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samedi 1 août 2026

Les Grandes Erreurs de la Seconde Guerre Mondiale


Les Grandes Erreurs de la Seconde Guerre Mondiale
 
La Seconde Guerre mondiale a duré près de six années, aussi longues que terribles. Cette durée s'explique, bien entendu, par les formidables moyens que les belligérants déployèrent sur terre, sur mer et dans les cieux : il était vain d'espérer abattre l'ennemi par une campagne unique ou une bataille décisive. Mais les erreurs commises expliquent aussi que ce conflit se soit éternisé. Si Hitler ne s'était pas obstiné à gagner la bataille d'Angleterre ou à prendre Stalingrad, si la France, en mai 1940, n'avait pas imprudemment lancé ses forces en Belgique et en Hollande, si les Anglo-Américains n'avaient pas débarqué en Afrique du Nord..., la face de la guerre en eût été changée et sa durée vraisemblablement raccourcie. En traquant les erreurs commises par les deux camps, ce livre vise à explorer la rationalité des acteurs. Car les décisions prises par les dirigeants politiques ou les chefs militaires reposaient sur un ensemble de paramètres qu'il importe de décrire, afin de comprendre pourquoi ils menèrent à l'échec. Les stratégies se fondaient sur des informations parfois imparfaites, sur des moyens souvent limités, sur des hypothèses par moment fallacieuses. Autant de facteurs qui conduisirent, plus d'une fois, au désastre, comme aussi l'orgueil, l'obstination, le carriérisme et l'opportunisme menant à la prise de (mauvaises) décisions. Autant de cas de figures qu'illustreront, de Stalingrad à Market Garden, de la stratégie navale des Japonais à l'insurrection de Varsovie, vingt contributions proposées par les meilleurs spécialistes de la Seconde Guerre Mondiale.
 

Les Grandes Erreurs de la Seconde Guerre Mondiale
Auteur : Jean Lopez, Olivier Wieviorka
Type d'ouvrage : Histoire
Edition originale : 01 octobre 2020
Edition française : 11 mai 2023
Titre en vo : Les Grandes Erreurs de la Seconde Guerre Mondiale
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Traduction : Néant
Editeur : Tempus Perrin
Nombre de pages : 336
 
Mon avis :
 Un ouvrage fort intéressant dont je vais vous entretenir à présent puisque, il faut le reconnaitre, s’il y a bien une période historique fort prisée du grand public et qui a toujours le don de captiver l’intérêt de celui-ci, c’est bel et bien la Seconde Guerre Mondiale. Qui plus est, malgré les soixante-dix ans écoulés depuis la fin du second conflit mondial, malgré tout ce qui a été dit et écrit au sujet de celui-ci, de ses batailles les plus emblématiques, de ses grands noms et de ses conséquences, force est de constater que si un énième ouvrage sur le sujet est, bien entendu, loin d’être original, on peut toujours espérer en tirer quelque chose. Et donc, vous l’avez compris, c’est le cas avec Les Grandes Erreurs de la Seconde Guerre Mondiale, essai supervisé par les sieurs Jean Lopez et Olivier Wieviorka et qui, en toute franchise, possède suffisamment d’atouts pour satisfaire les amateurs du second conflit mondial. Bon, tout d’abord, comme il faut savoir rendre à César ce qui lui appartient, cet ouvrage est, en fait, une compilation d’articles parus dans la revue Guerre & Histoire. Certains, bien entendu, pourront trouver le procéder simpliste, pourtant, au vu du contenu de cet essai, force est de constater qu’il n’y a nullement tromperie sur la marchandise et que oui, incontestablement, ce dernier mérite le détour. Il faut dire que, en abordant toutes ces fameuses erreurs, telles qu’elles nous sont présentées, les auteurs nous présentent non seulement des décisions qui se sont avéré êtres, bien entendu, mauvaises, ce, en expliquant pourquoi ces dernières ont été prises, mais aussi, en nous expliquant comment le conflit aurait put prendre une autre tournure s’il en avait été, à chaque fois, différemment. Bref, nous ne sommes pas très loin, a de multiples reprises, de l’uchronie, mais ces fameuses histoires parallèles ne tombent jamais dans la fiction, disons juste que les auteurs nous présentent ce qui aurait put être, si tel dirigeant, tel décision, telle idéologie, aurait été autre. Tout cela est donc, naturellement, captivant au possible et je pense ne pas me tromper en affirmant que si vous êtes un passionné de la Seconde Guerre Mondiale, vous ne pouvez décidément pas passer a coté de cet ouvrage qui sort un peu des sentiers battus et qui ne vous décevra nullement.
 

Points Positifs
 :
- Un excellent ouvrage qui nous narre une bonne vingtaine d’erreurs majeures qui ont émaillé la Seconde Guerre Mondiale, ce, en expliquant comment ces dernières ont eut lieu mais aussi, naturellement, en nous montrant ce qui aurait put se dérouler si les événements auraient été autre.
- Si les erreurs sont, bien entendu, au cœur de la thématique de cet essai, les divers auteurs prennent le temps d’expliquer pourquoi toutes ces décisions funestes ont été prises, que cela soit en raison d’une quelconque idéologie ou, tout simplement, par méconnaissance, par exemple, des forces en présence ou de la volonté de résistance de l’ennemi. Du coup, nous avons affaire a un ouvrage plutôt intelligent dans sa conception et terriblement instructif.
- Même si cela ressemble par moments à de l’uchronie, genre oh combien habituel avec cette période historique, force est de constater qu’il n’en n’est rien et que, a aucun moment, on ne tombe dans la fiction, bien au contraire.
 
