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vendredi 25 septembre 2026

Frankenwood


Frankenwood
 
Los Angeles, 1963. Un détective privé qui ressemble comme deux gouttes d'eau au légendaire Humphrey Bogart se voit confier par un sosie parfait de Marilyn Monroe l'enquête la plus insolite de sa carrière : enquêter sur la mort mystérieuse d'un certain George Reeves, autrefois l'interprète de Superman à la télévision. La piste du crime le conduit vers un étrange établissement baptisé The Castle qui réanime les acteurs défunts à la demande de mystérieux commanditaires. Qui tire les ficelles de cette improbable histoire ? La machine à rêver californienne aurait-elle trouvé le moyen d'exploiter les vedettes longtemps après leur mort ? Un polar décalé, cocasse et caustique qui plonge dans les coulisses de la machine hollywoodienne.
 

Frankenwood
Scénario : Darko Macan
Dessins : Igor Kordey
Couleurs : Anubis
Couverture : Igor Kordey
Editeur : Dupuis
Genre : Polar
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 03 avril 2026
Nombre de pages : 112
 
Mon avis :
 Dernière production en date du duo composé du sieur Darko Macan, pour ce qui est du scénario, et de l’inimitable et fort talentueux Igor Kordey, pour ce qui est des dessins, Frankenwood est, sans aucune discussion possible, une œuvre pour le moins singulière qui, il faut le reconnaitre, en aura surpris plus d’un. Ainsi, après le fameux Nous, les Morts qui avait ouvert le bal, de fort belle manière, sur ce blog, de ce duo puis le sympathique Colt & Pepper et, en attendant un certain Marshal Bass qui est la saga la plus aboutie des deux hommes et dont je vous parlerais le mois prochain, Frankenwood apparait comme étant une œuvre singulière qui, certes, ne restera pas dans les annales mais qui, malgré ses défauts et quelques faiblesses, n’en restera pas moins comme étant un petit one-shot qui, ma foi, mérite tout de même le détour. Il faut dire que, pour commencer, si vous êtes fans du sieur Kordey, il serait dommage de faire l’impasse sur cet album où le croate prend un malin plaisir a nous offrir ses versions personnelles de figures majeures du Septième Art comme Humphrey Bogart, Marylin Monroe, Clark Gable, Laurel et Hardy, Alfred Hitchcock, Lauren Bacall, Boris Karloff et même quelques figures plus récentes comme Brigitte Bardot ou Jack Nicholson. Certes, Kordey étant Kordey, toutes les planches ne se valent pas, cependant, malgré ce constat que l’on ne peut nier, il est difficile de ne pas rendre à César ce qui lui appartient et reconnaitre que, graphiquement parlant, vous allez en avoir pour votre argent. Scénaristiquement, c’est un autre problème, quoi que, a bien y réfléchir, elle est plutôt intéressante cette intrigue où les stars du cinéma ne cessent d’être ressuscité, encore et encore, par les studios de cinéma qui usent et abusent de celles-ci, ce, tandis que ces derniers ne savent plus vraiment qui ils sont, perdus qu’ils sont dans leurs multiples vies qui se répètent a l’infini. Le problème est que, si le postulat de départ est pour le moins intéressant pour ne pas dire audacieux, le sieur Macan se perd un peu en court de route, ne sachant pas trop où aller  et même s’il est plutôt plaisant de relever les nombreux clins d'œil qui parsèment cet album, il est difficile de ne pas reconnaitre que l’intrigue manque de cohérence interne. Plusieurs éléments ne tiennent pas vraiment la route et l’histoire ne mène nulle part de façon satisfaisante : la fin s'éternise et se cherche, laissant le sentiment d'un hommage appuyé et un peu embrouillé plutôt que d'une intrigue solide de bout en bout. Au final, on retient surtout le plaisir de voir ces figures mythiques évoluer dans un univers fantasmé et caustique, ainsi que la réflexion ouverte sur l'exploitation de l'image des stars, leur immortalité artificielle et la manière dont Hollywood broie ses icônes, ce, avec un écho indirect à la problématique moderne de l'IA dans le cinéma…
 

Points Positifs
 :
- Un one-shot plutôt intéressant de par sa thématique proposée qui sous entend, bien entendu, comment l’industrie hollywoodienne traite et abuse de ses plus grandes stars, reléguant celles-ci a leurs propres rôles et n’hésitant pas à les broyer si le besoin s’en fait sentir. Bien entendu, un autre sous texte est présent, je veux, bien entendu, de la problématique de l’intelligence artificielle moderne et de l’utilisation, à terme, d’avatars de stars disparues dans de futures productions.
- Graphiquement, Frankenwood est une belle réussite et il faut reconnaitre que c’est un véritable plaisir que de voir le sieur Igor Kordey, toujours égal à lui-même, nous proposer ses versions de grand noms du Septième Art comme Humphrey Bogart, Marylin Monroe, Clark Gable, Laurel et Hardy, Alfred Hitchcock, Lauren Bacall, Boris Karloff, Brigitte Bardot et Jack Nicholson.
- Le coté polar de la chose qui colle parfaitement bien à l’ambiance générale de l’intrigue et qui n’est pas déplaisant, bien au contraire.
- Une couverture simple mais plutôt efficace.
 
Points Négatifs :
- Si ce Frankenwood est une BD pour le moins plaisante et qui vous fera passer un agréable moment, il faut tout de même reconnaitre que celui-ci n’est pas non plus exempt de défauts et que, entre un scénario qui se perd un peu en court de route et une conclusion loin d’être éblouissante, le lecteur était peut-être en droit d’en attendre un peu plus.
- Comme il est de coutume de le dire avec Igor Kordey, celui-ci possède un style particulier qui fait que, soit on adore, soit on déteste, du coup, ce n’est pas ici que ses détracteurs changeront d’avis a son sujet…
 
Ma note : 7,5/10

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