Les
Grandes Erreurs de la Seconde Guerre Mondiale
La
Seconde Guerre mondiale a duré près de six années, aussi longues que terribles.
Cette durée s'explique, bien entendu, par les formidables moyens que les
belligérants déployèrent sur terre, sur mer et dans les cieux : il était vain
d'espérer abattre l'ennemi par une campagne unique ou une bataille décisive.
Mais les erreurs commises expliquent aussi que ce conflit se soit éternisé. Si
Hitler ne s'était pas obstiné à gagner la bataille d'Angleterre ou à prendre
Stalingrad, si la France, en mai 1940, n'avait pas imprudemment lancé ses
forces en Belgique et en Hollande, si les Anglo-Américains n'avaient pas
débarqué en Afrique du Nord..., la face de la guerre en eût été changée et sa
durée vraisemblablement raccourcie. En traquant les erreurs commises par les
deux camps, ce livre vise à explorer la rationalité des acteurs. Car les
décisions prises par les dirigeants politiques ou les chefs militaires
reposaient sur un ensemble de paramètres qu'il importe de décrire, afin de
comprendre pourquoi ils menèrent à l'échec. Les stratégies se fondaient sur des
informations parfois imparfaites, sur des moyens souvent limités, sur des
hypothèses par moment fallacieuses. Autant de facteurs qui conduisirent, plus
d'une fois, au désastre, comme aussi l'orgueil, l'obstination, le carriérisme
et l'opportunisme menant à la prise de (mauvaises) décisions. Autant de cas de
figures qu'illustreront, de Stalingrad à Market Garden, de la stratégie navale
des Japonais à l'insurrection de Varsovie, vingt contributions proposées par
les meilleurs spécialistes de la Seconde Guerre Mondiale.
Les Grandes Erreurs de la Seconde Guerre Mondiale
Auteur
: Jean
Lopez, Olivier Wieviorka
Type
d'ouvrage : Histoire
Edition
originale : 01 octobre 2020
Edition
française : 11 mai 2023
Titre
en vo : Les Grandes Erreurs de la
Seconde Guerre Mondiale
Pays
d’origine : France
Langue
d’origine : français
Traduction : Néant
Editeur : Tempus
Perrin
Nombre
de pages : 336
Mon
avis : Un ouvrage fort intéressant dont
je vais vous entretenir à présent puisque, il faut le reconnaitre, s’il y a
bien une période historique fort prisée du grand public et qui a toujours le
don de captiver l’intérêt de celui-ci, c’est bel et bien la Seconde Guerre
Mondiale. Qui plus est, malgré les soixante-dix ans écoulés depuis la fin du
second conflit mondial, malgré tout ce qui a été dit et écrit au sujet de
celui-ci, de ses batailles les plus emblématiques, de ses grands noms et de ses
conséquences, force est de constater que si un énième ouvrage sur le sujet est,
bien entendu, loin d’être original, on peut toujours espérer en tirer quelque
chose. Et donc, vous l’avez compris, c’est le cas avec Les Grandes Erreurs de la Seconde Guerre Mondiale, essai supervisé
par les sieurs Jean Lopez et Olivier Wieviorka et qui, en toute franchise,
possède suffisamment d’atouts pour satisfaire les amateurs du second conflit
mondial. Bon, tout d’abord, comme il faut savoir rendre à César ce qui lui
appartient, cet ouvrage est, en fait, une compilation d’articles parus dans la
revue Guerre & Histoire.
Certains, bien entendu, pourront trouver le procéder simpliste, pourtant, au vu
du contenu de cet essai, force est de constater qu’il n’y a nullement tromperie
sur la marchandise et que oui, incontestablement, ce dernier mérite le détour.
Il faut dire que, en abordant toutes ces fameuses erreurs, telles qu’elles nous
sont présentées, les auteurs nous présentent non seulement des décisions qui se
sont avéré êtres, bien entendu, mauvaises, ce, en expliquant pourquoi ces
dernières ont été prises, mais aussi, en nous expliquant comment le conflit
aurait put prendre une autre tournure s’il en avait été, à chaque fois, différemment.
Bref, nous ne sommes pas très loin, a de multiples reprises, de l’uchronie,
mais ces fameuses histoires parallèles ne tombent jamais dans la fiction,
disons juste que les auteurs nous présentent ce qui aurait put être, si tel
dirigeant, tel décision, telle idéologie, aurait été autre. Tout cela est donc,
naturellement, captivant au possible et je pense ne pas me tromper en affirmant
que si vous êtes un passionné de la Seconde Guerre Mondiale, vous ne pouvez
décidément pas passer a coté de cet ouvrage qui sort un peu des sentiers battus
et qui ne vous décevra nullement.
Points
Positifs :
-
Un excellent ouvrage qui nous narre une bonne vingtaine d’erreurs majeures qui
ont émaillé la Seconde Guerre Mondiale, ce, en expliquant comment ces dernières
ont eut lieu mais aussi, naturellement, en nous montrant ce qui aurait put se
dérouler si les événements auraient été autre.
-
Si les erreurs sont, bien entendu, au cœur de la thématique de cet essai, les
divers auteurs prennent le temps d’expliquer pourquoi toutes ces décisions
funestes ont été prises, que cela soit en raison d’une quelconque idéologie ou,
tout simplement, par méconnaissance, par exemple, des forces en présence ou de
la volonté de résistance de l’ennemi. Du coup, nous avons affaire a un ouvrage
plutôt intelligent dans sa conception et terriblement instructif.
