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mercredi 1 avril 2026

Mon Nom est Personne


Mon Nom est Personne
 
Constatant qu'il prend de l'âge, Jack Beauregard, légendaire pistolero, songe à rengainer ses colts et à quitter l'Ouest pour l'Europe, où il compte achever paisiblement sa vie. Mais l'argent du voyage lui manque. C'est à ce moment que débarque un jeune aventurier énigmatique. Il se fait appeler Personne et voue à Jack une admiration sans bornes, quelque peu encombrante. Il aimerait que son héros affronte les 150 hors-la-loi qui forment la redoutable Horde Sauvage. Ces derniers, qui se sont déjà rendus coupables de l'assassinat du frère de Jack, ont leur propre idée sur la question. Ils tentent de prendre les devants et, moyennant finances, proposent à Personne d'abattre Jack...
 

Mon Nom est Personne
Réalisation : Tonino Valerii
Scénario : Sergio Leone, Fulvio Morsella et Ernesto Gastaldi
Musique : Ennio Morricone
Production : Titanus Distribuzione
Genre : Western Spaghetti
Titre en vo : Il mio nome è Nessuno
Pays d’origine : Italie
Parution : 13 décembre 1973
Langue d'origine : italien, anglais
Durée : 117 min
 
Casting :
Henry Fonda : Jack Beauregard
Terence Hill : Personne
Jean Martin : Sullivan
Geoffrey Lewis : le leader de la Horde sauvage
R. K. Armstrong : l'homme à la bombe (Honnest John)
Karl Braun : Jim
Leo Gordon : Red
Steve Kanaly : le faux barbier
Mark Mazza : le pistollero en noir (Don John)
Neil Summers : l'Anguille (Squirell)
Mario Brega : Pedro
Piero Lulli : le shérif
Benito Stefanelli : Porteley
Raimus Peets : Big Gun
Antoine Saint-John : Scape
Franco Angrisano : le conducteur de train
 
Mon avis :
 Il apparait évidant, même plus de cinquante ans après sa sortie, que s’il y a bien un western spaghetti où le public n’arrive pas à se mettre d’accord, c’est bel et bien ce Mon Nom est Personne, qui, pour la petite histoire et pour la énième fois (car certains ne l’ont toujours pas compris) n’est pas de Sergio Leone, celui-ci s’étant contenté de l’idée générale d’ensemble et, de manière pour le moins surprenante, ce qui fera hurler certains, de réaliser les scènes les plus cocasses du film. Car justement, et c’est là le problème de Mon Nom est Personne, il existe une multitude de façons de considérer ce long métrage. Certains n’y verront qu’un western spaghetti de plus et passerons rapidement leur chemins, d’autres, une belle métaphore sur la fin de l’Ouest sauvage et de l’entrée de plein pied dans le vingtième siècle et le monde moderne, à la fois plus cruel et plus fantasque, enfin, d’autres y verront le vibrant hommage fait à un genre, le western américain, par, justement, ceux qui l’ont, en quelque sorte, tuer et enterré, ces sacrés italiens qui avaient bouleverser le genre avec, en tête d’affiche, le grand Sergio Leone. Mais en fait, selon moi, tout cela se vaut et oui, Mon Nom est Personne, c’est un peu tout cela : hommage, métaphore et même, oui, une superbe parodie car comment ne pas en être une avec la présence d’un certain Terence Hill, porte étendard du western comique de bas-étage avec ses Trinita !? Or, si la rencontre Terence Hill/Henri Fonda avait de quoi surprendre, si le fait que Leone choisisse le premier alors qu’il détestait Trinita l’était encore plus, cinq décennies plus tard, quel régal de revoir pour la énième fois Mon Nom est Personne, de vibrer a la musique d’Ennio Morricone, de rigoler bêtement devant les facéties de Terence Hill qui flirtent pourtant avec le grand n’importe quoi, mais aussi, et surtout, comment ne pas s’émouvoir de cette belle histoire d’amitié entre une légende de l’Ouest sauvage, Henri Fonda, qui n’aspire qu’à une seule chose, prendre une retraite bien méritée, et ce jeune chien fou de Terrence Hill qui n’aspire qu’à une seule chose, le faire partir en beauté !? Alors oui, c’est une parodie d’un genre hautement plus sérieux, oui, certains gags sont plus que limites, mais quel beau film, oui, quel beau film lorsque l’on sait lire entre les lignes…
 

