trop brouillon pour accrocher totalement.
- Les détracteurs de Pécau pointeront du doigt certaines mimiques de l’auteur, comme cette multitude de références, parfois obscures, qui ne tombent pas toujours juste.
 
Ma note : 7/10