-
Même si cela ressemble par moments à de l’uchronie, genre oh combien habituel
avec cette période historique, force est de constater qu’il n’en n’est rien et
que, a aucun moment, on ne tombe dans la fiction, bien au contraire.
Points
Négatifs :
-
Peut-être que l’on peut regretter que les auteurs n’aillent pas plus loin, par
moments, dans ce qu’aurait put être cette fameuse histoire parallèle du
conflit, car bon, je pense ne pas me tromper en affirmant que pas mal de choses
auraient put être différentes si certains choix avaient été autres. Or, la
plupart du temps, il faut reconnaitre que le coté uchronique est un peu sous
exploité.
-
La Seconde Guerre Mondiale fut un conflit si marquant que je pense ne pas me
tromper en affirmant que cet ouvrage, finalement, apparait comme étant un peu
court. Après tout, il y aurait peut-être pas mal d’autres erreurs à pointer du
doigt dans celui-ci ?
Ma
note : 7,5/10
Filles
Perdues
En
1913, en Autriche, existe un hôtel dirigé par Mr Rougeur, un français très
porté sur les livres pour adultes, aux contenus pour le moins libertins. Cela
fait quelques temps qu’une femme d’âge mûr, Alice, y loge également. Celle-ci
aime particulièrement se caresser tout en se regardant dans le miroir. Un peu
plus tard, une jeune américaine du nom de Dorothée Gale arrive à l’hôtel et
fait rapidement la connaissance d’un jeune homme, le capitaine Rolf Bauer.
Après un dîner fort agréable, ce dernier l’emmène dans un des jardins de
l’hôtel et la déshabille. Après quelques préliminaires, il commence à lui
pratiquer un cunnilingus tout en se masturbant. Mais après quelques instants,
le militaire n’en peut plus et éjacule, trop excité à la vue des superbes
chaussures que porte Dorothée. Le lendemain, un couple arrive, Harold et Wendy
Potter. Après une nuit assez agitée où les bruits et cris provenant de chambres
voisines se font entendre, Wendy fait rapidement la connaissance de Dorothée et
d’Alice, les responsables des bruits nocturnes, qui faisaient l’amour. Les
jours passent et les trois femmes voient leurs liens se renforcer, venant même
à se confier leurs premiers émois tandis que leur relation devient de plus en
plus charnelle…
Filles Perdues
Scénario
: Alan Moore
Dessins
: Melinda Gebbie
Encrage : Melinda
Gebbie
Couleurs : Melinda
Gebbie
Couverture : Melinda
Gebbie
Genre : Erotique
Editeur
: Taboo
Titre
en vo : Lost Girls
Pays
d’origine : Grande-Bretagne
Langue
d’origine : anglais
Parution
: 10
mai 2006
Editeur
français : Delcourt
Date
de parution : 19 mars 2008
Nombre
de pages : 320
Liste
des épisodes
Lost
Girls 1-30
Mon
avis : Après vous avoir proposer les
critiques de deux des plus grands chef d’œuvres du grand Alan Moore, V pour
Vendetta et From Hell, abordons
à présent ce qui est, sans la moindre contestation, l’œuvre la plus
polémique de l’auteur britannique, je veux, bien entendu, parler d'un certain Filles Perdues. Bon,
ici, nous naviguons entièrement en dehors des sentiers battus de la bande
dessinée que l'on peut qualifier de traditionnelle puisque cette création du sieur Moore, accompagné aux
dessins par sa compagne, Melinda Gebbie, est, tout simplement, à ranger dans
la catégorie érotique. D’ailleurs, j’irais même plus loin, au vu des très
nombreuses scènes proposées dans ce gros ouvrage, parler de pornographie
serait, selon moi, nettement plus adapté. Naturellement, le lecteur, peut connaisseur
du scénariste, a de quoi être pour le moins dubitatif devant ce Filles Perdues et il est difficile de ne pas le comprendre, car bon, comment dire, si, au fil de ses diverses créations,
Moore n’a jamais été très avare de nous proposer, lorsque le cœur lui disait et
que cela se justifiait, scénaristiquement parlant, des scènes pour le moins
crues. Mais une œuvre totalement pornographique, là, il y a un pas que le
britannique a joyeusement franchis et dont le résultat, s’il prête naturellement
à la polémique, n’en n’est pas moins excellent ! Ainsi, en reprenant les
héroïnes de trois des contes modernes parmi les plus célèbres,
c’est-à-dire, Peter Pan, Le Magicien d’Oz et Alice
au Pays des Merveilles, Alan Moore ne se contente pas de nous offrir un
récit qui verrait les trois femmes, désormais plus âgées, se rencontrer dans un
quelconque hôtel en plein cœur de l’Europe et tout juste avant le début de la
Première Guerre Mondiale. Non, Moore va plus loin et va plutôt nous proposer
les récits érotiques de ces trois héroïnes : ainsi, au fil des pages, le
lecteur qui aura le plus grand mal à parcourir cet ouvrage d’une seule main –
c’est qu’il est plutôt imposant le bougre – va découvrir les relations
sexuelles des trois femmes mais également leurs premiers émois amoureux. Et,
justement, si voir toute l’hypocrisie de la prude société de l’époque est
plutôt jouissive lorsque l’on découvre les débauches diverses qui ont lieu, la
partie la plus intéressante, finalement, est celle où Moore nous montre comment
les premières expériences sexuelles de ses héroïnes sont à la base des contes
qui nous sont plus familiers. Bien entendu, je n’en dirais pas davantage afin
de ne pas dévoiler tout un plan de l’intrigue et me contenterais de dire que,
une fois de plus, avec Alan Moore, use et abuse de moult références et que si
les dessins pour le moins crus ont de quoi émoustiller les plus sensibles
d’entre nous, c’est entre les lignes qu’il faut lire cette œuvre et prendre
ainsi plaisir à découvrir comment le sexe aura accoucher de ces œuvres
destinées aux enfants… Une fois de plus et sans grande surprise malgré la prise
de risque notable prise ici, Alan Moore confirme tout le bien que l’on peut
penser de lui et, ma foi, faire d’une BD pornographique un véritable chef
d’œuvre est pour le moins impressionnant. Naturellement, Filles Perdues n’est
pas a maitre entre toutes les mains car bon, si la masturbation, la sodomie,
l’homosexualité, le lesbianisme, le fétichisme et les orgies sont bien au
rendez vous, certains risquent d’avoir du mal avec des scènes disons, plus
problématiques comme les relations incestueuses, la pédophilie et la zoophilie.
