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samedi 23 mai 2026

The Crown – Saison 1


The Crown – Saison 1
 
Sortie blessée mais victorieuse de la Seconde Guerre Mondiale, l’Angleterre fête le mariage d’Elisabeth avec Philip Mountbatten. Alors que le roi George VII montre des signes de faiblesse, et que Winston Churchill, l’un des héros de la guerre contre le nazisme, est réélu au poste de Premier Ministre, la jeune femme profite d’une insouciance qui sera de courte durée. Tôt où tard, celle qui figure à la première place dans l’ordre de succession, devra assumer les responsabilités inhérentes à son rang…
 

The Crown – Saison 1
Réalisation : Benjamin Caron, Stephen Daldry, Philip Martin, Julian Jarrold, Philippa Lowthorpe
Scénario : Peter Morgan
Musique : Rupert Gregson-Williams
Production : Left Bank Pictures, Sony Pictures Television
Genre : Historique, Biopic
Titre en vo : The Crown – Season 1
Pays d’origine : Royaume-Uni, Etats-Unis
Chaîne d’origine : Netflix
Diffusion d’origine : 4 novembre 2016
Langue d'origine : anglais
Nombre d’épisodes : 10 x 60 minutes
 
Casting :
Claire Foy : Élisabeth II
Matt Smith : Philip Mountbatten
Vanessa Kirby : Margaret du Royaume-Uni
Victoria Hamilton : Elizabeth Bowes-Lyon
John Lithgow : Winston Churchill
Greg Wise : Louis Mountbatten
Jeremy Northam : Anthony Eden
Eileen Atkins : Mary de Teck
Alex Jennings : Édouard VIII
Lia Willams : Wallis Simpson
Ben Miles : Peter Townsend
Jared Harris : George VI
Stephen Dillane : Graham Sutherland
Pip Torrens : Tommy Lascelles
Andy Sanderson : Henry de Gloucester
Michael Culkin : Rab Butler
Nicholas Rowe : Jock Colville
Rita McDonald Damper : Marina de Grèce
Amir Boutrous : Gamal Abdel Nasser
Harriet Walter : Clementine Churchill
Rosalind Knight : Alice de Battenberg
 
Mon avis :
 Je ne vais pas m’en cacher, la toute première fois que j’avais entendu parler qu’une série consacrée a la vie de la reine Elisabeth II allait voir le jour, j’étais pour le moins dubitatif quand a l’intérêt de la chose. Peut-être, tout simplement, pour la simple et bonne raison que cette figure historique du vingtième siècle qui, pour rappel, nous a quitter le 8 septembre 2022 et qui aura régnée plus de soixante-dix ans, ce qui est, ma foi, pour le moins notable, traversant ainsi les décennies, peut-être que je me disais qu’il n’y avait pas forcément de quoi en faire une série, estimant qu’il n’y aurait peut-être pas matière à cela. Pourtant, à ma grande surprise, j’avais tort et pas qu’un peu ! Car bon, comment dire, avec du recul, la reine Elisabeth, seconde du nom, aura connu, au fil des décennies, bien des événements historiques, et donc, de la Seconde Guerre Mondiale a nos jours, je pense que même ceux qui ne sont pas de grands amateurs d’Histoire conviendront qu’il s’en est passé des événements et que, forcément, celle-ci les aura tous connus tout en étant parti prenante pas moments. Et donc, par la force des choses, il y avait de quoi faire et en regardant cette première saison de The Crown, une saison consacrée aux toutes premières années de son règne, il apparait clairement que le pari fut amplement réussi et que, si vous êtes un amateur d’œuvres historiques, alors, tout cela risque fort de vous passionner. Car bon, force est de constater que malgré mes interrogations des débuts, assez rapidement, j’ai été captiver par cette jeune femme qui, du jour au lendemain, doit prendre la couronne, apprendre a régner sur un empire en déclin, ce, malgré la victoire toute récente sur l’Allemagne Nazi, ce, tout en subissant les états d’âmes, parfois justifiés, de ses proches, tout en ayant, comme Premier Ministre, une légende vivante (avec les défauts et les qualités qui vont avec), je veux, bien évidement, parler de Winston Churchill. Ainsi, d’épisodes en épisodes, le spectateur est, très rapidement, happé par les événements, par la manière dont la jeune femme apprend son rôle de reine et, pour peu que vous connaissiez un tant soi peu l’histoire de la famille britannique actuelle, comprendre pourquoi, par la suite, Elisabeth II aura réagi de tel manière vis-à-vis de ses proches. Là où The Crown est plutôt bien fait, c’est qu’on est loin de tomber dans un manichéisme simpliste et que, vers la fin, il apparait qu’Elisabeth, maitrisant de mieux en mieux son rôle, n’hésite pas a prendre des décisions terribles a l’encontre des siens – ce qui fait que des personnages comme Margareth apparaissent bien plus sympathiques. Ajoutons a cela une reconstitution tout bonnement parfaite, une flopée d’acteurs franchement excellents et une photographie de premier ordre et vous comprendrez, sans nul doute, que cette première saison de The Crown ne pouvait que me plaire…
 

