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samedi 30 mai 2026

Gilgamesh


Gilgamesh
 
Un ami d'argile, les prostituées du temple, le bâtisseur de l'Arche – voilà quelques-uns des personnages qui accompagnent Gilgamesh dans l'accomplissement de ses grands travaux. Souverain despotique condamné par les dieux à défier un géant féroce puis le Taureau céleste avant de chercher l'élixir de vie, le roi d'Uruk va vivre une véritable odyssée, au cours de laquelle il perdra presque tout ce qui lui est cher, mois finira par se trouver lui-même. Gilgamesh – le plus ancien récit du monde – raconté et adapté en BD par Jens Harder.
 

Gilgamesh
Scénario : Jens Harder
Dessins : Jens Harder
Couleurs : Jens Harder
Couverture : Jens Harder
Editeur : Actes Sud
Genre : Science, Mythes
Pays d’origine : Allemagne, France
Langue d’origine : français
Parution : 24 janvier 2018
Nombre de pages : 124
 
Mon avis :
 J’ai eu le plaisir, que dis-je, l’immense joie de découvrir l’illustrateur allemand Jens Harder par le biais des quatre volets de son œuvre maitresse, je veux bien évidement parler de Alpha – Directions, de Beta – Civilisations – Volume 1 et Volume 2, ainsi que de Gamma – Visions, de gros pavés qui revenaient, pour le premier, des origines de l’univers puis de notre planète jusqu’à l’apparition humaine, pour les deux suivants, sur l’histoire de l’humanité jusqu’à notre époque, tandis que le dernier volet, lui, paru il y a quelques mois, sortait un peu de la norme puisque, dans celui-ci, l’auteur nous présentait ses propres visions d’un futur certes hypothétique mais néanmoins possible. Quatre pures merveilles du Neuvième Art, sans aucune discussion possible, même s’il faut reconnaitre que ces albums étaient avant toute chose destinée a un certain public de connaisseurs. Quoi qu’il en soit, une fois la saga phare du sieur Harder achevée, ce fut avec un certain plaisir mais aussi, avec une curiosité certaine, que je me suis plonger dans une autre œuvre de l’auteur, une bande dessinée tout autant inclassable et qui avait pour sujet ce qui est, tout bonnement, l’œuvre écrite la plus ancienne au monde, je veux bien évidement parler de Gilgamesh ! Cela tombait plutôt bien puisque, grand amoureux des civilisations mésopotamiennes, cela fait des années que le légendaire roi d’Uruk me fascine, de même que son épopée, ses aventures avec son compagnon Enkidu et, bien entendu, sa quête, inachevée, de l’immortalité. Et donc, fidèle à lui-même et à sa manière de travailler, Jens Harder nous livrait dans cet ouvrage une vision de cette épopée que n’auraient pas choquée les mésopotamiens eux-mêmes : ainsi, s’inspirant des bas-reliefs de l’époque, l’artiste nous fait revivre une épopée maintes fois millénaires et qui, même de nos jours, n’a rien perdu de sa force et de son intensité. Bien évidement, une fois de plus, tout cela n’est pas vraiment destiné au grand public qui, sans nul doute, sera rebuté par le choix graphique et des dialogues issus de traductions forcément incomplètes. Par contre, pour les autres, particulièrement pour les amoureux de Summer, d’Ur, de Babylone et de la Mésopotamie, quel régal de redécouvrir Gilgamesh, Enkidu ou le Taureau Céleste sous le trait du fort talentueux Jens Harder !
 

Points Positifs
 :
- Retranscrire L’Épopée de Gilgamesh en bande dessinée n’était pas chose aisée or, Jens Harder réussit de fort belle manière son pari et nous livre une œuvre qui ravira, sans nul doute, les amateurs de la civilisation mésopotamienne.
- Le choix graphique de l’auteur est indéniablement l’une des grandes forces de cet album. Il faut dire qu’en s’inspirant des bas-reliefs de l’époque, on a par moments l’impression que les mésopotamiens auraient put, eux-mêmes, réaliser cette bande dessinée.
- Jens Harder respecte tellement bien l’œuvre originale qu’il pousse le vice jusqu’à inclure les passages perdus et les quelques incohérences du récit ; ainsi, le final lorsque Enkidu, pourtant décédé, réapparait sans que l’on comprenne comment.
- Les fans de Jens Harder seront bien évidement ravis de retrouver l’artiste au sommet de son art.
- Une fort belle couverture qui, curieusement, met Enkidu en valeur.

Points Négatifs :
- Bien évidement, Gilgamesh n’est pas une œuvre destinée au grand public et sa grande complexité, de même que le respect total accordé aux fragments du récit que l’on connait actuellement, fait que nombreux seront ceux qui seront rebutés par une cette œuvre.
- Même si nous avons affaire à un très bel ouvrage, qualitativement parlant, nous sommes tout de même un ton en dessous de son œuvre maitresse…

Ma note : 8/10

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