Prises dans le récit, celles-ci s’expliquent, mais bon Alan Moore va très loin
tout de même ici, peut-être trop loin pour certains…
Points
Positifs :
- Probablement
l’œuvre la plus polémique et la plus osée d’Alan Moore. Il faut dire que Filles
Perdues est une œuvre que l’on peut qualifier sans discussion de
pornographique, cependant, malgré ce constat pour le moins évidant, tout le
génie de l’auteur est au rendez vous et si s’avère que cette BD est bien plus
complexe qu’on pourrait le penser de prime abord.
- Filles
Perdues en dehors de ses très nombreuses scènes de sexe, est aussi une
œuvre qui nous permet de voir comment les premières expériences sexuelles de
nos trois héroïnes ont été, du moins, selon la vision de Moore, à l’origine de
la création de ces trois classiques que sont Peter Pan, Le
Magicien d’Oz et Alice au Pays des Merveilles.
-
Pour ce qui est de la partie graphique, Melinda Gebbie nous livre une
prestation que l’on pourrait qualifié de simpliste avec ses tons pastels mais
qui n’en reste pas moins de qualité.
-
Comme à chaque fois avec Alan Moore, c’est complexe, bourré de références à
l’histoire et à la culture populaire, cependant, si vous possédez quelques
bonnes connaissances et que vous êtes fan du genre, alors, la lecture de Filles
Perdues sera un pur régal pour vous.
-
Une édition de fort belle qualité. Chapeau bas aux éditions pour celle-ci et,
accessoirement, pour le courage d’avoir publié cette œuvre en français !
Points
Négatifs :
-
Bien entendu, Filles Perdues est une œuvre pornographique et
celle-ci n’est absolument pas destinée à tout le monde. Certains risquent de
prendre leur jambe à leur coup devant cette avalanche orgiaque de débauche
sexuelle !
-
Même si cela se justifie dans le récit, nombreux sont ceux qui auront beaucoup
de mal avec les scènes où l’on assiste à des relations incestueuses, de la
pédophilie et de la zoophilie…
-
Comme souvent chez Moore, posséder de bonnes connaissances en histoire s’avère
nécessaire pour mieux saisir toutes les subtilités de ce Filles Perdues,
sans parler, bien entendu, des nombreuses références qui parsèment les plus de
300 pages de cet album.
Ma
note : 8,5/10
From
Hell
Septembre
1923, sur une plage de Bournemouth, ville portuaire située sur la côte sud de
l'Angleterre, dans le comté de Dorset. Deux vieillards marchent sur le sable et
dissertent ensemble. La Première Guerre Mondiale leur semble encore bien proche.
M. Lees pense qu'elle est annonciatrice de la fin du capitalisme. Bien qu'il
soit issu des classes moyennes, il se revendique d'un socialisme, qui, bientôt,
renversera, par l'accession du Parti Travailliste, le régime de Sa Majesté. M.
Abberline, lui, au contraire, est issu d'une famille ouvrière qui a toujours
voté pour les Tory. Mais ce qui taraude vraiment les deux patriarches, ce n'est
pas tant la situation politique de leur patrie que les remords et la
culpabilité qu'ils partagent. Lees, pour la première fois de sa vie, avoue
qu'il a été un imposteur. Abberline, quant à lui, a été un flic qui a préféré
se taire. Tous deux s'accordent à avouer qu'ils se sont enrichis avec rien.
Plus exactement avec le silence. L'ex-flic en a tiré une pension confortable et
ses économies s'évaluent aussi à une tonne d'ennuis qu'il a évités en se
taisant. Le voici jouissant de bons à côtés et d'une maison coquette située sur
le front de mer et dans laquelle il va accueillir sa vieille connaissance
qu'est Lee. Il lui souhaite la bienvenue dans la demeure que Jack a bâtie...