Points Positifs
 :
- Une reconstitution historique tout bonnement excellente et qui nous plonge, de fort belle manière, dans les premières années du règne de la reine Elisabeth II.
- Si vous êtes un fan des reconstitutions historiques ou des œuvres en costumes, ou bien, si vous êtes un féru d’Histoire ou un connaisseur de la famille royale britannique, alors, The Crown est une série parfaite pour vous !
- Claire Foy est bien évidement parfaite dans son rôle et je dirais la même chose pour ce qui est des acteurs qui interprètent Margareth et Philip, cependant, celui qui m’aura le plus épater, c’est John Lithgow tout bonnement magistral en Winston Churchill.
- Incontestablement l’œuvre la plus réussie, jusqu’à ce jour, consacrée a la famille royale britannique.
- Décors, costumes, photographie, mise en scène : les britanniques sont vraiment les meilleurs sur ce genre d’œuvres !
 
Points Négatifs :
- Dommage que la série n’ai pas débutée en abordant les quelques années qui précédèrent le règne d’Elisabeth. En effet, il aurait été intéressant de nous montrer la jeunesse de celle-ci, pendant la Seconde Guerre Mondiale, sa rencontre avec Philip, etc.
 
Ma note : 8,5/10

vendredi 22 mai 2026

The New Frontier


The New Frontier
 
Durant les années 1950, les États-Unis d’Amérique, qui se trouvent alors en pleine Guerre Froide face à l’URSS, plongent en pleine paranoïa et le gouvernement décide de mettre au ban de la société les premiers super-héros des années quarante. Cependant, des cendres de cette époque révolue vont éclore de nouveaux justiciers parmi lesquels J'onn J'onzz, Barry Allen ou encore Hal Jordan. Et cette génération de héros issue de la course à l'espace va devoir enquêter sur un mystère des plus anciens menaçant de conquérir la Terre.
 

The New Frontier
Scénario : Darwyn Cooke
Dessins : Darwyn Cooke
Encrage : Darwyn Cooke
Couleurs : Dave Stewart
Couverture : Darwyn Cooke
Genre : Super-Héros
Editeur : DC
Titre en vo : The New Frontier
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 28 juin 2016
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 06 décembre 2019
Nombre de pages : 544
 
Liste des épisodes
The New Frontier 1-6
 
Mon avis :
 Voilà une œuvre que, en toute sincérité, l’on peut qualifier, ce sans la moindre exagération, de monumentale, et je pèse mes mots en disant cela. Il faut dire que cela faisait bien des années que j’entendais le plus grand bien de cette relecture du passé de l’univers DC par le sieur Darwyn Cooke et que, fin 2019, lorsque j’eu enfin l’opportunité de me plonger dans celle-ci, force est de constater que je ne l’ai nullement regretter, bien au contraire. En effet, comment ne pas reconnaitre que The New Frontier est ce que l’on appelle bel et bien un incontournable, un truc pour le moins peu commun, quelque chose d’énorme et que l'on peut qualifier sans peine d’indispensable, ce, pour tout bon fan de DC qui se respecte, voir même, de tout fan de comics dans le sens le plus large possible. Pourtant, a priori, on pourrait trouver que le procédé n’est pas le plus original qui soit. En effet, depuis longtemps, tant du coté de DC que chez Marvel, les relectures du passé, pour ne pas dire les réécritures de celui-ci, des deux grosses maisons d’éditions sont monnaie courante, parfois avec succès, parfois non. Cependant, dans le cas présent, nous n’avons pas affaire a une quelconque réécriture destiné a faire coller les protagonistes a un passé plus récent – toujours le problème de temporalité propre au médium – bien au contraire : Darwyn Cooke, en fan appliqué et connaisseur de l’univers DC, décide plutôt de revenir sur ce fameux passé, décidant de lier toutes les séries de la maison d’édition en allant, grosso modo, de la Seconde Guerre Mondiale au tout début des années 60 – la nouvelle frontière dont est tiré le titre étant, bien entendu, en référence a un célèbre discours de JFK. Ainsi, avec un style artistique qui nous rappelle celui de l’époque et qui, ma foi, est superbe sans tomber dans la caricature, l’auteur nous offre un formidable voyage dans le temps, faisant évoluer son intrigue ou, plus précisément, ses multiples sous-intrigues qui, bien entendu, finiront par se rejoindre au bout, sensiblement, d’un quart de siècle, ce, pour un final tout bonnement majestueux. Majestueux, le mot est dit, mais il est valable pour l’intégralité de cette œuvre qui est parfaite de bout en bout et qui, en liant des événements et des protagonistes historiques a nos super-héros mais aussi a d’anciennes gloires de chez DC complètement tombées, depuis longtemps, dans l’oubli – les Loosers, la première mouture de la Suicide Squad, entre autres – nous entraine dans une folle histoire, captivante, souvent étonnante et maitrisée d’une main de maitre ! Bien évidement, les parfaits connaisseurs de l’univers DC seront davantage à l’aise devant The New Frontier, c’est un fait, cependant, contrairement à d’autres œuvres du même genre, ici, nul besoin d’être un spécialiste pour apprécier totalement les tenants et les aboutissements de l’intrigue, loin de là. Bref, un incontournable comme on aimerait en voir plus souvent et qui, j’en suis persuader, sera un jalon sur lequel bien des publications futures devront se mesurer…
 

