Le
Cycle de Fondation – Terre et Fondation
La
Terre. Tout porte à croire que le légendaire berceau de l'humanité se trouve au
cœur d'un vaste plan à l'échelle galactique, destiné à garantir en coulisses la
pérennité de la civilisation : une synthèse parfaite entre le matérialisme de
la Première Fondation et le mentalisme de la Seconde, mise en œuvre par une
mystérieuse puissance. Mais comment trouver une planète que beaucoup croient
mythique, et dont toute trace a inexplicablement disparu des archives
galactiques ?
Le Cycle de Fondation – Terre et Fondation
Auteur
: Isaac
Asimov
Type
d'ouvrage : Science-Fiction
Première
Parution : 10 mai 1986
Edition
Française : 26 mars 2009
Titre en
vo : Foundation
and Earth
Pays
d’origine : Etats-Unis
Langue
d’origine : Anglais
Traduction : Jean
Bonnefoy
Editeur : Folio
SF
Nombre
de pages : 688
Mon
avis : Terre ! Terre ! Plus que jamais, la
quête de la Terre, notre bonne vieille planète, se trouve au cœur de
l’intrigue de ce dernier volet du Cycle
de Fondation, et, bien entendu, c’est donc a un long et périlleux
voyage à travers la Galaxie qu’Isaac Asimov entrainera ses lecteurs dans un
récit bien différent de ce qu’il nous avait proposer jusque ici, ce qui,
quelque part, était déjà le cas dans le volume précédent, Fondation
Foudroyée. Un roman pour le moins étonnant donc, de prime abord, mais pas uniquement
dans son style d’écriture, forcement différent des débuts mais aussi de part
ses implications quant au nœud narratif du cycle dans son ensemble,
c'est-à-dire, la remise en cause totale de la fameuse psychohistoire
et du célèbre Plan Seldon, rien que ça. Ainsi, c’est pour ses raisons, et
quelques autres, que cette conclusion de Fondation, depuis sa
parution il y a de cela quatre décennies, aura fait débat dans la communauté des
fans de l’univers crée par Asimov, les déchirant parfois, les uns trouvant que
celle-ci conclue bien le cycle, d’autres la détestant, tout bonnement, les
derniers, dont je fais parti, étant un peu partagé, que cela soit dans un sens
comme dans l’autre. Pourquoi donc ? Je vais essayer de vous l’expliquer sans
faire de révélations au sujet l’intrigue qui, bien entendu, pourraient
forcement gâcher le plaisir de la découverte aux nouveaux lecteurs, ce qui, il
me semble, n’est pas chose aisée. Indéniablement, depuis les débuts du Cycle
de Fondation, et au fur et a mesure que la saga avançait, que pouvait donc
attendre le lecteur lorsqu’il arriverait a la dernière page du dernier tome ?
Et bien, cela peut paraître d’une simplicité enfantine mais comme souvent, il
est inutile de chercher les complications puisque toutes ces milliers de pages
couvrant l’histoire de la Fondation ne laissaient entendre, comme conclusion
logique, que l’on parvienne, a la fin, a ce fameux et tant attendu second
Empire Galactique annoncé par le maitre absolu de la psychohistoire, Harry
Seldon. Or, et on l’avait compris des le final du quatrième volume, les choses
ne seront pas aussi simples que cela. Ainsi, dès le début de Terre et
Fondation, malgré les nombreuses interrogations de Golan Trevize, l’homme
qui « choisis », lui-même ne sait pas trop pourquoi, Galaxia, le
lecteur se doute bien que le plan Seldon est de plus en plus de l’histoire
ancienne, du moins, tel qu’il fut annoncé des le départ. Et justement, c’est la
que le bat blesse fortement pour certains, et les décennies d’écart entre la
première partie du cycle et la seconde y sont pour beaucoup : indéniablement,
au départ, lorsque le sieur Asimov avait conclue son Cycle de Fondation tel
qu’il aurait dut en rester la, c'est-à-dire, avec Seconde
Fondation, les dernières pages promettaient l’avènement, dans le futur,
de ce fameux second Empire Galactique. C’était, a ce moment là, une évidence
que personne ne pouvait remettre en cause. Or, des les premières pages de Fondation
Foudroyée, le plan Seldon et la psychohistoire sont tout simplement remis
en cause tant par la première que par la seconde Fondation, et l’on nous
annonce qu’une troisième force agirait dans l’ombre, force que, on le comprend
à la fin du volume, n’est pas Gaïa – bref, on se retrouve avec une quatrième
alors. Et rien que pour cela, bon nombre de lecteurs crièrent au sacrilège,
position renforcée, forcement, par le dernier volume, qui va beaucoup plus loin
dans cette fameuse remise en cause du postulat initial. Le problème c’est que
l’on ne peut s’empêcher de se demander comment l’auteur aurait conclu son cycle
s’il l’avait poursuivie sans aucune interruption ? Le second Empire Galactique
aurait-il vu le jour comme annoncé ? Fort probablement car l’Asimov des années
80, plus âgé et malade, n’était plus le même, ce qui se comprend, que celui des
années 50, d’où, probablement une vision différente des choses, peut être un
plus grand pessimisme, parfois, envers une espèce humaine qu’il ne voyait plus
survivre en tant qu’espèce individuelle en tant que telle. Cela donna Gaïa, et,
bien entendu, Galaxia, la quête de la Terre, la chute, en quelque sorte, de la
psychohistoire et du plan Seldon, mais aussi, toutes ces discussions
métaphysiques qui parsèment les six cent et quelques pages de Terre et
Fondation. Car l’on discute énormément dans ce cinquième volume, bien plus
que précédemment d’ailleurs, et toujours avec les mêmes protagonistes :
Trevize, l’homme sur qui tout repose, uniquement parce qu’il est censé avoir de
bonnes intuitions – rien que cela remet immédiatement en cause la
psychohistoire – cynique, obtus et qui essaye de comprendre son choix, opposé a
Joie, issue de la planète Gaïa, donc, en faisant partie de façon intégrale,
avec, au milieu pour essayer de tempérer les choses, l’érudit Pelorat. Et ces
discussions, qui reviennent en permanence, souvent de façon bien trop
répétitives, ce qui laisse penser que l’auteur aurait bien put nous sortir un
ouvrage un peu plus court, occupent facilement les deux tiers des 600 pages de
ce Terre et Fondation, ce qui est
notable. Cela, forcement, peut lasser, d’ailleurs, ce fut mon cas par moments,
je ne vous le cache pas. Cependant, avec du recul, indéniablement, je considère
que, malgré des défauts et une longueur pas forcement nécessaire, ce Terre
et Fondation est une bonne conclusion pour le cycle. Certes, au
départ, j’aurais souhaité que l’on aille jusqu’à l’avènement de ce fameux
second Empire Galactique dont on nous avait tellement rabattu les oreilles.