Points Positifs
 :
- Incontestablement, un superbe hommage à un cinéma, un genre et des acteurs tombés en désuétude et ce, justement par ceux qui les ont rendus obsolètes ; d’une simple parodie a la Trinita, nous avons au final une déclaration d’amour au western américain… mais à la sauce italienne.
- De même, comment ne pas voir dans cette intrigue le remplacement des anciennes générations par les nouvelles, le passage d’un siècle insouciant a un autre qui s’avérera bien plus cruel ainsi que cet immodéré d’un fan pour son idole.
- Une rencontre a priori incongrue entre deux hommes, deux acteurs que tout oppose, Terrence Hill qui nous fait son Trinita habituel et Henri Fonda qui est, lui, la classe à l’état pur, et pourtant, ça marche, et pas qu’un peu !
- Une bande originale où officie Ennio Morricone est toujours parfaite et même s’il s’autoparodie ici, au final, nous avons droit à des titres inoubliables.
- N’empêche, Henri Fonda, seul, face à 150 fils de putes qui chevauchent a bribe abattues, ça en jette, non !?
- Quelques petites répliques cultes et quelques scènes franchement drôles.
 
Points Négatifs :
- Justement, si certaines scènes sont drôles et que je reconnais que même si je les connais par cœur, je ris toujours autant, d’autres sont plus qu’exagérées et flirtent dangereusement avec le ridicule…
 
Ma note : 9/10

Le Bon, la Brute et le Truand


Le Bon, la Brute et le Truand
 
Tuco Benedicto Pacifico Juan Maria Ramirez, un criminel ayant commis de nombreux délits et dont la tête est mise à prix. Tuco est de connivence avec Blondin : ce dernier livre Tuco aux autorités, encaisse la prime de l'arrestation et libère ensuite son complice au moment où celui-ci va être pendu en coupant la corde avec une balle de fusil. Les deux acolytes se partagent ensuite le butin et refont la même opération plusieurs fois dans les comtés voisins. Durant ce temps, un troisième personnage nommé Sentenza, un tueur sans pitié, apprend l'existence d'un coffre rempli de pièces d'or des Confédérés, caché par un soldat nommé Bill Carson. Il commence donc à chercher plus d'informations à ce sujet. Blondin décide de rompre son partenariat avec Tuco, l'abandonnant dans le désert. Tuco réussit cependant à survivre et après une traversée de plus de 100 km, il arrive, assoiffé et complètement épuisé, dans un petit village. Décidé à se venger, il retrouve rapidement Blondin et le capture, profitant d'une diversion offerte par la retraite des Confédérés de Californie. Il inverse alors les rôles, contraignant son ex-compagnon à le suivre à pied dans le désert. Alors que Tuco est sur le point d'abattre Blondin, il aperçoit une diligence remplie de soldats confédérés, morts ou mourants. Parmi ceux-ci se trouve Bill Carson, l'homme recherché par Sentenza. Carson révèle à Tuco le nom du cimetière où est caché l'or, mais demande de l'eau en échange du nom sur la tombe. Pendant que Tuco va chercher une gourde, Carson meurt, non sans avoir donné le nom de la tombe à Blondin, qui tout à coup devient très important pour Tuco.
 

Le Bon, la Brute et le Truand
Réalisation : Sergio Leone
Scénario : Luciano Vincenzoni, Sergio Leone, Agenore Incrocci, Furio Scarpelli
Musique : Ennio Morricone
Production : Produzioni Europee Associati
Genre : Comédie Dramatique
Titre en vo : Il buono, il brutto, il cattivo
Pays d'origine : Italies, Espagne, Allemagne de l’Ouest
Langue d'origine : italien
Date de sortie : 23 décembre 1966
Durée : 178 mn
 
Casting :
Clint Eastwood : Blondin, « le Bon »
Lee Van Cleef : Sergent Sentenza, « la Brute »
Eli Wallach : Tuco Benedicto Pacifico Juan Maria Ramirez, « le Truand »
Aldo Giuffrè : Clinton, le capitaine alcoolique
Luigi Pistilli : le père Pablo Ramirez, frère de Tuco
Rada Rassimov : Maria
Mario Brega : le caporal Wallace
Antonio Molino Rojo : le capitaine Harper
Antonio Casale : Bill Carson dit Jackson
Antonio Casas : Stevens
Livio Lorenzon : Baker
Al Mulock : Elam, le chasseur manchot
Sergio Mendizábal : le chasseur de primes blond
Enzo Petito : l'armurier
John Bartha : le shérif
Angelo Novi : le moine
Claudio Scarchilli : un péon
Sandro Scarchilli : un péon
Lorenzo Robledo : un membre du gang de Sentenza
Aldo Sambrell : un membre du gang de Sentenza
Benito Stefanelli : un membre du gang de Sentenza
 