Points Positifs
 :
- Une des œuvres les plus magistrales qu’il m’a été donné de lire chez DC, et ce, depuis bien longtemps. Il faut dire que Darwyn Cooke nous offre une relecture du passé tout simplement fascinante et intelligente à la foi, ce qui est rare dans ce type de comics, et que sa volonté de faire le lien entre tous les héros de la maison d’édition, des équipes de soldats de la Seconde Guerre Mondiale a l’explosion superhéroique des années 60, est tout bonnement géniale !
- Le style artistique que nous propose Darwyn Cooke, la mise en page des planches, nous fait faire un véritable voyage dans le temps qui nous permet, presque, de nous faire croire que l’on à affaire à un comics de l’époque. Chapeau bas à l’artiste pour ce pari oh combien risquer et franchement réussi !
- Captivant de bout en bout, et il y a, grosso modo, plus de 500 pages dans cet album ! Il faut dire que l’intrigue nous fait découvrir tout un tas de protagonistes qui s’avèrent tous, du plus obscur au plus connu, terriblement charismatiques, même les plus inattendus. Du coup, on se passionne pour le sort de figures majeures comme J'onn J'onzz et Hal Jordan mais aussi du moindre personnage comme les Loosers du début et tout un tas d’autres que j’ai découvert ici.
- Les grands moments de l’histoire sont, bien évidement, au rendez vous : Seconde Guerre Mondiale, Guerre de Corée, Maccartisme, course à l’espace, etc.
- Darwyn Cooke nous explique pourquoi les premiers super-héros ont disparus, pourquoi, pendant les années 50, les héros n’avaient pas de pouvoirs, qu’avaient fait Superman, Wonder Woman et Batman a cette époque, mais aussi, pour quelle raison les super-héros sont revenus au premier plan au début des années 60.
 
Points Négatifs :
- Une bonne connaissance de l’univers DC, sans être indispensable, me semble tout de même nécessaire pour apprécier au mieux une œuvre aussi monumentale que The New Frontier.
- A moins d’être totalement allergique à DC, a ce genre d’histoires où il y a une foule de protagonistes méconnus ou au style de dessin, je ne vois pas trop ce que l’on peut reprocher à l’œuvre de Darwyn Cooke. Après, les gouts et les couleurs…
 
Ma note : 9/10

All-Star Superman


All-Star Superman
 
Le docteur Leo Quintum et son équipe sont en train d'explorer la surface du soleil. Tout se passe pour le mieux, jusqu'à ce que l'un de ses assistants se révèle être un sbire de Lex Luthor et pire encore : une bombe humaine. Venant de la Terre à grande vitesse, Superman sauve l'équipage de justesse, mais il ne sort pas indemne de ce contact rapproché avec le soleil. D'après les recherches postérieures au sauvetage de Quintum, le super héros est en passe d'acquérir de nouvelles capacités. Mais cela a un coût. En effet, on annonce à Superman que sa mort est proche. De retour sur Terre, Clark ne peut décemment continuer de cacher la vérité sur son identité secrète à Loïs et il lui avoue tout. La journaliste du Daily Planet a du mal à se faire à cette idée... mais devant les démonstrations du kryptonien, le doute n'est plus permis. Il emmène ensuite Loïs dans sa forteresse secrète et lui montre divers objets. Superman conserve même une surprise à la jeune femme : une tenue de super héroïne. Pour son anniversaire, Clark a créé un sérum capable d'octroyer à Loïs les mêmes pouvoirs que les siens, durant une journée entière.
 