Cela ne sera pas le cas, à la place, on aura autre chose, mais chut, inutile de
trop en dire. Car si le lecteur pouvait avoir ses propres espoirs quant a une
conclusion qui lui aurait davantage plu, il est indéniable que celle proposer
par Asimov, est tout de même assez magistrale, et d’ailleurs, complètement
inattendue : franchement, l’effet de surprise fonctionne parfaitement, et
bien malin aurait été celui qui se serait, avant coup, douter des tenants et
des aboutissements de celle-ci. Mais plus que nous surprendre, il faut
reconnaître qu’avec ce final, Asimov réussis le tour de force de le
crédibiliser, en rejetant, du même coup, presque tout ce que ce a quoi on
s’attendait depuis le début du cycle, ce, tout en le liant, au passage, a tous
ses autres cycles, que cela soit celui des Robots, Trantor etc.
Car il est bon de rappeler pour les novices que chez Asimov, l’on pourrait
considérer qu’il existerait un seul et unique grand cycle, pas forcement écrit
dans l’ordre et qui irait de La Fin de l’Éternité a Terre
et Fondation. Indéniablement, ce dernier volet de Fondation surprendra
le lecteur qui sera arrivé jusque là, tant par ses différences que par tout ce
qu’il remet en cause jusque là. Certains l’aimeront, d’autres non, mais il est
évidant qu’au final, on se retrouve avec un excellant roman, qui n’ira peut
être pas dans le sens attendu au début, mais qui conclue fort
excellemment Le Cycle de Fondation et l’œuvre d’Asimov dans
son ensemble. Et même ceux qui, au court de la lecture, auraient parfois trouvé
lassant les innombrables prises de têtes entre Trevize et Joie devront admettre
que, parfois, ces dernières avaient un certain charme. Idem pour ce qui est des
révélations finales : que n’ai-je entendu que celles-ci étaient exagérées,
qu’Asimov avait cette fois ci été bien trop loin !? Franchement, le pire,
c’est que cela fonctionne d’une façon plus qu’éclatante, le tout étant d’une
logique implacable. Un exemple ? Les fameuses interrogations de Golan Trevize
quand à la faille du Plan Seldon, pourtant d’une simplicité enfantine. Comme
lui, je me suis demandé pendant deux tomes complet de quoi il s’agissait, et
finalement, lorsque l’homme de Terminus trouva la solution, cette fameuse «
loi » obligatoire pour que le plan Seldon soit valable – un peu comme
les lois de la robotique, qui auront également leurs places – elle m’apparut
comme tellement évidente que je ne pus m’empêcher de me dire que n’importe qui
de censé y aurait pensé par lui-même, ce qui ne fut le cas de personne, moi y
compris. Bref, Terre et Fondation a ses détracteurs,
indéniablement, mais au final, il me semble qu’il conclu fort bien un cycle
tout bonnement légendaire, que tout amateur de SF se doit de lire au moins une
fois dans sa vie. Certes, l’on pourrait trouver à redire quant a ce cinquième
tome, mais cela reste une affaire de gouts personnels mais aussi d’acceptation
de remise en cause des faits établit et des attentes initiales. Mais malgré les
opinions souvent contradictoires vis-à-vis de ce dernier tome du cycle, il me
semble évidant que Fondation, quoi qu’il en soit, est un
monument de la littérature fantastique du vingtième siècle, tous genres
confondus. Et je ne pense pas exagéré énormément en affirmant cela…
Points
Positifs :
- Une
conclusion magistrale et complètement inattendue, qui remet absolument tout ce
que l’on croyait depuis le début de la saga, mais qui n’en reste pas moins, de
mon point de vu, non seulement réussie mais d’une logique imparable. Certes, le
Plan Seldon est à jeter aux oubliettes, de même que le fameux et tant attendu
second Empire Galactique, cependant, une fois que l’on a saisis qu’elles sont
les failles de la psychohistoire, alors, on ne peut s’empêcher de se dire
qu’Asimov a eut parfaitement raison de tout remettre en cause.