Points Négatifs :
- Peut-être que l’on peut regretter que les auteurs n’aillent pas plus loin, par moments, dans ce qu’aurait put être cette fameuse histoire parallèle du conflit, car bon, je pense ne pas me tromper en affirmant que pas mal de choses auraient put être différentes si certains choix avaient été autres. Or, la plupart du temps, il faut reconnaitre que le coté uchronique est un peu sous exploité.
- La Seconde Guerre Mondiale fut un conflit si marquant que je pense ne pas me tromper en affirmant que cet ouvrage, finalement, apparait comme étant un peu court. Après tout, il y aurait peut-être pas mal d’autres erreurs à pointer du doigt dans celui-ci ?
 
Ma note : 7,5/10

vendredi 31 juillet 2026

Filles Perdues


Filles Perdues
 
En 1913, en Autriche, existe un hôtel dirigé par Mr Rougeur, un français très porté sur les livres pour adultes, aux contenus pour le moins libertins. Cela fait quelques temps qu’une femme d’âge mûr, Alice, y loge également. Celle-ci aime particulièrement se caresser tout en se regardant dans le miroir. Un peu plus tard, une jeune américaine du nom de Dorothée Gale arrive à l’hôtel et fait rapidement la connaissance d’un jeune homme, le capitaine Rolf Bauer. Après un dîner fort agréable, ce dernier l’emmène dans un des jardins de l’hôtel et la déshabille. Après quelques préliminaires, il commence à lui pratiquer un cunnilingus tout en se masturbant. Mais après quelques instants, le militaire n’en peut plus et éjacule, trop excité à la vue des superbes chaussures que porte Dorothée. Le lendemain, un couple arrive, Harold et Wendy Potter. Après une nuit assez agitée où les bruits et cris provenant de chambres voisines se font entendre, Wendy fait rapidement la connaissance de Dorothée et d’Alice, les responsables des bruits nocturnes, qui faisaient l’amour. Les jours passent et les trois femmes voient leurs liens se renforcer, venant même à se confier leurs premiers émois tandis que leur relation devient de plus en plus charnelle…
 

Filles Perdues
Scénario : Alan Moore
Dessins : Melinda Gebbie
Encrage : Melinda Gebbie
Couleurs : Melinda Gebbie
Couverture : Melinda Gebbie
Genre : Erotique
Editeur : Taboo
Titre en vo : Lost Girls
Pays d’origine : Grande-Bretagne
Langue d’origine : anglais
Parution : 10 mai 2006
Editeur français : Delcourt
Date de parution : 19 mars 2008
Nombre de pages : 320
 
Liste des épisodes
Lost Girls 1-30
 
Mon avis :
 Après vous avoir proposer les critiques de deux des plus grands chef d’œuvres du grand Alan Moore, V pour Vendetta et From Hellabordons à présent ce qui est, sans la moindre contestation, l’œuvre la plus polémique de l’auteur britannique, je veux, bien entendu, parler d'un certain Filles Perdues. Bon, ici, nous naviguons entièrement en dehors des sentiers battus de la bande dessinée que l'on peut qualifier de traditionnelle puisque cette création du sieur Moore, accompagné aux dessins par sa compagne, Melinda Gebbie, est, tout simplement, à ranger dans la catégorie érotique. D’ailleurs, j’irais même plus loin, au vu des très nombreuses scènes proposées dans ce gros ouvrage, parler de pornographie serait, selon moi, nettement plus adapté. Naturellement, le lecteur, peut connaisseur du scénariste, a de quoi être pour le moins dubitatif devant ce Filles Perdues et il est difficile de ne pas le comprendre, car bon, comment dire, si, au fil de ses diverses créations, Moore n’a jamais été très avare de nous proposer, lorsque le cœur lui disait et que cela se justifiait, scénaristiquement parlant, des scènes pour le moins crues. Mais une œuvre totalement pornographique, là, il y a un pas que le britannique a joyeusement franchis et dont le résultat, s’il prête naturellement à la polémique, n’en n’est pas moins excellent ! Ainsi, en reprenant les héroïnes de trois des contes modernes parmi les plus célèbres, c’est-à-dire, Peter PanLe Magicien d’Oz et Alice au Pays des Merveilles, Alan Moore ne se contente pas de nous offrir un récit qui verrait les trois femmes, désormais plus âgées, se rencontrer dans un quelconque hôtel en plein cœur de l’Europe et tout juste avant le début de la Première Guerre Mondiale. Non, Moore va plus loin et va plutôt nous proposer les récits érotiques de ces trois héroïnes : ainsi, au fil des pages, le lecteur qui aura le plus grand mal à parcourir cet ouvrage d’une seule main – c’est qu’il est plutôt imposant le bougre – va découvrir les relations sexuelles des trois femmes mais également leurs premiers émois amoureux. Et, justement, si voir toute l’hypocrisie de la prude société de l’époque est plutôt jouissive lorsque l’on découvre les débauches diverses qui ont lieu, la partie la plus intéressante, finalement, est celle où Moore nous montre comment les premières expériences sexuelles de ses héroïnes sont à la base des contes qui nous sont plus familiers. Bien entendu, je n’en dirais pas davantage afin de ne pas dévoiler tout un plan de l’intrigue et me contenterais de dire que, une fois de plus, avec Alan Moore, use et abuse de moult références et que si les dessins pour le moins crus ont de quoi émoustiller les plus sensibles d’entre nous, c’est entre les lignes qu’il faut lire cette œuvre et prendre ainsi plaisir à découvrir comment le sexe aura accoucher de ces œuvres destinées aux enfants… Une fois de plus et sans grande surprise malgré la prise de risque notable prise ici, Alan Moore confirme tout le bien que l’on peut penser de lui et, ma foi, faire d’une BD pornographique un véritable chef d’œuvre est pour le moins impressionnant. Naturellement, Filles Perdues n’est pas a maitre entre toutes les mains car bon, si la masturbation, la sodomie, l’homosexualité, le lesbianisme, le fétichisme et les orgies sont bien au rendez vous, certains risquent d’avoir du mal avec des scènes disons, plus problématiques comme les relations incestueuses, la pédophilie et la zoophilie. Prises dans le récit, celles-ci s’expliquent, mais bon Alan Moore va très loin tout de même ici, peut-être trop loin pour certains…
 