All-Star Superman
Scénario : Grant Morrison
Dessins : Frank Quitely
Encrage : Jamie Grant
Couleurs : Jamie Grant
Couverture : Frank Quitely
Genre : Super-héros
Editeur : DC
Titre en vo : All-Star Superman
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : novembre 2005 – octobre 2008
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 07 juin 2013
Nombre de pages : 320
 
Liste des épisodes
All-Star Superman 1-12
 
Mon avis :
 Je pense ne pas me tromper en affirmant que le meilleur comics de Superman du quart de siècle écoulé fut, sans aucune discussion possible, ce All-Star Superman, œuvre du duo composé de Grant Morrison et de Frank Quitely, un duo qui œuvra il y a de cela une vingtaine d’années sur un certain New X-Men, une saga qui fut, probablement, le chant du cygne de la franchise mutante tant la suite fut décevante pour ne pas dire pathétique. Une œuvre a part, donc, qui n’avait pas a se soucier des limites habituelles de la sacrosainte continuité, ce qui donna libre court a Morrison de pouvoir nous proposer sa propre vision du personnage, de sa mythologie, ce, tout en partant d’un postulat de départ qui aurait été impossible dans la série régulière, c’est-à-dire, le fait que Superman, condamner a mort, allait bel et bien mourir, et que, cette fois ci, rien ne pourra empêcher cela ! Du coup, comme cette mini-série n’avait pas la moindre incidence sur la continuité, les auteurs s’en donnèrent à cœur joie et disposèrent d’une liberté absolue sur l’intrigue, ce qui, accessoirement, amènera celle-ci vers des sommets narratifs qui en étonneront plus d’un, même si, il faut le reconnaitre, si vous êtes familier du travail de Morrison, vous serez en terrain familier. Ainsi, comme à son habitude, l’écossais nous offrit un scénario oh combien complexe, original et respectueux de la mythologie de son héros du moment : le fan de Superman y retrouvera protagonistes, lieux et événements qui ont jalonné la très longue carrière de ce dernier, et, ma foi, une fois de plus, bien malin sera celui qui découvrira toutes les références – oh combien légions – qui parsèment ces pages. Car oui, et même si ont peut lire ce All-Star Superman tout en étant un néophyte, cette mini-série prend toute sa saveur si l’on connait un tant soit peu le héros et son univers, franchement sublimés tout au long de ces douze épisodes. De plus, en décidant de faire l’impensable, c’est-à-dire, de condamner a mort Superman, Morrison frappa fort et juste, ce qui nous donna un récit pour le moins touchant par moments. Comme, en plus, les dessins sont l’œuvre d’un autre écossais, le sieur Frank Quitely et que ce dernier était plus en forme que jamais, le résultat final de ce All-Star Superman s’avéra être à la hauteur de nos espérances, même si, il faut le reconnaitre, par moments, tout cela était un peu compliquer a suivre – souci qui reviens régulièrement avec Morrison d’ailleurs. Mais bon, au final, All-Star Superman fut une excellente mini-série, a la fois respectueuse de la mythologie Superman mais qui réinventa également celle-ci, une belle réussite comme on aimerait en voir plus souvent et qui, accessoirement, nous prouvait que libérés du carcan de la continuité, certains auteurs étaient capables de se sublimés et de nous pondre de purs chef d’œuvres avec des personnages dont, sincèrement, on n’attendait plus grand-chose tellement on croyait tout connaitre a leurs sujets !
 

Points Positifs
 :
- Sans nul doute le scénario de Grant Morrison qui revisite totalement la mythologie de Superman tout en partant du postulat de départ que ce dernier est condamné a mort et, surtout, que cette fois ci, il ne s’en sortira pas ! C’est osé mais oh combien efficace !
- Comme a chaque fois avec Morrison, son synopsis est bourré d’une multitude de références qui raviront les fans et les spécialistes des comics. D’ailleurs, bien malin qui les retrouvera toutes tellement elles sont nombreuses.
- Une mini-série à lire et, surtout, a relire car c’est justement là que l’on saisit le mieux toute la complexité du scénario.
- Avec Frank Quitely aux dessins, Morrison retrouve son dessinateur fétiche et le résultat est tout bonnement somptueux, l’écossais livrant une prestation à la hauteur de son talent.
- Sur ce point, le traitement fait entre les différences entre Superman et Clark Kent est tout bonnement excellent, tout partant tout simplement d’une question de posture.
- On retrouve bien entendu une foule de personnages familiers comme Lois Lane, Lex Luthor, Jimmy Olsen, etc. Mais les quelques petits nouveaux comme le docteur Leo Quintum, principalement, marquent les esprits.
- Malgré le coté dramatique de la chose – après tout, Superman va mourir – Morrison réussit la gageure de nous pondre certains passages franchement drôles ; d’ailleurs, l’équivalent de la Justice League sur la Planète Bizarro est un pur régal !
 