-
Les révélations finales sont tellement stupéfiantes et inattendues qu’elles en
auront traumatisé plus d’un, en mal comme en bien – après tout, cela est on ne
peut plus logique !
- Le
lien, fait par l’auteur, entre la plupart de ses cycles majeurs – Fondation, Les
Robots, L’Empire – et même quelques autres ouvrages.
D’ailleurs, une fois que l’on achève ce Terre et Fondation, on ne
peut s’empêcher de se dire que toutes les œuvres d’Asimov sont liées et que
l’on peut aller de La Fin de l’Éternité au Cycle de
Fondation.
-
Le plaisir de retrouver Golan Trevize, Pelorat et Joie, personnages hauts en
couleurs et attachants – surtout au vu de leurs discussions, souvent houleuses.
-
La quête de la Terre, la fameuse planète des origines, est digne d’un véritable
thriller et nous tient en haleine jusqu’au bout.
Points
Négatifs :
- Il
faut admettre que Terre et Fondation souffre énormément de sa
longueur, non pas que j’ai un quelconque problème avec les pavés, loin de là,
cependant, dans cet ultime volet de la saga, il faut reconnaitre que les
protagonistes discutent pas mal, trop même, par moments, et que l’on ne peut
pas s’empêcher de se dire que certains de ces dialogues sont un peu inutiles et
que cet ouvrage aurait gagner a être plus court.
-
Aux yeux de nombreux lecteurs d’Asimov, Terre et Fondation représente
une véritable hérésie vu que la conclusion de celui-ci remet absolument toute
l’intégralité du cycle en question. Je conçois parfaitement que cela puisse
choquer, même si, finalement, cela est on ne peut plus logique…
-
Il est tout de même dommage que l’on ne voit plus quelques protagonistes
majeurs du tome précédent, comme Stor Gendibal.
Ma
note : 8/10
Nous,
les Morts – Les Enfants d’Abel
Sur
les terres du sultan d'Istanbul, deux armées s'unissent dans le but déclaré de
faire chuter le pouvoir et d'installer Kara Hasan Aga sur le trône. Le général
Yaocoyotl est à la tête d'une armée de morts-vivants et construit une alliance
avec l'ambitieux Aga. Mais la confiance entre les deux hommes n'est qu'apparente,
et les enjeux bien trop importants pour qu'ils puissent tenir parole très
longtemps. Le prince Manco, de son côté, est à nouveau sur les routes après
avoir fui en bateau un affrontement épique au cœur de l'empire Han, et appris
que les Aztèques se sont soulevés dans son pays d'origine. Le général Necalli
continue d'y faire régner la terreur, totalement dépendant toutefois du soutien
que les Han lui accordaient en secret. Lorsque les fournitures de poudre se
font rares, le nouveau dictateur se venge sur tout ce qui bouge. Manco finira
par toucher terre dans un pays inconnu, accompagné d'Occlo et de son fils. Les
troupes qui avancent, les peuples qui se croisent, les destins qui se
dessinent, vont être l'occasion pour chacun de trouver une forme de vérité.
Mais rien n'empêchera les ambitions de prendre le dessus sur le sort très
fragile des uns et des autres, de part et d'autre de l'océan.
Nous, les Morts – Les Enfants d’Abel
Scénario
: Darko Macan
Dessins
: Igor Kordey
Couleurs : Yana,
Nikola Vitkovic
Couverture
: Igor Kordey
Editeur
: Delcourt
Genre : Uchronie, Fantastique
Pays
d’origine : France
Langue
d’origine : français
Parution
: 18
novembre 2015
Nombre
de pages : 56
Mon
avis : Si je dois reconnaitre que j’ai
souhaité me lancer dans Nous,
les Morts parce que le sieur Igor Kordey, un artiste au style très
clivant dont je suis un grand fan, assurait la partie graphique, assez
rapidement, j’ai été emballé par un synopsis qui flirtait allègrement avec la
série Z mais qui, cependant, n’en restait pas moins plutôt captivant. Ainsi,
dans cette Europe (dans ce monde au vu de ce que l’on a découvert petit a petit
au fil des albums) où l’ensemble de la population avait été tuée par la Peste
Noire avant de revenir sous la forme de zombies, un groupe d’Incas va partir
pour une odyssée qui, ma foi, nous aura tenu en haleine du premier au dernier
tome. Et, justement, puisque c’est celui-ci qui nous occupe aujourd’hui, force
est de constater que si l’effet de surprise des débuts est passé depuis
longtemps, s’il y a un peu a redire depuis le troisième
volume de la saga où trop d’événements étaient peu développés en comparaison
des albums précédents et si cette fin proposée par le sieur Macan n’en n’est
pas vraiment une puisque, après tout, cette dernière, ouverte, laisse tout un
tas de développements possible et où chaque lecteur pourra se faire sa propre
opinion sur le sort de certains protagonistes, dans l’ensemble, cet ultime tome
de Nous, les Morts conclut plutôt bien une saga qui, sans être
un chef d’œuvre, mérite amplement le détour. Ainsi, si vous êtes fans
d’uchronies, si vous appréciez le style d’Igor Kordey, si vous souhaitez
découvrir une histoire de zombies qui, pour une fois, sort un peu des sentiers
battus, ma foi, il serait dommage de passer a coté de Nous, les Morts,
en aucun cas le truc de l’année, certes, mais une bonne petite série Z
suffisamment plaisante pour vous divertir et vous faire passer de très bons
moments, ce qui, ma foi, est déjà une fort bonne chose !
