L’Histoire Secrète – Les Clés de Saint Pierre
L’Histoire
Secrète – Les Clés de Saint Pierre
Après
le combat au XIIe siècle sur les terres Cathares de Montségur, l’archonte Reka
met un point d’honneur à décimer le Saint Empire Germanique de Frédéric II,
étendant un peu plus encore le pouvoir de l’Eglise sur l’Europe. Trois siècles
s’écoulent… A Florence en 1527, tandis que la peste étend ses ravages sur toute
l’Europe, un certain Michelangelo et un certain Nostredame (Michel Ange et
Nostradamus) reçoivent la visite de Doña Aker, l’une des 4 archontes. Elle leur
rapporte que de nouvelles cartes, appelé « Eikôns », tout aussi
puissantes que les Ivoires originels des archontes, semble avoir été fabriquées
et être en service à Rome. Elle y envoie Nostredame, à la tête d’une escorte de
chevaliers noirs, pour s’en emparer. A ce moment même, les armées de Charles
Quint assiègent et attaquent Rome. Parmi ces derniers, Dyo, qui emploie
l’ivoire de la coupe, trouve son pouvoir concurrencé par celui inattendu d’un
jeune orfèvre, Benvenuto Cellini. En observant les effets immunitaires contre
la peste, de mystérieux symboles gravés sur un pendentif, ce dernier a en effet
compris les possibilités offertes par ce pouvoir phénoménal...
L’Histoire Secrète – Les Clés de Saint Pierre
Scénario
: Jean-Pierre Pécau
Dessins
: Léo
Pilipovic
Couleurs : Carole
Beau
Couverture : Manchu,
Olivier Vatine
Editeur
: Delcourt
Genre : Fantastique,
Historique
Pays
d’origine : France
Langue
d’origine : français
Parution : 01
mars 2006
Nombre
de pages : 48
Mon
avis : Force est de constater que dès les premières
pages, on respire, puisque, cette fois-ci, on ne pourra pas se lamenter au
sujet des dessins si décevants du tome
précédant puisque le sieur Pilipovic, sans être génial, n’en est pas moins
un dessinateur plus que correct, au style précis et réaliste, qui pourra même
davantage plaire à un public plus large que celui de Kordey, parfois
spectaculaire, mais souvent brouillon. D’un point de vu personnel, j’ai une nette
préférence pour ce dernier, cependant, les dessins de Pilipovic sont néanmoins
plaisants, précis à défaut d’être originaux et collent plutôt bien à
l’intrigue, il faut le reconnaitre. Cependant, si pour ce qui est de la partie
graphique, on peut enfin respirer, quid du scénario de ce quatrième volume
de L’Histoire
Secrète ? Eh bien, une fois de plus, nous avons droit a un nouveau
saut temporel et l’on se retrouve, après un préambule où l’on a appris que tous
les efforts d’Aker se sont révélés vain et que toute la descendance des
Hohenstaufen fut décimée, à Rome, au XVIème siècle, ce, tandis que la ville
éternelle est assaillie par des troupes menées par Dyo, qui, au demeurant,
souhaite se venger de Reka. Les jeux, dérivés des Ivoires se sont multipliés et
les Archontes commencent à comprendre qu’ils auront de plus en plus de mal à
contrôler un avenir qui apparait donc, par la force des choses, comme étant de
plus en plus incertain, surtout depuis qu’un nouveau joueurs est entré dans la
partie, l’inquiétant Guillaume de Lecce. D’ailleurs, utilisant un jeune
orfèvre, Benvenuto Cellini, ceux-ci font créer tout bonnement un nouveau jeu,
terrifiant, qui ne se contente pas, comme les autres, de copier les Ivoires
originaux. Bref, dans ce quatrième volume de L’Histoire Secrète, l’intrigue suit tranquillement son court, sans
grand bouleversements notables et, d’ailleurs, la forme est largement plus
intéressante que le fond : après tout, a part quelques éléments spectaculaires,