Points Négatifs :
- Certes, le néophyte peut se lancer dans la lecture de ce All-Star Superman, cependant, il passera a coté d’énormément de choses s’il n’est pas un familier du super-héros portant fièrement son slip par-dessus son pantalon.
- Comme souvent avec Morrison, pour ne pas dire à chaque fois, le scénario peut s’avérer d’une complexité peu commune. Il faut dire que l’auteur n’a jamais été du genre à faire simple alors qu’il peut faire compliquer…
 
Ma note : 9/10

Crisis on Infinite Earths


Crisis on Infinite Earths
 
Sur Terre-3, le Syndicat du Crime aussi bien qu'Alexander Luthor doivent faire face à une menace sans précédent : un mur blanc d'antimatière s'approche à grande vitesse de leur monde et rien ne semble pouvoir l'arrêter. Tous sont impuissants, y compris un homme étrange qui semble être apparu peu avant l'arrivée de la vague et qui disparaît juste avant la destruction de cette Terre. Il y a bien un survivant : Alex Luthor, le fils d'Alexander, propulsé par-delà la vague d'antimatière grâce au génie de son père. Pendant ce temps, dans un étrange vaisseau spatial, un être apparemment surpuissant et déterminé à sauver le multivers charge une jeune femme se nommant Harbinger de partir à la recherche de héros forts afin de les réunir et de combattre la menace venue d'un autre monde. Les héros réunis, l'être se dévoile : il s'agit du Monitor, un être venu de la nuit des temps. Il prévient les héros de la destruction prochaine de notre monde par une vague d'antimatière générée par sa Némésis, l'Anti-Monitor. Hélas, il est peut-être déjà trop tard car Paria, l'homme qui était apparu sur Terre-3, arrive sur Terre-1 et pour son plus grand désespoir, il sait que son apparition sonne le glas pour notre monde.
 

Crisis on Infinite Earths
Scénario : Marv Wolfman
Dessins : George Perez, Paul Ryan
Encrage : Bob Macleod, Tom Mccraw
Couleurs : Carl Gafford, Karl Kesel, Anthony Tollin, Tom Ziuko, Jerry Ordway
Couverture : Alex Ross
Genre : Super-Héros
Editeur : DC
Titre en vo : Crisis on Infinite Earths
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : avril 1985 – mars 1986
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 08 juillet 2016
Nombre de pages : 544
 
Liste des épisodes
Crisis on Infinite Earths 1-12
Crisis on Infinite Earths – The Untold Story
 