From Hell
Scénario
: Alan Moore
Dessins
: Eddie Campbell
Encrage : Eddie
Campbell
Couleurs : Eddie
Campbell
Couverture : Eddie
Campbell
Genre : Horreur,
Policier
Editeur : Taboo
Titre
en vo : From Hell
Pays
d’origine : Grande-Bretagne
Langue
d’origine : anglais
Parution
: 23
décembre 1999
Editeur
français : Delcourt
Date
de parution : 24 octobre 2000
Nombre
de pages : 576
Liste
des épisodes
From
Hell 1-10
Mon
avis : Après les chefs-d’œuvre que furent V pour
Vendetta et Watchmen,
Alan Moore confirma tout le bien que l’on pensait de lui et, plus particulièrement,
son génie, avec la sortie, a la toute fin des années 90, de ce véritable
monument de la bande dessinée qu’est From Hell. Ainsi, dans ce
véritable pavé, le scénariste britannique convoquait des figures mythiques
comme Baal, Horus et Dionysos, bibliques, littéraires, ce, tout en mettant en
avant la plus célèbre des sociétés secrètes, la fameuse Franc-maçonnerie, pour
une plongée dans l’apocalypse du Londres victorien, a la fin du règne Victorien
et, plus précisément, pour nous donner sa vision des tristement célèbres crimes
d’un certain Jack l’Éventreur. Bien entendu et, sans grande surprise, les lecteurs de La Ligue
des Gentlemen Extraordinaires ne pouvaient qu'être en terrain familier, le
programme de Moore s’abreuvant, encore une fois, aux sources de l’Enfer et du
chaos pour dépeindre un monde pour le moins cauchemardesque aux vertus libératrices.
Cependant, il ne faut pas s’y méprendre, From Hell n’était pas
que le simple récit d’une enquête policière, avec le plus célèbre des serials
killers et des meurtres à élucider. Au-delà de l’intrigue en elle même – Moore reprenais
ici une des nombreuses thèses au sujet de l’identité de Jack l’Eventreur,
probablement la plus connue mais pas forcément la plus crédible – le récit
proposait plutôt une réflexion métaphysique d’une profondeur inouïe, prenant
pour objets le pouvoir, l’aliénation de l’homme et sa folie. Œuvre résolument
noire, brillante réflexion sur le mal et ses déclinaisons crépusculaires, From
Hell plongeait le lecteur dans les recoins de l’âme et de la
conscience pour fabriquer son propre mythe, celui d’un mal sans fin. Tel un
miroir ou un écho fantasmé, le graphisme d’Eddie Campbell se mettait au
diapason de l’ambiance glauque, avec un noir et blanc dégoulinant de crasse,
sale et charbonneux. Tour à tour dépouillé et rigoureux, le trait venait
sublimer la portée symbolique du propos. Le mélange d’une écriture profonde et d’un
dessin au cordeau, accouchait d’une construction magistrale, propre à faire
de From Hell un véritable chef-d’œuvre du neuvième art.
Soulignons enfin la rigueur d’Alan Moore. En effet, afin de mieux montrer le
chaos, il se faisait brillant chercheur en compilant une documentation très
fouillée, quasiment exhaustive, dans une affaire où les convictions l’emportent
largement sur les certitudes, quarante pages de notes venant clore cette œuvre
à l’équilibre parfait. Sombre portrait d’une modernité à venir, From
Hell – qui annonçait d’une certaine manière l’avènement des régimes
totalitaires – vous invitera finalement à mieux connaître l’essence humaine.
Une œuvre cathartique, un horizon indépassable et qui est, tout simplement,
culte…
Points
Positifs :
- Un
des plus grands chefs d’œuvres d’Alan Moore, tout simplement ! Il faut
dire que, en s’attaquant à la figure mythique de Jack l’Eventreur, le
scénariste britannique réussit non seulement son pari mais surtout, en nous
livrant un tour de force peu commun, scénaristiquement parlant et en usant,
comme à son habitude, de ses nombreuses connaissances, Moore livre une œuvre
peu commune, d’une complexité rare mais qui s’avère, pour peu que l’on s’y
accroche, être une pure merveille !
-
Bien évidement, il y aurait à redire sur l’hypothèse choisie par Alan Moore
pour ce qui est de l’identité de Jack l’Eventreur, cependant, force est de
constater que celle-ci est, sans aucun doute, la plus attirante, ne serais-ce
que parce qu’elle met en cause un individu connu et fort proche du pouvoir
royal. Du coup, il est difficile de ne pas adhérer à celle-ci…
-
Le choix du noir et blanc s’avère être fort judicieux et si, de prime abord, on
peut trouver le style d’Eddie Campbell pour le moins brouillon, ce n’est qu’une
fausse impression : l’artiste est nettement plus talentueux qu’on pourrait
le penser et son choix de nous proposer une vision sale et sombre du Londres
Victorien est un plus indéniable qui nous permet de mieux nous plonger dans
l’ambiance malsaine du récit.
-
Comme à chaque fois avec Alan Moore, c’est complexe, bourré de références à
l’histoire, à la culture populaire, aux mythes et aux légendes, cependant, si
vous possédez quelques bonnes connaissances et que vous êtes fan du genre,
alors, la lecture de From Hell sera un pur régal pour vous.
-
Les notes, nombreuses, permettent de mieux comprendre l’œuvre d’Alan Moore.
Points
Négatifs :
-
Comme souvent chez Moore, posséder de bonnes connaissances en histoire s’avère
nécessaire pour mieux saisir toutes les subtilités de ce From Hell,
sans parler, bien entendu, des nombreuses références qui parsèment les presque
600 pages de cet album.