Points Positifs
 :
- Probablement l’œuvre la plus polémique et la plus osée d’Alan Moore. Il faut dire que Filles Perdues est une œuvre que l’on peut qualifier sans discussion de pornographique, cependant, malgré ce constat pour le moins évidant, tout le génie de l’auteur est au rendez vous et si s’avère que cette BD est bien plus complexe qu’on pourrait le penser de prime abord.
Filles Perdues en dehors de ses très nombreuses scènes de sexe, est aussi une œuvre qui nous permet de voir comment les premières expériences sexuelles de nos trois héroïnes ont été, du moins, selon la vision de Moore, à l’origine de la création de ces trois classiques que sont Peter PanLe Magicien d’Oz et Alice au Pays des Merveilles.
- Pour ce qui est de la partie graphique, Melinda Gebbie nous livre une prestation que l’on pourrait qualifié de simpliste avec ses tons pastels mais qui n’en reste pas moins de qualité.
- Comme à chaque fois avec Alan Moore, c’est complexe, bourré de références à l’histoire et à la culture populaire, cependant, si vous possédez quelques bonnes connaissances et que vous êtes fan du genre, alors, la lecture de Filles Perdues sera un pur régal pour vous.
- Une édition de fort belle qualité. Chapeau bas aux éditions pour celle-ci et, accessoirement, pour le courage d’avoir publié cette œuvre en français !
 
Points Négatifs :
- Bien entendu, Filles Perdues est une œuvre pornographique et celle-ci n’est absolument pas destinée à tout le monde. Certains risquent de prendre leur jambe à leur coup devant cette avalanche orgiaque de débauche sexuelle !
- Même si cela se justifie dans le récit, nombreux sont ceux qui auront beaucoup de mal avec les scènes où l’on assiste à des relations incestueuses, de la pédophilie et de la zoophilie…
- Comme souvent chez Moore, posséder de bonnes connaissances en histoire s’avère nécessaire pour mieux saisir toutes les subtilités de ce Filles Perdues, sans parler, bien entendu, des nombreuses références qui parsèment les plus de 300 pages de cet album.
 
Ma note : 8,5/10

From Hell


From Hell
 
Septembre 1923, sur une plage de Bournemouth, ville portuaire située sur la côte sud de l'Angleterre, dans le comté de Dorset. Deux vieillards marchent sur le sable et dissertent ensemble. La Première Guerre Mondiale leur semble encore bien proche. M. Lees pense qu'elle est annonciatrice de la fin du capitalisme. Bien qu'il soit issu des classes moyennes, il se revendique d'un socialisme, qui, bientôt, renversera, par l'accession du Parti Travailliste, le régime de Sa Majesté. M. Abberline, lui, au contraire, est issu d'une famille ouvrière qui a toujours voté pour les Tory. Mais ce qui taraude vraiment les deux patriarches, ce n'est pas tant la situation politique de leur patrie que les remords et la culpabilité qu'ils partagent. Lees, pour la première fois de sa vie, avoue qu'il a été un imposteur. Abberline, quant à lui, a été un flic qui a préféré se taire. Tous deux s'accordent à avouer qu'ils se sont enrichis avec rien. Plus exactement avec le silence. L'ex-flic en a tiré une pension confortable et ses économies s'évaluent aussi à une tonne d'ennuis qu'il a évités en se taisant. Le voici jouissant de bons à côtés et d'une maison coquette située sur le front de mer et dans laquelle il va accueillir sa vieille connaissance qu'est Lee. Il lui souhaite la bienvenue dans la demeure que Jack a bâtie...
 