Mon avis :
 Quatre décennies après sa sortie, comment ne pas reconnaitre, encore aujourd’hui, que Crisis on Infinite Earths est un véritable monument du genre considéré par beaucoup comme étant le plus grand event de tous les temps, rien que ça ! Il faut dire que le projet en lui-même, au départ, était on ne peut plus ambitieux puisque les pontes de DC, vers le milieu des années 80, soucieux de rendre cohérant leur univers où, pour rappel, existaient moult versions de certains personnages, tout un tas de Terre parallèles et autres joyeusetés qui ne faisaient que compliquer grandement les choses, décidèrent de, sous le couvert d’un énorme event cataclysmique, remettre tout a plat pour que l’on arrive a la fin a une seule Terre, un seul Univers, un seul Superman, etc. La tache fut alors confiée au duo composé de Marv Wolfman et de George Perez, le premier, scénariste de talent qui rêvait depuis des lustres d’inventer une histoire où tous les personnages de l’univers DC apparaitraient, le second, excellent dessinateur au style précis et reconnaissable entre mille et qui fut, pour beaucoup, pour la réussite du projet. Car, bien entendu, le résultat, lui, est connu de tous et oui, en son temps, Crisis on Infinite Earths fut bel et bien le raz de marée attendu, et ce, sans discussions possible – il suffit de le comparer au très médiocre Secret Wars de Marvel paru sensiblement a la même époque et dont le scénario tenait sur un timbre poste pour s’en rendre compte ! Après, bien entendu, il faut tout de même reconnaitre que tout cela est bigrement compliquer a suivre et que oui, a moins d’être un expert absolu de l’univers DC, il vous sera impossible de reconnaitre tous les protagonistes qui apparaissent au fil des pages – et ils sont nombreux vu que Marv Wolfman tenait absolument a ce que soit le cas – de plus, une fois passer, sensiblement, la moitié de l’event et les deux premiers affrontements contre l’Anti-Monitor, il y a comme un certain essoufflement et l’on ne peut s’empêcher de se dire que, quelque part, Crisis aurait peut-être gagner a être un poil plus court – que de temps perdu avec la révolte des vilains de DC… Mais bon, en dehors de cela, comment ne pas reconnaitre le coté grandiloquent de la chose, comment ne pas louer la cohérence scénaristique de l’ensemble ? Des héros meurent, des mondes disparaissent, il y a tout un tas de scènes cultes et un méchant, enfin, a la hauteur et qui représente une menace mortelle – ce qui, mine de rien, n’est pas toujours le cas – et ce, avant qu’a la fin, il n’y ait plus de Multivers et que, en quelque sorte, DC puisse repartir de bonnes bases bien plus saines et, surtout, moins complexes pour le néophyte. Alors certes, il faut lire ce Crisis on Infinite Earths en le remettant dans son contexte et se souvenir que cet event est paru en 1985, que les comics de l’époque étaient fort éloignés de ce qu’ils sont devenus, que oui, il y a énormément de dialogues, de bulles de pensées et que oui, mille fois oui, tout ce petit monde use et abuse d’un langage soutenu qui fera sourire les plus jeunes d’entre nous – et je ne parle pas de certains héros et vilains aux noms ou aux looks complètement ringards de nos jours, surtout que DC a toujours eu le don de nous en pondre des tas ! Tout cela fera que nombreux seront ceux qui n’accrocheront pas a Crisis on Infinite Earths, mais bon, je pense que chaque œuvre appartient a son époque et il ne faut pas oublier que ce qui nous parait excellent et moderne de nos jours apparaitra comme complètement dépassé et ringard dans dix ou vingt ans. D’un autre coté, si je dois être tout à fait franc, pour une œuvre datant de 1985, je trouve que Crisis n’a pas si mal vieillit que cela, mais bon, ce n’est que mon avis. Quoi qu’il en soit, ne serait-ce que pour son importance dans l’univers de DC et des comics en général mais aussi par le simple fait que oui, incontestablement, il s’agit bel et bien du plus grand event de tous les temps, si vous êtes un amoureux de bande dessinée nord-américaine, alors, vous ne pouvez pas passer a coté de Crisis on Infinite Earths : il se peut que vous ne l’appréciez pas pour tout un tas de raisons, mais bon, certaines œuvres se doivent d’être lues, le reste, ce n’est qu’une affaire de gouts personnels…
 

Points Positifs
 :
- Grandiloquent, audacieux, terriblement inventif, spectaculaire, bourré de bonnes idées, de divers retournements de situations et de tout un tas de scènes cultes, Crisis on Infinite Earths, même s’il n’est pas parfait, est l’exemple même de ce que devrait être un event : un véritable événement qui fera parler de lui des décennies plus tard et pas les pétards mouillés que l’on se coltine depuis trop longtemps a mon gout…
- Scénaristiquement, Marv Wolfman nous livre quelque chose d’énorme où tout, ou presque, est savamment bien pensé et mis en scène.
- Les dessins de George Perez, bien sur. Je ne suis pourtant pas son plus grand fan, mais là, sincèrement, chapeau bas a ce dernier qui dessine l’intégralité des douze épisodes (dont certains sont doubles) avec un souci du détail que l’on ne peut qu’admirer.
- Tous les personnages de l’univers DC sont au rendez vous : certes, souvent, c’est un peu fouillis et la plupart seront de parfaits inconnus a vos yeux – a moins d’être un grand spécialiste de DC – mais bon, ce coté grandiloquent et exagéré n’est pas désagréable, bien au contraire.
- Jamais les héros de DC n’auront eu à faire a une telle menace et oui, l’Anti-Monitor est probablement l’un des vilains les plus puissants qu’il m’a été donné de découvrir dans un comics.
- Supergirl qui meurt en combattant l’Anti-Monitor, Flash qui passe l’arme à gauche lui aussi, pour ne citer que les deux victimes les plus importantes, car ce ne sont pas les seuls… Oui, il y a de la casse dans cet event, et ce, a une époque où les héros ne ressuscitaient pas tout les quatre matins.
- Monitor, Paria, Harbinger, Alex Luthor : ces nouveaux personnages jouent un rôle majeur dans l’intrigue et marquent plutôt les esprits.
- Le premier Superman bien sur, Kal-L : un des protagonistes majeurs de la saga et qui possède une classe incroyable ; accessoirement, il connait une belle fin…
- Accessoirement, le pari de DC de rendre cohérant son univers fut réussi.
 