-
Une œuvre absolument pas grand public et d’une complexité rare. Bref, à ne pas
mettre entre toutes les mains…
Ma
note : 10/10
V
pour Vendetta
Fin
du XXème siècle, le monde a sombré tragiquement depuis le déclenchement d'un
immense conflit nucléaire. Même si l'Angleterre à été épargnée, elle subit
cependant de plein fouet les désastreuses conséquences climatiques qui ravagent
son territoire et sèment la maladie et la famine. Des émeutes explosent un peu
partout. Pour mettre fin au chaos ambiant, un groupuscule fasciste s'empare du
pouvoir et met en place une purge des citoyens jugés déviants. Les opposants
politiques, les minorités ethniques ou bien encore les homosexuels sont arrêtés
par milliers et envoyés vers des camps de concentration, au cœur desquels des
sadiques de la pire espèce sévissent. La société, quant à elle, est surveillée
par le système qui contrôle tout et se charge des punitions arbitraires. Ainsi
en plein désarroi, la Jeune Evey Hammond accoste maladroitement un homme dans
la rue à la nuit tombée, afin de lui proposer son corps en échange d'un peu
d'argent pour survivre. Mais ce dernier lui révèle être un agent des mœurs en
planque et hélas les bonnes mœurs ont depuis bien longtemps été abandonnées par
la police locale. Evey échappe de peu à un viol collectif suite à l'apparition
impromptue d'un illuminé déguisé et masqué qui rosse les vilains tout en citant
du Shakespeare. En sécurité sur les toits de Londres, ils contemplent alors
ensemble l'impressionnante explosion du parlement de Westminster, suivie d'un
feu d'artifice balafrant le ciel d'un immense V. Vive l'Angleterre, la machine
vengeresse est en marche...
V pour Vendetta
Scénario : Alan Moore
Dessins
: David Lloyd
Encrage : David
Lloyd
Couleurs : David
Lloyd
Couverture : David
Lloyd
Genre : Politique,
Dystopie
Editeur
: Vertigo
Titre
en vo : V for Vendetta
Pays
d’origine : Etats-Unis
Parution
: 10
juin 1989
Langue
d’origine : anglais
Editeur
français : Urban Comics
Date
de parution : 27 mars 2020
Nombre
de pages : 400
Liste des épisodes
V
for Vendetta 1-11
Mon
avis : Cela faisait quelques temps que je
ne vous parlais pas du génialissime Alan Moore, sans aucun doute possible, le
plus grand auteur de comics de ces cinq dernières décennies et qui,
au fil du temps, nous aura proposé moult chef d’œuvres incontestables comme Watchmen ou La
Ligue des Gentlemen Extraordinaires. Et donc, profitant de cette
période estivale, je me suis dit que l’occasion était parfaite pour me lancer
dans la lecture d’autres titres majeurs du Sorcier de Northampton, surtout que,
mine de rien, parmi ces derniers, il y avait quelques belles pépites, des
incontournables comme ce fameux V pour Vendetta dont je vais
vous parler à présent. Nous sommes à la fin des années 90 et, une décennie
auparavant, le monde a connu un conflit nucléaire qui ne l’aura pas dévasté
totalement. L’Angleterre s’en est plus ou moins sortit mais un régime
dictatorial s’est installé et tient, comme il fallait s'y attendre, sous sa
joug le peuple, écrasant celui-ci sous une poigne de fer. Pourtant, alors que
l’avenir apparait bien sombre, un homme sans nom, sans visage, apparait et
lutte seul contre le régime en place, commettant des attentats et des meurtres
de personnalités. Cet homme qui se fait appeler V souhaite rendre le pouvoir au
peuple, du moins, si celui-ci en est digne… En partant de ce postulat de départ
qui pourrait flirter allègrement avec un certain 1984 de
George Orwell chef d’œuvre absolu du genre dystopique, Alan Moore nous livre
avec V pour Vendetta probablement ce qui est la BD qui
retranscrit avec le plus de justesse la dictature. Imaginant ce qu’aurait put
donner les iles britanniques sous un régime fasciste, l’auteur nous offre un
récit oppressant, menaçant et suffisamment solide pour sortir définitivement du
simple carcan grand public un peu stupide où est relégué, en temps normal,
l’amateur de comics. Bien évidement, avec Watchmen, Alan Moore nous
avait déjà prouvé que le genre n’était pas réservé aux super-slips et que, même
en mettant en scène ces derniers, il y avait matière à nous en proposer une vision
plus intelligente. Avec V pour Vendetta, Moore va encore plus loin
puisque, ici, non seulement V n’a pas grand-chose a voir avec les super-héros –
en dehors du fait qu’il porte un masque – mais que, en plus, l’ennemi, dans ce
récit, est autrement plus redoutable qu’un quelconque pantin costumé puisqu’il
s’agit de politiciens – après tout, faut-il rappeler les millions de morts
causés, au vingtième siècle, par les diverses dictatures, quelles soient de
gauche comme de droite ? Qui plus est, le propos d’Alan Moore est de nous
montrer que, davantage que les capacités d’un homme a lutter contre le mal, ce
qui compte, c’est avant toute chose, une idée, un symbole : après tout, un
être humain peut être tué. Un symbole, lui, ne meurt pas. Et c’est probablement
cela qui fait aussi la réussite de ce V pour Vendetta, une œuvre
intelligente et, finalement, moins manichéenne qu’on pourrait le penser de
prime abord puisque, dans celle-ci, certains des membres du pouvoir en place
sont loin d’être des salauds et il y a même des victimes parmi eux. De même, à
aucun moment Alan Moore ne glorifie les actes de V et même si l’on sent
l’attrait de l’auteur pour l’anarchisme, il laisse le soin au lecteur de se
faire sa propre opinion sur les agissements du justicier masqué… Bref, vous
l’avez compris, V pour Vendetta est une œuvre majeure de la
bande dessinée britannique et, incontestablement, un incontournable que tout
amateur de comics se doit de lire au moins une fois dans sa vie. Après, il faut
reconnaitre que ses thématiques, son propos et le style particulier d’Alan
Moore qui est davantage un écrivain qu’un simple scénariste risque de ne pas
plaire à tout le monde, mais bon, cela reste une affaire de gouts personnels
comme c’est le cas avec pas mal d’œuvres géniales, tous genres confondus…
Points
Positifs :
- Incontestablement, V
pour Vendetta est la bande dessinée la plus intelligente qui ait été
écrite au sujet de la dictature : œuvre d’une profondeur rare, plausible
et pas manichéenne pour un sou, nous avons là une des plus belles créations du
sieur Alan Moore ! Bref, un petit chef d’œuvre du Neuvième Art…
-
Si V apparait comme étant, naturellement, le protagoniste phare de cette BD et
qu’il écrase tous les autres de par son charisme, il faut reconnaitre que les
autres personnages marquent également les esprits : Evey, bien entendu,
mais aussi une bonne partie des membres du régime qui sont particulièrement
bien développés plutôt que d’être de simples coquilles vides…
-
Un récit découpé en trois actes, comme au théâtre et si le second est peut-être
le moins aboutit, l’ensemble n’en reste pas moins réussi et captivant de bout
en bout.