Points
Positifs :
-
Une bonne conclusion qui, même si elle laisse quelques pistes en suspens quant
au sort futur de certains protagonistes et du monde en général, n’en reste pas
moins réussie.
-
L’univers inventé par Darko Macan mérite franchement le détour et, dans le genre
uchronie, Nous, les Morts brille indéniablement de par son
originalité, de même pour ce qui est de la manière dont cette œuvre nous montre
des zombies fort différents de ceux auxquels ont est habitués.
-
Les origines de cette malédiction qui fait que les morts reviennent sous forme
de zombies est simpliste mais efficace, et puis, j’ai bien aimé l’idée que cela
vienne des singes.
-
Pour ce dernier album, Igor Kordey livre une fois de plus une prestation qui
ravira ses fans, son style, au passage, étant pour beaucoup pour la réussite de
cette saga.
Points
Négatifs :
-
On pouvait peut-être s’attendre a une conclusion moins ouverte, après tout, il
reste tant de pistes scénaristiques en suspens…
-
Bien évidement, et comme je l’ai dit lors de chaque critique, il faut aimer le
genre et accrocher au postulat de départ pour apprécier une œuvre aussi
singulière que Nous, les Morts.
-
Igor Kordey et son style qui, bien entendu, ne plaira pas à tout le monde.
Ma
note : 7,5/10
Promethea
– Tome 3
Sophie
Bangs se réveille dans son lit, chez sa mère qu'elle est heureuse de retrouver.
Elle revient de l'Immateria. Elle est de retour sur Terre après son voyage
mystique. Alors, elle repart vers son lycée, de façon tout à fait normale :
mais sa mère s'inquiète. Elle n'en revient pas que sa fille soit Promethea,
elle a peur que cela la fasse échouer dans ses études. Sophie la rassure et lui
rappelle une chose : son apparence de Promethea doit rester un secret entre
elles deux, pas question de l'ébruiter. Lorsqu'elle arrive au lycée, Sophie
croise Stace. Enthousiaste, elle fonce vers son amie pour lui raconter sa
fabuleuse expérience, qui était incroyable ! Elle veut partager cela avec elle.
Mais la jeune femme aux cheveux roses l'ignore complètement. Sophie ne comprend
pas : c'est bon maintenant, elle peut reprendre son rôle de Promethea qu'elle
lui avait confié lors de son absence. Sauf que Stace ne voit pas les choses de
cette façon, et il n'est pas question que Sophie le reprenne. Elle restera
Promethea, pour rester auprès de Grace. Cette altercation va provoquer un
véritable raz de marée, qui risque d'impacter l'humanité toute entière...
Promethea – Tome
3
Scénario
: Alan Moore, Chris Sprouse
Dessins
: J.H. Williams III, Eric Shanower, Rick Veitch, Chris
Sprouse, Al Gordon
Encrage : Mick
Gray, Andrew Pepoy, Karl Story
Couleurs : Jeremy
Cox, José Villarrubia, Tad Ehrlich
Couverture : J.H.
Williams III
Genre : Fantasy,
Contes de Fées, Mythologie
Editeur : DC Comics
Titre
en vo : Promethea – vol 3
Pays
d’origine : Grande-Bretagne, Etats-Unis
Langue
d’origine : anglais
Parution
: 22
décembre 2020
Editeur
français : Urban Comics
Date
de parution : 15 octobre 2021
Nombre
de pages : 368
Liste
des épisodes
Promethea
24-32
Tomorrow
Stories Special 1-2
Tom
Strong 36
America’s
Best Comics Special 1
Mon
avis : Troisième et dernière intégrale
de Promethea, une saga qui est, sans aucun doute possible, un des chefs d’œuvres du grand Alan Moore,
incontestablement, le plus grand auteur de comics de ces quatre dernières
décennies et qui, au fil des ans, nous aura offert de pures merveilles
comme Watchmen, La
Ligue des Gentlemen Extraordinaires, mais aussi V for
Vendetta, From Hell ou Filles Perdues,
pour ne citer que quelques exemples parmi les plus connus. Pour rappel, il faut dire que,
depuis les débuts de Promethea, je suis allé de surprises en
surprises et alors que je m’attendais à une œuvre, dans sa conception, plus ou
moins semblable à Tom
Strong et si, effectivement, les premiers épisodes pouvaient le
laisser sous-entendre de par leur structure narrative, l’univers proposé et
certains protagonistes, dès la fin de la première intégrale, j’avais compris
que, ici, les choses allaient être un poil plus compliquées, un poil plus
folles, un poil plus, comment dire, grandioses et je pèse mes mots en disant cela. Car oui, et la seconde
intégrale le confirma fort bien avec ce long voyage de Promethea dans
les sphères de l’au-delà, Alan Moore, ici, nous offre une création qui est aux
antipodes des comics traditionnels et même si, avec le britannique, cela fait
longtemps que l’on a compris que chacune de ses œuvres peut-être qualifiée
ainsi, dans le cas de Promethea, reconnaissons que l’auteur aura
fait fort, très fort même et que, avec cette saga hors-norme, il nous aura
entrainer dans une intrigue complètement barrée où se mêlent imagination,
mythes et légendes, magie, réflexions sur la philosophie, sur la divinité, sur
la place de l’Homme dans l’univers, le tout, saupoudré d’une multitudes de
références qui ont de quoi perdre bien des lecteurs. A cela, ajoutons le partit
pris graphique de J.H. Williams III qui débute par un style plutôt
conventionnel avant de partir dans tous les sens, multiplier les folies
graphiques, rendre moult hommages aux grands noms de l’art toutes époques
confondues, bousculer les conventions et faire de, quasiment chacune de ses planches,
par moments, de véritables œuvres d’art et vous comprendrez a quel point Promethea est
une œuvre à part. Quand à cette troisième intégrale qui, donc, apporte une
conclusion à la saga, que dire à son sujet ? Eh bien, disons que sans
rentrer dans les détails, histoire de ne pas dévoiler l’intrigue, ici, il sera
surtout question de fin du monde, d’Apocalypse, du moins, dans son sens premier
du terme et que, si cette dernière intégrale est très différente de ses
devancières – comme, finalement, la seconde l’avait été de la première – si,
dans celle-ci, Alan Moore va encore plus loin que d’habitude dans ses délires
mystiques, au point même de perdre encore plus de lecteurs au passage – je le
reconnais, j’ai eu du mal sur la fin, c’est pour dire – il n’en reste pas moins
que ce final de Promethea est à la hauteur du reste de la saga
et confirme, définitivement, celle-ci comme étant un des plus magnifiques et
stupéfiants chef d’œuvres du grand Alan Moore !