From Hell
Scénario : Alan Moore
Dessins : Eddie Campbell
Encrage : Eddie Campbell
Couleurs : Eddie Campbell
Couverture : Eddie Campbell
Genre : Horreur, Policier
Editeur : Taboo
Titre en vo : From Hell
Pays d’origine : Grande-Bretagne
Langue d’origine : anglais
Parution : 23 décembre 1999
Editeur français : Delcourt
Date de parution : 24 octobre 2000
Nombre de pages : 576
 
Liste des épisodes
From Hell 1-10
 
Mon avis :
 Après les chefs-d’œuvre que furent V pour Vendetta et Watchmen, Alan Moore confirma tout le bien que l’on pensait de lui et, plus particulièrement, son génie, avec la sortie, a la toute fin des années 90, de ce véritable monument de la bande dessinée qu’est From Hell. Ainsi, dans ce véritable pavé, le scénariste britannique convoquait des figures mythiques comme Baal, Horus et Dionysos, bibliques, littéraires, ce, tout en mettant en avant la plus célèbre des sociétés secrètes, la fameuse Franc-maçonnerie, pour une plongée dans l’apocalypse du Londres victorien, a la fin du règne Victorien et, plus précisément, pour nous donner sa vision des tristement célèbres crimes d’un certain Jack l’Éventreur. Bien entendu et, sans grande surprise, les lecteurs de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires ne pouvaient qu'être en terrain familier, le programme de Moore s’abreuvant, encore une fois, aux sources de l’Enfer et du chaos pour dépeindre un monde pour le moins cauchemardesque aux vertus libératrices. Cependant, il ne faut pas s’y méprendre, From Hell n’était pas que le simple récit d’une enquête policière, avec le plus célèbre des serials killers et des meurtres à élucider. Au-delà de l’intrigue en elle même – Moore reprenais ici une des nombreuses thèses au sujet de l’identité de Jack l’Eventreur, probablement la plus connue mais pas forcément la plus crédible – le récit proposait plutôt une réflexion métaphysique d’une profondeur inouïe, prenant pour objets le pouvoir, l’aliénation de l’homme et sa folie. Œuvre résolument noire, brillante réflexion sur le mal et ses déclinaisons crépusculaires, From Hell plongeait le lecteur dans les recoins de l’âme et de la conscience pour fabriquer son propre mythe, celui d’un mal sans fin. Tel un miroir ou un écho fantasmé, le graphisme d’Eddie Campbell se mettait au diapason de l’ambiance glauque, avec un noir et blanc dégoulinant de crasse, sale et charbonneux. Tour à tour dépouillé et rigoureux, le trait venait sublimer la portée symbolique du propos. Le mélange d’une écriture profonde et d’un dessin au cordeau, accouchait d’une construction magistrale, propre à faire de From Hell un véritable chef-d’œuvre du neuvième art. Soulignons enfin la rigueur d’Alan Moore. En effet, afin de mieux montrer le chaos, il se faisait brillant chercheur en compilant une documentation très fouillée, quasiment exhaustive, dans une affaire où les convictions l’emportent largement sur les certitudes, quarante pages de notes venant clore cette œuvre à l’équilibre parfait. Sombre portrait d’une modernité à venir, From Hell – qui annonçait d’une certaine manière l’avènement des régimes totalitaires – vous invitera finalement à mieux connaître l’essence humaine. Une œuvre cathartique, un horizon indépassable et qui est, tout simplement, culte…
 

Points Positifs
 :
- Un des plus grands chefs d’œuvres d’Alan Moore, tout simplement ! Il faut dire que, en s’attaquant à la figure mythique de Jack l’Eventreur, le scénariste britannique réussit non seulement son pari mais surtout, en nous livrant un tour de force peu commun, scénaristiquement parlant et en usant, comme à son habitude, de ses nombreuses connaissances, Moore livre une œuvre peu commune, d’une complexité rare mais qui s’avère, pour peu que l’on s’y accroche, être une pure merveille !
- Bien évidement, il y aurait à redire sur l’hypothèse choisie par Alan Moore pour ce qui est de l’identité de Jack l’Eventreur, cependant, force est de constater que celle-ci est, sans aucun doute, la plus attirante, ne serais-ce que parce qu’elle met en cause un individu connu et fort proche du pouvoir royal. Du coup, il est difficile de ne pas adhérer à celle-ci…
- Le choix du noir et blanc s’avère être fort judicieux et si, de prime abord, on peut trouver le style d’Eddie Campbell pour le moins brouillon, ce n’est qu’une fausse impression : l’artiste est nettement plus talentueux qu’on pourrait le penser et son choix de nous proposer une vision sale et sombre du Londres Victorien est un plus indéniable qui nous permet de mieux nous plonger dans l’ambiance malsaine du récit.
- Comme à chaque fois avec Alan Moore, c’est complexe, bourré de références à l’histoire, à la culture populaire, aux mythes et aux légendes, cependant, si vous possédez quelques bonnes connaissances et que vous êtes fan du genre, alors, la lecture de From Hell sera un pur régal pour vous.
- Les notes, nombreuses, permettent de mieux comprendre l’œuvre d’Alan Moore.
 