Mon avis :
 Si l’on devait faire un classement des plus grands réalisateurs du Septième Art, force est de constater que Sergio Leone serait fort bien classé, pourtant, lorsque l’on remonte un peu dans le temps, que l’on revient aux années 60 et a ses premiers westerns spaghettis, comme ils étaient si dédaigneusement surnommés par les américains, il est évidant que tout ne fut pas aussi simple qu’on aurait put le penser. Cela était dut, principalement, au fait que le western, genre majeur jusque là, était la chasse gardée d’Hollywood et que, forcément, vous imaginez, un italien qui se met à faire des westerns, avec des héros sales, sans scrupules et sans morale, ce n’était tout simplement pas possible. Une hérésie voyons ! Pourtant, après les sorties successives de Pour une Poignée de Dollars et de Et pour quelques Dollars de plus, Leone, financièrement à l’aise et disposant d’un sacré budget pour un nouveau film, nous pondit ce qui restera comme étant le long métrage qui le fit connaitre, celui, en quelque sorte, qui lança sa carrière, définitivement, a l’international et, au demeurant, celle aussi d’un certain Clint Eastwood qui, avec Le Bon, la Brute et le Truand, en était donc a sa troisième collaboration consécutive avec le réalisateur italien, ce, avec le résultat que l’on sait. Car oui, ici, nous flirtons tout simplement avec ce que l’on peut qualifier, sans problème, comme étant un chef d’œuvre du genre, un film où, de la première a la dernière minute de ses trois heures, tout est parfait, ou presque, un film qui, qu’on l’ai vu une ou plusieurs fois, vous transporte toujours autant, vous fait toujours aussi vibrer, rire, réfléchir. Vibrer car, comment ne pas se passionner pour cette chasse au trésor de deux fripouilles – Lee Van Cleef étant un peu à part – dans l’ouest sauvage, en pleine Guerre de Sécession ? Rire car, comment ne pas s’esclaffer devant les nombreuses scènes où Eli Wallach, alias Tuco, apparait comme étant le dindon de la farce !? Réfléchir car oui, ici, Sergio Leone nous montre, le plus crûment du monde, toute l’absurdité de la guerre, tous ces morts inutiles, ce qui, au demeurant, ne plut guère aux américains pour qui leur Guerre de Sécession – qu’ils surnomment pudiquement Civil War, ce qui n’est pas la même chose – est chose tabou !? Et puis, en dehors de la musique d’Ennio Morricone, tout simplement divine comme a son habitude, en dehors de la mise en scène de Leone, totalement inédite pour l’époque et inégalée depuis, comment ne pas rendre hommage aux trois acteurs principaux, Clint Eastwood, bien entendu, dans son personnage de l’Homme sans nom, sans nul doute une des figures les plus mythiques de la culture cinématographique, Lee Van Cleef, homme assez doux de caractère et qui aura passé sa carrière a jouer des rôles de méchants et, surtout, Eli Wallach, tout simplement exceptionnel en Tuco, pauvre diable sans morale mais tellement attachant. Bref, vous l’avez compris, Le Bon, la Brute et le Truand est tout simplement un des plus grands westerns de tous les temps et, dans un sens plus large, un chef d’œuvre absolu du Septième Art – dans le même style, Leone ne fera aussi bien, voir mieux, qu’avec Il était une fois dans l’Ouest – un film que, bien entendu, tout amateur de cinéma se doit d’avoir vu au moins une fois dans sa vie, ne serais-ce que pour ne pas mourir idiot…
 

Points Positifs
 :
- Chef d’œuvre absolu du genre, Le Bon, la Brute et le Truand est un des plus grands westerns de l’histoire du cinéma, un film quasiment parfait de bout en bout, bourré de scènes cultes, de dialogues entrés dans la légende et qui, en plus de donner définitivement ses lettres de noblesses aux westerns spaghettis, aura lancé la carrière d’un certain Clint Eastwood.
- Un trio d’acteurs principaux tout simplement exceptionnel : Clint Eastwood, Lee Van Cleef et, bien entendu, Eli Wallach, tout simplement génial et qui apparait comme étant le héros de ce film.
- La bande originale d’Ennio Morricone est, comme d’habitude, tout simplement parfaite ; entre le générique devenu tout simplement culte et les thèmes que l’on retrouve tout au long du film, tout est parfait !
- Quand on sait que Le Bon, la Brute et le Truand dure trois heures et que l’on ne s’ennui pas une seule seconde, je pense que tout est dit ! Il faut dire que l’histoire est captivante au possible et que l’on est rapidement captiver par cette chasse au trésor en pleine Guerre de Sécession.
- Le duel final, à trois, est l’une des scènes les plus incroyables du cinéma : six minutes d’une intensité dramatique rare…
- Le message antimilitariste de Léone est flagrant dans ce film et celui-ci traite fort bien l’absurdité de la guerre.
- L’humour est franchement présent dans ce film ; merci Tuco !
 
Points Négatifs :
- On ne peut pas passer sous silence le problème qu’il y a avec la bande-son : les voix des acteurs étant trop basses vis-à-vis de la musique… dommage, sinon, tout était parfait.
- A moins d’être totalement allergique aux westerns, je ne vois pas trop !?
 
Ma note : 10/10