Points
Positifs :
- Probablement
une des œuvres les plus singulières du grand et génial Alan Moore – une de plus
me direz vous ! Il faut dire que Promethea est un comics
qui nous entraine dans une intrigue complètement folle où se mêlent contes de
fées, légendes, littérature, poèmes, magie et même, sous forme de clin d’œil,
les super-slips. Bref, un pur chef d’œuvre !
-
C’est complexe, bourré de références à l’histoire de la culture populaire et
des mythes et légendes dans le sens le plus large du terme, cependant, si vous
possédez quelques bonnes connaissances et que vous êtes fan du genre, alors, la
lecture de ce troisième volet de Promethea sera un pur régal
pour vous.
-
Une troisième intégrale qui nous parle surtout de fin du monde, d’Apocalypse,
ce, dans le sens premier du terme, c’est-à-dire, de Révélation. C’est complexe,
très complexe même, Moore va très loin dans ses délires métaphasiques,
cependant, la conclusion, si l’on comprend où veut en venir l’auteur, est géniale !
-
Pour ce qui est des dessins, J.H. Williams III réalise à nouveau une prestation
pour le moins stupéfiante ! Ainsi, l’artiste bouscule complètement les
codes du genre et chaque planche, chaque case, quasiment, est d’une inventivité
folle qui émerveille les yeux du lecteur. Qui plus est, le sieur Williams III
s’inspire ici de multiples artistes et ose des expériences graphiques peu
communes lors de chaque épisode. Bref, une des grandes forces de ce comics,
indéniablement…
-
Les fans de Tom Strong seront ravis de voir celui-ci
apparaitre dans ces derniers épisodes de Promethea et de voir,
ainsi, le lien qu’il y a entre les deux œuvres.
-
Les éditions Urban Comics nous livrent ici une intégrale de
fort belle qualité avec cette couverture en cuir rouge.
Points
Négatifs :
-
Bon, je dois reconnaitre que, dans cette troisième intégrale, Alan Moore va
tellement loin dans ses délires mystiques et multiplie tellement les références
métaphysiques et autres qu’il est très facile de s’y perdre. D’ailleurs, si,
jusque là, je m’étais plutôt accrocher, là, je dois reconnaitre que j’ai eu un
peu de mal même si je comprends où l’auteur souhaitait en venir.
-
Comme souvent chez Moore, posséder de bonnes connaissances en histoire de la
culture populaire s’avère nécessaire pour mieux saisir toutes les subtilités de
ce Promethea, sans parler, bien entendu, des nombreuses références
qui parsèment les presque 400 pages de cet album.
-
Le grand public, adepte de super-slips, fuira comme la peste ce Promethea qui
est d’une complexité peu commune en comparaison de ce qu’ils sont l’habitude de
lire…
Ma
note : 8/10
Squid
Game – Saison 3
Gi-hun
se réveille et découvre avec horreur que quasiment tous les joueurs rebelles
ont été exécutés. Lorsque les gardes entrent, il s'effondre, accablé par le
chagrin d’avoir survécu, et supplie qu’on le tue. Le vote tourne en faveur des
O, et Gi-hun rejette la faute de l’échec sur Kang Dae-ho. En route vers le
prochain jeu, les joueurs croisent les cadavres des rebelles pendus, exposés en
guise d’avertissement. Le jeu suivant est une version meurtrière du cache-cache
: l’équipe bleue, qui possède des clés, doit s’échapper, tandis que l’équipe
rouge, qui possède des poignards, est chargée de les traquer et les éliminer,
sous peine d’être éliminée elle-même. Juste avant le début du jeu, une brève
fenêtre permet aux joueurs de changer d’équipe. Enragé, Dae-ho accuse Gi-hun
d’être responsable de la débâcle et des morts. Deux duos, Yong-sik et Geum-ja,
puis Myung-gi et Jun-hee, décident alors d’échanger leurs rôles.