Points Négatifs :
- Comme souvent chez Moore, posséder de bonnes connaissances en histoire s’avère nécessaire pour mieux saisir toutes les subtilités de ce From Hell, sans parler, bien entendu, des nombreuses références qui parsèment les presque 600 pages de cet album.
- Une œuvre absolument pas grand public et d’une complexité rare. Bref, à ne pas mettre entre toutes les mains…
 
Ma note : 10/10

V pour Vendetta


V pour Vendetta
 
Fin du XXème siècle, le monde a sombré tragiquement depuis le déclenchement d'un immense conflit nucléaire. Même si l'Angleterre à été épargnée, elle subit cependant de plein fouet les désastreuses conséquences climatiques qui ravagent son territoire et sèment la maladie et la famine. Des émeutes explosent un peu partout. Pour mettre fin au chaos ambiant, un groupuscule fasciste s'empare du pouvoir et met en place une purge des citoyens jugés déviants. Les opposants politiques, les minorités ethniques ou bien encore les homosexuels sont arrêtés par milliers et envoyés vers des camps de concentration, au cœur desquels des sadiques de la pire espèce sévissent. La société, quant à elle, est surveillée par le système qui contrôle tout et se charge des punitions arbitraires. Ainsi en plein désarroi, la Jeune Evey Hammond accoste maladroitement un homme dans la rue à la nuit tombée, afin de lui proposer son corps en échange d'un peu d'argent pour survivre. Mais ce dernier lui révèle être un agent des mœurs en planque et hélas les bonnes mœurs ont depuis bien longtemps été abandonnées par la police locale. Evey échappe de peu à un viol collectif suite à l'apparition impromptue d'un illuminé déguisé et masqué qui rosse les vilains tout en citant du Shakespeare. En sécurité sur les toits de Londres, ils contemplent alors ensemble l'impressionnante explosion du parlement de Westminster, suivie d'un feu d'artifice balafrant le ciel d'un immense V. Vive l'Angleterre, la machine vengeresse est en marche...
 

V pour Vendetta
Scénario : Alan Moore
Dessins : David Lloyd
Encrage : David Lloyd
Couleurs : David Lloyd
Couverture : David Lloyd
Genre : Politique, Dystopie
Editeur : Vertigo
Titre en vo : V for Vendetta
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 10 juin 1989
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 27 mars 2020
Nombre de pages : 400
 
Liste des épisodes
V for Vendetta 1-11
 
Mon avis :
 Cela faisait quelques temps que je ne vous parlais pas du génialissime Alan Moore, sans aucun doute possible, le plus grand auteur de comics  de ces cinq dernières décennies et qui, au fil du temps, nous aura proposé moult chef d’œuvres incontestables comme Watchmen ou La Ligue des Gentlemen Extraordinaires. Et donc, profitant de cette période estivale, je me suis dit que l’occasion était parfaite pour me lancer dans la lecture d’autres titres majeurs du Sorcier de Northampton, surtout que, mine de rien, parmi ces derniers, il y avait quelques belles pépites, des incontournables comme ce fameux V pour Vendetta dont je vais vous parler à présent. Nous sommes à la fin des années 90 et, une décennie auparavant, le monde a connu un conflit nucléaire qui ne l’aura pas dévasté totalement. L’Angleterre s’en est plus ou moins sortit mais un régime dictatorial s’est installé et tient, comme il fallait s'y attendre, sous sa joug le peuple, écrasant celui-ci sous une poigne de fer. Pourtant, alors que l’avenir apparait bien sombre, un homme sans nom, sans visage, apparait et lutte seul contre le régime en place, commettant des attentats et des meurtres de personnalités. Cet homme qui se fait appeler V souhaite rendre le pouvoir au peuple, du moins, si celui-ci en est digne… En partant de ce postulat de départ qui pourrait flirter allègrement avec un certain 1984 de George Orwell chef d’œuvre absolu du genre dystopique, Alan Moore nous livre avec V pour Vendetta probablement ce qui est la BD qui retranscrit avec le plus de justesse la dictature. Imaginant ce qu’aurait put donner les iles britanniques sous un régime fasciste, l’auteur nous offre un récit oppressant, menaçant et suffisamment solide pour sortir définitivement du simple carcan grand public un peu stupide où est relégué, en temps normal, l’amateur de comics. Bien évidement, avec Watchmen, Alan Moore nous avait déjà prouvé que le genre n’était pas réservé aux super-slips et que, même en mettant en scène ces derniers, il y avait matière à nous en proposer une vision plus intelligente. Avec V pour Vendetta, Moore va encore plus loin puisque, ici, non seulement V n’a pas grand-chose a voir avec les super-héros – en dehors du fait qu’il porte un masque – mais que, en plus, l’ennemi, dans ce récit, est autrement plus redoutable qu’un quelconque pantin costumé puisqu’il s’agit de politiciens – après tout, faut-il rappeler les millions de morts causés, au vingtième siècle, par les diverses dictatures, quelles soient de gauche comme de droite ? Qui plus est, le propos d’Alan Moore est de nous montrer que, davantage que les capacités d’un homme a lutter contre le mal, ce qui compte, c’est avant toute chose, une idée, un symbole : après tout, un être humain peut être tué. Un symbole, lui, ne meurt pas. Et c’est probablement cela qui fait aussi la réussite de ce V pour Vendetta, une œuvre intelligente et, finalement, moins manichéenne qu’on pourrait le penser de prime abord puisque, dans celle-ci, certains des membres du pouvoir en place sont loin d’être des salauds et il y a même des victimes parmi eux. De même, à aucun moment Alan Moore ne glorifie les actes de V et même si l’on sent l’attrait de l’auteur pour l’anarchisme, il laisse le soin au lecteur de se faire sa propre opinion sur les agissements du justicier masqué… Bref, vous l’avez compris, V pour Vendetta est une œuvre majeure de la bande dessinée britannique et, incontestablement, un incontournable que tout amateur de comics se doit de lire au moins une fois dans sa vie. Après, il faut reconnaitre que ses thématiques, son propos et le style particulier d’Alan Moore qui est davantage un écrivain qu’un simple scénariste risque de ne pas plaire à tout le monde, mais bon, cela reste une affaire de gouts personnels comme c’est le cas avec pas mal d’œuvres géniales, tous genres confondus…
 