Points Négatifs :
- Malheureusement, a moins d’être un expert absolu de l’univers DC, vous passerez a coté de tout un tas de références et la plupart des personnages seront pour vous (comme pour moi) de parfaits inconnus. Le prix a payer pour que tout le monde ait droit a son petit quart d’heure de gloire, certes, mais bon, du coup, ce n’est pas toujours facile a suivre… même si loue la volonté de Marv Wolfman d’avoir fait ce choix.
- Un certain essoufflement scénaristique une fois passé la moitié de l’event : il faut dire que l’on se serait bien passer de la trahison des vilains qui essaient de prendre le contrôle des planètes restantes alors que la menace de la fin du monde est toujours présente… Heureusement que la fin remonte le niveau.
- Il faut reconnaitre que malgré toutes ses qualités, Crisis on Infinite Earths accuse tout de même son age et que oui, bien des lecteurs modernes auront bien du mal avec cet event d’une autre époque : narration omniprésente, gentils très gentils et méchants très méchants, bulles de pensées, dialogues souvent soutenus… oui, une toute autre époque…
 
Ma note : 9/10

Kingdom Come


Kingdom Come
 
Les super héros ont, durant de nombreuses années, protégé le monde. Le temps passant, certains justiciers choisirent de laisser la jeune garde prendre le relais. Superman est un de ceux qui a souhaité retourner à une vie paisible, celle d'agriculteur. Cependant, les nouveaux super héros ne se comportent plus de la même façon. Ils ont la main lourde et n'hésitent pas à recourir à la violence. Diana, l'ancienne Wonder Woman, rend visite à Clark Kent, Superman, et lui évoque cette nouvelle situation. Pour elle, la justice disparaît sous la violence. L'ancien protecteur de Metropolis sort alors de sa retraite et demande à ses anciens partenaires, membres de la Ligue de Justice de le rejoindre. Flash, Hawkman et Green Lantern sont les premiers à répondre favorablement. Superman se heurte au refus de Batman, qui dirige à présent Gotham. Qui plus est, Lex Luthor œuvre en sous main pour s'entourer de puissants partenaires...
 

Kingdom Come
Scénario : Mark Waid
Dessins : Alex Ross
Encrage : Alex Ross
Couleurs : Alex Ross
Couverture : Alex Ross
Genre : Super-Héros
Editeur : DC
Titre en vo : Kingdom Come
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : Mai 1996 – Août 1996
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 08 juin 2012
Nombre de pages : 330
 