Squid Game – Saison 3
Réalisation
: Hwang Dong-hyeok
Scénario
: Hwang Dong-hyeok
Musique : Jung
Jae-il
Production : Siren
Pictures Inc
Genre : Thriller,
Action, Drame
Titre
en vo : Ojing-eo Geim
Pays
d’origine : Corée du Sud
Chaîne
d’origine : Netflix
Diffusion
d’origine : 27 juin 2025
Langue
d'origine : coréen, anglais
Nombre
d’épisodes : 6 x 57 minutes
Casting :
Lee
Jung-jae : Seong Gi-hun
(no 456)
Wi
Ha-joon : Hwang Jun-ho, le policier
Lee
Byung-hun : Hwang In-ho,
l'organisateur / (no 001)
Lee
Seo-hwan : Park Jung-Bae
(no 390)
Yim
Si-wan : Lee Myung-gi (no 333)
Kang
Ha-neul : Kang Dae-ho (no 388)
Park
Sung-hoon : Cho Hyun-ju
(no 120)
Choi
Seung-hyun : Thanos (no
230)
Kang
Ae-shim : Jang Geum-ja (no 149)
Yang
Dong-geun : Park Yong-sik
(no 007)
Jo
Yu-ri : Kim Jun-hee (no 222)
Park
Gyu-young : Kang No-eul
Chae
Kook-hee : Seon-nyeo (no
044)
Song
Ji-woo : Kang Mi-na (no 196)
Jeon
Seok-ho : Choi Woo-seok
Lee
Jin-wook : Geong-seok (no
246)
Roh
Jae-won : Nam-gyu (no 124)
Lee
David : Park Min-su (no 125)
Won
Ji-an : Se-mi (no 380)
David Sayers :
VIP Richard
Jane Wong :
VIP Jennifer
Bryan Bucco :
VIP John
Jordan Lambertoni :
VIP Jack
Kevin Yorn :
VIP Kevin
Cate Blanchett :
la recruteuse américaine
Mon
avis : Je dois reconnaitre que j’avais
été dur, très dur, même, en écrivant ma critique de la seconde
saison de Squid
Game et que, d’ailleurs, certains ont du même hurler au loup en lisant
cette dernière, estimant, a juste titre ou non, que j’avais été trop loin dans
mes propos, dézinguant allègrement une série qui, pourtant, une fois de plus,
connu un succès que l’on peut qualifier de monumental un peu partout dans le
monde. Cependant, avec du recul, si mes propos ont peut-être été un peu
excessifs, je le reconnais, je ne reviendrais nullement dessus, estimant, selon
moi, que oui, cette seconde saison fut une franche déception si ont devait la
comparer a la première et que oui, incontestablement, celle-ci ne faisait que
confirmer que lorsqu’une œuvre, quelle qu’elle soit, a été créer avec un début
ou une fin, il ne faut jamais, mais alors jamais, lui donner une suite, ce, quelques
soient les raisons pécuniaires que l’on devine. Mais bon, que voulez vous, le
mal était fait et même si j’avais été fortement déçu par cette seconde saison
de Squid Game, la curiosité m’avait
tout de même poussé à voir la troisième, ne serais-ce que pour connaitre le fin
mot de l’histoire. Bien entendu, j’aurais put m’en abstenir, c’est un fait,
mais bon, vu comment ces deux saisons avaient été réalisées, c’est-à-dire, en
tournant tous les épisodes en une seule fois et en divisant ces derniers en
deux saisons, afin de faire monter l’envie chez les spectateurs, je me suis
laisser prendre au piège et, finalement, me suis plonger dans ce que j’espérais
être la conclusion de cette série qui, selon moi, avait bien trop duré. Et
alors, quel fut mon avis ? Qu’ai-je penser de cette troisième et ultime
saison de Squid Game ? Bon, dans
les grandes lignes, tout ce que j’ai écrit dans ma critique précédente est
toujours valable ici et oui, incontestablement, la série du sieur Hwang
Dong-hyeok aurait dut en rester a sa première saison puisque, comme chacun
sait, c’était ainsi qu’elle avait été conçue au départ. Pourtant, malgré mon
peu d’entrain vis-à-vis de cette vrai-fausse troisième saison, malgré des
protagonistes toujours aussi peu charismatiques et de moins en moins nombreux,
malgré des défauts scénaristiques que l’on peut trouver, par moments, ridicules
pour ne pas dire affligeants, je me suis laisser prendre au jeu. La
raison ? Peut-être en raison d’un léger sursaut scénaristique qui nous
aura donner un ou deux épisodes vraiment marquant au cours de cette troisième
saison, comme celui où la quasi-totalité du casting se fait massacré dans un
énième jeu, voir, a un degré moindre, le dernier. Peut-être aussi que vu que je
n’attendais strictement rien de cette saison, du coup, je n’ai pas été déçu et
j’ai davantage été concilient vis-à-vis des défauts de cette série. Mais bon,
que l’on ne se trompe pas : malgré l’immense succès mondial de cette
troisième saison, malgré les nombreuses critiques pour le moins élogieuses à
son sujet, je n’ai pas changé le moins du monde d’avis, bien au contraire. Squid Game n’aurait jamais dut avoir de
suite et même si, je le reconnais, tout n’est pas a jeter dans cette ultime
saison, nous sommes loin, très loin même de l’excellence des débuts. Et dire,
histoire d’enfoncer le clou, que nous allons avoir droit a une version
américaine. Décidément, nous allons encore en bouffer du Squid Game…
Points
Positifs :
-
Les fans absolus de Squid Game seront naturellement ravis de
retrouver leur série préférée et connaitre enfin la conclusion des péripéties
de notre brave Seong Gi-hun, alias, le
numéro 456. D’ailleurs, ce dernier a droit a un final pour le moins marquant et
plutôt logique.