-
Un être humain peut être tué. Un symbole, lui, ne meurt pas. Voilà ce qui
ressort principalement de ce V pour Vendetta et, ma foi, cela
résume plutôt bien ce comics.
-
En effet, certains peuvent trouver que le style de David Lloyd accuse son âge,
cependant, si vous êtes un peu agé comme moi – bref, dans les 50 ans – et que
vous êtes familier du style de l’époque, alors, vous serez probablement plus
enclin a apprécier les dessins d’un artiste nettement plus talentueux qu’on
pourrait le penser de prime abord.
Points
Négatifs :
-
Comme souvent chez Moore, posséder de bonnes connaissances en histoire s’avère
nécessaire pour mieux saisir toutes les subtilités de ce V pour
Vendetta, sans parler, bien entendu, des nombreuses références qui
parsèment les presque 400 pages de cet album.
-
Une œuvre absolument pas grand public et qui risque de déstabiliser un public
que l’on qualifiera de moderne.
-
Certains estimeront que le style de David Lloyd accuse un peu son âge est un
trop typé années 80. Naturellement, cela reste une affaire de gouts personnels…
Ma
note : 8,5/10
Tonight's
the Night
Neil
Young
1
- Tonight's The Night (Neil Young) 4:39
2
- Speakin'Out (Neil Young) 4:56
3
- World On A String (Neil Young) 2:27
4
- Borrowed Tune (Neil Young) 3:36
5
- Come On Baby Let's Go Downtown (Danny
Whitten/Neil Young) 3:35
6
- Mellow My Mind (Neil Young) 3:07
7
- Roll Another Number (For The Road) (Neil Young) 3:02
8
- Albuquerque (Neil Young) 4:02
9
- New Mama (Neil Young) 2:11
10
- Lookout Joe (Neil Young) 3:57
11
- Tired Eyes (Neil Young) 4:38
12
- Tonight's The Night - Part II (Neil Young) 4:52
Tonight's the Night
Musicien
: Neil
Young
Parution
: 20 juin 1975
Enregistré : 1970
– 1973
Durée : 44:52
Genre
: Folk
Rock, Blues Rock
Producteur : Neil
Young, David Briggs, Elliot Mazer et Tim Mulligan
Label
: Reprise
Records
Musiciens :
Neil Young : voix, piano, guitare, harmonica et harpe
Ralph Molina : batterie, voix (1 2 3 5 6 7 8 9 11 12)
Billy Talbot : basse (1 2 3 4 5 6 7 8 11 12)
Danny Whitten : guitare et voix (5)
Jack Nitzsche : piano, guitare slide (5 10)
Ben Keith : guitares, voix (1 2 3 6 7 8 10 11 12)
Kenny Buttrey : batterie (10)
Tim Drummond : basse (10)
Nils Lofgren : guitare, piano, voix (1 2 3 6 7 8 9 11 12)
George Whitsell : voix (9)
Mon
avis : Retrouvons le sieur Neil Young qui
est, pour rappel, un des mes musiciens préférés, et poursuivons, à présent,
avec le troisième volet de la fameuse et oh combien sombre Ditch Trilogy
puisque, après deux opus qui avaient déjà marqué grandement les esprits et
troublé bon nombre de fans du Loner, je veux, bien entendu, parler de Time
Fades Away et de On the Beach,
ce Tonight's the Night qui nous préoccupe à présent peut être qualifier,
sans discussion possible, comme étant un des plus sombres et intimiste du
musicien et qui, bien entendu et sans grande surprise, est la suite parfaite de ses deux prédécesseurs, des opus qui étaient déjà emprunts
d’une mélancolie pour le moins évidente. Il faut dire, avant toute chose, que Tonight's
the Night n’est pas un album simple d’accès, bien au contraire et que
celui-ci, une fois de plus, aura de quoi déstabiliser les fans traditionnels du
Loner qui auront bien du mal à retrouver tout ce qui leur avait tant plu dans
le célèbre Harvest.