Liste des épisodes
Kingdom Come 1-4
 
Mon avis :
 Si, bien entendu, des personnages aussi iconiques que Superman, Batman ou Wonder Woman m’étaient connu depuis mon plus jeune âge, ma toute première entrée en matière avec l’univers DC se fit, il y a bien longtemps, avec la parution, en France, de Kingdom Come. Il faut remonter, il me semble car je peux me tromper, à 1997, j’étais alors bien plus jeune, plus mince et j’avais alors nettement plus de cheveux, et, pour ce qui est des comics, j’étais alors, depuis les années 80 en gros, un grand fan de Marvel et, plus particulièrement, des X-Men. Bien entendu, le peu de matériel DC produit dans nos vertes contrées n’avait pas aidé ceux de ma génération pour pouvoir, véritablement, connaitre et apprécier cet univers, cependant, si la plupart d’entre nous se sont bien rattrapés par la suite, tandis que Marvel tombait petit a petit dans une décrépitude oh combien navrante, je faisais donc mes premiers pas avec DC par le biais de ce somptueux, et je pèse mes mots, Kingdom Come. Il faut dire que, ici, nous avons affaire a ce que l’on peut qualifier sans problème de chef d’œuvre : voilà donc un futur plus ou moins proche de l’univers DC tel qu’on le connait – même si je ne le connaissait pas alors – avec ces protagonistes familiers mais vieillis et tout un tas de nouvelles têtes, leurs progéniture qui, en toute franchise, ont littéralement pervertit le symbole même de l’héroïsme, leur seul but, finalement, étant de lutter sans fin contre leurs pairs, histoire de passer le temps. Leurs glorieux ainés ? Pour la plupart, ils sont au placard, a la retraite et les quelques rares qui mettent encore la main à la pate, comme Batman, sont plus cyniques que jamais. Et donc, dans ce monde sans espoir qui souffre de ces individus possédant des superpouvoirs qui se prennent pour des dieux, un jour, il y a le combat de trop, le drame de trop et une catastrophe monumentale ravage une partie des Etats-Unis. Voilà donc le postulat de départ de Kingdom Come et, ma foi, si celui-ci vous a attiré, dites vous que le reste, scénarisé par un Mark Waid plus inspiré que jamais et servi par les peintures d’un Alex Ross qui livra ici son premier chef d’œuvre artistique, est encore meilleur et vous entrainera dans un récit plein de bruit et de fureur, apocalyptique, rempli de trahisons, d’alliances improbables, de hauts faits d’armes et qui, entre plusieurs citations de La Bible, nous rappellera, a nous lecteurs de comics, ce qu’est, véritablement, l’héroïsme ! Bien entendu, il faut se replonger dans le contexte de l’époque pour mieux saisir l’importance de ce Kingdom Come : dans les années 90, les héros étaient devenus plus violents, plus cyniques que jamais et le public semblait ne plus vouloir que des antihéros qui n’hésitaient plus à tuer leurs adversaires. Ainsi, des personnages comme Superman ne pouvaient apparaitre que comme étant de vieux ringards d’un autre temps tandis que, chez Marvel, un bourrin comme Cable – du coté des séries mutantes qui tenaient alors la cote des ventes – était alors au summum de son succès – justement, ici, Cable a droit a un véritable sosie, ce qui n’est pas anodin, loin de là. C’est ainsi que Mark Waid et Alex Ross nous proposèrent Kingdom Come et qu’ils nous prouvèrent, de la plus belle des manières, que la violence seule ne peut pas être l’unique solution et que l’héroïsme, le vrai, avec ses valeurs soit disant désuètes, est nécessaire. Je ne vous en dis pas plus afin de ne pas dévoiler des pans de l’intrigue mais une chose est sure, si vous n’avez jamais lu Kingdom Come, n’hésitez pas une seule seconde, cette mini-série est, indéniablement, un des meilleurs comics des années 90, quand aux autres, qui la connaissent déjà et se sont fait leur opinion depuis longtemps, ils la relisent de temps en temps, le plaisir étant toujours au rendez vous…
 

Points Positifs
 :
- Un des plus grands comics DC de l’histoire de la firme, tout simplement, et, indéniablement, une des meilleures mini-séries des années 90. Il faut dire que Kingdom Come est non seulement une œuvre qui aura marqué bien des esprits en son temps, mais qui reste intemporelle et qui est quasiment parfaite de bout en bout. Un pur chef d’œuvre !
- Le travail artistique d’Alex Ross est, tout simplement, somptueux et est une véritable révolution. Il faut dire que son style, proche de la peinture, est magnifique et que l’artiste semble être né pour mettre en valeur les héros iconiques de chez DC.
- Une thématique qui pourrait paraitre simple mais qui n’en reste pas moins excellente : dans un futur proche, alors que les descendants des super-héros ne sont plus qu’une bande de petits cons prétentieux qui passent leur temps à se battre entre eux sans se soucier des civils, que reste-t-il de l’héroïsme à proprement parler, les vieux héros seront-ils capables de sortir de leur retraite afin de sauver les meubles ?
Kingdom Come est une œuvre à remettre dans le contexte de son époque, c’est-à-dire, les années 90, ultraviolentes, bourré d’antihéros qui n’hésitaient plus a tuer et qui tiraient dans tous les sens sans se poser de questions, ringardisant littéralement les vieilles gloires de DC. Or, la grande force de cette mini-série, justement, c’est de prouver que l’héroïsme soit disant vieillot a du bon…
- Le relooking des super-héros est franchement réussi quand aux petits nouveaux, fort nombreux d’ailleurs, ils marquent les esprits. Petite mention à Magog qui est, tout naturellement, le sosie de Cable de chez Marvel, ce dernier étant le symbole du héros des années 90.
- Un des meilleurs Superman qu’il m’a été donné de lire dans un comics.
- Les éditions Urban nous livrent, ici, l’édition ultime de Kingdom Come avec tout un tas de croquis, d’interviews, fort intéressants…
 
Points Négatifs :
- Je regrette un peu que certains personnages majeurs de chez DC n’apparaissent pas ou très peu, mais bon, c’est histoire de pinailler un peu, bien entendu.
- Les fans absolus d’ultraviolence et d’antihéros bourrés d’épaulettes et de flingues plus grand qu’eux passeront leur chemin…
 
Ma note : 9,5/10