- Il y a tout de même un léger sursaut scénaristique
dans cette troisième saison et deux épreuves marquent les esprits : celle
du cache-cache, où une grosse partie du casting se fait dézinguer, et celle du
saut à la corde. De même, le dernier épisode, malgré ses défauts, n’est pas
inintéressant, il faut le reconnaitre.
-
Si vous n’êtes pas très regardant sur la profondeur du scénario et sur les
nombreux défauts qui parsèment cette suite, alors, vous apprécierez peut-être
cette seconde saison de Squid Game ?
-
Sans être exceptionnel, il ne faut pas exagérer, le casting fait plutôt bien le
job, c’est déjà ça.
Points
Négatifs :
-
Au vu de ce qu’avait été la seconde saison, cette suite, sans surprise, ne
rehausse pas vraiment le niveau et ne fait que confirmer ce qui est une simple
évidence, c’est-à-dire, que lorsqu’une série est faite, à la base, avec un
début et une fin, bref, qu’elle se suffit à elle-même en état, nous pondre une
suite non prévue au départ, cela ne peut accoucher que d’un résultat bancal.
-
Naturellement, cela fait belle lurette que l’originalité des débuts est aux
abonnés absents et il est difficile de s’extasier véritablement pour une
intrigue et un concept qui sent le réchauffé.
-
Les défauts de la seconde saison sont une fois de plus au rendez vous :
manque d’originalité, protagonistes stéréotypés, jeux moins spectaculaires,
illogisme de nombreuses situations, dialogues interminables et souvent peu
intéressants, systèmes de votation qui apparait comme étant une fausse bonne
idée, événements ridicules ou prévisibles.
-
Le dernier épisode est à la fois bon et mauvais et a de quoi nous laisser un
peu sur notre faim, surtout qu’il est un peu illogique par moments.
-
Le flic qui passe deux saisons complètes a cherché l’ile où se déroulent les jeux
mortels et qui, finalement, ne sert pas à grand-chose vu qu’il n’arrive
seulement à destination que vers la fin du dernier épisode. D’ailleurs, ce
personnage a finit par devenir une blague, un peu partout dans le monde.
-
Histoire d’enfoncer le clou, on découvre à la fin que Squid Game va avoir droit à une version américaine…
Ma
note : 4,5/10
Drunk
Quatre
amis, professeurs dans un lycée, quinquagénaires un peu dépassés, décident de
mettre en pratique la théorie d’un psychologue norvégien selon laquelle l’homme
aurait dès la naissance un déficit d’alcool dans le sang. Faisant preuve d'une
rigueur prétendument scientifique, ils relèvent ensemble le défi dans la sphère
privée et professionnelle, chacun espérant que sa vie sera meilleure. Si, dans
un premier temps, les résultats sont encourageants, la situation dérape
rapidement, et échappe à leur contrôle.
Drunk
Réalisation
: Thomas Vinterberg
Scénario
: Thomas Vinterberg et Tobias Lindholm
Musique : Janus
Billeskov Jansen
Production : Zentropa,
Film i Väst, Topkapi Films, Danish Film Institute
Genre : Comédie
dramatique
Titre
en vo : Druk
Pays
d’origine : Danemark
Parution
: 24
septembre 2020
Langue
d'origine : danois
Durée
: 115
min
Casting :
Mads
Mikkelsen : Martin
Thomas
Bo Larsen : Tommy
Magnus
Millang : Nikolaj
Lars
Ranthe : Peter
Maria
Bonnevie : Anika
Helene
Reingaard Neumann : Amalie
Susse
Wold : la principale du lycée
Magnus
Sjørup : Jonas
Silas
Cornelius Van : Casper
Albert
Rudbeck Lindhardt : Sebastian
Martin
Greis-Rosenthal : le maître d'hôtel
Frederik
Winther Rasmussen : Malthe
Aksel
Vedsegaard : Jason
Aya
Grann : Josephine
Mon
avis : Je n’ai aucun souci à reconnaitre
que Drunk, œuvre du sieur Thomas Vinterberg, gardera une place particulière
pour ne pas dire importante à mes yeux puisque, pour la petite histoire,
lorsque, enfin, j’avais eu l’opportunité d’aller le voir au cinéma, en mai
2021, cela faisait une éternité que je ne m’étais pas rendu dans les salles
obscures, ce, bien entendu, en raison de la fameuse pandémie de Covid-19 qui,
pour rappel, avait entrainé la fermeture de moult commerces jugés non
essentiels, les cinémas en faisant, naturellement, partis. Presque un an et
demi sans me rendre au cinéma, donc, ce qui fut long, très long, horriblement
long même. Bref, je vous laisse imaginer à quel point la chose me manquait car
bon, comment dire, sans être non plus un féru absolu des salles obscures, à un
moment donné, il faut reconnaitre que regarder un film chez soi ou sur grand
écran, ce n’est pas tout à fait la même chose. Ceci étant dit, il est temps de
s’intéresser au film du jour, celui que j’avais choisis, donc, en mai 2021,
d’aller voir pour ce grand retour au cinéma et, ma foi, force est de constater
que je ne pouvais pas mieux choisir que ce Drunk, dernier long
métrage en date du terriblement doué Thomas Vinterberg. Paru en octobre 2020 en
France, Drunk fut, comme bon nombre d’autres films,