Points Positifs
 :
- Incontestablement, V pour Vendetta est la bande dessinée la plus intelligente qui ait été écrite au sujet de la dictature : œuvre d’une profondeur rare, plausible et pas manichéenne pour un sou, nous avons là une des plus belles créations du sieur Alan Moore ! Bref, un petit chef d’œuvre du Neuvième Art…
- Si V apparait comme étant, naturellement, le protagoniste phare de cette BD et qu’il écrase tous les autres de par son charisme, il faut reconnaitre que les autres personnages marquent également les esprits : Evey, bien entendu, mais aussi une bonne partie des membres du régime qui sont particulièrement bien développés plutôt que d’être de simples coquilles vides…
- Un récit découpé en trois actes, comme au théâtre et si le second est peut-être le moins aboutit, l’ensemble n’en reste pas moins réussi et captivant de bout en bout.
- Un être humain peut être tué. Un symbole, lui, ne meurt pas. Voilà ce qui ressort principalement de ce V pour Vendetta et, ma foi, cela résume plutôt bien ce comics.
- En effet, certains peuvent trouver que le style de David Lloyd accuse son âge, cependant, si vous êtes un peu agé comme moi – bref, dans les 50 ans – et que vous êtes familier du style de l’époque, alors, vous serez probablement plus enclin a apprécier les dessins d’un artiste nettement plus talentueux qu’on pourrait le penser de prime abord.
 
Points Négatifs :
- Comme souvent chez Moore, posséder de bonnes connaissances en histoire s’avère nécessaire pour mieux saisir toutes les subtilités de ce V pour Vendetta, sans parler, bien entendu, des nombreuses références qui parsèment les presque 400 pages de cet album.
- Une œuvre absolument pas grand public et qui risque de déstabiliser un public que l’on qualifiera de moderne.
- Certains estimeront que le style de David Lloyd accuse un peu son âge est un trop typé années 80. Naturellement, cela reste une affaire de gouts personnels…
 
Ma note : 8,5/10

jeudi 30 juillet 2026

Tonight's the Night


Tonight's the Night
 
Neil Young
 
1 - Tonight's The Night (Neil Young) 4:39
2 - Speakin'Out (Neil Young) 4:56
3 - World On A String (Neil Young) 2:27
4 - Borrowed Tune (Neil Young) 3:36
5 - Come On Baby Let's Go Downtown (Danny Whitten/Neil Young) 3:35
6 - Mellow My Mind (Neil Young) 3:07
7 - Roll Another Number (For The Road) (Neil Young) 3:02
8 - Albuquerque (Neil Young) 4:02
9 - New Mama (Neil Young) 2:11
10 - Lookout Joe (Neil Young) 3:57
11 - Tired Eyes (Neil Young) 4:38
12 - Tonight's The Night - Part II (Neil Young) 4:52
 

Tonight's the Night
Musicien : Neil Young
Parution : 20 juin 1975
Enregistré : 1970 – 1973
Durée : 44:52
Genre : Folk Rock, Blues Rock
Producteur : Neil Young, David Briggs, Elliot Mazer et Tim Mulligan
Label : Reprise Records
 
Musiciens :
Neil Young : voix, piano, guitare, harmonica et harpe
Ralph Molina : batterie, voix (1 2 3 5 6 7 8 9 11 12)
Billy Talbot : basse (1 2 3 4 5 6 7 8 11 12)
Danny Whitten : guitare et voix (5)
Jack Nitzsche : piano, guitare slide (5 10)
Ben Keith : guitares, voix (1 2 3 6 7 8 10 11 12)
Kenny Buttrey : batterie (10)
Tim Drummond : basse (10)
Nils Lofgren : guitare, piano, voix (1 2 3 6 7 8 9 11 12)
George Whitsell : voix (9)
 
