Frankenwood
Frankenwood
Los
Angeles, 1963. Un détective privé qui ressemble comme deux gouttes d'eau au
légendaire Humphrey Bogart se voit confier par un sosie parfait de Marilyn
Monroe l'enquête la plus insolite de sa carrière : enquêter sur la mort
mystérieuse d'un certain George Reeves, autrefois l'interprète de Superman à la
télévision. La piste du crime le conduit vers un étrange établissement baptisé The Castle qui réanime les acteurs
défunts à la demande de mystérieux commanditaires. Qui tire les ficelles de
cette improbable histoire ? La machine à rêver californienne aurait-elle trouvé
le moyen d'exploiter les vedettes longtemps après leur mort ? Un polar décalé,
cocasse et caustique qui plonge dans les coulisses de la machine
hollywoodienne.
Frankenwood
Scénario
: Darko Macan
Dessins
: Igor Kordey
Couleurs : Anubis
Couverture
: Igor Kordey
Editeur
: Dupuis
Genre : Polar
Pays
d’origine : France
Langue
d’origine : français
Parution
: 03
avril 2026
Nombre
de pages : 112
Mon
avis : Dernière production en date du duo
composé du sieur Darko Macan, pour ce qui est du scénario, et de l’inimitable et fort talentueux Igor Kordey, pour ce qui est des dessins, Frankenwood
est, sans aucune discussion possible, une œuvre pour le moins singulière qui,
il faut le reconnaitre, en aura surpris plus d’un. Ainsi, après le fameux Nous,
les Morts qui avait ouvert le bal, de fort belle manière, sur ce blog,
de ce duo puis le sympathique Colt
& Pepper et, en attendant un certain Marshal Bass qui est la saga la plus aboutie des deux hommes et
dont je vous parlerais le mois prochain, Frankenwood
apparait comme étant une œuvre singulière qui, certes, ne restera pas dans les
annales mais qui, malgré ses défauts et quelques faiblesses, n’en restera pas
moins comme étant un petit one-shot qui, ma foi, mérite tout de même le détour.
Il faut dire que, pour commencer, si vous êtes fans du sieur Kordey, il serait
dommage de faire l’impasse sur cet album où le croate prend un malin plaisir a
nous offrir ses versions personnelles de figures majeures du Septième Art comme
Humphrey Bogart, Marylin Monroe, Clark Gable, Laurel et Hardy, Alfred
Hitchcock, Lauren Bacall, Boris Karloff et même quelques figures plus récentes
comme Brigitte Bardot ou Jack Nicholson. Certes, Kordey étant Kordey, toutes
les planches ne se valent pas, cependant, malgré ce constat que l’on ne peut
nier, il est difficile de ne pas rendre à César ce qui lui appartient et
reconnaitre que, graphiquement parlant, vous allez en avoir pour votre argent.
Scénaristiquement, c’est un autre problème, quoi que, a bien y réfléchir, elle
est plutôt intéressante cette intrigue où les stars du cinéma ne cessent d’être
ressuscité, encore et encore, par les studios de cinéma qui usent et abusent de
celles-ci, ce, tandis que ces derniers ne savent plus vraiment qui ils sont,
perdus qu’ils sont dans leurs multiples vies qui se répètent a l’infini. Le
problème est que, si le postulat de départ est pour le moins intéressant pour
ne pas dire audacieux, le sieur Macan se perd un peu en court de route, ne
sachant pas trop où aller et même s’il
est plutôt plaisant de relever les nombreux clins d'œil qui parsèment cet album,
il est difficile de ne pas reconnaitre que l’intrigue manque de cohérence
interne. Plusieurs éléments ne tiennent pas vraiment la route et l’histoire ne
mène nulle part de façon satisfaisante : la fin s'éternise et se cherche,
laissant le sentiment d'un hommage appuyé et un peu embrouillé plutôt que d'une
intrigue solide de bout en bout. Au final, on retient surtout le plaisir de
voir ces figures mythiques évoluer dans un univers fantasmé et caustique, ainsi
que la réflexion ouverte sur l'exploitation de l'image des stars, leur
immortalité artificielle et la manière dont Hollywood broie ses icônes, ce, avec
un écho indirect à la problématique moderne de l'IA dans le cinéma…
Points
Positifs :
-
Un one-shot plutôt intéressant de par sa thématique proposée qui sous entend,
bien entendu, comment l’industrie hollywoodienne traite et abuse de ses plus
grandes stars, reléguant celles-ci a leurs propres rôles et n’hésitant pas à
les broyer si le besoin s’en fait sentir. Bien entendu, un autre sous texte est
présent, je veux, bien entendu, de la problématique de l’intelligence
artificielle moderne et de l’utilisation, à terme, d’avatars de stars disparues
dans de futures productions.
-
Graphiquement, Frankenwood est une
belle réussite et il faut reconnaitre que c’est un véritable plaisir que de
voir le sieur Igor Kordey, toujours égal à lui-même, nous proposer ses versions
de grand noms du Septième Art comme Humphrey Bogart, Marylin Monroe, Clark
Gable, Laurel et Hardy, Alfred Hitchcock, Lauren Bacall, Boris Karloff,
Brigitte Bardot et Jack Nicholson.
-
Le coté polar de la chose qui colle parfaitement bien à l’ambiance générale de
l’intrigue et qui n’est pas déplaisant, bien au contraire.
-
Une couverture simple mais plutôt efficace.
Points
Négatifs :
-
Si ce Frankenwood est une BD pour le
moins plaisante et qui vous fera passer un agréable moment, il faut tout de
même reconnaitre que celui-ci n’est pas non plus exempt de défauts et que,
entre un scénario qui se perd un peu en court de route et une conclusion loin
d’être éblouissante, le lecteur était peut-être en droit d’en attendre un peu
plus.
-
Comme il est de coutume de le dire avec Igor Kordey, celui-ci possède un style
particulier qui fait que, soit on adore, soit on déteste, du coup, ce n’est pas
ici que ses détracteurs changeront d’avis a son sujet…
Ma
note : 7,5/10
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