D’une noirceur pour le moins extrême, morbide a souhait, Neil Young,
complètement habité, y chante comme s’il allait s’écrouler a chaque instant. Il
faut dire que, à l’époque, le canadien n’allait vraiment pas fort, épuisé par
les diverses tournées et littéralement traumatisé par la mort de deux de ses
compagnons, tout deux par overdose, son guitariste Danny Whitten et Bruce
Berry, ancien roadie de Crosby, Stills, Nash and Young, Young, le Loner est au
trente-deuxième dessous, moralement parlant, mais, musicalement, c’est une toute
autre chose puisque ces drames vont l’inspirer de fort belle manière, ce qui
donnera, bien entendu, ce Tonight's the Night, véritable chef
d’œuvre (encore un) folk/blues qui aura traumatiser des générations de
dépressifs. Bien évidement, ici, il ne faut pas s’attendre a un Neil Young
enjoué, a un Neil Young campagnard ou un Neil Young survolté, non, ici, le
canadien va mal, il souffre et nous le fait savoir : la vie est injuste,
la mort une salope qui frappe a tout instant mais il faut bien continuer,
quitte a exprimer son dégout et sa tristesse. Mais bon, lorsque l’on voit le résultat
final – qui, bien entendu, déplu fortement a la maison de disques qui
rechignera longtemps à sortir cet album – on ne peut pas s’empêcher de se dire
que, parfois, les aléas de la vie peuvent accoucher de véritables
merveilles !
Points
Positifs :
- Tonight's
the Night est, incontestablement, le disque le plus sombre de la
longue carrière de Neil Young mais, accessoirement, c’est ce qui en fait sa
force. Le canadien souffre de la perte de deux de ses vieux amis, il est épuisé
tant physiquement que psychologiquement, et, plutôt que de sombrer
définitivement, il nous pond un disque noir (dans tous les sens du terme) qui
n’est certes pas facile d’accès mais qui n’en reste pas moins excellent.
-
Malgré de belles ballades comme Albuquerque ou World
On A String (particulièrement celle-ci), Tonight's the Night est
surtout composé de titres lugubres, dépressifs, mais qui, accessoirement,
prennent aux tripes lorsqu’on les écoute. La chanson éponyme, Borrowed
Tune, Speakin'Out, ça ne rigole pas mais qu’est ce que c’est
bon !
-
On a l’impression que Neil Young va s’écrouler d’un moment a l’autre lors de
chaque chanson, mais qu’est ce qu’il chante bien… avec les tripes pourrait-on
dire.
- Come
On Baby Let's Go Downtown, pour le duo avec Danny Whitten.
Points
Négatifs :
- Il
est évidant que Tonight's the Night n’est pas un disque simple
d’accès et que nombreux seront ceux qui seront refroidis par sa noirceur.
- Tonight's
the Night vaut surtout pour son ensemble, cohérant et qui touche l’âme
de celui qui l’écoute (après tout, qui n’a jamais connu de très mauvais moments
dans sa vie ?) et si la plupart des chansons qui composent cet album sont
bonnes, il manque des grands titres, des incontournables.
Ma
note : 9/10
L'Échiquier
du Mal
En
1942, alors qu'il est prisonnier du camp d'extermination de Chelmno, Saul
Laski, un juif polonais déporté, est emmené par le colonel SS Wilhelm von
Borchert dans un château perdu en pleine forêt. Là, il participe comme «
pion » à une partie d'échecs entre le colonel et un vieil officier SS.
Toutes les pièces de l'échiquier géant sont comme lui des prisonniers sortis
des camps. Saul fait alors l'expérience traumatisante du « Talent »,
ce pouvoir psychique qui permet aux deux officiers SS de s'insinuer dans
l'esprit des prisonniers pour les faire se déplacer sur l'échiquier ou se tuer
lorsqu'ils sont pris par l'adversaire. Après la guerre, devenu psychiatre, Saul
Laski s'efforce de retrouver la trace de son ancien tortionnaire, le colonel
Wilhelm von Borchert, qu'il appelle l'Oberst. Au mois de décembre 1980, à
Charleston en Caroline du Sud, trois vieux amis, Nina Drayton, William Borden
et Melanie Fuller, se rencontrent pour évoquer leur jeunesse viennoise et
surtout pour compter leurs points. En effet, chacun est doué du «
Talent » et montre aux deux autres ses derniers meurtres en date, à
grand renfort de coupures de presse, de clichés et de cassettes vidéo. À
l'issue de leur rencontre, Melanie Fuller se fait agresser en pleine rue par
son majordome, manipulé psychiquement par Nina Drayton. Elle se défend en
utilisant elle-même plusieurs passants et voisins innocents et réussit
finalement à s'échapper après avoir retrouvé et assassiné son amie Nina.
Intrigué par la série de meurtres inexpliqués de Charleston, Saul Laski mène sa
propre enquête, bientôt aidé par Natalie Preston, la fille d'une des victimes
de Melanie Fuller, et par le shérif du Comté, Bobby Joe Gentry.
