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mardi 29 septembre 2026

De Rockstar à Tueur – Le Cas Cantat


De Rockstar à Tueur – Le Cas Cantat
 
C’est une affaire qui a bouleversé la France. En 2003, la mort de l’actrice Marie Trintignant sous les coups de son compagnon Bertrand Cantat, icône charismatique du rock français et leader du groupe Noir Désir, marque durablement la société française. 20 ans plus tard, ce documentaire en 3 épisodes de 40 minutes revient sur cette affaire et les questions qu’elle soulève encore aujourd’hui : violences faites aux femmes, omerta et traitement médiatique. Avec des témoignages inédits, 60 sources d’archives et une enquête approfondie, cette série propose une rétrospective sans concession sur une affaire qui a secoué l’opinion publique.
 

De Rockstar à Tueur – Le Cas Cantat
Réalisation : Zoé de Bussierre, Karine Dusfour, Anne-Sophie Jahn
Narrateur : Divers
Production : Netflix
Genre : Documentaire
Titre en vo : De Rockstar à Tueur – Le Cas Cantat
Pays d’origine : France
Chaîne d’origine : Netflix
Diffusion d’origine : 27 mars 2025
Langue d'origine : Français
Durée : 3 x 42 mn
 
Mon avis :
 Dans la lignée des documentaires proposés par Netflix au cours de ces dernières années et dont l’un des plus beaux fleurons, pour rappel, fut celui consacré à la tristement affaire Grégory, l’année dernière, fin mars 2025, pour être plus précis, paru donc sur le petit écran un autre documentaire qui, sans grande surprise, fit énormément parler de lui puisque ce dernier revenait sur une autre affaire judiciaire qui avait fait parler d’elle en son temps, l’affaire Bertrand Cantat. Bon, ici, deux cas de figures se posent et donc, soit vous êtes trop jeunes pour avoir vraiment entendu parler de cette sombre histoire de meurtre, soit, comme c’est mon cas, vous vous souvenez parfaitement de ce mois de juillet 2003 qui, sans exagération aucune, aura marqué les mémoires. Il faut dire, bien entendu, que les protagonistes de cette affaire n’étaient pas n’importe qui puisque, a ma gauche, donc, nous avions Bertrand Cantat, leader incontesté de Noir Désir qui, pour rappel, fut le plus grand groupe de rock français, figure charismatique et grand donneur de leçons devant l’éternel tandis que, à ma droite, Marie Trintignant, actrice de premier plan qui n’était peut-être pas une star absolue mais qui n’était pas non plus n’importe qui, bien au contraire. Les faits ? Ils sont assez simples et, pour rappel, alors que Marie Trintignant tournait un téléfilm à Vilnius, en Lituanie et que son compagnon d’alors, Bertrand Cantat, se trouvait sur place, survint une dispute nocturne qui laissa sur le carreau et dans le coma l’actrice, le chanteur de Noir Désir l’ayant tout bonnement passé à tabac et laissé pour morte pendant plusieurs heures, sans appeler les secours. Les conséquences ? Là aussi, elles sont d’une simplicité terrible puisque Marie Trintignant ne sortit jamais du coma et finit par décéder, quelques jours plus tard. La suite des faits ? Bon, disons que c’est là que cela devient intéressant, ce que ce documentaire nous rappelle de fort belle manière. Emballement médiatique peu commun, ce qui se conçoit parfaitement et, dès le départ, apparition de deux camps : la famille et les proches de Marie Trintignant d’un coté, naturellement, tandis que, de l’autre, Bertrand Cantat, son ex-femme, Krisztina Rády, Noir Désir, leurs proches, la maison de disques, Universal, mais aussi, la quasi-totalité du monde médiatique et de l’intelligentsia parisienne qui, dès le début de l’affaire, tenta, par tous les moyens, de sauver le soldat Cantat en minimisant l’affaire et, au passage, en salissant la mémoire de la victime. Et donc, vous l’avez compris, c’est là que ce documentaire prend tout son intérêt car si, naturellement, celui-ci se contente de rappeler des faits plutôt bien connus, force est de constater que, avec vingt ans de recul, il est fascinant de voir comment, parce que Bertrand Cantat était un des plus grands symboles du camp du bien, ce qui ne s’appelait pas encore un féminicide fut totalement minimiser, la faute étant presque porter sur les frêles épaules d’une Marie Trintignant présentée alors comme étant une alcoolique hystérique qui avait eu quatre enfants de quatre pères différents tandis que Cantat, pauvre garçon, souffrait de la perte de son grand amour, dévasté qu’il était. Cela peut, naturellement, paraitre incroyable et pourtant, ce n’était il n’y a pas si longtemps et quand on connait la suite, c’est-à-dire, que la famille Trintignant fut presque raillée pendant bien trop longtemps, que quasiment personne ne se leva pour défendre la mémoire de la jeune femme – au passage, un grand bravo à Lio pour son courage – et que, après avoir mentit pour sauver la peau de son ex-mari, Krisztina Rády, finit par se suicider après avoir vécu l’enfer a ses cotés, force est de constater qu’il y a de quoi se poser bien des questions sur cette affaire. Quand à Bertrand Cantat, que devient-il ? Oh, mais il a repris sa vie, tranquillement, depuis longtemps, continuant à pousser la chansonnette et a s’accoquiner avec d’autres grands donneurs de leçons comme Shaka Ponk, pour ne citer que l’exemple le plus flagrant. Certes, depuis Me Too, les choses ne sont plus aussi simples, mais bon, il est en vie, lui et il est clair que l’on a déjà connu des individus qui ont eu davantage de déboires sans avoir tué, eux…Bref, vous l’avez compris, De Rockstar à Tueur – Le Cas Cantat est, sans aucune discussion possible, un excellent documentaire qui remet sur le devant de la scène une affaire qui apparait, avec du recul, oh combien nauséabonde de part son traitement médiatique et de par la manière dont le sieur Cantat aura été protéger pendant bien des années. Naturellement, il ne faut pas s’attendre a de grandes révélations ici puisque seuls les faits, déjà connus, sont rappelés, mais bon, de temps en temps, je pense ne pas me tromper en affirmant qu’une petite piqure de rappel ne fait pas de mal, bien au contraire…
 

