De Rockstar à Tueur – Le Cas Cantat
De
Rockstar à Tueur – Le Cas Cantat
C’est
une affaire qui a bouleversé la France. En 2003, la mort de l’actrice Marie
Trintignant sous les coups de son compagnon Bertrand Cantat, icône
charismatique du rock français et leader du groupe Noir Désir, marque
durablement la société française. 20 ans plus tard, ce documentaire en 3
épisodes de 40 minutes revient sur cette affaire et les questions qu’elle
soulève encore aujourd’hui : violences faites aux femmes, omerta et traitement
médiatique. Avec des témoignages inédits, 60 sources d’archives et une enquête
approfondie, cette série propose une rétrospective sans concession sur une
affaire qui a secoué l’opinion publique.
De Rockstar à Tueur – Le Cas Cantat
Réalisation
: Zoé de Bussierre, Karine Dusfour, Anne-Sophie Jahn
Narrateur : Divers
Production : Netflix
Genre : Documentaire
Titre
en vo : De Rockstar à Tueur – Le Cas Cantat
Pays
d’origine : France
Chaîne
d’origine : Netflix
Diffusion
d’origine : 27 mars 2025
Langue
d'origine : Français
Durée
: 3
x 42 mn
Mon
avis : Dans la lignée des documentaires
proposés par Netflix au cours de ces
dernières années et dont l’un des plus beaux fleurons, pour rappel, fut celui
consacré à la tristement affaire Grégory, l’année dernière, fin mars 2025, pour
être plus précis, paru donc sur le petit écran un autre documentaire qui, sans
grande surprise, fit énormément parler de lui puisque ce dernier revenait sur
une autre affaire judiciaire qui avait fait parler d’elle en son temps,
l’affaire Bertrand Cantat. Bon, ici, deux cas de figures se posent et donc,
soit vous êtes trop jeunes pour avoir vraiment entendu parler de cette sombre
histoire de meurtre, soit, comme c’est mon cas, vous vous souvenez parfaitement de
ce mois de juillet 2003 qui, sans exagération aucune, aura marqué les mémoires.
Il faut dire, bien entendu, que les protagonistes de cette affaire n’étaient pas
n’importe qui puisque, a ma gauche, donc, nous avions Bertrand Cantat, leader
incontesté de Noir Désir qui, pour rappel, fut le plus grand groupe de rock
français, figure charismatique et grand donneur de leçons devant l’éternel
tandis que, à ma droite, Marie Trintignant, actrice de premier plan qui n’était
peut-être pas une star absolue mais qui n’était pas non plus n’importe qui,
bien au contraire. Les faits ? Ils sont assez simples et, pour rappel,
alors que Marie Trintignant tournait un téléfilm à Vilnius, en Lituanie et que
son compagnon d’alors, Bertrand Cantat, se trouvait sur place, survint une
dispute nocturne qui laissa sur le carreau et dans le coma l’actrice, le
chanteur de Noir Désir l’ayant tout bonnement passé à tabac et laissé pour
morte pendant plusieurs heures, sans appeler les secours. Les
conséquences ? Là aussi, elles sont d’une simplicité terrible puisque
Marie Trintignant ne sortit jamais du coma et finit par décéder, quelques jours
plus tard. La suite des faits ? Bon, disons que c’est là que cela devient
intéressant, ce que ce documentaire nous rappelle de fort belle manière.