L'Échiquier du Mal
Auteur
: Dan Simmons
Type
d'ouvrage : Fantastique
Première
Parution : 10 février 1989
Edition
Poche : 09 octobre 2014
Titre
en vo : Carrion Comfort
Pays
d’origine : Etats-Unis
Langue
d’origine : anglais
Traduction : Jean-Daniel
Brèque
Editeur : Folio
SF
Nombre
de pages : 1024
Mon
avis : Celui-là, je ne vais pas vous
mentir, cela faisait longtemps que je souhaitais le lire, grosso modo, une
quinzaine d’années, pour être précis, plus ou moins après avoir lu pour la
toute première fois Les
Cantos d’Hypérion, véritable classique de la science-fiction et,
accessoirement, chef d’œuvre absolu du sieur Dan Simmons. Il faut dire que,
depuis que j’en avais entendu parler pour la toute première fois, j’avais eu
l’occasion de lire moult critiques pour le moins élogieuses vis-à-vis de L'Échiquier
du Mal, que cela soit de la part des critiques, de bons nombres de lecteurs
et même d’un certain Stephen King. Bref, de quoi me plonger avec une certaine
confiance dans une œuvre qui, sur le papier, promettait énormément. Le
problème, et il est de taille, c’est que, si, effectivement, sur le papier, les
promesses étaient nombreuses, le résultat final lui, m’aura profondément déçu,
ennuyer et m’aura laissé la bien curieuse impression qu’avec Dan Simmons,
finalement, en dehors des Cantos, rien de ce qu’aura pondu cet
auteur m’aura vraiment convenu. Pourtant, les choses débutaient plutôt bien
dans L'Échiquier du Mal et je dois reconnaitre que cette
histoire d’individus surpuissants – les fameux vampires psychiques – capables
de manipuler n’importe quel quidam et d’en faire une arme en puissance avait de
quoi promettre un roman fantastique de qualité. Le souci, c’est que, en dehors
de ces belles promesses et d’une première partie que l’on peut qualifié de,
sensiblement, correcte – à défaut d’être géniale – la suite n’est qu’une lente
descente vers le néant narratif et le grand guignolesque. Ainsi, L'Échiquier
du Mal est composé de la sorte : une première partie où l’on
découvre les protagonistes, les pouvoirs de ces fameux soit disant vampires,
une partie que l’on peut qualifier sans peine d’assez spectaculaire dans
l’ensemble. Ensuite, la deuxième est sans nul doute la pire, ce, en étant
interminable, Simmons prenant un malin plaisir à agrandir artificiellement son
intrigue avec cette pseudo guerre des gangs contre le FBI dont, en toute
sincérité, on se moque pas mal. Pour finir, la conclusion qui voit l’auteur
tomber encore plus dans le grand n’importe quoi, le scénario basculant
totalement dans la série B, un peu comme ces téléfilms américains voir de ces
blockbusters qui, en dehors des moyens, un poil plus conséquents, ne brillent
pas vraiment par leur scénario. Bref, ici, nous sommes à mille lieux, que
dis-je, à des années lumières des Cantos d’Hypérion et je me demande
même comment Simmons pouvait être capable de nous pondre un chef d’œuvre d’un
coté et un truc aussi moyen de l’autre – après, il y a aussi le cas Olympos qui
est une véritable bouse ! Ajoutons à cela des protagonistes sans grand
intérêt et sans le moindre charisme, pas mal d’incohérences, des longueurs a
n’en plus finir, une conclusion ridicule et on obtient, au final, un ouvrage
qui m’aura franchement ennuyer et qui m’aura laisser pour le moins dubitatif
vis-à-vis de toutes les critiques élogieuses que j’ai put lire a son sujet.
Certes, les gouts et les couleurs ne se discutent pas, mais dans le cas
de L'Échiquier du Mal, j’ai de quoi être perplexe…
Points
Positifs :
-
Le postulat de départ de L'Échiquier du Mal est plutôt bon et
il est clair que cette idée de vampires psychiques, ces individus surpuissants
capables de manipuler les autres par la pensée est tout sauf mauvaise. Bref, il
y avait de quoi faire beaucoup mieux…
-
La première partie, à défaut d’être géniale, se laisse lire et part sur de
bonnes bases.
-
William Borden, alias Wilhelm von Borchert, et Melanie Fuller sont les
personnages qui marquent le plus les esprits. A un degré moindre, Tony Harod
mérite le détour, ne serais-ce que pour tous ses défauts.
Points
Négatifs :
-
Un final complètement ridicule et digne des plus grands navets hollywoodiens.
Ici, Simmons est en pilotage automatique et nous pond une conclusion qui flirte
allègrement avec le grand guignolesque.
-
Entre des protagonistes majeurs qui perdent la vie sans que l’on ressente quoi
que ce soit envers eux, d’autres qui se comportent de manière pour le moins
stupide ou singulière – pour quelle raison la secrétaire de Tony décide,
subitement, de coucher avec lui, sans qu’il y ait la moindre explication – tout
un tas de personnages secondaires qui ne servent pas a grand-chose et d’autres
qui, subitement, sont présentés comme étant racistes – Melanie Fuller – alors
que rien ne le laissait penser jusqu’à alors – probablement un moyen pour
Simmons de rendre son personnage moins sympathique – force est de constater
que L'Échiquier du Mal ne brille pas par sa cohérence, bien au
contraire.
-
Mais qu’est ce que c’est long, que de longueurs interminables, que de détails
superflus… Simmons était payer à la ligne ou quoi !? Bref, ce roman aurait
put contenir, facilement, 400 pages de moins…
-
Attention au spoiler : on se demande bien comment Saul Laski et Nathalie
Preston finissent par s’en sortir indemnes !?
-
Il faut reconnaitre que les dialogues n’aident pas vraiment ; quand je
vous disais que l’on nageait en pleine série B…
Ma
note : 4/10