Mon avis :
 Retrouvons le sieur Neil Young qui est, pour rappel, un des mes musiciens préférés, et poursuivons, à présent, avec le troisième volet de la fameuse et oh combien sombre Ditch Trilogy puisque, après deux opus qui avaient déjà marqué grandement les esprits et troublé bon nombre de fans du Loner, je veux, bien entendu, parler de Time Fades Away et de On the Beach, ce Tonight's the Night qui nous préoccupe à présent peut être qualifier, sans discussion possible, comme étant un des plus sombres et intimiste du musicien et qui, bien entendu et sans grande surprise, est la suite parfaite de ses deux prédécesseurs, des opus qui étaient déjà emprunts d’une mélancolie pour le moins évidente. Il faut dire, avant toute chose, que Tonight's the Night n’est pas un album simple d’accès, bien au contraire et que celui-ci, une fois de plus, aura de quoi déstabiliser les fans traditionnels du Loner qui auront bien du mal à retrouver tout ce qui leur avait tant plu dans le célèbre Harvest. D’une noirceur pour le moins extrême, morbide a souhait, Neil Young, complètement habité, y chante comme s’il allait s’écrouler a chaque instant. Il faut dire que, à l’époque, le canadien n’allait vraiment pas fort, épuisé par les diverses tournées et littéralement traumatisé par la mort de deux de ses compagnons, tout deux par overdose, son guitariste Danny Whitten et Bruce Berry, ancien roadie de Crosby, Stills, Nash and Young, Young, le Loner est au trente-deuxième dessous, moralement parlant, mais, musicalement, c’est une toute autre chose puisque ces drames vont l’inspirer de fort belle manière, ce qui donnera, bien entendu, ce Tonight's the Night, véritable chef d’œuvre (encore un) folk/blues qui aura traumatiser des générations de dépressifs. Bien évidement, ici, il ne faut pas s’attendre a un Neil Young enjoué, a un Neil Young campagnard ou un Neil Young survolté, non, ici, le canadien va mal, il souffre et nous le fait savoir : la vie est injuste, la mort une salope qui frappe a tout instant mais il faut bien continuer, quitte a exprimer son dégout et sa tristesse. Mais bon, lorsque l’on voit le résultat final – qui, bien entendu, déplu fortement a la maison de disques qui rechignera longtemps à sortir cet album – on ne peut pas s’empêcher de se dire que, parfois, les aléas de la vie peuvent accoucher de véritables merveilles !
 

Points Positifs
 :
Tonight's the Night est, incontestablement, le disque le plus sombre de la longue carrière de Neil Young mais, accessoirement, c’est ce qui en fait sa force. Le canadien souffre de la perte de deux de ses vieux amis, il est épuisé tant physiquement que psychologiquement, et, plutôt que de sombrer définitivement, il nous pond un disque noir (dans tous les sens du terme) qui n’est certes pas facile d’accès mais qui n’en reste pas moins excellent.
- Malgré de belles ballades comme Albuquerque ou World On A String (particulièrement celle-ci), Tonight's the Night est surtout composé de titres lugubres, dépressifs, mais qui, accessoirement, prennent aux tripes lorsqu’on les écoute. La chanson éponyme, Borrowed TuneSpeakin'Out, ça ne rigole pas mais qu’est ce que c’est bon !
- On a l’impression que Neil Young va s’écrouler d’un moment a l’autre lors de chaque chanson, mais qu’est ce qu’il chante bien… avec les tripes pourrait-on dire.
Come On Baby Let's Go Downtown, pour le duo avec Danny Whitten.
 
Points Négatifs :
- Il est évidant que Tonight's the Night n’est pas un disque simple d’accès et que nombreux seront ceux qui seront refroidis par sa noirceur.
Tonight's the Night vaut surtout pour son ensemble, cohérant et qui touche l’âme de celui qui l’écoute (après tout, qui n’a jamais connu de très mauvais moments dans sa vie ?) et si la plupart des chansons qui composent cet album sont bonnes, il manque des grands titres, des incontournables.
 
Ma note : 9/10

L'Échiquier du Mal


L'Échiquier du Mal
 
En 1942, alors qu'il est prisonnier du camp d'extermination de Chelmno, Saul Laski, un juif polonais déporté, est emmené par le colonel SS Wilhelm von Borchert dans un château perdu en pleine forêt. Là, il participe comme « pion » à une partie d'échecs entre le colonel et un vieil officier SS. Toutes les pièces de l'échiquier géant sont comme lui des prisonniers sortis des camps. Saul fait alors l'expérience traumatisante du « Talent », ce pouvoir psychique qui permet aux deux officiers SS de s'insinuer dans l'esprit des prisonniers pour les faire se déplacer sur l'échiquier ou se tuer lorsqu'ils sont pris par l'adversaire. Après la guerre, devenu psychiatre, Saul Laski s'efforce de retrouver la trace de son ancien tortionnaire, le colonel Wilhelm von Borchert, qu'il appelle l'Oberst. Au mois de décembre 1980, à Charleston en Caroline du Sud, trois vieux amis, Nina Drayton, William Borden et Melanie Fuller, se rencontrent pour évoquer leur jeunesse viennoise et surtout pour compter leurs points. En effet, chacun est doué du « Talent » et montre aux deux autres ses derniers meurtres en date, à grand renfort de coupures de presse, de clichés et de cassettes vidéo. À l'issue de leur rencontre, Melanie Fuller se fait agresser en pleine rue par son majordome, manipulé psychiquement par Nina Drayton. Elle se défend en utilisant elle-même plusieurs passants et voisins innocents et réussit finalement à s'échapper après avoir retrouvé et assassiné son amie Nina. Intrigué par la série de meurtres inexpliqués de Charleston, Saul Laski mène sa propre enquête, bientôt aidé par Natalie Preston, la fille d'une des victimes de Melanie Fuller, et par le shérif du Comté, Bobby Joe Gentry.
 