Points Positifs
 :
- Un documentaire pour le moins pertinent qui remet sur le devant de la scène une sombre affaire de féminicide qui ne fut décidément pas traiter comme les autres et cela n’eut rien a voir avec le fait que les deux protagonistes étaient des personnalités publiques, disons plutôt que, en tant que figure de proue du camp du bien, il fallait tout faire pour sauver le soldat Cantat !
- Pas de grandes révélations, certes, mais un simple rappel des faits, ce qui se justifie, au demeurant, tant ces derniers sont terribles à la fois pour Bertrand Cantat mais aussi, pour tous ceux qui l’ont protégé pour ne pas dire couverts pendant bien des années.
- Bertrand Cantat, grand pervers narcissique devant l’éternel, apparait finalement comme étant un sale type qui savait pleurer sur commande et dont un des passes temps était de cogner ses compagnes…
- Impossible de ne pas saluer Lio qui fut, pendant, longtemps, quasiment la seule à se rendre sur les plateaux télés afin de défendre Marie Trintignant, envers et contre tous. Sincèrement, chapeau bas !
- La Fontaine disait « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » mais ici, on pourrait légèrement modifier cette citation en « Selon que vous soyez de gauche ou de droite, vous n’aurez pas le même traitement ». A mettre, naturellement, en parallèle, avec la complaisance envers un meurtrier et la manière dont les mêmes donneurs de leçons vont hurler au loup pour une main aux fesses – et que l’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit, bien entendu…
 
Points Négatifs :
- Dommage que le documentaire ne revienne pas davantage sur tous ceux qui auront tendus la main à Bertrand Cantat au cours des deux dernières décennies car il y a du beau monde…
- Naturellement, ce documentaire touchera davantage celles et ceux qui sont suffisamment agés pour avoir connu les faits, il y a vingt ans. De même, comment un jeune public peu saisir ce que pouvait représenter un groupe comme Noir Désir qui, en toute sincérité, fut exceptionnel !?
 
Ma note : 8/10

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