déprogrammé en raison de la fermeture, pendant de longs mois, des salles de
cinéma, du coup, comme je l’avais souligné précédemment, j’ai dut patienter
trop longtemps a mon gout avant d’avoir la chance, oui, la chance, de pouvoir
enfin regarder ce qui fut, à mes yeux, tout bonnement un des meilleurs films de
l’année 2021 si ce ne fut le meilleur. Il faut dire que Thomas Vinterberg, s’il
n’est pas le premier venu, bien au contraire, nous livre tout de même
avec Drunk une œuvre magistrale et probablement encore plus
réussie qu’on aurait put le penser de prime abord. Partant d’un postulat pour
le moins singulier où l’on suit une bande de quadragénaires un peu blasés par
la vie et loin de la fougue de leur jeunesse, qui se décident à tenter une
expérience fort curieuse qui voudrait qu’un homme, afin de vivre mieux, devrait
toujours avoir 0,5 grammes d’alcool dans le sang, Drunk nous
entraine dans une histoire qui débute comme étant une comédie pour le moins
potache et qui finit de manière pour le moins dramatique. En effet, ici et sans
le moindre fard, le film nous démontre que les premiers essais de cette
expérience peu commune fonctionnent fort bien : nos quatre profs sont plus
éveillés que jamais, retrouvent le feu sacré et sont métamorphosés, ce, que ce
soit d’un point de vu professionnel que personnel. Cependant, personne n’est
dupe et d’ailleurs, le spectateur ne s’y trompe pas : l’alcool est un
ennemi oh combien vicieux et si les premiers temps sont une réussite, les
limites sont très rapidement franchies et chacun de ces expérimentateurs si
particuliers connaitra une chute terrible mais prévisible. Ainsi, après moult
orgies alcooliques, pertes familiales et professionnelles, le tout, filmé d’une
main de maitre par un Thomas Vinterberg en très grande forme, Mads Mikkelsen,
magistral ici, et ses comparses connaitront une bien sombre descente aux Enfers
et lorsque, à la suite d’un énième drame, le spectateur se dira que la leçon
est apprise et que ces derniers pourront aspirer à une vie meilleure et au
bonheur, l’alcool, toujours vainqueur, toujours implacable, se rappellera à
leur bon souvenir pour une conclusion tout bonnement exceptionnelle et qui nous
rappelle fort bien à quel point si l’ivresse rime fort bien avec l’allégresse,
au final, c’est la tristesse qui est au rendez vous. Bref, vous l’avez compris,
j’ai été plus que conquis par ce Drunk et pour un retour dans
les salles de cinéma, je pense ne pas me tromper en affirmant que je ne pouvais
pas mieux choisir : un véritable chef d’œuvre d’un très grand réalisateur,
des acteurs magistraux, une thématique forte et sombre, ma foi, oui, ici, on
frôle tout simplement la perfection !
Points
Positifs :
-
Un postulat de départ pour le moins singulier avec ces quatre comparses qui
décident de tenter une expérience sur la consommation quotidienne d’alcool et
qui s’avère être une réussite incontestable. Démarrant comme une comédie, Drunk tombe
rapidement dans le drame lorsque ses héros, de plus en plus en plus alcoolisés,
vont sombrer dans l’alcoolisme en franchisant toutes les limites de celui-ci et
sans, finalement, réussir à s’en sortir.
-
Un message bien sombre ressort de ce film puisque l’alcool en est, après tout,
le personnage principal : nécessaire pour permettre à certains de se
sentir mieux, fidèle compagnon de toutes les fêtes, celui-ci n’en reste pas
moins terriblement vicieux puisque, une fois tomber dans ses griffes, c’est
aussi une lente descente aux Enfers que l’on subit, cela, sans pouvoir en
sortir.
-
Un lot d’acteurs qui sont tout simplement parfaits et si, bien évidement, Mads
Mikkelsen est le figure de proue de ce film et qu’il est aussi le plus connu du
grand public, ses comparses ne sont pas en reste.
-
Il y a tout de même moult scènes inoubliables dans Drunk et,
bien évidement, toutes ces orgies d’alcool qui deviennent de plus en plus
hallucinantes au fil d’une consommation de plus en plus effrénée, ont de quoi
marquer les esprits.
-
Une conclusion terrible, de par ses conséquences et la victoire implacable de
l’alcool, mais terriblement réussie et, finalement, parfaite…
-
Oui, Drunk est une comédie dramatique et malgré le propos
sombre de ce film, moult scènes vous feront rire !
-
Si vous avez connu dans votre vie une expérience – quelle qu’elle soit – avec
l’alcool, que ce soit vous-même ou vos proches, alors, le propos de ce film ne
vous laissera pas indifférent.
Points
Négatifs :
-
L’alcool est présenté, tout de même, d’une manière fort ambigüe – mais, quelque
part, c’est la vérité – et cette absence de morale ne plaira peut-être pas à
certains…
-
Celles et ceux qui ne jurent que par les happy-end risquent de tiquer avec ce
film même si je ne vois pas comment il pouvait finir autrement ?
Ma
note : 8,5/10