L'Échiquier du Mal
Auteur : Dan Simmons
Type d'ouvrage : Fantastique
Première Parution : 10 février 1989
Edition Poche : 09 octobre 2014
Titre en vo : Carrion Comfort
Pays d’origine : Etats-Unis
Langue d’origine : anglais
Traduction : Jean-Daniel Brèque
Editeur : Folio SF
Nombre de pages : 1024
 
Mon avis :
 Celui-là, je ne vais pas vous mentir, cela faisait longtemps que je souhaitais le lire, grosso modo, une quinzaine d’années, pour être précis, plus ou moins après avoir lu pour la toute première fois Les Cantos d’Hypérion, véritable classique de la science-fiction et, accessoirement, chef d’œuvre absolu du sieur Dan Simmons. Il faut dire que, depuis que j’en avais entendu parler pour la toute première fois, j’avais eu l’occasion de lire moult critiques pour le moins élogieuses vis-à-vis de L'Échiquier du Mal, que cela soit de la part des critiques, de bons nombres de lecteurs et même d’un certain Stephen King. Bref, de quoi me plonger avec une certaine confiance dans une œuvre qui, sur le papier, promettait énormément. Le problème, et il est de taille, c’est que, si, effectivement, sur le papier, les promesses étaient nombreuses, le résultat final lui, m’aura profondément déçu, ennuyer et m’aura laissé la bien curieuse impression qu’avec Dan Simmons, finalement, en dehors des Cantos, rien de ce qu’aura pondu cet auteur m’aura vraiment convenu. Pourtant, les choses débutaient plutôt bien dans L'Échiquier du Mal et je dois reconnaitre que cette histoire d’individus surpuissants – les fameux vampires psychiques – capables de manipuler n’importe quel quidam et d’en faire une arme en puissance avait de quoi promettre un roman fantastique de qualité. Le souci, c’est que, en dehors de ces belles promesses et d’une première partie que l’on peut qualifié de, sensiblement, correcte – à défaut d’être géniale – la suite n’est qu’une lente descente vers le néant narratif et le grand guignolesque. Ainsi, L'Échiquier du Mal est composé de la sorte : une première partie où l’on découvre les protagonistes, les pouvoirs de ces fameux soit disant vampires, une partie que l’on peut qualifier sans peine d’assez spectaculaire dans l’ensemble. Ensuite, la deuxième est sans nul doute la pire, ce, en étant interminable, Simmons prenant un malin plaisir à agrandir artificiellement son intrigue avec cette pseudo guerre des gangs contre le FBI dont, en toute sincérité, on se moque pas mal. Pour finir, la conclusion qui voit l’auteur tomber encore plus dans le grand n’importe quoi, le scénario basculant totalement dans la série B, un peu comme ces téléfilms américains voir de ces blockbusters qui, en dehors des moyens, un poil plus conséquents, ne brillent pas vraiment par leur scénario. Bref, ici, nous sommes à mille lieux, que dis-je, à des années lumières des Cantos d’Hypérion et je me demande même comment Simmons pouvait être capable de nous pondre un chef d’œuvre d’un coté et un truc aussi moyen de l’autre – après, il y a aussi le cas Olympos qui est une véritable bouse ! Ajoutons à cela des protagonistes sans grand intérêt et sans le moindre charisme, pas mal d’incohérences, des longueurs a n’en plus finir, une conclusion ridicule et on obtient, au final, un ouvrage qui m’aura franchement ennuyer et qui m’aura laisser pour le moins dubitatif vis-à-vis de toutes les critiques élogieuses que j’ai put lire a son sujet. Certes, les gouts et les couleurs ne se discutent pas, mais dans le cas de L'Échiquier du Mal, j’ai de quoi être perplexe…
 

Points Positifs
 :
- Le postulat de départ de L'Échiquier du Mal est plutôt bon et il est clair que cette idée de vampires psychiques, ces individus surpuissants capables de manipuler les autres par la pensée est tout sauf mauvaise. Bref, il y avait de quoi faire beaucoup mieux…
- La première partie, à défaut d’être géniale, se laisse lire et part sur de bonnes bases.
- William Borden, alias Wilhelm von Borchert, et Melanie Fuller sont les personnages qui marquent le plus les esprits. A un degré moindre, Tony Harod mérite le détour, ne serais-ce que pour tous ses défauts.
 
Points Négatifs :
- Un final complètement ridicule et digne des plus grands navets hollywoodiens. Ici, Simmons est en pilotage automatique et nous pond une conclusion qui flirte allègrement avec le grand guignolesque.
- Entre des protagonistes majeurs qui perdent la vie sans que l’on ressente quoi que ce soit envers eux, d’autres qui se comportent de manière pour le moins stupide ou singulière – pour quelle raison la secrétaire de Tony décide, subitement, de coucher avec lui, sans qu’il y ait la moindre explication – tout un tas de personnages secondaires qui ne servent pas a grand-chose et d’autres qui, subitement, sont présentés comme étant racistes – Melanie Fuller – alors que rien ne le laissait penser jusqu’à alors – probablement un moyen pour Simmons de rendre son personnage moins sympathique – force est de constater que L'Échiquier du Mal ne brille pas par sa cohérence, bien au contraire.
- Mais qu’est ce que c’est long, que de longueurs interminables, que de détails superflus… Simmons était payer à la ligne ou quoi !? Bref, ce roman aurait put contenir, facilement, 400 pages de moins…
- Attention au spoiler : on se demande bien comment Saul Laski et Nathalie Preston finissent par s’en sortir indemnes !?
- Il faut reconnaitre que les dialogues n’aident pas vraiment ; quand je vous disais que l’on nageait en pleine série B…
 
Ma note : 4/10