mais pas forcement utiles, comme le monstre des caves du Vatican (les Goules
du Château
des Djinns passaient bien, le monstre, non), la peste foudroyante,
saisissante dans ses horribles effets où l’utilisation d’un Nostradamus encore
jeune, il faut bien reconnaître qu’il ne se passe pas grand-chose de
véritablement spectaculaire pour l’intrigue en elle-même. Beaucoup de
paillettes en quelque sorte, mais quand aux Archontes, on se limitera en gros
au duel entre Reka et Dyo, avec Guillaume de Lecce en arbitre, et encore, de
loin. D’ailleurs, sur ce point, les premières pages auront été plus importantes
pour la suite de la saga, lorsque l’on apprend que les efforts d’Aker furent
réduits à néant, que le reste, ou l’on passe une quarantaine de pages pour que
l’on comprenne que la cinquième famille à créer son propre jeu. Et oui, je
résume vite fait mais en gros, c’est un peu ça… Ce qui est dommage d’ailleurs
puisque, dans le fond, ce quatrième tome, Les Clés de Saint Pierre,
est plutôt agréable à la lecture mais davantage comme un récit d’action du
début à la fin, où le lecteur n’a pas forcement le temps de véritablement
s’attacher à des protagonistes qui ne sont pas franchement charismatiques
(après tout, a quoi bon puisque d’un tome sur l’autre, ce ne sont plus les
mêmes) et où les défauts de la saga commencent à poindre le bout de leurs nez :
évidement, il ne sert à rien de tourner autour du pot, pour Pécau, L’Histoire
Secrète fut écrite pour fortifier la cohérence des univers Arcanes et Arcanes
Majeurs, du coup, le postulat de départ, la fameuse réécriture de
l’Histoire passe un peu à la trappe vu comment elle est rapidement survolée.
Alors, au vu des ambitions et du potentiel, s’il était ambitieux de vouloir
réécrire l’Histoire, serait-il possible de réécrire L’Histoire Secrète
?
Points
Positifs :
-
D’entré de jeu, comment ne pas parler des dessins : exit Goran Sudzuka qui
avait malheureusement sévi dans le tome précédant et place a Léo Pilipovic dont
le style est certes bien plus conventionnel que celui d’Igor Kordey mais qui
n’en reste pas moins agréable.
-
L’intrigue en elle-même n’est pas mauvaise et se lit plutôt bien même si elle
est en-deçà de celle du Graal de
Montségur ; disons que cela reste cohérant avec l’univers de la série
depuis ses débuts et que, une fois de plus, on apprend pas mal de choses sur
les luttes intestines entre Archontes.
-
Une nouvelle fois, Jean-Pierre Pécau prend plaisir à expliquer le moindre
événement historique par le biais des Archontes et des Ivoires ; exemple
tout bête, en effet, le Connétable de Bourbon fut bel et bien tué d’un coup de
mousquet lors du siège de Rome.
-
Une cinquième famille, des jeux qui se multiplient et une intrigue qui se
complexifie…
Points
Négatifs :
- Malgré
une intrigue pour le moins correcte, force est de constater que celle-ci
commence a montrer ses limites : tous ces sauts dans le temps entre chaque
tome fait que l’on a du mal a s’attacher a des personnages que l’on sait par
avance que l’on ne retrouvera pas par la suite.
-
De plus, les protagonistes de ce quatrième tome sont loin d’être franchement
emballants ; sympa mais sans plus. Heureusement, il reste Reka toujours
aussi charismatique… Par contre, Dyo, il apparait par moments plus ridicule que
machiavélique.
-
A quoi a servi le monstre dans les caves du Vatican ?
-
Pilipovic s’en sort bien, certes, mais je trouve son style trop conventionnel
et préfère nettement celui d’Igor Kordey ; allez, encore un tome et il ne
nous quittera plus !
Ma
note : 6,5/10
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