Emballement médiatique peu commun, ce qui se conçoit parfaitement et, dès le
départ, apparition de deux camps : la famille et les proches de Marie
Trintignant d’un coté, naturellement, tandis que, de l’autre, Bertrand Cantat,
son ex-femme, Krisztina Rády, Noir Désir, leurs proches, la maison de disques, Universal, mais aussi, la quasi-totalité
du monde médiatique et de l’intelligentsia parisienne qui, dès le début de
l’affaire, tenta, par tous les moyens, de sauver le soldat Cantat en minimisant
l’affaire et, au passage, en salissant la mémoire de la victime. Et donc, vous
l’avez compris, c’est là que ce documentaire prend tout son intérêt car si,
naturellement, celui-ci se contente de rappeler des faits plutôt bien connus,
force est de constater que, avec vingt ans de recul, il est fascinant de voir
comment, parce que Bertrand Cantat était un des plus grands symboles du camp du
bien, ce qui ne s’appelait pas encore un féminicide fut totalement minimiser,
la faute étant presque porter sur les frêles épaules d’une Marie Trintignant
présentée alors comme étant une alcoolique hystérique qui avait eu quatre
enfants de quatre pères différents tandis que Cantat, pauvre garçon, souffrait
de la perte de son grand amour, dévasté qu’il était. Cela peut, naturellement,
paraitre incroyable et pourtant, ce n’était il n’y a pas si longtemps et quand
on connait la suite, c’est-à-dire, que la famille Trintignant fut presque
raillée pendant bien trop longtemps, que quasiment personne ne se leva pour
défendre la mémoire de la jeune femme – au passage, un grand bravo à Lio pour
son courage – et que, après avoir mentit pour sauver la peau de son ex-mari, Krisztina
Rády, finit par se suicider après avoir vécu l’enfer a ses cotés, force est de
constater qu’il y a de quoi se poser bien des questions sur cette affaire.
Quand à Bertrand Cantat, que devient-il ? Oh, mais il a repris sa vie,
tranquillement, depuis longtemps, continuant à pousser la chansonnette et a
s’accoquiner avec d’autres grands donneurs de leçons comme Shaka Ponk, pour ne
citer que l’exemple le plus flagrant. Certes, depuis Me Too, les choses ne sont
plus aussi simples, mais bon, il est en vie, lui et il est clair que l’on a
déjà connu des individus qui ont eu davantage de déboires sans avoir tué,
eux…Bref, vous l’avez compris, De
Rockstar à Tueur – Le Cas Cantat est, sans aucune discussion possible, un
excellent documentaire qui remet sur le devant de la scène une affaire qui
apparait, avec du recul, oh combien nauséabonde de part son traitement
médiatique et de par la manière dont le sieur Cantat aura été protéger pendant
bien des années. Naturellement, il ne faut pas s’attendre a de grandes révélations
ici puisque seuls les faits, déjà connus, sont rappelés, mais bon, de temps en
temps, je pense ne pas me tromper en affirmant qu’une petite piqure de rappel
ne fait pas de mal, bien au contraire…
Points
Positifs :
-
Un documentaire pour le moins pertinent qui remet sur le devant de la scène une
sombre affaire de féminicide qui ne fut décidément pas traiter comme les autres
et cela n’eut rien a voir avec le fait que les deux protagonistes étaient des
personnalités publiques, disons plutôt que, en tant que figure de proue du camp
du bien, il fallait tout faire pour sauver le soldat Cantat !
-
Pas de grandes révélations, certes, mais un simple rappel des faits, ce qui se
justifie, au demeurant, tant ces derniers sont terribles à la fois pour
Bertrand Cantat mais aussi, pour tous ceux qui l’ont protégé pour ne pas dire
couverts pendant bien des années.
-
Bertrand Cantat, grand pervers narcissique devant l’éternel, apparait
finalement comme étant un sale type qui savait pleurer sur commande et dont un
des passes temps était de cogner ses compagnes…
-
Impossible de ne pas saluer Lio qui fut, pendant, longtemps, quasiment la seule
à se rendre sur les plateaux télés afin de défendre Marie Trintignant, envers
et contre tous. Sincèrement, chapeau bas !
-
La Fontaine disait « Selon que vous
serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou
noir » mais ici, on pourrait légèrement modifier cette citation en « Selon que vous soyez de gauche ou de
droite, vous n’aurez pas le même traitement ». A mettre,
naturellement, en parallèle, avec la complaisance envers un meurtrier et la
manière dont les mêmes donneurs de leçons vont hurler au loup pour une main aux
fesses – et que l’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit, bien entendu…
Points
Négatifs :
-
Dommage que le documentaire ne revienne pas davantage sur tous ceux qui auront
tendus la main à Bertrand Cantat au cours des deux dernières décennies car il y
a du beau monde…
-
Naturellement, ce documentaire touchera davantage celles et ceux qui sont
suffisamment agés pour avoir connu les faits, il y a vingt ans. De même,
comment un jeune public peu saisir ce que pouvait représenter un groupe comme
Noir Désir qui, en toute sincérité, fut exceptionnel !?
Ma
note : 8/10
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